SECTION IV
DES TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ ET DES SBNIATIONS, CONSIDÉRÉS COMME 8TMrT0XC>.
La faculté de sentir est, dans l'état naturel, départie, avec des moilifications variées^ à un grand nombre de nos organes; il est reconnu qu'elle peut, dans l'état de maladie, se développer dans toos; les autres, à l'exception de l'épiderme et de ses productions. En verlu de cette faculté, diverses impressions sont transmises au mksorium commune ; les nues, qu'on a nommées sensations intérieures, nous avertissent de certains phénomènes qui se passent dans notre
{IJ De amculturn, écouter.
DBS SYMPTÔMES. 149
corps hii-mî^me; les antres, qu'on désigne pins spécialement sons ie oom de sensations^ nous font connaître certaines conditions ou qualités des objets extérieurs qui sont en rapport avec nous. La facnlto de sentir considérée en général, et les sensations intérieures et extérieures, offrent, dans l'état de maladie, des changements Dombi^ux que nous allons exposer.
? I*'. — Les dérangements qu'offre la sensibilité chez l'homme malade ont été considérés, par quelques médecins, comme l'effet d une répartition inégale de cette faculté elle-même. Les douleurs excessives qui se font sentir dans une partie sont, à leurs yeux, le résultat d'une accumulation morbide de la sensibilité, accumulation qui pourrait avoir lieu constamment vers un même organe chez quelques sujets, et se montrer chez d'autres successivement dans un grand nombre de parties différentes. Cotte théorie nous parait loin d'être d'accord avec les faits. S'il est quelques individus chez lesquels la sensibilité diminue dans lo reste du corps quand elle augmente dans une partie, il s'en faut qu'il en soit ainsi chez le pins grand nombre. Le plus souvent, en effet, dans les maladies neneuses, telles que ITiypochondrie, l'hystérie, c'est-à-dire dans ceIk'S où les troubles de la sensibilité sont })lus grands et pins faciles a étudier, on constate qu'elle est augmentée ou diminuée «Innis tous les oi^anes à la fois; elle est également exaltée dans t< us les organes pendant la première période de quelques affections 4i£;iiGs du cerveau : elle diminue et s'éteint simultanément dans tons pendant la seconde et la troisième période de ces affections.
L'abolition de la sensibilité est souvent jointe à celle de la (*ontraclilité musculaire, surtout dans les cas qui entraînent la pert<^ <ip connaissance : une même cause, telle que la compression d'un il» uiisphère du cerveau, peut produire ces deux effets ; on dit nl^rs [!«'il va paralysie du mouvement et du sentiment. Dans certîiins ;i> de compression cérébrale où le mouvement est diminué on -u^juudn. la faculté de sentir est conservée, comme aussi, dans ; !('l(|ues affections rares dont la cause matérielle n'est pîis bien
•nnue, Ks muscles conservent la liberté de leurs rontractions, tandis que les téguments qui les recouvrent sont privés de sentiment. A la suite des attaques d'hystérie, on ohs(;rve souvent ime anesthésJL*. et surtout une analgésie (\t rarement générales, le plus souvïfnt partielles, el (|ui s'ét^'ndent quelquefois aux membran«'S înnqueuses '^}. Des expériences fort inçénifMise*^ ^>nt éié entp-
■I. A privatif, du-Ttai;, souffrance, inaptitu'le a la douleur. ': Quand il s'agit de constater l •ation» ^ijrx'nuea, dan.-> la ftcn»'\\ï..':.
'a^ile, on *e contente ordinal remei flre id j''îau 'i J*:- «•\i'\Val\i.i\« ,\..
ihO DBS STXPTÔIIBS.
prises dans ces derniers temps dans le but d'éclairer ce poid^ de pathologie ; elles ont conduit à penser que les faisceaux anlS rieurs et )K)stérieurs, qui naissent de la moelle allongée et de W moelle (^pini^re,étaient chargés exclusivement de transmettre, les premiers les mouvements, les seconds le sentiment; en sorte que les lésions, bornées aux uns ou aux autres, ou aux parties dont ib naissent, ne devraient produire de dérangement que dans l'une on l'autre de ces deux fonctions, tandis que celles qui porteraient i h fois sur les cordons antérieurs et postérieurs, ou sur toute Téptissourde la moelle, produiraient le trouble simultané du mouTemeot et du sentiment. Quelques faits communiqués à TAcadémie de mé* decine ou publiés dans les recueils périodiques, viennent à l'appë de cette opinion, qui est adoptée maintenant par presque tous bl physiologistes^ mais à laquelle manque peut-être encore la nODtion de faits d'anatomie pathologique, authentiques et sufSsammeal nombreux.
