‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 18 sur 92 · DU SIËGB DES MALADIES · texte numérisé non relu

DU SIËGB DES MALADIES

Toutefois les hémorrhagies peuvent se faire dans d'autres organeii^' et l'hydropisie peut se former au moyen de kystes aocidenteb dani^V des parties qui en sont à l'abri par lenr structure. Enfin, il y a des maladies qui paraissent avoir constamment leur siège priadlif ^ dans le même élément anatomique, quelque part qu'il existe: c'est ainsi que, selon nous, raffection rhumatismale on goutteuse n'attaque primitivement que les tissus musculaires et fibreux.

licaucoup de maladies ont un siège fixe, c'est-à-dire qu'elles naissent, se développent et se terminent dans le point qu'elles ont primitivement occupé. D'autres, au contraire, envahissent successivement les parties voisines; tels sont les ulcères rongeants, le cancer, certaines aflcctions érysipélateuses et gangreneuses. Il en est d'autres dont le siège, essentiellement vague et mobile, peut varier d'os instant à l'autre, comme on l'observe pour la goutte et pour leifauniatisme, dont la mobilité forme un des caractères les plus easentieb. Quelques affections nerveuses se montrent successivement dans des . parties plus ou moins éloignées; les hémorrhagies sont également sujettes \i changer de siège.

Parmi h^s maladies, il en est un grand nombre qui n'occupent qu'une partie, souvent même très- limitée, de l'économie ; d'autres se montrent simultanément dans un grand nombre de points ))lus ou moins éloignés, et partout sous la même forme et avec les ni^'ines caractères. Les premières ont un siège unique, les secondes sont liisséminées ou à siège multiple. Aux premières se rattachent l(>s f)hlegmasics viscérales et membraneuses, comme la pneumonie, lu |)t'ncardite, la bronchite ; aux secondes, l'urticaire, la variole, la rougeole, les éruptions syphilitiques, le morbus maculosus^ etc. (les dernières affections, auxquelles j'ai donné le nom de ditsimintk's, méritent une attention particulière, a raison des conditions qui |)résident à leur développement. En effet, ces lésions multiples sont presque toujours secondaires^ et, dans la plupart des cas, on peut reconnaîti*e et déterminer l'affection qui leur a donné naissance et contre laquelle doivent être dirigés les moyens thérapeuli(jues. '

Les organes qu'on nomme pairs sont souvent affectés simultané* meut de la même maladie. Il est rare de voir Tophlbalmie spontanée bornée à l'une des conjonctives ; la bronchite ou l'emphysème, à l'un des poumons. Certains exanthèmes chroniques occupent simultanément les deux aisselles, les aines, les points correspondants des mêmes membres. Dans les attaques de rhumatisme, les articujaliojjs semblables, comme les deux genoux, les deux poignets, se

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jmuient gënénbiDsnt Tane après l'autre. La même obBerration s'applique à eerCafaiea affections des artères. M. Bizot a reconnu que les altérations de ces Yiisseaux se développent presque toujours at> Boltanément i droite et à grache dans les mêmes artères et dans les points correspondants de leur trajet (I). D est toutefois quelques orgues pairs qui font exception : les deux tesUcules ou les deux mamelles, qui, isolément, sont souvent le siège d'une inflammation ou d'on cancer, sont très-rarement atteints en même tempe de Tune oo de l'autre de ces maladies.

On a signalé depuis fort longtemps Tinfluence des âges sur le Bége des maladies. Dans- Tenfance, un grand nombre d'aflectioDS occupent la tête : c*ept particulièrement à cette époque qu*on observe l'hydrocéphale, la méningite granulée, les croûtes diverse» iu cuir Gbevehi, les gerçures et les excoriations des lèvres, du les et des oreilles, les aphtbes, la gangrène de la bourbe, Tépi* ^taxis ; le délire accompagne souvent les affections les plus l^res; es ganglions sous-maxiUaires sont fréquemment engorgés; le srjnx est le siège de quelques affections très-graves; le croup se nanifeirte rarement aux autres périodes de la vie. — A l'époque de i puberté et dans la jeunesse, les maladies de poitrine, telles que es inflammations des poumons et des plèvres, les bronchites, de* îennent plus fréquentes; c'est souvent alors que se développent les iremiers signes des maladies du cœur, et la phtbisie pulmonaire est ellement commune à cet ftge, qu'on a cm pendant longtemps qu'elle fattaquait point avant la quinzième année et après la trentième. — Autant les maladies du thorax sont fréquentes dans la jeunesse, lutant celles du ventre le sont dans l'âge mûr. C'est alors que se léveloppent la plupart des affections oi^niques des viscères abdo- Dînaux; celles de l'estomac, des intestins, du foie, de la vessie, des esticnles, de l'utérus, des ovaires, ne se montrent presque jamais ivant cette époque. A rhémoptysie des adultes, qui avait remplacé ëpistaxis des enfants, succède le flux hémorrhoïdal, aussi fréquent lans cette période que les deux autres bémorrhagies dans les âges précédents. — Enfin, chez le vieillard, en même temps que le venre continue à être le siège de diverses affections, et que celles des oiesurinaires en particulier deviennent de plus en plus fréquentes, itéte est de nouveau le siège d'un grand nombre de maladies : i démence, la paralysie, les épanchemenis de sang dans le ceneau, e ramollissement de sa substance, la cataracte, sont des affections iussi communes dans la vieillesse que rares dans les autres âges.

M} Mémoirts delà SoaVté médicaie d'observation. Pari8, 1836, 1. 1, p. V^*

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Cette observation sur la fréquence relative des maladies de h tête, de la poitrine et du ventre, à certaines périodes de la vie, bien que généralement vraie, offre toutefois des exceptions nombreuses. Sans parler des maladies produites par des causes tranmatiques, et dont le siège est déterminé par des ciroonstaooei placées hors de l'individu, on voit très-souvent les eofants ê(R atteints de catarrhe pulmonaire, de pneumonie, de phthisie et des diverses formes de Tentérite. L'engoi^ement tuberculeux des glandes méseniériques n'a presque jamais lieu que dans l'enfance, et les vers intestinaux se montrent le plus souvent i œl âge ; la manie, dont il est naturel de placer le siège dans k cerveau, est plus fréquente dans la jeunesse et dans l'âge mtr ; l'inflammation simple des méninges se montre à peu près indistinctement dans toutes les périodes de la vie; la bronchite et 11 pneumonie sont de toutes les maladies aiguës celle qu'on obsenc le plus fréquemment chez les vieillards. Mais ces exceptioni, quoique nombreuses, ne le sont pas assez pour détruire la règk générale.

On a avancé que les saisons avaient, sur le siège des maladies, li môme influence que les âges : que pendant l'hiver on voyait dominei les maladies de la tête; que celles de la poitrine régnaient au printemps, et celles du bas-ventre en été et en automne. Cette assertior n*est pas d'une application aussi générale que la précédente ; tontefois elle n'est peut-être pas dénuée de tout fondement, surtout Ion qu'on l'applique, comme on doit le faire^ exclusivement aux maladie! aiguës.

Tels sont les points de vue généraux sous lesquels peut être coD sidéré le siège des maladies. Nous reviendrons sur ce sujet, mai en l'envisageant à un autre point de vue, dans le chapitre consacn audingnostic.

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