CHAPITRE V
DE l'ÉTIOLOGIE (I), ou DES CAtSES DES MALADIES
L'éiiologie, dans son sens le plus général, a pour objet, dan toutes les sciences, l'élude des causes; en médecine, elle a pour bi la connaissance des causes morbi figues. Sous le nom de causes moi
^/J Airia, caui^e; Às'yc;, discours.
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!^^ "* ^^ sypbii^ qui les *^^s autres, '^^^^^tismc, \e
'^^^ 1 liront pas ^Vur^^ \e narco-
^^Vi^ieurs ageuls ^* déterminantes ■^^tt\\nante8 cotn-
^^\ques -, que leur *^^^Uée par ces lois.
^^tuent, dans leur
^^ Va physique et de
^^^<Vu\t à séparer ces
âO DE L*ÉTIOLOGie.
dans le dëveloppcmetit des maladies; accetaoxrtt, qui Dont qot peu d'influeDcc ilime leur production; i^loiffnêes, i]ui préparent N-' téralion inlime qui forme l'essence ou la caasc prochaine Av lu maladif; prcdiif/onantei, qui inodifient peu à peu réconomic el U disposent à lellc ou lelle affection; occasionnelles, (jui «n pr(ivo()Qi-m le developpemeiii. On a nomnn* csase» physiques et cAimiquet cr\li» qui agissent en vi.'rlu des loi» de la phjsiqne et de la cliîinre, cl qiii agiraient sur un cadavre à pnu pr^ comme sur ud corps virant: (eltt sont les inslnimeiiU vulneranls, les caustiques, etc.; pbysiolO' 1 giquet. celles qui demandent le concours d'une réaction vitale dam l'orgauG qui les reçoit; locales, celles dont l'action ne poric queitur une partie de l'économie ; générales, cellus qui étendent leur aclton •ur toutes ; négatioei, celles qui consistent dans la soustraction de* clioaes nécessaires; et, par opposition, positives, celles qui agisaeai par elles-mêmes dans la production des maladies. On a admis atuâ des causes malérielles ou immatérielles, selon qu'elles sont ou ne sont [KMi accessibles à nos sens. Eniin, comme il est an certaÎB nombre de maladies qui surviennent sans cause appréciable, on a élé foivé d'admettre des causes cacb^es ou occultes, causes que pluaiuuts auteurs ont placées dans certaines qualités inappréciables de
DB l'AtIOLOG». 31
telle cm telle affection : ce sont les causes prédi$po9anies, seconde série, noos rangeons celles dont l'action, ordinal- [Missa^pèie, ne fait que provoquer le développement d'une i laquelle le sujet était prédisposé. Nous conservons à ces I le ii<»n de causes occasionnelki ou excitantes. noos admettons trois ordres de causes morbifiques, que linguons en déterminantes» prédisposantes et occasion- OU8 passerons rapidement en revue les principales causes •tiennent & chacun de ces trois ordres, et nous présentetiite quelques considérations générales sur leur manière us la production des maladies.
ïMaeê diterminantes sont, comme nous l'avons dit, celles tion est la plus évidente, la moins contestée, puisqu'elles it par elles-mêmes, à elles seules et toujours, une même aanf quelques drconstanoes exceptionnelles dont il sera plus kn. Elles difirent complètement des deux autres ) canaea, dont ractkm est obscure et presque toujours conians les cas particuliers.
oses déterminantes, bien que réunies dans une même sérié rtitude de leur action, offrent toutefois entre elles des diSé- (sez tranchées pour qu'il soit nécessaire de les subdiviser groupes distincts. £n effets parmi ces causes, les unes prône maladie que d' antres agents peuvent également produire ; 3, une maladie qu'elles seules déterminent. Ces maladies, ique agent morbifique peut engendrer, ont reçu et doivent r seules le nom de maladiei êpédfiques : la rage, la syphiriole, la scarlatine, sont dans ce cas^ et les causes qui les Qt doivent également être appelées spécifiques. Les autres, e le feu qui brûle, le poison qui produit le narcotisme, le ispbyxie, le corps vulnérant qui fait une plaie, n'ont pas cifieité ; car chacune de ces maladies, la brûlure, le narcospbyxie, la plaie^pent être déterminée par plusieurs agents s ; c'est pourquoi nous les nommons causes déterminantes y. Ajoutons que la plupart des causes déterminantes cornassent en vertu des lois physiques ou chimiques ; que leur : susceptible, en conséquence, d'être expliquée par ces lois. is spécifiques, au contraire, sont constamment, dans leur ction, inaccessibles aux explications de la physique et de . Tels sont les motifs qui nous ont conduit à séparer ces res de causes déterminantes et à les étudier à part.
32 DE l'ÉTIOLOGIE.
§ !•'. — De* oautet déterminaDtet oommiiDCt,
Ces causes peuvent être répandues dans l'atmosphère {circumfusn), mises en contact avec notre corps (applicata)^ ou introduit^ dans nos organes (ingestà) ; elles peuvent exister en nous et dépendre, soit du trouble des évacuations {excréta) ^soil de nos mouvements (acta) ou de nos perceptions (percepta) : nous les indiquerons selon cet ordre, (]ui est le plus généralement suivi dans l'exposition de l'hygiène, et qui se prôte également bien à l'étude des cîHises morbifiqnes.
A. Circumfusa (1). Il est quelques circonstances dans lesquelles des gaz impropres à la respiration sont portés dans les voies aériennes; des chimistes ont respiré et ont fait respirer par des aoimaux les gaz azote, proloxyde d'azote et hydrogène, pour connaiire leur action sur l'économie animale. Ces gaz ont produit une asphyxie lente, bien différente de celle que déterminent les gaz dniêtères. Ceux-ci se trouvent quelquefois accumulés accidentellement dans certains lieux où Tair extérieur ne pénètre que difficilement, comme dans les puisards, les égoiits, les mines, certains ateli(Ms, certaines fabriques, et dans quelques établissements thermaux. Les gaz acide carbonique, hydrogène carboné et oxyde de carbone, qui se dégagent dans lu combustion du charbon et de la braise, peuvent être mêlés en a^^sez grande proportion à l'air atmosphérique pour asphyxier les personnes qui les respirent. Il en est de même de eertains gaz qui se dégagent des matières animales, et particuliè- KMiicnt des excréments en putréfaction, dans un lieu fermé ; ils peuvent pixxiuire subitement l'asphyxie. Cet accident, auquel sont ex|)r)S(*s les ouvriers employés au travail des fosses d'aisances, est dû à nu gaz longtemps désigné sous le nom de plomb ^ et qui paraît être le plus souvent un composé d'acide hydrosulfurique, d'hydrosnlfatc d'ammoniaque et d'azote. Le gaz acide carbonique, accumulé dans la partie la plus déclive de quelques souterrains (dans la grotte (lu Chien, par exemple), y forme une couche de plusieurs pieds de haiîtenr; l'homme qui y pénètre se trouve élevé au-dessus du gaz délétère, mais un enfant serait asphyxié comme le sont les animaux, les chiens en particulier, qu'on y introduit en forme d'expérience.
Des maladies putrides et malignes ont quelquefois régné d'une manièîo é[)i(lémiqne pendant l'exhumation d'un grand nombre de
'I) Les agents mo.biniiiies répandus dans l'atmosphère u'agissenl, à propreiiienl parler, que par leur introduction dans nos organe.^, et, sous ce rapport, on devrait peut-cire les |»lacer parmi les lugfixfa; mais nous n'avons pas cru devoir J701J3 éJoiçner de l'ordre généralement adopté.
DE l'ÉTIOLOGIB. 33
: la ville de Saulieu en a offert, en 1773, un fiineste
(1); ^^ longtemps auparavant^ on avait observé i±) une
de fièvre gangreneuse, produite par l'infection de Tair
I d'une épizootie, dans laquelle les cadavres d'un grand
d'animaux restés sans sépulture avaient infecté Tat-
aanations végétales sont quelquefois des causes détermie maladies. Un air chargé du principe odorant des fleurs de le, du lis, de l'oranger, du narcisse, produit de la cépba- ;s nausées, des vertiges, et quelquefois m^ne des syncopes, lans des appartements étroits et chauds, ibstances volatiles répandues dans l'air qu'on respire, surad elles y sont concentrées, et. à plus forte raison, quand t inspirées presque pures, peuvent troubler gravement Ses (, et même déterminer la mort : l'ammoniaque, les étbers, forme en particulier, sont dans ce cas. Ces deux dernières es, avant de produire la mort, déterminent une sorte d'ânesd'insensibilité passagère, qui permet de pratiquer les plus opérations de la chirurgie sans que les malades aient le sene la douleur.
rpuscules métalliques qui voltigent dans t'air peuvent éga- Dénétrer dans les voies aériennes par la respiration, ai ieu aux mêmes maladies que produit leur ijugeslion dans i*;s esiives, et dont il sera question plus Icriii. ition ou l'abaissement extrêmes de la tempèraturtaimosphé" ivent devenir la cause déterminante de plusieurs affections, des individus exposés à un froid rigoureux succomber en nt des accidents qui pouvaient dépendre ou de l'asphyxie, ? forte congestion cérébrale : la congélation de quelque 1 corps est dans ces conditions un accident fréquent. L'él^;iclrême de la température devient plus rarement la cause lante et immédiate d'une maladie. D'après les recherches ues auteurs, et de J.-J. Russel en particulier, elle agirait Ml déterminant, vers les organes thoraciques, une violente :)n{3) qui, dans certains cas, pourrait se terminer par la
irriière très-vive, im bruit irès-violenl, peuvent, dans leur i degré d'intensité, produire la cécité ou la surdité, olenle décharge de l'électricité répandue dans l'almosphèro,
ET, l'sa^je (Trntnrer hs morff dauf les églisef. Dijon, 1773. ecomlifa fehrium remitt. ac intermitt. natura, }cA*t)'ttlie def fCience^ wéifica/e?, p. 235,
:Hk I, KTIOLObie.
., ,-.«mmIh, a prririuit, t hez .juelques sujets,!» . uiiivH. lin tremhlemeat incurable, la «lu-'
, ,Mi îi's appliratn. un îirand nombre de cause?
