‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 12 sur 92 · CHAPITRE fl · texte numérisé non relu

CHAPITRE fl

riÉFlMTIO^ DE LA HtLADIE En g6>ÉI1L, ET DE CatQUE tULlDIE El i PABTtCtLIER.

Il y aiIouiL maiiiLTcs (le d(-llDir : la première consiale ù dire avee précision quelle ùnl la naturi^ d*uno chose; 1» seconde, à éanmém rapidement ses caraciérea dislinctirs. Dans l'un el l'Hulre tae, h déGnilioQ, pour ôlrc bonne, doit présenior une idéelellemcnlCMCM de la chose définie, (ju'on puisse, d'une pari, la reconnaître loula les rois qu'elle se préseutc, et d'autre part, ne confondre avec elh aucune chose qui lui ressemblerait.

De ces deux manières de définir, la première, qui fait connailn l'essence mSme de la chose définie, devrait être preférée à I& se conde si elle élail d'une applîculion silre et générale. Mais d'abord et de l'aveu de tout le monde, l'essence des choses est généralement ignorée ; el s'il en est quelques-unes dont l'essence sembli £[re connue, celle connaissance n'est presque jamais assez bien et» blie pour servir de base à une bonne définition. La seconde nianièn de définir esl donc, en général, la seule qui soil applicable : o'^a moins nnedéfinilion, à lavériié, qu'une description succincle; mail c'est là précisément ce qui lui donne sur l'autre manière de défini l'avantage d'une précision incontestable. En cfTei, elle repose su des phénomènes que nos sens apprécient, et non sur la nature môme des choses, qui leur échappe, el vers laquelle nous ne pouvons no» élever que par des abstractions ci des raisonnements. Or, dans lef sciences naturelles, comme l'a très-judicieusemenl remarqué lepn>' fesseur Dumas, de Monipellicr (I), les choses absirailes égareU l'esprit, les choses sensibles le conduisent à la vérité. L'hisloire dl la médecine en particulier prouve combien cet axiame est fondéi dans les siècles où l'on s'est lîvi-é aux délinilious de la premières pèce et aux discussions qu'elles entrnînenl, la marche des scienc a été rétrograde; leurs progrès ont été constants, au contraire, Aa leslempsoù l'on a négligé ces définitions pour s'attacher à décrire le choix n'est pas douteux.

£ I". Tout le munde sait que la maladie est l'état opposé à h

H) JiHroJuflJon au Onu* (/-■< fi^.-rn Je Griimwl.

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^^ Dl LA HAUDII. il

Mit ei le Mude ée mot n'est pas obscur en lui-inènie. Ne derait-on pas dès lors s'abstenir de tonte définition de la malad^i/" à insi qne font les géomètres poar tontes les choses qui ont nQ.se{ls Hinn de tout le monde, comme tempê^ etjMtctf nosiÂne, ^"^^ les ^finitions ne fersient qu'obscorefrt Noos ne le peipsin pas, et )ici pourquoi : c'est que la maladie n'esl^ev^êHè-méme, Éi une Mse complètement abstraite et dont la définition soit imjwssihle» i ane choso dont l'eiistence soit si évidente que cbaonn paisKC la iconnaitre partout oft die est et sous quelque fomle qu'elle soit. y a donc ntilité, nécessité même, pour le médedOi de définir la aladie et d'accepter une définition même impariailey plutôt que de Bter à ce sujet dans un vague abeolu. Du reste, pour apfnrécier I difBealtés de cette définition, il suffira de faire remarquer que acan des auteurs originan qui ont écrit sur cette matière, et le fnbre en est bien grand, a donné do la maladie une définition liSrente de tontes celles qu'on avait données avant hri ; aucun teor de pathologie générale n'a accepté complétemoit une des finitloiis bites par d'autres, et cette dissidence existe non-seule* »t pour les définitions baaées sur la nature même de la maladie, lia amsi pour oelles qu'on peut appeler descriptives. • letoos d'abord un coup d'oeil sur les premières. Afemstm, de Croie, faisait consister la maladie dans le désordre des forces dont le Qcours et lliannteie constituent la santé ; Platon^ dans sa définio, sobstitna les âéments aux forces, et A$elépiade reropisça les hnentsde PiaimptLV les corpuscules indivisibles; Sylvius voyait ns la maladie une réaction des sels ; Brown^ une lésion de TinlabiKté; RUter^ une altération galvanique; Baumei, un changesnt dans les proportions du calorique, de Toxygène, de Thydrone, de l'azote et du phosphore; et BrouuaU^ un effet de l'irrita- »n, etc. La plupart des autres définitions de la maladie, d'après nature, rentrent dans celles qui viennent d'être citées, ou sont me obscurité telle qu'elles auraient besoin d'un long commenrc pour être à peu près comprises : nous avons dû, par conséent, les omettre dans un ouvrage essentiellement élémentaire, i ne comporte pas ce luxe d'érudition stérile. Nous devons toute- B examiner avec une attention particulière, la définition que denham a donnée de la maladie.