§ IL — Les sensations intérieures^ chez l'homme bien portant, consistent surtout en des besoins qui se rattachent à Texercice régulier des fonctions ; chez l'homme malade, ces besoins sont troublés avec les fonctions dont ils dépendent ; il se manifeste, en outre, d'autres sensations qui appartiennent exclusivement i la maladie, et qui appellent toute l'attention du médecin: telles sont les diverses espèces de douleurs.
Tout le monde sait ce que c'est que la douleur [dolor) pour l'avoir éprouvée ; il est inutile de chercher à la définir.
La douleur peut être produite par des causes très-variées que nous ne connaissons qu'en partie ; elle peut, à son tour, produire des éfletB divers qu'il nous est moins difiicile d'apprécier; elle varie elle-même à raisou de sa nature, de son intensité, de son type et de son siège.
versées, et d'interroger le malade sur l'impression qu'il a perçue. On peut obtenir des résultats plus exacts et comparables entre eux, à l'aide des procédés dont «e sont servis les physiologistes pour déterminer le développement relaUf de la sensibilité dans les divers points de la surface cutanée. Un compas, ouvert à diOe rents degrés, leur est successivement présenté: là où avec le plus petit écartemeot des branches du compas, le sujet de l'expérience perçoit nettement une double impression, la sensibilité a son maximum de développement; quand elle est obtuse, les deux impressions se confondent en une seule, même avec un écartr ment assez considérable. On peut ainsi, dans l'état de maladie, par Teiamen eooparatif des parties correspondantes, mesurer rigoureusement les diflérences qui peuvent exister dans la sensibilité tactile des deux côtés du corps, et Ton peut suivre avec précision les changements ultérieurs qu'elle subira.
Nous ferons remarquer que depuis la publication de l'édition de la Pathologie où cette note a été insérée ce procédé d'investigation a été décrit comme tuie nouveauté.
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les causes qui produisent la douleur dans l'état de maladie sont r4*des altérations notables dans le tissu des parties qui eu sont le flége, comme les plaies, les inflammations, les ulcérations, les affecbons organiques; 2* une action trop vive ou trop longtemps souleoae ; 3*" une modification tout à lait inexplicable dans le jeu des )rganes scnsitifs, qui deviennent primitivement ou sympathiquenent douloureux, sans que rien puisse nous en faire connaître la ^ison.
Les effets de la douleur sont, en général, plus évidents : i* elle rouble les fonctions de l'organe qu'elle occupe; dans les muscles, Ile gène ou empêche le mouvement ; dans la bouche, la mastication : lans le thorax, la respiration, etc. ; ^ elle détermine aussi, dans aelques cas, un afflux de liquides, soit à la surface, soit dans le iasu même des organes ; 3* elle produit dans des parties éloignées es troubles sympathiques, comme le vomissement dans les dou- Mirs utérines; 4* elle peut déteiminer, quand elle est portée au lus haut degré, le désordre de pi^esque toutes les fonctions, les onvulsions, et même la mort, surtout si elle se prolonge.
La douleur se fait sentir avec des caractères variés; on a donné es noms particuliers à ses formes principales : i* celle qui consiste n un sentiment de distension a été nommée teniive : elle a lieu pécialement dans les inflammations phlegmoneuses; St* la douleur ravntive est im sentiment de pesanteur qui accompagne les collecans de liquide dans les cavités naturelles ou accidentelles, et qui se lontre aussi dans plusieurs autres aflections; 3® ladouIeur/m/^a/iW s»t marquée par des battements qui sont toujours isochrones aux aitements du cœur, parce qu'ils sont causés par les pulsations ar- Irielles ; elle se fait sentir en particulier dans les tumeurs inflamlatoires où la suppuration se prépare ; \^ la douleur lancinante est uractérisée par des élancements passagers qui ne répf)iidefit paH :ix pulsations arldrielles : cette espèce de douleur est propre au iocer et aux névralgies; 5** on a admis aussi une ^\i)\\W^ïr téré- "onte, f)arce que les malades qui l'éprouvent lu companîHt à lu ^Dsation que produirait un villebrequin ou une vis qui |MMiélreraUf 1 tournant sur elle-même, dans la partie sr>uffrante : <'He a par- L'uiiôreracnt lieu dans quelques rhumatismes; G* la douhîur Cfmtiive est semblable à celle qui sucrèd<* à la contusion : quelquiî» lalades Texprinient par le mot Amemé'/i^ .-elle se fait le filunfc'iuvefji ?nlir dans les membres au début ou dans le pn^irome d<rn maMiei» igiios ; 7° la douleur qui se fait sentir d;uis le eluirl;'»», dîifi» Ter)pèle gangreneux, est comparée par U-h uv^haUr*^ a f^Mt- que (/rouirait le contact d'un corps en ignitiou : c'iM \h douleur hi^tUmit^ ,
