‹ Éléments de pathologie exotique [electronic resource]Chapitre 68 sur 81 · I. Poissons minorants · texte numérisé non relu

I. Poissons minorants

Les espèces sont très nombreuses, mais il est un très petit nombre de poissons qui ajoutent aux effets de leur piqûre l'action d'un venin.

1. Murène moringue (congre ou serpent de mer de la Martinique : malacoptérygiens apodes). — Habite toutes les mers tropicales. Poisson long, anguilliforme, lisse : dents aiguës sur une seule rangée à chaque mâchoire. — Carnassier et vorace : sa morsure est souvent cruelle.

2. Chirurgien, (acanthurus, phlebotomus ; malacoptérygiens scombéroïdes). — Mers des Antilles. — Corps comprimé, oblong; une seule dorsale étendue sur tout le dos. Le poisson blesse le pêcheur au moyen d'une épine mobile, sorte de lancette triangulaire, aiguë, tranchante sur les bords, placée de chaque côté de la queue, appliquée contre le corps à l'état de repos, mais susceptible de se redresser. — Le musée de Brest possède un acanthure. — (fig. 10).

3. Raie pas lenaguefaia, pastenaca : chondroptérygiens sélaciens). Habite toutes les mers. — Corps plat, uni, gluant : on remarque sur le côté supérieur de l'animal les saillies des côtes cartilagineuses en forme de croissants ; tout ce côté est brun au milieu, olivâtre sur les bords, le côté opposé ou inférieur est blanc. La queue, sans nageoires, est armée d'un piquant long, aigu, dentelé en scie (fig. 11).

Santelli rapporte dans sa thèse qu'un officier du transport de l'État la Durance, en relâche à Dakar (Sénégal), a eu la région antérieure de la cuisse traversée par l'épine caudale d'une raie pastcnague, pendant qu'il se baignait. Le rayon épineux avait pénétré Nihi.lv. 41

dans les tissus à une profondeur de 5 centimètres en-

Fig. 11. — Raie pastenague (d'après Blocli). moyen d'un débridement, quand ou put lé secourir.

La guérison n'a été obtenue qu'après deux mois de repos et de soins appropriés. Les indigènes affirment que l'épine caudale est venimeuse ; le fait est, que dans le cas cité ci-dessus, les tissus traversés par la plaie ont été sphacélés dans une certaine étendue. Il y a donc là une lacune d'histoire naturelle à combler.

4. Machoiran (Bagrus barbatus, malacoptérygiens siluriens). — Les différentes espèces de Bagres sont très répandues dans toutes les mers : parmi elles leB. barbatus, bagre à barbillons, machoiran, blesse fréquemment les pêcheurs en rade de Gayenne, d'Aspinwall,dans la mer des Indes, etc., — Mâchoires larges, gueule grande, barbillons nombreux, casque céphalique aplati, nageoire dorsale armée de rayons épineux et forts dont le premier s'enfonce dans la main du pêcheur imprudent et cause des plaies souvent très rebelles.

5. Diodon orbiculaire (poisson armé, orbe épineux, plectognathesgymnodontes). — Habite toutes les mers tropicales, les rades de Gochinchine, de Nouvelle-Calédonie. — Forme sphérique, peau dure et hérissée de gros aiguillons acérés, longs de deux à quatre centimètres, portés sur trois racines divergentes et pouvant occasionner des piqûres graves (fig. 12). Ce poisson est donc vulnérant par ses épines ; il est en outre probablement toxique par ingestion — Le musée de Brest en possède un bel échantillon. — Il existe d'autres espèces de Diodons armés qui ne sont pas orbiculaires, mais plus ou moins oblongs, et qui peuvent blesser comme le premier. Ces blessures tiennent le plus souvent ace que les matelots ont l'imprudence de marcher pieds nus sur le rivage, ou de saisir précipitamment l'animal avec la main.

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