, ..«H «niitriiidanis, les in^tr'imeals piquants OQ
i,\\\\\H IcM filiis oriiQaÏLvs des plaies de toat
ijuM li'MHioiWrs le corps humain vient, avec le
■iam. IVïipfif^r contre «ies surfaces plus ou inoii»
. .u hii à <lr» malaHi'-> anal«»gues à celles que pro-
...,^ xiilniTMiilH. A rMé des asents. îl faut placer les
4 ;«^iii* (|u'ilH apportent dans la ciroiilation etqot
oM, ilii Niing, l'inflammation, la gangrène môme.
, ,., ; .Ihiik I«'h tlHRiis lorsqu'ils sont élroiis el serrés avec
...,iu> iMspliYxit; quand ils sont plact*s sur le trajet do
.. ., 1 iinnitTHion dans un liquide détermine un effet
.1 iMod iiit nliHlarle à l'entrée de l'air. Les corps incaD-
.u|tihlrH vu élMillition. mis en contact nvec^ nos parties.
... olpii N'iir f^^'V^^^' dVînergi<% l'inflammation ou lagan*
i»j»j»I»i4«M lirrrs, la moutarde surtout, les cantharides, le
.,«i>4it«|i)rN solides on liquides, «icides, alcalins ou salins.
,^4»»«ii «*n»il"K'J<'i c|U(;lqiîes-une8 de ces substances^ comme
V.IUU' xN»i»«»»il» ï*'** [»n»par;itions arsenicales, peuvent, en mémi
rlUvi MHiHNcni loraU>ni<>nt à la manière des caustiques, êtn
^ V Ih Mirriiee du corps, portées dans les parties intérieures
Umv U** plHMiMUicncH de renipoisonnomeut.
.. »*,»• l.en corps élmnp;ers portés dans l'intérieur de no
,* «M* par les oiivorlures naturelles, soit par des blessures
\w\\ \ di*»4 nialndies dont ils sont la cause manifeste et don
^ ,^,,^ml In niilun\ Parmi ces agents morbifiques, quelques
••^*, .^'one «clion mécanique sur l'ét^onomie : tels sontceu:
ii, iM«l pi"** **" inoins profondément dans nos organes, peu
' ' K***\*t pl»H ou moins lonp:tcmps, et y produire des effets varié
V..' \\^\\\v\ leur volume et la nature des parties dans lesquelle
' s.v^i^n* ï^»**" 1"^ ^^'"*' présence ne détermine pas toujour
...Nv^ xliUî» la santf', on doit cependant les ranger parmi le
...„M nouantes, parce < pie leur action est presque constant
^^ ,^..oo«*«»"t*'^*'»**l*' • ^^ pointe d'une arme blanche, une bail
'^..,,,1 ,Uns tine plaie, un corps étranger qui a pénétré dansl
^.i,Mv» dans le rectum, dans les voies urinaires, dans 1
*" noârtiennciU évidennnent à cet ordre de causes. Il const
''■^'^' ' . i',v<nile des aflections chirurgicales, un groupe de maladie
"^ !..>»/ ♦*' frès-intéressant. ù raison de la variété presque ini
DE l'âtiologik. 35
3S désordres qui en résultenl, à raison aussi des moyens plos uns ingénieux qui ont été proposés et employés pour en délies malades. Ces maladies, toutefois, ne sont pas tooles du do- ? de la chirurgie ; il en est nne qui appartient essentieUemeot athol(^e interne : c'est la péritonite suraigoê, et presque inéement mortelle, due à la perforation de l'appendice oœcal par rps étranger, comme un fragment d'os ou d'arête, un grain de ), qui s y est introduit et en a déterminé l'ulcératioD, soit par me anguleuse, soit peut-être par la simple, mais oootinneUe on qu'il y a exercée. A côté de ces corps étrangers, Tenos du s, il convient de placer ceux qui se développent dans Tintéde nos organes, tels que les divers calculs biliaires, nrinaires, ires, pancréatiques, intestinaux, qui, produits eux-mêmes sons ence de causes morbifiques, deviennent, par leur présence, sion de troubles nombreux dans les fonctions, de désordre iel dans les parties qui les renferment, forment à la fois, comme •rps étrangers venus du dehors, une classe très-naturelle de lies, et un groupe très-distinct de causes morbifiques. 5t le plus souvent par les voies digestives que pénétrent dans nîsme les agents morbifiques qui appartiennent aux inge$ta, is parler ici des troubles nombreux qu'apportent dans la santé arts de régime relatifs à la quantité, à la qualité des aliments 1 distribution des repas, qui sont les causes ordinaires de ma- I très-variées comprises sous le nom de dyspefuie^ nous signa- < seulement les deux cas extrêmes : celui de la privation absolue liments et des boissons, qui, si elle est prolongée, produit la par inanition, et celui de l'ingurgitation d'une quantité d'ali- 3 que Teslomac ne contient qu'à peine ; il s'en débarrasse alors aut ou par bas, sans les avoir digérés, ce qui constitue l'indien : maladie le plus souvent courte et légère, mais quelquefois Qgée pendaut plusieurs jours, donnant lieu à des symptômes X très-pénibies, et dans quelques cas à des troubles sympaes assez graves pour masquer la vraie cause du mal et inspirer rieuses inquiétudes. — L'ingestion dans les voies digestives, à bouche ou par le rectum, de substances tr<>s-chandes, peut donner lieu à des Mlures intérieures plus graves encore que » qui portent sur les téguments extérieurs. — La déglutition de ive chargée d émanations putrides donne souvent lieu immément à la dyssenterie chez les f)ersonnes qui assistent à l'oure d'un cadavre dont la putréfaction est très-avancée; mais principalement aux poisons qu'appartiennent la plupart de»' •s déterminaiitoa de l'ordre des ingesta.
M L iiriOLOGlB.
Cl -tiv-*i J*^' jw«i*. suivant Mead^ toales k» *« A ?<K *«*u«tfac prodoire de grands changenk^oAi ( u>. ^ tiiiiL' ajwux. avec* Mahon, ne oomprakire 900» ce- Mie ^U.^ iur ««(capables d'ëteindrc la vie.
rn ;..tii Ji^ttn:f«'is divise Ich fH>isf)nH en poisons »iivfrinif. Kfr- .« «ik Atcttx. Orfila, dont la mort encore rëcence a Imhr' dHi ^nii\v cc dai;^ le corps méilical un vide im^F>araiUtf. et éofll te -viM«* Hts^u'tticut resfjecté de tous, restera cher à se* ^rt»^ V Wltt. qui «i versé sur cette partie de la scieoee lie» .4 <tTtttvk'ik qu OQ peut, à bon droit, le considérer comme le (X* .M io\KvK^e. a pensé, avec toute raison, qu'il était pla» coaie- M^^* Jo classer les poisons d'apn^s leur manière d'agir sur lecoBO- Mtu* quo dapri'S le règne de la nature auquel ils appartîeiiBefiL Ea vn^»mh|iu'iuh', il les a diviscfs en quatre classes, à raison die kot y^\^H «oU*s irritante, narcotique, narcoticfj-âcre et septième. Les poJxoo'^ ircUauts, corrosifs, escliarotiques ou acres, produisent, aeloa \^\\ «U*:xiv d'ônorgie, tantôt la siiuplc inflammation de la partie sor ,«,|,:««Uo tlrt s(»nt appliqués, tantôt la déHorganisation la ploseomnlno 1-0* (M>isons narcotiques^ tels que Topium, les soianées. ele., nui \W^ uoliims toutes différentes ; ils agissent particulièremml ior )o ior>oau« dont ils troublent ou suspendent les fonctions, et pro- Juuful pou ireiïet sur les organes avec lescpiels ils sont immédiaie* uK'Ul ou (Hiutact. Les poisons narcotico-acres^ tels que les champi- ^uoUN \ou('mumix, offrent, réunis, ces deux modes d'action. Enfin l(>:i |HiihouM Hrptiques, comme la chair d'animaux morts de certaine» ui.iludii'ri poMiilcntielles^ les matières animales en putréfaction, ceri.uuM pii^luitH de sécrétion morbide, déterminent des maladies ^ia\(*ii, l'ovtUaut la forme adynamique ou ataxique, produisant aou- \oui lu Kiiiigi^uo, et ayant le plus ordinairement une issue funeste. I.i' mm^Io oi'Huté, (|ui dans quehfucs conditions détermine la gaa* ^louo ilt'M tisHUs, doit être classé, pour cette raison, dans la classe kh |»u)s.ins m*piiques plutôt que dans celle des narcotico-âcrea.
h. ihï liouNo |)eu de causes déterminantes parmi les excréta, le» ,(>/u ci loi fH-rrepta. L'extrême abondance des hémorrhagies natuu lU'n. ilo.*« lô^l^'^ ^" particulier, peut amener Tanémie. Une violenta j « ^iHii .u'iioa des muscles peut déterminer la rupture d'un tendon, li liai iiuv ilun os, ou devenir la cause déterminante d'une luxation. l lài' taUKi>o i^xoossive, mais passagère, donne lieu à la courbature, umIuiIii- \ourlo, mais quelquefois assez intense pour être accompa- ^iWK' k\v ii'i»ubles généraux plus ou moins graves. Les affections mo- » aic> \ i\ o.*i, oonime un amour contrarié ou le désir dé revoir sa patrie • hi -y. h.'* Mhiltrs, la jalomw. chez les ent'auis, sont quelquefois la cause
L'tnoijMn. 37
riéterminante d'ane «nrle de lierre hediqiie. Là "i^i*"«!Flfff reeoBtilt souTeni pour cune dëlenmiMUite me peiiion proCDode. Le déMBpoirJa teiteor, la joie immodérée, ont, diiB» q doit la mort subite.
Certaines maladies peorent être aomi la eaose détenniBMie de quelqiies antres : ainsi, rinflammatian considérable des |Mi»iiiilos, eelle des amygdales, celle mSme de la langue, peorent prodmre l'asphyxie ; la peifontion de feslnmac, la niplnrede la id, de la rate, de la Tessie on de Fntérns, Féresion des psr nn nlcère, celle de la pKne par nn tnberenie ramolii, sont Htant de censés directes d'une péritoniie en d'oae plemése psesqae inévitablement mortelles.
