I. Clupoïdes
1. Sardine des Antilles (cluppea humeralis). — Corps comprimé, surtout inférieurement, d'un bleu d'acier avec deux traits longitudinaux noirâtres sur le dos, argentés sur les flancs, courbure du ventre assez pro-
(1) Je dois tous ces renseignements à l'obligeance de mon collègue le Dr Corre.
noncée, dentelée, museau court, mâchoire inférieure tachée de noir à son extrémité ; pièces de la joue striées; ouïes largement fendues ; nageoires grises; dorsale et anale, 18 rayons ; ventrales 8 rayons ; pectorales 5; caudale petite et fourchue (Corre). — Ce poisson ne serait vénéneux, a-t-on dit, que lorsqu'il s'est nourri de galères; d'après le Dr L'Herminier, il l'est en tout temps.
2. Sardine dorée (clupsea thrissa, cailleu tassart, hareng de la Martinique). — Mers de Chine et des Antilles. — Corps en ovale assez régulier, hauteur égalant le quart de la longueur, tête courte et comprise un peu plus de cinq fois dans la longueur totale, couleur verdâtre sur le dos, argentée sur les flancs, tache noirâtre sur l'épaule, mâchoire supérieure échancrée, sans dents, rangée longitudinale de très petites dents sur la langue, dorsale à 19 rayons : les premiers six fois plus élevés que les derniers, mais le dernier prolongé outre mesure, anale 23 rayons ; ventrale 8 — caudale fourchue (Cuv. et Val. cités par Corre). — Ce poisson est, dit-on, très dangereux (V. la figure dans Fonss. Hyg. nav., p. 629).
3. Melette vénéneuse (meletta venenosa). — Mers des Indes, archipels Océaniens, rade de la Nouvelle-Calédonie, particulièrement la rade de Balade. Longueur de douze centimètres ; corps trapu, moins élancé que celui de la sardine ordinaire, hauteur à peine supérieure à la longueur de la tête, contenue quatre fois et demi dans la longueur totale du corps ; nageoire dorsale à 18 rayons, durs à la base, mous au sommet, abdominale à 10 rayons, pectorale à 16, caudale profondément bifurquée , divisée en deux faisceaux symétriques, dont chacun est composé de 9 rayons durs et parallèles, museau obtus, gros, mâchoire in-
férieure un peu relevée, écailles petites au nombre de 44, entre l'ouïe et la caudale ; le tiers supérieur de la tête et du dos est de couleur ardoise, à reflets argentés ; le reste du corps est revêtu d'écaillés blanches argentées; l'extrémité antérieure des lèvres est d'un bleu foncé. On trouve dans Fonssagrives, outre le signalement que nous venons de reproduire, le dessin d'une melette vénéneuse ; la ligure ci-jointe représente celle de la Nouvelle-Calédonie et est la reproduction de l'aquarelle insérée dans le rapport de V. de Rochas (campagne du Styx). — La melette vénéneuse a causé des empoisonnements à bord du Catinat, en rade de Balade (1853) (fîg. 27) l.
Fig. 27. — Melette vénéneuse (Nouvelle-Calédonie) (d'après V. de Rochas) (Rapport de la campagne du Styx; aquarelle).
4. Spratelle frangée (spratella fimbriata). — Côte de Malabar. Le voyageur Dussumier rapporte que son usage prolongé est la cause des maladies cutanées qui tourmentent les habitants pauvres et misérables de la côteMalabare (?). (Val.) (fig. 28).
5. Anchois de Nangasaki (Engraulis japonicus). — Habite toutes les baies du Japon, où il cherche un refuge contre la poursuite de la baleine. Il a la forme géné-
(1) Lacroix, cité par Fonssagrives. Hygiène navale, 2e édition, p. 630.
raie d'un anchois d'Europe ; sa couleur est sale, sans éclat, sa peau visqueuse ; le dos est mêlé de verdâtre et de bleuâtre ; les nageoires sont pâles, la caudale rembrunie. Sa longueur varie entre 6 et 10 milli-
Fig. 28. — Spratelle frangée (d'après Val.).
mètres. Il a causé plusieurs fois de la diarrhée avec vomissements (1).