152 DBS SYMPTÔMES.
8*" la douleur prurigineuse n'est autre chose que la démangeaison : elle a surtout lieu dans les maladies de la peau ; 9" enfin, h . douleur est quelquefois déchirante^ pongitive ou poignante. Quel- v.ques maLides comparent celle qu'ils éprouvent à celle que causerait une plaie dont les bords seraient écartés ou dont la surface serait -, irritée par quelque agent mécanique; cette comparaison est soq-\, vent employée par les personnes atteintes d'inflanunations aiguës ^^ des bronches eide la trachée. Pour d'autres, c'est une griffe do fer ; qui s'enfonce dans la partie malade (péricardite) ; c'est une barrt , qui la presse, c'est un lien circulaire qui entoure quelque partie du ^£ corps, la base de la poitrine, par exemple, dans les affections de ,, la moelle, ou quelques points des membres inférieurs ; c'est ailleun ^ une pression douloureuse exercée sur toute la surface malade, etc. .^ La douleur peut changer de caractère pendant le cours d'une ^ maladie : ainsi, dans le phlegmon, elle est tensive au début, puisa- -^ tive dans la seconde période , et gravative lorsque la suppuration .< est établie.
Vintensité de la douleur offre beaucoup de degrés : ou en juge par le rapport du malade, par le trouble qu elle détermine dans ^ sa physionomie et dans ses fonctions. Elle dépend à la fois de la ^ cause qui la produit, du degré de sensibilité de l'individu en général, et de l'organe souffrant on particulier. Elle augmente et diminue dans diverses circonstances; tantôt elle est exaspérée par U chaleur et tantôt par le fioid; la pression extérieure excite l'une et modère l'autre; celle-ci devient plus forte, celle-là plus faible par le mouvement prolongé. L'expression que la chaleur imprime à la physionomie varie elle-même à raison de la constitution et du caractère des malades.
Le type de la douleur est tantôt continu avec ou sans exacerba- . lion, tantôt intermittent avec ou sans régularité. Dans le premier cas, la douleur se fait sentir sans interruption avec une intensité variée ou égale; dans le second, elle cesse et reparait à des intervalles semblables ou d'une manière irrégulière. Toute douleur qui se reproduit sous un des types propres aux fièvres intermittentes, et dont la durée dans chacune de ses réapparitions esta peu près celle d'un accès, mérite une attention s|)éciale, parce qu'elle est généralemenl due aux causes qui produisent les lièvres intermittentes, et (ju'elle cédera au même moyen.
Il est certaines douleurs qui se font sentir simultanément dans tout le corps : telles sont celles qui précèdent et accompagueut l'invasion de quelques maladies aignës; mais, le plus souvent, elles sont portielles, et elles sont même bornées à une petite étendue.
(tôt elles restent constammenl dans le même lieu, tantôt elles agent une ou plusieurs fois de siège ; elles sont fixes dans le nier cas, mobiles ou vagues dans le second (i). Les douleurs $ doivent toujours éveiller l'attention du médecin, car elles réal souvent des altérations plus ou moins profondes dans les c*res. C'est ainsi qu'une céphalalgie vive, circonscrite et conti-
qui survient chez un vieillard annonce souvent le commenée- 1 d'un ramollissement cérébral.