La rétention des matières iécsles dans le veetnm a unelqnsfaii ànné lien & tons les phénomèiies de ToodiMon intestinsie, et a pn, dui qndqoes oss rsres^ déternnner la mort, snrtoiit chef dessnjels
ivanoés en êg&,
Infin, oo pent joindre à ces canses déterminantes la présence de eeilsina ammanx |*rssites dans le corps hnnisin,conHnelet«nia, les oijmrBS, les aeearides kmbricofdes, les hydatides, etc. Lenr piésenoe ne produit pes constsmment des phénomènes morbides, mns die est par eUe-inême quchpie dioee d'anormal ; elle coostitne, par conséquent, une maladie qui sera toujours la même dans son essence, quelque Tariée qu'elle soit dans ss fiNrme.
Les csuses déterminantes spécifiques ont, comme nous l'avons dit, pour caractère particulier, de |Nroduire des maladies qu'elles seolês peuvent engendrer, et d'être, dans leur sctkm, inaccessibles lox explications de la physique et de bi chimie.
Les causes spécifiques se subdivisent, à raison de leur manière d'agir, en deux séries distinctes. A la première appartiennent oelles de ces causes dont les effets s'arrêtent aux individus soumis à leur influence ; à la seconde, les agents morbifiques qui, k la manière des semences végétales, se reproduisent dans le cours de la maladie à laquelle ils ont donné naissance : de tdle sorte que l'individu qui les a reçus les engendre à son tour, et peut les transmettre à d'autres. De là, la nécessité de subdiviser les causes spédfiques en spécifiques ordinaires et en spécifiques contagieuses.
Canief Mpieifiquet ordinairei. — Nous rangeons dans cette série certaines émanations métalliques, quelques poisons, les exhalaisons ■iasmatiques et les venins.
38 DB l'étiologie.
Les ouvriers qui travaillent le plomb, les peintres, les fondeurs, les broyeurs de couleurs, les fabricants de blanc de céruae ou de j minium, etc., sont exposés à une maladie connue sous le nom de colique^ et mieux d* intoxication saturnine, et qui difière assez, par ses phénomènes comme par sa cause, de toutes les maladies connues pour devoir être rangée parmi celles qu'on désigne soiut le nom de spécifiques. Nous ne placerons pas dans la même série h colique de cuivre ; les troubles que produisent dans réconomie le» composés du cuivre sont semblables à ceux que déterminent beaucoup d'autres agents extérieurs, qui, comme eux, irritent et enflamment le conduit digestif. En conséquence, malgré le rapprochement admis par la plupart des auteurs, entre la colique de cuivre et la colique de plomb, nous croyons devoir rapporter l'action du cuivre sur Técenomicaux causes déterminantes ordinaires, et ranger les préparations du plomb parmi les causes spéciGques. Noos plaçons également, dans cette seconde série, le mercure et ses composés, à raison de son influence toute spéciHque sur la membrane muqueuse de la bouche {stomatite ou salivation mercurielle). Nous croyons encore pouvoir classer, parmi les agents spécifiques des maladies, la strychnine et la brucine, qui donnent lieu à des convulsions tétaniques qu'aucune autre substance connue ne saurait produire.
Infection ; maladies infectieuses, — Un autre goupe de maladie^' reconnaît pour causes spécifiques certains principes qui doivent leur origine soit à la décomposition ou à l'altération des matières organiques, soit à la viciation do Tair respirable par l'accumulation d'êtres vivants sains ou malades dans un espace relativement trop étroit. On appelle infection l'nction produite par ces agents morUtiques; on nomme infectieuses les maladies qu'ils déterminent. Beaucoup de ces agents ont l'air pour véhicule; on les désigne sous le nom de miasmes. Tels sont ceux qui s'échappent des marais. D'autres agents infectieux, sous forme liquide, pénètrent dans Votganisme par inoculation : c'est ce qui arrive trop souvent au chiru^ gien lorsqu'il introduit, dans une plaie de mauvaise nature, son doigt excorié. Dans d'autres cas, le malade porte en lui le foyer du mal; il s infecte lui-même : c'est ce qui a lieu souvent dans la résorption du pus. Dn reste, la maladie engendrée par un agent infectieux n'est pas identique avec celle dont il est le produit; et c'est là ce qui distingue essentiellement l'infection et la contagion. Une piqilre faite avec un instrument chargé de matières putrides sera le point de départ d'accidents qui n'auront pas de i*apport nécessaire avec rafld'ction dans la(iuellc ces matières putrides auront été
DB LEnOLOGlB. 39
produites, tandis qu'une lancette chargée de pus vaholeux trans- ^v^tra le germe de la variole à ceux qui sont aptes a contracter œile affection.
A. Infection produite par des mioimes. — Le raisonnement nous conduit à admettre l'existence des miasmes, bien qu'ils échappent à DOS sens et à nos moyens d'investigation. La chimie a fait des efforts ixMir découvrir dans l'air des marais et des hôpitaux l'élément matériel de l'infection; quelques chimistes ont trouvé dans cet air une matière organique à laquelle ils ont attribué des caractères particuliers, et dans laquelle ils ont placé le principe des maladies paludéennes ; mais leur assertion est jusqu'ici restée sans démonstration.
Si nous sommes dans l'impuissance de constater l'existence des miasmes, a plus forte raison nous est-il impossible d'en déterminer k nature et d'en expliquer le mode d'action.
Parmi les miasmes, les uns proviennent de la décomposition des matières végétales et animales, privées de vie, dans les endroits humides ou marécageux et dans les eaux stagnantes. C'est ce qu'on appelle les miasmes maréeageyx^ les effluves des marais. Si l'on considère que les fièvres d'accès régnent habituellement partout ou se trouvent réunies les conditions de cette décomposition, que ces fièvres paraissent surtout vers la fin de l'été, à i époque oli la baisse des eaux a mis à découvert la vase formée principalement par ces substances putréfiées; si l'on se rappelle qu'elles cessent de se montrer partout où Ton parvient a dessécher les marais et à donner à l'eau qui s'y amassait un écoulement convenable, qu'elles se sont montrées momentanément dans la plupart des lieux oti se sont formés des étangs accidentels; si l'on fait attention que ces fièvres, très-fréquentes et très-graves dans les lieux les plus voisins des eaux stagnantes, deviennent progressivement plus rares et plus légères, a mesure qu'on s'en éloigne davantage; si l'on a égard, HUÉin, à l'influence qu'exerce sur leur développement, dans le voisinage des marais, la direction des vents (i), il sera difficile de ne point admettre l'existence de ces miasmes et leur aeiion dans \c développement des fièvres d'accès. Nous sommes d'autant mieux autorisé à ranger les miasmes des marais parmi les causes spécifii|oe8, que la spécificité des maladies qu'ils produisent est démontrée par la spécificité du remède qu'on leur oppose : il ne peut, eu effet, y avoir de remède spécifique que contre les maladies qui reconuaissentune seule et même cause.
Uj Lancisi, Senac, Aliberl.
40 DE l'ÉTIOLOGIE.
La seconde espèce d'exhalaîson&T miasmatiques est celle qui provient des êtres vivants, sains ou malades, mais principalement dec» , derniers, lorsqu'ils sont accumulés en trop grand nombre dans nn espace relativement trop étroit, et particulièrement dans des lieux clos.
C'est à bord des vaisseaux, c'est dans les prisons, dans les hôpitaux et dans les villes assiégées, plus rarement dans les camps, que se trouvent le plus souvent réunies les causes dont nous parlons, et c'est dans ces conditions particulières qu'on voit apparaître en grand nombre et sévir avec une affreuse intensité ces maladies qnoo a décrites sous les noms A^nffections putrides, malignes^ pestiietttielles. Elles se rattachent presque toutes aux diverses espèces de typhus et à la dysseuterie.
La pourriture d'hôpital reconnaît encore pour cause l'agglomération des malades dans un espace trop resserré. A l'appui de cette remarque, d(^à fort ancienne, Dupuytren a signalé un fait obsenré dans ses salles; il a remarqué que cette maladie s'y développait constamment quand le nombre des blessés dépassait un certain chiffre. Tout porte à croire que la même condition joue un grand rôk* dans le développement soit des fièvres puerpérales dans le» établissements consacrés aux femmes en couches, soii des abcès multiples, peut-être même des érysipëles qui se montrent par intervalles, sous forme épidcmique, dans les salles de chirurgie, chez les sujets ofHirés.
L'accumulation de pei'souiies saines dans une enceinte trop étroite suilii pour donner à l'air des propriétés morbifiques. L'histoire, souvent citée, fies assises d'Oxford en offre un exemple remarquable. Un lyplius frruve se développa chez un grand nombre de ceux qui assi.^laionl à ces débats, et fit beaucoup de victimes.
D. Infection par inoculation. — C'est surtout chez les élèves en médecine qui se livrent aux dissections, chez les médecins qui font des ouvertures de cadavres, chez les chirurgiens^ dans la pratique des opérations, que l'on observe ce mode d'infection. Les piqûres qui eu sont le point de départ ne produisent, dans beaucoup de cas. qu'une inflammation purement locale ; mais trop souvent la maladie, dépassant ces limites, donne lieu à des accidents généraux et à de» abcès secondaires, dont la mort peut être la conséquence.
C. Infection consécutive d V absorption de principes morbifiques fournis par le malade lui-mêfne, — La résorption du pus qui séjourne dans des cavités accessibles à l'air ou qui est altéré par des détritus gangreneux donne souvent naissance à des accidents qu'on a désignés sous le nom (ï infection putride. Une autre affection plus grave
DE l'ÉTIOLOGIB* 41
«BOK est celle qui «aocède si soQTent aux opératÛHis chirorgioales, FdoDt Im pbléliile, dans le pliis grand nombre de oaa, aiiioD dans tousy piralt être le point dedéÎMurt, ec qa'on dëaigne eouB le namdtimfectmpurulemie. SI la pénétration, dans le sang, du pas sécrété par la leine, est, oemiiie le pensent la plupart despathologistes, la cauaè de eette redontaUe maladie, il faut recomudtre qu'il restékur œ sujet, eomme anr beaoeoapd'antres, des quesdone non résolues ; l'obsenration noua nontre obaqoe jour que k réscsption do pus peut s'aooomplir sans donner naissance i auenn accident, même dans des cas où 8s nature Timlenten'eat pas douteuse, dans la nuiole, par exemple, stdansle bobcB sypUiitiqoe.Mais alors la résorption n'aurai t-eUe pas yen par d'antres mes, par les vaiaseaux lymphatiques en particulier f
De$ fflunt • •— On doit également ranger parmi les causes spédiqoes des maladies ^difërents venim. Ces venins panassent être le lésnltat d'une sédrétion propre & certaines espèces d'animaux, et sont pour eux un moyen naturel d'attaque et de défense : déposés, psr ranJmal qui Isa sécrète, dans les blessures qu'il fait, ils produisent constamment des effets semblables. La vipère et quelques insecteSy tels que la gnépe, l'abeiUe, la punaise, etc., sont, dans notre dimat, les senla animann munis d'appareils propres à sécrétei^ etàdépoewoea TenînsBi^|p»les dimats plus chauds, le scorpion et diverses espèces de aAÉiWiaont armés de venins bien plus délétères. Les venins difflUI||pdbs virai sous plusieurs rapports. Ceuxci, éooune noos le venons plus bas, ne sont engendrés qu'accidentellement perdes êtres malades ; la formation des venins, au contraire, eitcontintMlle, et n'est liée à aucun état morbide : elle est le résultst d*une-sécrétioii normale chez un animal bien portant. Les virus n'agissent qa'avec lenteur^ et se reproduisent dans les affections qu'ils déterminent; les effets des venins sont prompts et ne sont paa transmis de celui qui les éprouve à d'autres individus.