6. On n'est pas encore fixé sur la détermination spécifique d'une clupée, YEnoranthis Japonica, de la rade de Nangasaki, poisson toxique signalé par Wawra, médecin de la marine autrichienne. Fonssagrives pense qu'il s'agit peut-être du Cailleu-tassart ou Sardine dorée.
J. Diodons.
Nous avons signalé et figuré le Diodon armé à propos des poissons vulnérants. Nous manquons de renseignements précis au sujet de la toxicité de sa chair. Moreau de Jonnès cite un cas d'empoisonnement par ce poisson. V. de Rochas (2) a signalé un Diodon toxique de la Nouvelle-Calédonie, sans en déterminer l'espèce. Gorre (3) dit qu'une espèce de Diodon des
(1) Arch. de méd. nav., 1866, avril p. 280.
(2) Campagne du Styx, Rapport médical (1855-60).
(3) Communication verbale.
74i PATHOLOGIE EXOTIQUE.
mers Indo-chinoises passe pour très suspecte en Cochinchine. Féris recommande de se méfier, à la côte occidentale d'Afrique et spécialement à la côte des Esclaves, du Dodion tigrinus, orbe vénéneux. — En somme, jusqu'à plus ample informé, il est prudent de considérer les Diodons comme dangereux.
K. Tétrodons.
Tétrodon du Cap (gneion maculatum, tetrodon maculatus). — Gap de Bonne-Espérance. Nouvelle-Calédonie. — V. la figure dans Fonssagrives, Hyg. nav., 2« édit., p. 632. « Le tétrodon du Cap, poisson, crapaud, a environ 0m152 de long ; le dos est noir, sillonné de bandes d'un noir plus foncé, le ventre blanc, mélangé de taches jaune-pâle; il nage près de la surface et surveille constamment les lignes de pêcbe ; quand on le tire de l'eau, il se gonfle considérablement: si l'on mange de ce poisson, même en petite quantité, la mort survient en quelques minutes (1) ». — Longueur de 0m15 à 0m20 ; partie antérieure du corps lourde, obtuse, massive ; partie postérieure courte, effilée, conique ; une section faite au niveau de la nageoire pectorale donne exactement à cette partie du corps la forme d'une bou teille dont la nageoire caudale est le goulot, tête grosse ; mâchoire supérieure immobile , nasiforme , courte ; mâchoire inférieure prognathe ; deux dents à chaque mâchoire, pas de barbillons ; yeux gros à iris bruns, munis d'un sphincter cutané qui sert de paupière et qui se contracte rapidement quand on irrite l'animal; ventre
(1) Traduction do l'avis délivré aux navires étrangers arrivant sur rade do Simon's Bay, et cité par Fonssagrives. Hygiène navale, 2e édition, p. 632.
mou, pendant, dilatable ; nageoires pectorales larges, courtes, presque quadrangulaires ; nageoires dorsale et anale étroites, triangulaires ; nageoire caudale presque rectangulaire ; robe noire sur le dos, recouverte de petites tacbes irrégulièrement rondes, gris jaunâtre ouverdâtre, et parcourues de bandes noir foncé. Sur les côtés, la teinte foncée se fond en un jaune pâle qui tranche sur la couleur blanc mat du ventre. Les nageoires ont une couleur ardoisée, bordée et mélangée de brun; la nageoire anale est moins foncée. Il se gonfle quand on le sort de l'eau en déglutissant de l'air, et quand, se dégonflant, il rejette celui-ci, on entend une sorte de faible cri que le Dr Borius représente par le son crô-crô (Fonssagrives). — Notre collègue, le Dr Féris, croit avoir reconnu le Gneion maculatum dans un poisson qui lui a été apporté à la côte des Esclaves (côte occidentale d'Afrique).