est encore quelques sensations pénibles qui ne sont pas prémcnt des douleurs, mais qui s'en rapprochent beaucoup : tels
le malaise général et les inquiétudes des membres qui accomlenl diverses maladies; tels sont les fourmillements (formicatio)^ î nommés par ce que la sensation éprouvée par les malades est blable à celle que produiraient une multitude de fourmis qui s'araient en tous sens dans la partie souffrante; tels sont encore les ^urdissements ; telle est V anxiété^ qui consiste en un malaise énie, souvent plus pénible, plus difficile à supporter qu'une dou-
aiguê, et qui répandu en général dans tout le corps^ semble anioins porter spécialement sur la région épigastrique et oblige naïades à changée presque continuellement do position; telle est 3re Vangoisse^ qui est le plus haut degré de l'anxiété, et qui est nairement accompagnée de palpitations, de dyspnée, d'une ration profonde des traits et d'une respiration plaintive ; tels sont
La douleur a reçu des noms différents, à raison de la partie qu'elle occupe, lomme céphalalgie (xioaÀii, tcte, aX^cç, douleur), celle qui a son siège à la , hémicrfhiie (r«ai9u;, demi, xpavicv, léle), ou, par corruption, migraine, qui est bornée à un de ses côtés, etc. ; on donne à la céphalalgie IVpithète 'ontale, étHus-orbitaire^ de syncipiiale, ou d'occi/Jt7a/«, quand elle se fait sentir islvement dans l'une de ces régions. La douleur d'oreliie se nomme otalgie MTo;, oreille); celle des dents, odontalgie (â^ou;, o^ovro;^ dent). On désigne lairement sous le nom de jxnnt de côté^ celle qui occupe la partie latérale lorai. La douleur qui a ?on siège dans la région épigastrique a reçu beaucoup énominatlons, telles que cardialgie (jcxp^ia, orlHce de l'estomac), cardio- » ixap^icd^uc;, douleur du cardia ),^pi<7fl5/rfl/^ï> (iitî, pur; ^aarr.p, ventre); nlyie^ quan<i on suppose qu'elle a son point de départ dans l'estomac. La pur des intestins est connue sous le nom de colique (kûXo'», intestin, colon). •s (les reins, du foie, du rachis ont été nommées par quelques auteurs né- Ifjies (viçpo;, rein), hëpatalgin iiSïTap, foie), rachinlgie (pây/;, épine du dos), ippclle névralgies (vtjpcv, nerf), toutes celles qui ont leur siège spécial dans ques nerfs, et douleurs ostéocopes (ôaWcv, os; xc'tttw, je romps) celles qui se sentir dans les os; on a donné le nom ù'arthmlgie à certaines alTections oureuses des articulations, de coralgie à la tumeur blanche de l'articulation »-fèmorale, quoique, dans le langage rigoureux de la science, et depuis les aux ^i remarquables de Chaussier sur les névralgies, la terminaison algie ait généralement, et avec raison, réservée à ces dernières atTections.
IM 01» trmnttmts.
enSn ces nauwmfUi ùitA-tetat née les tsaUdes atlribaent au i)^ liln'^iTnPiil (le '{'iel(|ue viHC^fv, à un œrps ^iranger, etsnuveiit inné boule, à un glntirfgiolnulif/tltriau), ifui, n'éleva nC de l'IijpngatitK on <)u flanc gauche, semble monter jutiqu'Aii phurvox , où il dili^rmiiie une suS'ication imminente.
Oq pcKjirail rapportera lam&tBo sërie ilesyiDpldineslfi Bcnsation de* froid el de chaud que quelques malades i^protivent dans luui l<eorpaoïi daa.s une pxriie : mnlâ noiiit avons pensé <]ue les altérxiiuns de la chaleur Irouveraieul plus DaUirelIcmeni leur place dans un auire cudroil.