Iki principe$ cmdagieux. — Il est un certain nombre de maladies susceptibles de se transmettre de l'individu qui en est atteint aux personnes saines qui ont avec lui quelque rapport. Cette transmission de la maladie, ayant ordinairement lieu par le moyen d'un contact direct ou indirect, a été nommée contagion, Oji a donné aux maladies qui se transmettent par cette voie le nom de maladies contêgieuses (1).
La manière dont s'opère la contagion nous est inconnue; néan-
(I) Bmfelami a défiai la contagion ou lepriVici^e contagieux une mtUère sub- Skqal ^insinue dans la corps vivant, et qui peut y exciter une espèce détemUnie de oialadie. Les mlaame» des maraU êenient, suivant cet auteur, cd d*av^ ^
4i DB l'bTIOLOGIB.
moins il i^st certain qu'elle a lieu par le moyen d'un agent matériol dont Texistence ne peut être révoquée en doute, bien qul^ «vhappe à nos sens : on nomme cet agent principe eontagietiXOQ virus,
Hiou qu'inappréciables à nos sens, les principes contagieux ont tHt\ (>our quelques médecins, l'objet de recherches spéciales. Void quelle est sur ce point de pathologie l'opinion du plus grand nombre.
Le principe invisible qui produit la contagion est ordinairement enveloppé dans une substance visible, comme le mucus, la sérosité, le pus liquide ou desséche en croules, la matière de la transpiration cutanée. Ces diverses substances n'étant point par elles-mêmes contagieuses, on suppose qu'elles ne le deviennent que par lenr mélange avec cette matière insaisissable qui est l'agent de la contagion. Toutefois il ne serait pas impossible que le pus, que le mucus devinssent eux-mêmes contagieux, par l'effet d'un changement survenu dans leur propre nature.
Quoi qu'il eu soit à ce sujet, voici les principales propriétés des virus ou principes contagieux.
InlnMiuiUi dans un corps sain ou malade, ils déterminent tous, au moyen d'ime série constante de phénomènes morbides, la reproduction d(> [irincipes semblables à eux-mêmes et capables de développer, dans les sujets qui les recevront, des effets semblables. Ib peuvent, en couséciuence, se multiplier à l'infini, en vertu de ce dé* veloppemeut secondaire, aussi longtemps qu'ils rencontrent des corps propres à ressentir leur action. Nous croyons, en effet, qu'il n'y a aucun virus dont la propriété contagieuse s'éteigne apr^ la seconde transmission, comme on a voulu le prouver pour la rage : nous admettons, toutefois, que certains virus peuvent, dans leurs reproductions swx^essives, perdre de leur énergie, surtout quand ces reproductions ont lieu dans des conditions différentes de celles où ils se sont d'abord produits, comme cela parait établi pour la syphilis et pour la peste.
Parmi les principes contagieux, la plupart détruisent, soit pour
iléllnitioD, des principes conlagieux, aussi bien que le principe variolique ou syphilitique.
II admet deux espèces de contagions, Tune \lve et l'autre morte. • La conta- « Kinn vive est produite par un corps vivant; elle peut avoir lieu dans toutes les « maladies où les humeurs sont parvenues à un haut degré de corruption pu- « triffe, et lorsqu'il y a changement spéciflque dans l'état des organes sécrëtoiret, ri comme dans celui des humeurs qu'ils sécrètent, dans la rougeole, la scarlatloe, « la dysftenterie, par exemple, etc. La contagion morte est celle dont la matière • s'exhale des corps inanimés*, tels sont les miasmes des marais, l'air corrompo « gui produit des fièvres catarrhales, etc. »
■temps, floH po&t fets, raptitode i «1 être jfbaêj lâvariofe, k eTiroB lypliilitiqiM ippojëe sur «miib
t théorie de h igfkiKmiim, théorie niie delà médeâae i|k cqmiw m pwdoiect oai DTaoïreo agents de eooiagioB, eonone eeln de k pnHile Bidelegele, BednBgBBl enrien, dieareraKfBcaoaiélé ■6 jteaàèwt tam^ le ilii|witiiin i en toe aftcié» de aonican. U hol, loDteleii, reeonneitie <|nè ces lè^es génénles snr le diicisllé l'action des principes contegîwii qui, pnsqœ isas» n'stteqoent ip'ane fois fat même penonne dans toot le coon de ss rie, tandis i|iie tel antre se iqiiduirs indéiaiment et à cbaqne occasion chei le mtee indiridn ; U ftnC reeonnsitre, disje, que ces tègies ne sont pu sbaolneB, et qoe les exeeplions ne sont pas trte-rares. Cn certain nombie d'indiridos ayant eo la Tarideennne aaeeme régmiière, oeqoi rerient presque ao même, sont pris, après pinsienrs années, irisHrmrenieiit aprfes un temps pins oonrt, d'one seconde éruption irarioKqne. Les récidites de scariatine on de roogeoie, sans étrs aussi oonumines, ont été constatées sssex sonrent pour ne ponroir pes tee mises en doute. Par ctmtre, il n'est pas absolument sans exem* pie qu'on sujet qui a subi une première infection syphilitique, aem* Ue jouir, au milieu de circonstances des plus hasardeuses, d'une soite d'hnmunité exceptionnelle qu'on a obserrëe également, et moins rarement peut-être, sans infection préalable. Mais ici, comme ailleurs, les exceptions ne détruisent pas la règle : elles la confirment, au contraire, par leur rareté.
On s'est demandé si parmi les principes contagieux, il n'en serait pas quelques-uns qui seraient engendrés sans interruption pendant tout le cours de la maladie qu'ils produisent, tandis que d'autres ne le seraient que pendant une partie de sa durée. Cette question n'a pas jusqu'ici reçu de solution : on sait seulement que, pour plusieurs affections contagieuses, telles que la vaccine et la variole, ve n'est qu'après un travail de plusieurs jours que se produit le liquide au moyen duquel la maladie peut i^tre inoculée; et, pur ime nmple induction, on a pensé qu'il cn pouvait être de même pour les adtres.
(f) Pn typhUlaaUon, on a désigné une prétendue inapUtude à oontricter la lypIiUiSy qa\ aérait la eonaéqaence de plusieurs contagions antérieurest qu'elles tot lien par inoculaUon artificielle ou qu'elles soient la suite de rapprochemenu me des sujets infectés.
^, WÊ L*inOLOGIE.
, v c>v> es (MÏiKipes coutagieux avaient une grande affinité poM .v>> ^.'^•Hle». «4ui peuvent les conserver pendant un temps fort iong^^ stivHMi «juaud elles sont à Tabri du contact de l'air. Quant aux pev- X %ia\'»^ ^«i ont des rapports avec les malades, on ne sanrait doatff ^t ^nu*s ik^ puissent transporler la contagion sans en être elin- ^^K'c^ atteintes; on pense môme que les insectes qui Toltîgent dam
ixr v't se posent alternativement sur les corps malades et aor te ;Kh\tdus sains peuvent quelquefois transporter à ces derniers te >itus qu'ils auraient puisés sur les premiers.
Uivei'ses circonstances peuvent favoriser Taction des principes contagieux et aider à la propagation des maladies contagieuseii L'agent contagieux parait avoir d'autant plus d'énergie qu'il eM plus nouveau; il s'affaiblit manifestement et heureusement avec le temps. Des expériences nombreuses ont prouvé, par exemple, que le pus varîolique perd, au bout d'un an^ une partie de sou éneigiab ei qu'au bout de trois, il cesse d'être contagieux. Hildmémmi yàtsait que le principe contagieux du typhus ne se conservail pts to delà (le trois mois, parce que, selon lui, aucune épidémie de typbm ne s'est reproduite après ce laps de temps, sans le concoure de noavolles causes. ^
La température a aussi une grande influence sur la facilité avee laquelle se transmettent les maladies contagieuses : le degré de chth leur du corps humain parait le plus favorable à la contagion, et plus la température atmosphérique s'en rapproche, plus les Maladte routagieuses se propagent avec facilité. La disparition subite des maladies pestilentielles, quand le thermomètre descend à quelques (livrés au-dessous de glace, a conduit à penser que les principes lonlugieux étaient susceptibles de congélatjou. On a de même été IKàitô à croire que ces principes pouvaient être détruits et en quelque Norte brûlés par l'extrême élévation de la température, et les méde- ^aiN qui, comme nous, classent la fièvre jaune parmi les maladies v\aaugiouses, ont cité, à l'appui de la décomposition des virus par la i'halour, la cessation brusque de cotte maladie, sous sa forme épidélaïquw loi*s(|ue la chaleur atmosphérique s'élève, dans la zone to^ udc, à un degré extraordinaire. M. Ruiard a fait des observations .ual^v;^ti^a sur la peste d'Orient. L'apparition fréquente du typhoi ivnJaiU l'hiver, sa violence plus considérable pendant cette saison,
.siutUvraient infirmer l'assertion que nous venons d'émettre, savoir, «lu'mu^ température voisine de celle du corps humain serait la pins (.*4\sKiHk»le à la transmission des maladies contagieuses. Mais si l'on
.'u:>uUH\M|ue le nombre des soldats malades, dans les campagnes
; ui\%u ivii beaucoup plus considérable, et que le froid oblige de les
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iilscer dans des lieux plus on moins exactement fermés, que l'en- ^eombrement y est plus inévitable, et ses conséquences plus fécheoses, on concevra que si les épidémies de typhus sont pins fréqnentes et plus meurtrières dans les saisons froides et humides, ce n'est point au froid qu'il faut l'attribuer, mais an concours des cirooDstances qui viennent d'être indiquées. On a encore remarqué que l'humidité, l'absence de lumière et l'accumulation des émanations animales étaient autant de conditions favorables à la transmission des maladies eontagienses épidémiques.
