‹ Éléments de pathologie exotique [electronic resource]Chapitre 73 sur 81 · Garangues · texte numérisé non relu

Garangues

a. Fausse carangue (Caranx fallax, Jurel de la Havane). Poitrine écailleuse, pas de tache à l'opercule, ligne latérale pourvue d'environ 35 boucliers, arquée dans sa portion antérieure, prenant subitement la direction droite dans sa portion postérieure, nageoires d'un jaune terne ; première dorsale, 7-8 rayons épineux : deuxième dorsale, 21 rayons mous ; pectorale sans tache noire (Corre). Ces caractères permettent de distinguer la fausse carangue de la carangue proprement dite qui n'est pas vénéneuse.

b. Couliron (Caranx Plumieri). — Mers des Antilles. — Poissons très brillants, ventre argenté, dessus du dos d'un noir bleuâtre, côtés dorés avec reflets, nageoires jaunâtres ou grisâtres. Selon L'Herminier, il est très bon et très abondant à la Guadeloupe, mais sujet à devenir vénéneux, ce dont on s'aperçoit à la teinte rouge que prennent ses os. Dans cet état son venin est tel qu'on l'emploie pour faire périr les rats en le saupoudrant de farine de manioc (Val.)

D. Sparoïdes.

On a avancé que certains pagres avaient causé des accidents d'intoxication : rien n'est plus douteux. On a particulièrement incriminé :

a. Le pagre ou spare vulgaire. Il habite toutes les mers; ce poisson resemble à la daurade commune; comme elle, il a le museau obtus, mais sa nuque est moins élevée et son corps plus allongé; il est argenté, teinté de rouge. Je ne cite ce poisson que pour éveiller l'attention, car il est journellement consommé dans tous les pays, sans inconvénient. Sa prétendue

/db PATHOLOGIE EXOTIQUE.

toxicité ne repose que sur un fait ancien et incomplètement relaté.

b. La daurade sarbe (Chrysophys sarba, Kaloury de Pondichéry, perroquet ou gueule pavée de l'Ile de France). — Il ressemble aussi à la daurade, sa couleur est argentée, avec 10 ou 12 lignes brunes longitudinales sur les flancs ; le nom de gueule pavée lui vient de la présence des dents rondes qui lui pavent la bouche. Sa toxicité, même accidentelle, est des plus douteuses; on le mange sans danger à Pondichéry.

c. Le Lethrinus mambo de la Nouvelle-Calédonie est au contraire, très toxique. Il a été signalé par V. de

Fig. 23. — Lethrinus mambo (d'après une aquarelle de V. Rochas).

Rochas : corps comprimé, d'un bleu violacé supérieurement, d'un bleu pâle et argenté sous le ventre, à bandes longitudinales, alternativement plus foncées et plus pâles ; préopercule arrondi, sans dentelures, bordé de jaune et de bleu, joue non écailleuse, dents coniques sur les côtés des mâchoires , mâchoires rosées, l'inférieure présentant une tache rouge foncée à son extrémité, nageoires jaunes (Corre). — Ce poisson a été déterminé par le P. Montrouzier en 1855. Il est inoffensif tant qu'il n'a pas atteint la taille de 0'"70

au moins ; mais arrivé à cette dimension, il est très vénéneux (V. de Rochas), (fig. 23).