g III. Setualions exUrieum. — Dann l'état de stmli^, k*» orgflucs des sens reçoivc'Di rimpre8si<Mi des objets exlérieurs, ut la traosnietlent BU cerveau avec prumptifode et prvcîsioo ; daus l'étal de loatadie. l'impreBsiuudesobjofaiexIéneura peutdeveairraijganle, UperceplioD couruse, Irrégaliére mi faoEse. Nos oi^ancs peuvent tire ni<''me le »ége de^-Dsations morbides qui se produisent saDs l'iuierventioo de leurs cxciiaoïs halHluelfl : les lioiemeuis d'oreillex. 1« blucttes lumineuses en sont des exemples. Le irouble des sensations est produit, tantôt par uneafTectionqui a son siège dans les organes des sens eiiK-mêmes. taniôt par la connexion ou l'uK^ociaimn
DBS SYMPTOMES. ISf)
lypbus, etc. ; l'abolition complète ou la cécité, dans l'amaurose, la cataracte, et dans quelques affections nerveuses. La vue peut être pervertie de plusieurs manières: i* Elle montre des objets qui n'existent point, comme des étincelles, des binettes, des mouches qui voltigent dans l'air, des réseaux déliés, des ombres légères (c'est la Mue) : 2* elles changent la couleur, la forme, le nombre des objets placés devant les yeux : dans la pléthore et rophthalmic interne, tout ce qu'on voit est revêtu d'une teinte rougeâtre ; les objets ont quelquefois paru colorés en jaune pendant les premiers jours d'un ictère ; dans quelques névroses et dans certaines amaurosos ou cataractes commençantes, ils ne sont vus que dans la moitié ou dans une portion quelconque de leur étendue : c'est Thémiopsie (1) (visus dimidiatus); d'antres fois ils paraissent doubles : c'est la diplopie (2), oo vue double {vùus dupiicatus)^ qui n'a lieu ordinairement que qnand les deux yeux sont ouverts, mais qui persiste quelque fois quand nn des denx est fermé, comme Maurice Hoffmann en a rapporté un exemple très-remarquable (3). La diplopie n'existe presque jamais sans strabisme ; si le désaccord des axes optiques n'est pavS apparent de prime abord, il suffît d'engager le malade à diriger successivement ses regards a droite et à gauche, en haut et en bas, pour que le strabisme devienne évident. Certains malades ne peuvent distinguer les objets qu'au milieu du jour, c'est Yhéméralopie ; d'autres qu'après le coucher du soleil, c'est la nyctalopie (4).
B. La finesse de Vouie est augmentée dans quelques affections ner\'eu8es, dans l'inflammation des méninges, etc. ; diminuée dans le typhus et les fièvres graves, elle n'est tout à fait abolie que dans les maladies de l'oreille, les otites chroniques avec carie, perforation du tympan, lésions qui ne sont pas rares après la variole, les fièvres typhoïdes et dans les deux dernières périodes de la phthisie pulmonaire. L'ouïe peut être dépravée de deux manières : le malade croit entendre des sons qui ne sont pas produits extérieurement, tels que des battements, des tintements, le bruit des cloches, du vent, d'un ruisseau, d'un instrument do musique, ou bien il apprécie mal les sons qu'il entend, et qui lui paraissent plus aigus
(I) Ô{jiiou;, moitié; o;T7ou.a'., je vois.
(?) Ai-Xsç, double; wij», œil.
';3) Ephem. natur. curios., vol. 11, Obs. 1.
(4) Les mots d'héméralopie et de nyctalopie ont été employée l'un et l'autre. dans un sens inverse, par quelques auteurs ; ils ont fait dériver le mot héméral&fÂe de %\tJi^oLj jour, et de àxao;, aveugle, et nyctalopie de vùÇ, nuit, et à>.aô;, treogle. — Généralement, au contraire, on fait dériver le premier de r.uipa, jour, et de 4'|, vue, et le second de vùÇ, nuit, et w^, vue. — C'est dans cette acceptioo que nous l'employons.
lo6 DES SYMPTÔMES.
OU plus graves qu'ils ne le sont réellement ; il ne reconnaît pas la voix de ses amis. Ces phénomènes sont le résultat d*un état mor* d bide de l'oreille elle-même ou de set vaisseaux^ ou de ses oondoita ^ extérieurs ou intérieurs. Il en est autrement quand le malade croit entendre des paroles, des discours, la voix de personnes absentes : c'est alors une véritable hallucination, c'est le cerveau qui est malade.
C. L'exaltation de Y odorat a été observée dans les névroses et quelques autres maladies. M. Bally rapporte que, pendant le cours delà fièvre jaune dont il fut atteint à Saint-Domingue, il distinguait dans Teau froide qu'il buvait le parfum des végétaux qui bordaient les rives du fleuve oh elle était puisée. Il est beaucoup plus fréquent de voir l'odorat affaibli, comme cela a lieu dans le coryza, dans l'oiène, et dans toutes les maladies aigués ou chroniques dans lesquelles la membrane pitukaire est altérée d'une manière quelconque. Si elle est complètement sèche, le sens de l'odorat est entièrement aboli. Quelques malades dans le cours des fièvres ataxiques, ou dans de légères attaques d'hystérie, se plaignent de sentir des odeurs qui ne sont pas répandues dans l'air, ou trouvent aux substances une odeur difl'érentc de celle qui leur est propre.