Outre ces circonstances générales qui favorisent l'action des principes contagieux, il est un certain nombre de circonstances individaelles qui exercent la môme influence : tels sont la jeunesse et Tâge adulte, une constitution molle et délicate, la privation d'aliments, l'abstinence de liqueurs alcooliques chez les personnes qui en ont fait un usage habituel, la faiblesse qui accompagne la convalescence, le découragement, la terreur, la nostalgie, les écarts de régime, les évacuations excessives, l'état de sommeil.
L'homme est généralement, pour ses semblables, le foyer qui engendre et perpétue la plupart des principes contagieux connus. Cependant il en est quelques-uns qui semblent ne pr)int se développer primitivement chez lui, et qui Ini seraient toujours transroi> par les animaux : tels sont, nonobstant quelques faits trfc*-rarcs et par cela même très-contestables, le virus rabique^ celui de la morve et le cowpax.
Parmi les maladies contagieuses on réputé(.*s telles, il en est <|uelques-unes qui sont originaires de notre continent, le typhuh et la gale^ par exemple ; il en est d'autres qui ont été importées. La variole, la scarlatine et la rougeole paraissent être originaires •VAsie ; la peste nous est venue d'Asie ou d'Afrique ; la fièvre jaune nous a été apportée probablement d'Amérique. Cette division, comme • »n le verra, n*est pas sans importance relativement à la génération «les principes contagieux, et par conséquent à l'étiologie des rnala- «lies contagieuses.
La formation primive ou la génération des principes contagieux est enveloppc»e d'une grande obscurité. Quelques médecins sup[K>sent que ces principes n'ont été engendrés qu'une seule fois, et que depuis lors ils ne se sont plus produits que par transmission. Mais il est impassible d'admettre cette opinion. On ignore, il est vrai, les conditions dans lesquelles plusieurs de ces principes se sont développés; mais encore faut-il admettre que, sous un concours de causes semblables à celui qui les a produites une première fois, ils peuveuV et doivent vire produits encore. L'histoire du typhus d'Europe, el
^S DE l'ÉTIOLOGIB.
ivprvHiliction dans des circonstances bien connues, démonirent, m, à iv «lui concerne celle maladie, la vérilé de celte opinion, et portent^ à onnro qu'il doit y avoir quelque chose d'analogue dans le dëvelop- (H'mont des virus exotiques, tels que ceux de la peste, dç la variole, de la syphilis, etc. Seulement si ces virus, comme tout le fait pr^ sumor, ne sont pas origiimircs d'Europe, si leur génération pie* iint*re a eu lieu dans d 'mitres pays, et sons un concours de ooiidiiions qui n'existent pas chez nous, on doit conclnre, chaque t'ois qu'elles apparaissent, qu'elles sont dues à la contagion, Ion même qu'on ne pourrait pas remonter jusqu'à l'individu qui l'aulait transmise.
Parmi les virus exotiques, plusieurs se sont acclimatés dans notre (•ontinent; ils s'y montrent sans interruption, et produisent par intervalles, sans doute avec le concours de certaines condi lions générales, des épidémies plus ou moins graves : tels sont les virusvirioliques, scarlatineux, morbilleux. D'autres maladies contagieuseti ou réputées telles, comme la peste et la fièvre jaune, ne s'y sont montrées (|ue nionientanément : elles ont constamment disparu après avoir exercé leurs ravages pendant quelques saisons.
Linnéc a publié, dans les Aménités académiques^ une dissertatioa i dans laquelle il cherche a établir que toutes les maladies contagieuses sont dues à des animalcules qui en se transportant de l'individu malade aux personnes saines, leur transmettent la maladie, qui ne serait que l'effet de leur présence. On peut voir, dans l'ouvrage indiqué, les l'ondtîments de c'etle théorie ; on y trouvera, en parliculitîr, sur la forme et les mœui-s de Vacarus dysenteriœ^ des détails lort curieux, mais qui sont étrangers à notre objet Des recherches iut4M'easanies faites depuis un certain nombre d'années sur l'ooirus scnbiei ont démontré l'existence de cet insecte et le rôle qu'il tduplit dans l'étiologie de la gale. Mais on n'a pas de raisons suffifautes pour admettre quelque chose d'analogue dans les autres maladies contagieuses.
Tilles sont les principales causes morbifiques dont l'action est inauil'este et constante, et que par ce double motif nous avons dû réunir en un seul groupe et étudier les premières, sous le nom de eauses ilétermiuantes. Nous allons passer maintenant aux deux au* lies groupes de causes morbifiques.
DES CAUSES PRÉDISI»OSANTES.
D'apW'M la marche qu'il convient de suivre dans l'étude métlio- (li(|uu de toutes les sciences, et par les motifs que nous venons
DE l*6tiologie. 49
l'exposer, nous avons dû parler d'abord des causes les plus évidenta des maladies : nous allons maintenant nous occuper de celles qui le sont moins, en commençant par les causes prédisposantes , qoi, comme nous l'avons dil, agissent peu à peu sur l'économie, et bi préparent à telle ou telle affection. Leur action est presque toujours obscure et souvent contestable. Aussi tout ce que nous allons dire sur Taction de ces causes doit-il être considéré comme le résamé des opinions généralement admises sur ce sujet, plutôt que comme la conséquence de faits rigoureusement observés, et comme l'eipression de notre propre et complète conviction.
Parmi les causes prédisposantes, les unes étendent à la fois leur action sur un grand nombre d'individus, sur tous les habitants d'une ville, d'une province, d'un empire, par exemple : quelquefois 8ur les grands rassemblements d'hommes, dans les camps, dans les années navales, dans les hôpitaux, dans les prisons; elles préparent le développement d'affections semblables ou analogues chez tous ceux qui sont soumis à leur influence : nous les nommons tmaes prédi$po9ante$ générales. Les autres n'agissent que sur des individus isolés: nous Xe&ikovamou» causes prédisposantes individuelles. Nous allons exposer succinctement les principales causes morbifi- (]ues qui appartiennent à ces deux séries.
§ I«r. — Mm oause« prédispoMuntet géaémlcs.
La plupart des ca^ses prédisposantes générales st' trouvent ré* fiandues dans Tatmosphère, ou tiennent à certaines conditions des localités.
Atmosphère. — L'air a une influence très-marquée sur le corps» humain : cette influence a toutefois des bornes, et il s'en faut bien •jue la disposition de réconoraic soit entièrement subordonnée à létal de l'atinosphère, comme l'avaient prétendu quelques médecius 1 j.
Lfs variations fréquentes de l'air sont des causes occasionnellr;K •l.'S maladies, plutôt que des causes prédisposantes. C'est surtout l'>rsqu'il offre longtemps les mêmes conditions que l'air parait produire dans le corps humain dos modifications d'oii rr^ultcnt diversen [>rédispositioiis aux maladies. L'air froid et sec prédisfKjsr* h\}\ phlegniasies profondes, aux hémorrhagies active-, et imprime à \h plupart des affections aiguës qui se dévelop[>ent le cnractf^re, ou ee qu'on a nommé le^ent> inflammatoire. L'n air chaud et sf,»c prépare
i; Tnlii est xanguinis dispftufio, qunlii est ner //>/?//< tnf^tratnui, (UittAtzivI • fv ron-ttituttotte onni J69l.)
BO DE LBTiOLOtilR
le développement des phlegmasies siiptrtîcielles, de rérjBÏpèllîSftC exanlhènios, et donjie souvent aux maladies aiguèn la rorme diU* bilietue. Sous l'inniienee d'im air chaud et humide, on voit régner les alTeclioDS adynamiquei. Les catarrlies, lu scorbut, le rhumatisme, se moniraot plus parti cidiê rem e ni lorsque l'air est resip longtemps humide et froid.
Les vents du nord et de l'est coïncident presque toujours, duu» notre climat, avec un air sec ef froid : le veiii siid-ost, avec im nir sec et chaud, lesud-OLiesi, avec une température chaude et huroide; le noi-d-ouest, avec le froid et l'humidilé. L'influença de ces vents, dans la production des maladies, est la môme que celledeit diverses qualités de l'air qui leur correspondent.
L'air i{ui n'est pas renouvelé ne tarde point à i^e corrompre . comme on le remarque dans les endroits fermés, et surtout dam les cachots, dans les souterrains. L'homme ne peut y demeurer longtemps sans en ressentir les iïicheux effels; ses foucliou^ languissent, sa constitution s'alTaiblit, et des afl'uciions i;hrouii)ue8de diverses natures finissenl par se développer. Fodiiré avait attribua H la stagnation de l'air dans les gorges du Valais, les goitres a communs dans ce pays, mais le développement fréquent de ueds aflection dans des conditions tout op|iosées rend douteuse l'exaolilude d'' cette opinion. Dans une autre théorie, In diminutinn uu l'absence de l'iode dans l'an ou dans I eau, serait la causf' du goitre. D'après les recherches les plus lecentes, le développemetii de êétte maladie dépendrait surtout di. la constitution géîi'Iogique <iu sol et de la nature des eaux qui coulent à sa surface.
Les variations considérables rlans la pression atmosphëru/ue peuvent encore êire considérées comme des causes de maladie ; mail elles appartiennent plutôt aux causes occasionnelles. C'est aiosi qu'on cile des exemples d'hémorrhagies oculaires, d'épistaxis el d'bémoplj'sies, déterminées par une diminution de la pesanteur de l'air, produite elle-même par uu changement survenu dans 1' sphère, ou par l'ascentiiou dans de hautes régions où le eorpa n'e» plus soumis qu'à la pression d'tme colonne d'air moins considéra- J hle. La diminution et l'augmentation de la pression atmosphériqi nnt en outre été signalées comme des causes de congestion vérébi et d'apoplexie.