E. Gobioïdes.

Gobie porte-crin (gobius criniger, calou-oulouvé de Pondichéry). Longueur du corps de 0m,075 chez les individus les plus grands , longueur de la tête de 15 millimètres, profil arrondi, comme busqué, yeux au sommet du profil, à une longueur d'œil de l'extrémité du museau, iris d'un jaune doré très pâle ; partie supérieure de l'orbite colorée en noir, bouche grande, mâchoire inférieure dépassant la supérieure, dents très petites, égales, dos brunâtre tacheté, ventre argenté, nageoire ventrale blanche, arrondie, allant jusqu'au voisinage de l'anus , transparente , à dix rayons, le second dans la majeure partie des individus, se prolongeant en un point, d'une longueur au moins égale à la partie du rayon inséré dans la membrane de la nageoire ; cette nageoire est bordée de noir; dorsale postérieure à onze rayons, bordée de noir; mêmes particularités pour l'anale; caudale arrondie, liserée de noir avec taches noires disposées sur quatre lignes; en arrière du crâne, espace dépourvu d'écaillés ; ailleurs, écailles triangulaires partout; h leur sommet, deux épines acérées (Collas). V. la figure du Gobius Criniger dans Fonssagrives, Hygiène navale, 2° éd., p. 628. — La toxicité de ce poisson n'est pas douteuse ; elle a été prouvée par des observations cliniques et l'expérimentation sur les animaux, par notre collègue le Dr Collas.

F. Bauduoies.

Baudroie épineuse (Lophius seligerus). — Mers de

Chine et du Japon. — Poisson de vilain aspect, comprimé, tête très grande relativement au reste du corps, épineuse; gueule très fendue, à dents coniques et grêles. Du dos partent quatre filets, deux en avant,

Fig. 24. — Type du genre Baudroie (d'après Val.).

deux en arrière. — Notre collègue le D1' Clouet signale aussi comme toxique une Baudroie analogue de la Nouvelle-Calédonie (fig. 24).

G. Labroïdes.

Scares. Il y en a de nombreuses espèces dans la zone torride. Leurs mâchoires de forme convexe et les couleurs vives dont elles sont parées, leur ont fait donner, en divers points, le nom de Perroquets. Les empoisonnements par les Scares ne sont pas rares, mais on les attribue plutôt à l'état de putréfaction de leur chair, qu'à des propriétés vénéneuses spéciales. Il y a lieu de suspecter principalement :

1° La Vieille de l'île de France (Scarus vetula, pa-

tate verte des Antilles) qui a causé, dans plusieurs circonstances, de la diarrhée cholériforme.

2° Le Scare catau-bleu de l'île de France (Scarus capitaneus (fig. 25).

Fig. 25. — Scare catau-bleu de l'île de France (d'après Val.).

3° Le Scare perroquet (Scarus psittacus de Djedda): corps verdâtre avec des lignes jaunâtres, tour des lèvres bleu, nageoires pourpres bordées de bleu, caudale tachetée de bleu (Val.).

H. Gyprinoïdes.

t. Prolung ou C a- 1 /liai de Gochinchine. — Signalé pour la première fois en 1880 par Gorre (1). Les jeunes ont 0m20 de long, 4 barbillons à la mâchoire supérieure, mâchoires lisses, ainsi que le palais et la langue sur le sujet observé. Opercules et préopercules lisses, sans dentelures, ni écailles, larges écailles, ventre argenté, dos grisâtre, lignes latérales jaunes.

Le premier rayon de la nageoire pectorale est fort,

(1) Communication écrite, accompagnée d'un profil du Prolung ou Ca-thiaï.

mais non épineux, simple ; les autres sont mous et ramifiés, leur couleur est jaunâtre. La nageoire dorsale est jaunâtre et a 10 rayons. Le premier est de moitié moins long que le deuxième, auquel il est accolé ; il est simple mais non épineux. Les autres sont ramifiés. Les ventrales sont rouges. Le premier rayon est simple, très court, accolé au deuxième, en tout, huit rayons. La caudale est fourchue. — Ce sont les œufs du Ga-thiaï qui ont occasionné plusieurs empoissonnements en Gochinchine (fig. 26). Il ne faut pas con-

Fig. 26. — Prolung ou Ca-thiaï des arroyos de Cochinchine (d'après le Dr Corre (atlas inédit).

fondre ce poisson avec le Ga-thiac, espèce d'alose qui habite les cours d'eau du même pays, mais qui loin d'être toxique, a une chair très estimée (1).

Page 1