D. V^goût est rarement exalté chez l'homme malade; on n'observe ce symptôme que dans les névroses. Il est diminué dans presque toutes les affections aiguës, souvent aboli dans les cas où la langue est entièrement sèche comme dans la troisième période des fièvres graves, où l'on voit les malades mâcher, sans aucune répugnance, les mômes remèdes qui auparavant provoquaient en eux des envies de vomir quoiqu'ils ne fissent que les avaler. L'abolition du goût a quelquefois lieu passagèrement dans le cours d'un simple coryza; elle peut être bornée à une moitié de la langue, dans l'hémiplégie faciale; on l'observe encore dans les maladies des nerfs qui président à ce sens. Le goût offre aussi plusieurs anomalies : quelques malades trouvent une saveur acide, amère, salée et cuivreuse ou putride H toutes les boissons et à tous les aliments; d'autres trouvent h des substances dégoûtantes ou insipides une saveur délicieuse, tandis que les aliments les meilleurs ne leur inspirent que du dégoût. C'est particulièrement dans riiystérie qu'on obser\'e les perversions de ce sens.
K. Le toucher^ pris dans Tacceplion la plus limitée, fournit rarement des symptômes remarquables : il peut être diminué ou aboli, bien rarement ilestdépravé. Sarcone a observé, dans Tépidémie de Napifs, que de tous les sens celui-ci était le dernier qui s'altérât.
Pris dans une acception plus étendue, le toucher peut être exalté
Ile la surface du corps, dans les affections nerveuses générams quelques maladies de >la moelle épinière, par exemple; caltation de la sensibilité est observée tous les jours dans les
du corps atleintcs d'une inflammation aiguë, et quelquefois »on appréciable des parties. II offre uue diminution plus ou narquée, ou une abolition complète dans Tapoplexie, para- A sentiment ; il peut ôtre perverti, soit que les malades, apprr?lal des sensations réelles, soit qu'ils en éprouvent qui paraislaginaires, comme lorsqu'ils croient sentir une goutte d'eau be surquelque point des téguments, une épingle qui pénètre
peau, un animal qui se meut dans quelque partie proTond^' ps ; mais ces derniers phénomènes appartiennent aox halons autant qu'aux illusions des sens, et révèlent souvent le *e de l'intelligence.
SECTION V •TMrrôiin roiminB far les fomtiosis ArricnTct.
3nctions offrent, dans l'état de santé, la plus grande variété s divers individus.
Il de maladie détermine presque toujours de la tristewa; ou ipatience, de l'ennui ou de l'inquiétude: le plu.H souv^'nt il pn^duit simultanément ou successivement t^iu» cf:% effetn. lans beaucoup de cas, les fonctions affectivités v^mi dérao^f;'^ nanière plus notable. Quelquefois elles sont exaltéen. chuiui*-. 3it chez les hypochondriaques : ces malades s^/nt suvx'ptibi'm is d'un attachement plus fort et d'une haine plus profonde- : adre témoignage de bienveillance leur arrache des Unw% sir, et, sur le plus léger indice, ils forment Kfs plui* noir^ Qs. Chez d'autres sujets, on observe une disfK>sîtion inven^^; l dans une sorte d'indifférence sur leur pn»pn; ^>tX ':t %ut es personnes qu'ils affectionnent le plus : dann qu^;|/jij<'H t'M% re typhoïde et de manie, la sensibilité morale '^-st pnr-.qiw ment aAo/i>. Ailleurs, on observe une ;>^rférii w r'îrnai quais le caractère et les affections : on voit les \>*'T^»uui'.^ W% pliu dans l'état de sanU». êln- acariâtres lor»^jiJ>ll'îH ^>u\ um les hommes les plus impérieux et i'.-s pluH ohMinén, tU'.s^uu : les plus fermes, pusillanimes: Urs plus !imfd*'H. r/'M^/n/-* * i eux. Cette observation n'a fXiint <Vhapf/ aux \»*i*^tuut'^ iTes à la médecine, et l'on dit vulgairement #|' • \* -■
»ux en santé sont les plus mauvais malade». I ^
•ns morales est plus marqué enore ch<'/. qui
158 DBS STMFTÔMBS.
(|ui prennent en aversion leurs amis les plus intimes, leurs parente J les plus proches, pendant tout le cours de leur maladie ou pendant \ une partie de sa durée. Ce symptôme n'est pas rare dans l'hypo- b: chondrie et dans la manie. H