La privation de lumière dispose à l'anasarque, au scorbut, f " scrofules, et donne lieu dans tous les cas à une sorte d'él\ol comparable à celui que la même cause produit sur les végétai
Les recherches de M. Edwards tendent aussi à prouver que l'so- 1 IJoa de la lumière est nécessaire pour le développement du corps, \
lauDO- « D'eu I sidéra- J lériquôl réb^
Dl L*inOL06lB« 51
ne la souBtracCioo de cet agent serait une des causes extérieures produisent chez les enfiBUdts le radiitisme et les scrofules (I). ni, au reste, est d'accord avec les opinions généralement adss sur rëtiologie de ces affections. Bitdenbrand a aussi remarcfoe Tabsence de lumière favorisait puissamment la contagion typhus (a).
je fluide électrique répandu dans l'atmosphère concourt-il à préer le développement des maladies, ainsi que l'ont prétendu Iqnes physiologistes modernes? Peut-on admettre un fluide ner- X dofet la manière d'être serait analogue à celle du fluide galvane? S'ensnivrait-il que la force vitale serait augmentée lorsque edricitë positive est en excès; qu'elle serait diminuée quand Tétricité négative est plus abondante dans les lieux bas et humides. mt les tempAtes, dans les saisons chaudes, et quand le vent souffle l'ouest ? Ces opinions, étant purement hypothétiques, ne doivent I eue discutées ici.
Toutes les maladies, comme l'a remarqué Hippocratèy peuvent montrer dans tous les temps de l'année : néanmoins les changeents naturels qui surviennent dans l'atmosphère, par la succès on des Maisons^ ont une grande influence sur le développement de iQOoup d'entre elles. Cette influence reconnue, dès l'origine de ft, a été confirmée par les médecins de tous les siècles. Bippotfe avait remarqué entre toutes les maladies de Tété un caractère iforme; il avait également observé quelque chose d'analogue re celles de l'hiver (3), et il avait réuni aux premières celles de kmière moitié du printemps et de la première moitié de Fauime, et aux secondes celles de la fin de l'automne et du comménnentdu printemps. Dans notre cUmat, on a trouvé plus de resnUance entre les maladies du printemps et celles des mois qui écèdent et suivent cette saison qu'entre celles de l'été et des mois isins ; la même observation a été faite pour les maladies de Tauome et de l'hiver, et Ton a réuni ensemble les maladies duprinmps d'une part, et celles de l'automne de l'autre. Les premières it généralement une marche plus rapide, une terminaison plii< mdie, «ne durée moins longue ; elles sont moins sujettes à réciher, et cèdent plus facilement aux remèdes. Les autres se déveoppent communément avec plus de lenteur, ont une durée beauplus longue, laissent souvent à leur suite des phénomènes fà- |..opiniftû'es ; elles résistent davantage aux moyens théra-
dî M/niaieff des agents physiques, p. 401 et 402. (t) T^pk, emtag.
(H àphor., 1U>. ni.
li'i DE l'ÉTIOLOGIE.
peutiques, et se reproduisent plus facilement après une suspensioi momentanée. Ces différences ont été particulièrement obsenréei dans les fièvres intermittentes vemales et automnales; mais il s'a faut bien qu'elles s'appliquent à l'universalité des maladies. Dan notre climat, le nombre des maladies aiguës est constammeni plus considérable au printemps qu'à Tautomne , et la mortalité plus grande.
Outre ces grandes différences que produisent dans les maladies ces deux époques opposées, on a observé encore que chaque saison a, sous le même rapport, une influence moins prononcée, il est vnd, mais pourtant incontestable (1).
L'hiver prédispose, en général, aux maladies inflammatoires, aux hémorrhagies actives, aux congestions cérébrales, lorsqu^l est sec : aux affections catarrhales aux écoulements chroniques, lorsqu'il est humide. Dans Tété, on voit régner les maladies bilieuses, les exanthèmes cutanés, le choléra-morbus sporadique, les vésanies et plusieurs autres névroses. L'automne paraît favoriser le développement des affections muqueuses et rhumatismales, des dyssenteries, des Gèvres intermittentes surtout, qui sont plus fréquentes dans cette saison que dans toutes les autres Le printemps est ordinairement fé<!ond on phlegmasies de la gorge, de la poitrine, eo hémorrhagies, etc.
L'influence de la lune et des planètes sur le développement des maladies a été pour les médecins un fréquent sujet de discussions. Si ces astres n'ont aucune action sur la température et rhumiditë de l'air, il est très-vraisemblable qu'ils n'en exercent aucunesur l'économie animale. Mais si, comme l'ont prétendu quelques physiciens, 1l*s tempêtes, la direction des vents, étaient soumises aax phases lunaires, il serait possible que cet astre eût aussi une influence directe sur l'économie ; il serait démontré qu'il pourrait agir directement sur elle.
Localités, — Il n'est presque aucun endroit de la terre où Thomme ne puisse habiter. Mais s'il peut habiter tous les lieux, il n'est pas
(t) Quelques médecins, ayant cru reconnaître que Iqs principaan changementi apportés par les saisons dans les maladies régnantes ne correspondaient pas tuM/F tement aux divisions de l'année vulgaire, avaient proposé d'admettre une âHHk médicale y dans laquelle le printemps commencerait le 12 février; l'été, le 12 nul; l'automne, en août, et l'hiver, en novembre ; mais, comme il n'y a rien de rig^ lier dans l'époque où se montrent les maladies dites vemales on qntoww^j comme leur apparition n'est pas même chose constante, et que les obMAratiooi^ faites dans le centre de l'Europe ne seraient pas applicables dans le midi ou le nord, il est plus rationnel de conserver à chacune des grandes divisions de l'année les limites connues, et aux mots usuels leur sens accoutumé.
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de rinfhiaDoe qu'ils exercent sur sa constitation et de oer* modificatioDS morindeB qu'ilp loi impriment. Dans les olimate IX oo Yoit se défelopper la peste, la Bèvre jaune et plu» maladies entièrement inooonues aux climats septentrionaux ; tas les climats tempérés, on obserte une plus grande variété dans Ittmalsdiea. Dans les pays sôcs et élevés, les hommes sont très-sujelsi toutes les aflbctions aiguës; les affections chroniques, au oonmire, régnent dans les pays bas et humides. Il est facile de vériQer cette inflnenoe de l'élévation du sol dans certaines villes disposées m parties liaaie.et basse : dans la partie élevée^ les maladies sont |iIbs rares et ont nne maiche très-aigoê ; dans la partie basse, au contraire, les maladies sont fréquentes et ont le plus souvent une ■aidie dircmiqoe. * ,
L'expoÊiiiam au noiid et à l'est, au sud et à Touesty exerce dans le défeloppement des malsdies nue influence semblable à celle des ictts qui soufflent dans chacune de ces directions (page 48).
VAatitttiim^ dans les tilles et dans les campagnes dispose à des Actions très-diffiirentes. Les affections nerveuses, les scrofules, le neintis, la phthisie pulmonaire, sont -beaucoup plus fréquents chez les habitanta des villes que chez ceux des campagnes : ces derniers sont pins exposés aux maladies aiguës, et plus rarement atteints de nialsdies chroniques. Enfin, le séjour dans les hôpitaux, les prisons, ks vaisseaux, les cssemes, paraît prédisposer à la dyssenterie, au «corivut, aux diverses espèces d'hydropisie. • Le changement d'habitation devient aussi une cause prédispo- «snle générale pour les matelots et les soldats transportés loin de leur patrie. lÂnd a comparé les hommes qui s'éloignent du lieu de leur naissance à des végétaux transplantés dans un sol étranger : beaucoup ne peuvent subir les nouvelles conditions dans lesquelles ils sont placés sans que leur santé ou leur vigueur en soient altérées, au moin^monfentanément. Les masses d*hommes qu'on transporte loin de leur pays^ les corps de troupes qui passent d'un cdatioent sur m autre sont souvent frappés de maladies plus ou moîns graves, dues évidemment à cette cause ; le doute n'est pas possible lorsque ces maladies sont du nombre de celles qui ne se montrent ^dana le pays dont ils sont originaires. Telle est la fièvre jaune, qni moissonne les Européens dans quelques parties de rAmérique, etoni n'a presque jamais été observée dans le nord de l'Europe, aufl|n del'fflibouchure de la Gironde ; telles sont encore les supfÊj^^mi^dn foie, si rares parmi nous, si communes dans quelques parties de Flnde.
Un iait presque constant, et sur lequel l'attention des médecim
^ i DR L ÈTIOLOGIE.
w A [vut-ôin* pas éu* appelée aiitanl qu'elle aurait dû l'être, c'eslk ÏH^une NanU^ de» (H|uipage8qni traversent les mers sans séjoumeflj iiiiilo paru i't ipii contraste singulièrement avec les maladies qui les lrHp{»i':it dans les conditions opposées. Le changement continuel de l'oj MMiiblo être utile à l'homme sur mer comme sur terre; les \o\a^os eou^ervent généralement et fortifient la santé : si les voys- ^euifi sitnt atteints de maladie, c'est le plus souvent quand ils sooi loîites pendant un certain temps dans une même ville.
Les ehangements opérés dans certains lieux par la main des hoiunuvs, eumme le défrichement des forêts, rétablissement de canaux, ont quelquefois exercé une influence remarquable sur Tétst sHuiiHire des populations et rendu fréquentes parmi elles {endélutteurs) des maladies qui ne s'y montraient que rarement.
Il e.^t eiKiore quelrpies causes prédisposantes de maladies qui peu- \ent agir A la fois sur un grand nombre d'individus^ et que nous ne leiMiis qu'iudi(pier ici, parce que le plus souvent elles agissent sur des iuilividim isolés, et qu'elles appartiennent plus naturellement aux (Muises pn*dis|K>santes individuelles. Tels sont les vêtements, les aliments et les affections morales.
Li»s vf'fntwnfs humides, conservés sur le corps, sont une des pria-
(-i[ialert causes du rhumatisme et de la dyssenterie dans les armées
de terri*, du scorbut dans les vaisseaux. Si l'on s'étonnait de voir
une riiuNe, t*u apparence la môme, produire des effets variés sur
•nit^ et sur mer, on pourrait trouver la raison de cette difTérenct*
diiun IcH qualités diverses de Tcau de pluie et de l'eau de mer;
X elle dernière rr>ntient dos sels déliquescents, dont l'efTet est d'om-
^it^eliei lim vêlements du marin de se sécher complètement et de le
uitiuienu' dans un état permanent d'humidité; mais elle a d'un
; Ml,' r«Mé quelque chose de tonique qui modiGe î\ tel point cctin-
.'(^xeuioul, ipie les marins redoutent beaucoup plus Tlmmidité qui
vv^'^^l** **•*''» (piec<»llequi vient delà mer.