SjfdenAam, malgré la sagesse de son esprit et la solidité do son cément, avait aussi tenté de définir la maladie d'après sa nature ime. m Dictât ratio, ii quid ego hic judico (1 ), dit avec modestie

I ; ST»c?iM>ijr, Demoràts aeutiê m ge/tet*e^ p. l9.

ocel illustre oltservak-ur, morbum quantutulibet ejm causa liumat<, il corpori adverianlur. ni/iU eue aliud quam naturte coaamm mald «rite morbifiea exlerminationetn, in legn talulem , ontni ope no- (I timtù, u Celle définilion, bien que rapprochée sous quelqueBrapporta du langage actuel de la science, est t-cpendani presque bdm défectueuse que les précédenles. Elle n'offre, en effet, que l'idét vague d'un effort indéterminé de la nature, c'est-à-dire d'une puld sance qui existe assurément, raaia que nous ne connaissons pw Km outre, l'effort par lequel la nature cherelierait à détruire It cause morbifiquG ne constituerait pas la maladie, mais une aclioQ destinée à la combattre. Celte réaction d'ailleurs contre la cauw morbilique n'existe pas nécessairement daus tous les cas et du» toutes les phases des maladies, et par cola môme la définition d( Sydenhavi,ea la supposant juste sous tous les autres points, ni le serait déhnilivemeut pas, puisqu'une définilion doit embrasse) tous les cas. Mais, pour mieux juger la valeur de la défiaiiion d( Sydenham, voyons si. parmi les maladies, il n'en serait pas quelques-unes auxquelles elle serait complètement inapplicable. Le mieux connues, les fractures des os, les calculs de la vessie ou dl foie, les maladies cancéreuses, la cataracte, sont dans cccas. Daoi sa définition de la maladie, Sydenham en avait fait abstraction, o n'avait évidemment en vue que quelques-unes des formes morbides telles que les maladies aiguës et fébriles en particulier. Mais, limv lée mâme à ce groupe d'affections, sa définitioB, tout ingénieux • qu'elle était, manquait de cette exactitude rigoureuse qui est il première condition d'une défmilion. Elle supposait la formation ou l'introduction dans l'économie d'une matière morbifique dont li présence, admise setilemeoL dans quelques maladies spécifiques ne saurait être démontrée dans le plus grand nombre des aulrei affections aiguës, et dont \' exterminai ion, au momentdela guérisoD, est tout aussi iticertainc. Appliquez cette définilion à la pneumonie. à la pleurésie, à la méningite, à l'amygdalite, à renlérite, et vou: n'y verrez plus qu'un aperçu ingénieux saus doute, mais A^/w(Af liijue.

La nature de ht maladie, comme celle de toutes choses en o monde, étant et devant rester inconnue a l'homme, force est i| s'appuyer sur d'autres bases pour la définir. L'indication des caïus qui. dans la définition de quelques maladies en particulier, entrer comme élément essentiel, ne saurait non plus servir de fondemeD a la définition de la maladie considérée en général, parce que, dan la très-grande majorité des cas, ces causes sont inconnues ou coD Noua devons donc chercher les éléments d'une définilio

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