^s-.> i/iMif'fi/Y altén's, les viandes salées, le manque de pain, de
v^y^vMux Irais, les eaux corrompues, sont, pour les habitants d'une
.■lu- 4^»0M***'' P**"'' l^s hommes rassemblés sur une flotte ou daus
,,^ <^vAip. des causes générales de maladies.
i,\x */t\7ioMx morales, qui sont les mêmes pour toute une ari . .^w%M^<.»ot'i»isïM>ur tons les habitants d'une ville, d'un empire, peu- , ..* uv ^H»nsitlén''es, dans quelques cas, comme causes prédiap** ,j K^ j^ ^vi-^oralcH. L'influence des affections morales sur la santé ^» >^Kia«> t\U bien évidente dans les désastreuses campagnedCM >^v « ^ '"^^ ^ ■ 1^' tiombro des maladies augmentait dans une propor- ^M .«lli^v.uiio à mesure que la fortune s'éloignait de nos drapeaux.
M L'inOLOGII. 55
BiBMitt aoasi que les in$iiiutî(m$ politiques^ que Tëtat de civilisaliOD pins ou moint avancé des différents peuples doivent être rangés m nombre des causes prédisposantes généiiiles de plusieurs maladies. Ceat ainsi que dans les pays libres, où chacun est appelé à prendre part aax affaires publiques, et sTassode aux vicissitudes de la patrie ; cfaes les peuples éclairés, là où les facultés intellectuelles ont leplaa d'aelîvité, dana les pays où l'homme se livre à Tétude des scieiices et des arts, aux grandes spéculations du commerce et de rindnstrie, les maladies nerveuses sont beaucoup pins fréquentes que cbes les peaples qui vivent dans l'apathie, l'oisiveté, l'ignorance ea l'esclavage.
Les causes prédisposâmes individuelles sont bien plus nombreuses que les catises prédisposantes générales, parce qu'il est une multitude de ciroonatances qui peuvent agir sur des individus isolés, et qni ne. peuvent point être communes à un grand nombre; taudis que toutes les causes prédisposantes générales, comme le site, Thabitation, etc., sont en même temps des causes prédisposantes individuelles.
Ces causes étant très-nombreuses, et leur part dans la production des maladies n'étant pas la même, nous les distribuerons eu deux léries. Dans la première, nous placerons les diverses conditions /propres à chaque individu, comme l'origine, l'âge, le sexe, le tempérament, la constitution, les habitudes, la profession, le degré d'aisance ou de misère, l'état de maladie, de convalescence, de santé même, la grossesse, et nous désignerons sous la dénomination S aptitudes ces diverses conditions, parce qu'elles rendent les individus aptes à être atteints de telle ou telle maladie, plutôt qu'elles n'ont une part active dans sa production. — Nous placerons dans la seconde série les diverses cii*constances exténeures qui prédisposent plus ou moins activement au développement des maladies.
i® DES APTITUDES.
K 2 !•'. — A. Uoriginede parents atteints de certaines maladies est ■IB condition qui doit faire redouter le développement d'une aflec- 'iiemblable. « On hérite, a dit Baiilou, des maux de ses parents ■HDct on hérite de leurs biens , et ce funeste héritage se ftaet d'une manière plus sûre encore que l'autre. » On pamome kéréditairei les maladies qui passent ainsi des pères aux enfants ; quelquefois elles sautent, comme on dit, une et même plu-
56 DE l'ÊTIOLOGIE.
sieurs générations, et passent aux petits-fils. Elles peuvent se pié» sentcr chez tous les enfants ; mais le plus ordinairement elles ne le ^ montrent que chez quelques-uns. Elles peuvent également être transmises par le père et la mère. Chacun a été à même d'observer que les enfants sont plus exposés aux maladies de celui dé leurs pirenls auquel ils ressemblent davantage.
Les maladies de la mère se transmettent peut-être plus communément encore ()ue celles du père, non-seulement parce qu'il ne peut pas y avoir d'incertitude sur la maternité, mais encore parce que la femme, qui a une part égale à celle de l'homme dans l'acte de la conception, fournit seule au développement du fœtus pendant toute la durée de la vie intra-utérine, et le nourrit encore de sa propre substance pendant toute la durée de rallaitement. Il est donc naturel de croire que la mère a une plus grande part que le père dans la constitution des enfants et dans leurs prédispositions morbifiques. Ajoutons enfin à l'appui de cette opinion que, dans le croisement des races d'animaux, rinfluence inégale des deux sexes se montre manifestement : le mulet issu de la jument et de Tâne est incomparablement plus grand et plus fort que celui qui provient dun croisement inverse.
La transmission des maladies des parents à leurs enfants, considcrée d'uue manière abstraite, n'est guère contestée ; mais ce premier point admis, les discussions s'élèvent dès qu'il s'agit d'admettre ou de rejeter Tliérédiié de telle ou telle maladie en particu' lier. S'il était quelques maladies qui ne se montrassent jamais que chez les enfants de ceux qui en ont été alTectés, et si tous les enfants (le parents alîeciés de ces maladies en éuiient atteints sans exception, il ne pourrait y avoir de doute; mais il n'en est point ainsi. D'une party toute maladie susceptible de passer des parents aux enfants peut aussi se développer sous l'influence d'autres causes^ et, d'autre part, il n'en est aucune qui frappe constamment tous les enfants des parents qui en sont atteints. C'est donc seulement à l'aide de relevés exacts et nombreux, que la science ne possède pas encore et qu'elle ne peut acquérir que lentement, qu'on parviendra à apprécier la fréquence relative d'une maladie quelconque chez les individus nés de parents qui en sont aiïectés, cl chez des sujets dont Itïs parents en ont été exempts, et qu'on pourra déterminer jusqu'à quel point cette maladie est héréditaire. -''J^
Uuand on veut étudier sous ce point de vue une maladie qo con(|uo, la phtliisie par exemple ou le cancer, c'est moins ea rernÔBT;: tant itiix maladies auxquelles ont succombé les parents qu'il Auit chercher la solution de ce problème, qu'en suivant dans le cours de
DE l'ÂTIOLOGII. 57
ur vie les enfants nés de parents phthisiques ou cancéreux. Le moecin qui réunirait un grand nombre de sujets atteints de cancer ou e tubercules, qui les interrogerait avec soin sur le génie de maladie uquei leurs fNirents auraient succombé, et qui. d'apri^s leurs rélonses positives ou négatives, voudrait apprécier Vkértdiié de ces oaladies, serait exposé à des conclusions incertaines. Sans parler ik l'ignorance d'un grand nombre d'individus sur la maladie de leurs ascendants, de l'opinion erronée de beaucoup d'autres, la vcniable question n'est pas là. II se pourrait que sur detix cents phthisiques, un cinquième seulement fât issu de parents atteints de cette affection, tandis que sur deux cents enfants cpii seraient nés de pareots phthisiques, cent cinquante succombassent à cette maladie. De ces deux ordres de faits, qui toutefois ne seraient pas en contradictioQyle second seul peut juger la question. Il ne s agit pas d'examiner si la maladie peut ou non se développer, ni dans quelle pn)portion elle se développe sans le concours de l'hérédité, si.»us l'influence de causes prédisposantes et occasionnelles. Aucun auteur D'à émis l'idée qu'une maladie susceptible d'être transmise des [lères aux enfants ne pût pas naître aussi sous rinfluenee d'autn-s anses. Le point important est de déterminer d'abord si telle maladie qui s'est montrée chez les parents se développe souvent chez es enfants; et ensuite à quel point ce développement est fréquent. ]'est donc en descendant les générations plutôt qu'en les remontant, {u'on me passe cette expression, que la question des maladies hérélitaires doit être étudiée el peut être définitivement jugée. En suiant cette marche, on arrivera, j'en suis convaincu, pour laphthisio lulmonaire, à des résultats qui prouveront que les enfants nés de >arents phthisiques succombent, dans le plus grand nombre de cas. 1 cette maladie. Il n'est pas aussi facile de dire quel serait le ré- 'Ultatde recherches semblables entreprises dans le but d'apprécier hérédité du cancer. Toutefois, dans l'état actuel de la science, il lous parait rationnel d'admettre que les individus nés de parents anct'reux sont, toutes choses égales d'ailleurs, atteints d'affections If ce genre dans une plus forte proportion (jue ceux qui ne sont pas ans cette condition.
En général, les maladies qui se développent sous l'influence d'une rédisposilion hénVIilaire se montrent à un âge moins avancé que ans le cas où elles ne sont pas transmises par hérédité. On a relarqué que les enfants nés de parents phtliisi(]nes succombaient ommanérnect à ime épo(|ue plus rapprochée de leur naissance qu<.* elle à laquelle leurs parents avaient cessé de vivre, et souvent vaut l'âge où eux-mêmes auraie/it pu transmcitre celte Irîale yxi'.-
58 DE L*ÉTIOLOGIE.
disposition. C'est ainsi que s'éteignent souvent les familles tabereuieuses. Une autre observation qui n'est pas sans intérêt dans l'étudede l'hérédité, c'est qu'il n'est pas très-rare de voir devenir phtbisiques dans un ordre inverse, les enfants d'abord, et ensuite les parents, comme si une disposition commune aux uns et aux autres était restée plus longtemps latente chez ces derniers. C'est, tu reste, un fait incontestable dans l'étude de l'hérédité, que la transmission n'est pas limitée aux maladies dont les parents sont atteints au moment de la conception et dans le cours de la grossesse, mais qu'elle s'étend aussi manifestement, et très-fréquemment aussi, à celles dont les parents ne seront atteints que plus ou moins longtemps après : les parents ne peuvent donc transmettre, et les enfants ne peuvent recevoir, dans ces cas, qu'une disposition à être attéctés, qu'un germe comme on le dit vulgairement, qui se développera en son temps.
Les affections réputées héréditaires sont très-variées. Quelquesunes consistent en un vice manifeste de conformation, comme une diminution ou une augmentation dans le nombre des organes; d'antres, en un simple trouble des fonctions sans lésion appréciable de tissu, comme la cécité ou la surdité. Les unes existent au moment (le la naissance, comme on l'a vu quelquefois pour la syphilis, etc.; les autres, et c'est le plus grand nombre, ne se montrent que plus ou moins longtemps après cette époque : le rachitis, vers l'âge de deux à trois ans ; les scrofules et l'épilepsie, dans l'enfance ; la phthisic pulmonaire et l'aliénation mentale, dans la jeunesse; lagoutteet les hémorrhoïdcs, dans l'âge adulte; l'apoplexie, dans la vieillesse. Dans quelques familles, c'est constamment au même âge que se développent et quelquefois même que se terminent les maladies héréditaires. Montaigne, dont les ancêtres avaient été affectés de gravelle, en fut atteint au même âge que son père. Quelques médecins avaient pensé que les affections chroniques étaient seules susceptibles d'être transmises par hérédité, et l'on doit reconnaître en effet que la phthisie, la manie, l'épilepsie, se placent au premier rang parmi les maladies héréditaires. Toutefois la goutte et le rhumatisme, qui ont ordinairement une marche aiguë, au moins dans leurs premières attaques, appartiennent incontestablement à oett^ catégorie. On a observé aussi, dans quelques familles, une disfÎN sitiun héréditiure à la pléthore, à l'apoplexie, et à certainet'ijÙ flaramations. :ï^
Li s maladies que les enfants apportent en naissant (77ui&uf«Q| naissance) ne sont pas toujours héréditaires; ceux qui sont affeuvsii! d'hydrocéphale ou d'hydrorachis succombent presque toujours
DE L*ÉTIOLOGII. 59
peu lie temps; ils ne peuvent pas, par consë'juent, transmettre cette maladie, et, par le même motif, ils ne peuvent pas l'avoir reçue. Les dartres, les scrofules, se manifestent quelquefois aussi chez tous les enfants nés d'un même père et d'une même mère, bien que ceux-ci n'aient point été affectés de ces maladies. On est ainsi conduit à admettre, avec Portai, des maladies de famille, qui, n'ayant été observées ni chez le père, ni chez la mère, mais se montrant chez tous leurs enfants, fournissent à Tétude étiologique des maladies, mi fait digne d'être signalé. Remarquons toutefois que, pour présenter tout l'intérêt dont elles sont susceptibles, ces observations devraient s'étendre à plusieurs générations dans les lignes ascendantes, paternelle et maternelle : or, chacun comprend combien de telles recherches présentent de difficultés et d'incertitudes.
Nous n'entrerons dans aucun détail sur les diverses théories qui ont été émises relativement à la transmission des maladies des pères aux enfants. Cette transmission est, conune celle de Thabitode extérieure, un phénomène bien constaté, mais tout aussi inexplicable. On peut voir dans le petit ouvrage de Meara, les diverses hypothèses proposées à ce sujet (I). Ceux qui préféreront les faits aux explications liront avec beaucoup plus d'intérêt lés Considérations de Portai sur les maladies héréditaires et de famille, où cet ingénieux observateur a réuni tout ce qu'il y a de plus utile et de plus curieux sur ce point de pathologie (2).
B. Ages. — Les âges, comme nous lavons vu, ne sont pas, à prôfH*ement parler, des causes morbifiqucs. Aucune époque de la vie n'a une part ac^it;^ dans la production d'une maladie quelconque; mais certains âges sont bien plus exposés que d'autres à certaines affections. 'Quelques maladies ne se montrent jamais avant ou aprî^s telle ou telle époque ; aussi, parmi les aptitudes à contracter les maladies, celles qui se rattachent aux divers âges offrent-elles dans leur étude un intérêt particulier.
Beauc<^up d'affections peuvent se développer à toutes les époques de la vie, depuis celle oii le fœtus est encore contenu dans la matrice jusqu'à la vieillesse la plus avancée. On a vu des enfants naître avec une fièvre intermittente, avec une éruption varioleuse, affections qui ont été observées dans tous les autres âges. Néanmoins diaque âge a des maladies qui lui sont propres, ou qui du moins montrent plus fréquemment pendant sa durée. L'hydrocé-
fl) Pathtthgia heredttana generalis, sive de morhis herediiariit tracta tu^ Mpêgyriahdogmaiicus, authore Derm. Meara. Dublin, 1019.
(î) Considérations sur la nature et le traitement de<t maladies de famille et des maladies héréditaires, pu ÀDt. Pobtàl, 18 li. Paris.
60 DE L ËTIOLOGie.
phtile et l'hydrorachisee développent pendant que le foetnae core contenu dana l'utérus. A l'époque de la naissance, les n dies les plus fréquentes sont l'asphyxie dite des notitwiiH l'ictère et l'endurcissement du tissu cellulaire. De la première iU septième année, renfanl est exposé surtout aux fièvres ^uplhe^ * aux accidents de la dentition, à l'épislaxis. au croup, àhiooqHe* "** luelie, à la teigne, aux maladies vermineuses, au racliitie, aai scrofules, à l'hydrocéphale aiguë, qui. dans l'opinion générale det " médecins, n'estautre chose que la méningite tuberculeuse. La pu- ' berlé devient, pour beaucoup de jeunes filles, l'occasion de diveraea '"" maladies. Bans les deux sexes. la rapidité de l'accroissement pré- ^ pare quelquefois l'économie à des affections graves, La pléthore, les maladies inflammatoires, l'hémoptysie, l'angine, la phlhiae ^ pulmonaire, sont plus fréquentes dans la jeunesse qu'aux autm époques de la vie. C'est dans l'âge mûr que se montrent l'hypo* chondrie, le flux héniorrhoîdal, le cancer et la plupart des maladin organiques, à l'exception des tubercules, qui deviennent plus rares. Dans la vieillesse, le ramollissement et l'hémorrbagie du cerveau, la démence, la surdité, la cataracte, les affections des voies urinaircB, etc., sont pins communes qu'aux autres âges.
L'élude éliologique des divers âges présente encore un autre point à considérer : c'est l'inaptitude au développement de quelques maladies dans certaines périodes de la vie. — Ainsi l'hémorrbagie cérébrale ne se montre presque jamais avant l'âge raùr; le squirrhe et l'aTiévrysmc artériel, avant la trentième année, la maladie typhoïde n'a peul-ûtre jamais été observée après la cinquante -cinquième r je ne l'ai observée qu'une seule fois à cette dernière limite, jamais au delà. Ces données sont, dans quelques cas, très-utiles pour le diagnostic des maladies. On voit tous les joui-s des médecins, fort instruilsd'ailleurs, qui, en présence de symptômes propres en effet â induire en erreur, redoutent un cancer de l'estomac chez un sujet qui n'a pas vingt ans, ou croient reconnaître une affection typhoïde chez un individu sexagénaire ou même septuagénaire : la simple considération de l'âge stiftil pour prévenir de semblables erreurs.
C. Les anciens pensaient qu'il était dans la vie certaines annét fixes où les maladies se développaient plus fréquemment, et o mortalité était plus grande, ils les avaient nommées annéeici' lêrigues, du mot xÀipi, inclinaison, ou de xT^ifuiS, qui signifie ou degrés. Ils comparaient ces années climatériques à dts qui joindraient entre elles les diverses périodes de la vie et Qt raient à l'économie une direction nouvelle. Celte doctrine,' I
DE L BTIOLOGIE. 61
dit-on, a été puisée par Pylhagore dans les institutions des Chaldéens. a longtemps joui d'une grande faveur dans les éeoles. La plupart de ceux qui ont admis des années climatériques les ont placées de 9ept en sept ans : ils ont indiqué la quatorzième et la vingt et nnièine année comme pleines de danger. D'autres les ont séparées par desintervailesden^u/ans. Pour quelques-uns la soixantetioisième année, formée par la multiplication des nombres sept et vtuf^ a paru la plus féconde en maladies, et surtout en maladies DKirtclles. D'autres enfin avaient préféré la révolution ternaire. Tous pensaient que la période qu'ils avaient fixée était nécessaire pour rentier renouvellement des parties dont le corps est compose'? : de sorte qu'au bout de trois, sept ou neuf ans, il ne devait plus rester dans l'économie aucune des parties qui la coustituaient auparavant. i> changement complet daus la constitution une fois admis, un cbau- ;!Hiuent analogue dans la santé leur en paraissait la conséquence presque nécessaire. Il est bien certain que, dans un temps indéterminé, variable selon l'âge et plusieurs autres circonstances, le corps se renouvelle^ et qu'il ne s'y retrouve presque aucune des parties (jui le constituaient. Mais ce changement n'est pas subit : il a lieu ^ans interruption, et produit dans la composition du corps des modifications incessantes. Il n'est pas plus sensible à la septième ou à la neuvième année que dans chacun des jours qui composent les pério- Il-s climatériques. C'est avec raison qu'on a rejeté ces vaines spéculations qui ne sont propres qu'à tourmenter l'imagination des
tiommes (i).
b. Abstraction faite des affections des organes sexuels euxiii^mes, les deux sexes sont'à peu près également prédisposés à la (ilupart des maladies : les fièvres, les phleiçraasies, les névroses et les affections organiques attaquent indistiuctenient les hommes et le> femmes. S'il y a (juelque diversité entre les maladies des uns "X des autres, elles tiennent moins à la différence du sexe qu'à celle iîi genre de vie. Si l'homme est plus <îxposé aux plaies, aux contusions, aux fractures, aux affections rhumatismales, au tyf)hus, y\<\ parce qu'il s'expose davanla^^e aux causes propres à les produire. C'est par une raison semblable que dans les villes les femmes iont plus souvent que les hommes affectées de maladies nerveuses.
(I) Quelques auteurs ont attaché au moi cl ima ter iq ne un sens différent; ils gat détigaé sou» ce nom les époques de la vie où il survient de «raiids chantie- BntB, indépendamment de Tordre numérique des années : telle est l'époque de la puberté dans le» deux sexe», celle de la cessation des rcdes, ou ten,i>s rntifr'e, chci le» femmes. U n'est personne qui ne convienne de rinlluenceque ces <f|KMj[u« iveuvi^nt exercer snrJa constitution et sur /a santé.
^ .'.j< dos ci rcouslaiices Opposées;
^ TV aux travaux des champs
•. '•■: raollo et inaclive, on verra la
.t..i*-\>i i|ue rhomme dont elle par-
siijOt à toutes les affeclions ner-
. .îî». ■.^n>presaux femmos. Totitefois
-, .^•.; lout plus rréquemnient l'un ou
.1 ..-.Ureuleuse des poumons, qui est
. ,v. i.oolu'Z riiomme ; et cette différence