‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 45 sur 92 · C. ExhalaUoDS artificielles · texte numérisé non relu

C. ExhalaUoDS artificielles

Quant aux exhalations artificielles, elles sont, sous le rapport de a^symptomatologle, d'une moindre importance que les autres. Ce- »endant il n'est pas indifférent pour le médecin de connaître la [uantité etla qualité du pus fourni parles cautères, les vésicatoires, 2S moxas ou les sétons; l'aspect de la surface exhalante mérite ossi une attention spéciale.

Dans les maladies où les forces se soutiennent, le pus des exnoires est en certaine quantité ; il offre de la consistance , il est ho- Qogène et son odeur n'est pas repoussante ; la surface qui le fournit i une couleur rosée ou rouge ; la sensibilité y est vive , sansOlre K)rtée à un degré extrême. Dans les maladies qui marchent vers me terminaison funeste, le pus est presque toujours séronx ou l'une consistance inégale; il est quelquefois mêlé de sang, et son deur est souvent d'une grande fétidité : la surface exhalante est »âle ou livide, quelquefois ecchymosée ou noire ; tantôt elle est nsensible, tantôt le moindre contact y provoque des douleurs iroces. Dans la diphlhérile, elle se recouvre souvent de producions semlilables à celles qui se développent sur les membranes Ququeuses. Lorsque les exutoires existent avant la maladie, il arive quelquefois qu'ils se dessèchent peu de jours avant son déve- [>ppement, ou que la matière qu'ils exhalent oflVe des changeleotB analogues à ceux qui surviennent dans le cours même des laladies, et qui viennent d'être signalés.

§ II. — Séorétiont proprement. dîtes.

Dans Télat de sanlé, les sécrétions concourent, avec les exhalations, à maintenir l'équilibre général : les premières augmentent lorsque les secondes diminuent, et réciproquement. Dans l'éiatde maladie, cet ordre est quelquefois conservé ; mais quelquefois au contraire il est interverti, et Ton voit les unes et les autres simultanément augmentées ou diminuées.' Dans la fièvre tabide observée à Naples par Cotugno, il y avait à la fois sueurs continuelles, dévoiement et flux copieux de Turine. Dans la première et la seconde période de beaucoup de maladies aiguës, les sécrétions et les exhalations sont en môme temps suspendues ; la peau est sèche, le ventre serré, Turine est rendue en petite quantité.

Indépendamment de ce trouble simultané de toutes les sécrétioDis ou observe^ dans chacune d'elles en particulier, des changements que nous allons exposer.

1" Les larmes, dans l'état de santé, sont sécrétées en proportion telle, que l'œil et les paupières sont humectés, et qu'il ne s'écoule aucun liquide sur les joues. Dans quelques circonstances, par l'effet d'aft'ections morales vives, par l'impression d'un vent très-froid, et sans qu'il y ait maladie, les larmes sont sécrétées en plus grande abondance ; elles roulent, comme on dit; dans les yeux, ou mênae elles coulent sur le visage. — Chez l'homme malade, la sécrétion des larmes est rarement diminuée, elle augmente dans la première période des fièvres éruptives et surtout de la rougeole, au déclin des accès d'hystérie et dans quelques formes de la monomanie. Les larmes sont aussi plus abondantes dans plusieurs maladies des yeux, et surtout dans l'ophtlialmie. Toutes les fois que le tic douloureux siège dans la branche ophthalmique de la cinquième paire^ la sécrétion des larmes est augmentée, et ce liquide détermine quelquefois une sensation de chaleur et de brûlure dans les parties du visage sur lesquelles il s'écoule (1). Dans quelques cas, les larmes paraissent altérées dans leur nature : elles deviennent àci-es, au moins à en juger par l'effet qu'elles produisent sur la peau des joues, où leur passage est marqué par de la rougeur et même par des excoriations.

Le liquide sécrété par les follicules de Meibomius forme quel-

(1) L'écoulement des larmes sur la joue n'indique pas toujours une augmeota* Uon dans leur sécréUon. L'oblitération et peut-être l'inertie des poinla 0tdes duits lacrymaux, le renversement de la paupière inférieure, l'obCtruGlIoo éêé lacrymal ou du canal nasal, certaines maladies des paupières, peatMit MHl pi*

duire lelarmolemQïïi, ouëpiphora. 1

DES SYHPTÔUES. 29^

qiiefois, par suite d'un changemeut survenu dans sa quantité ou dans sa nature, une sorte de concrétion, qu'on désigne sous le nom de chassie^ qui adhère aux cils, les agglutine ensemble et fait adhérer entre eux les bords libres des paupières. Cette altération de sécrétion se montre dans la plupart des opbthalmics, et surtout dans l'ophtlialmie des enfants, dans l'inflammation primitive des paupières, dans celle qui résulte de l'extension d'un érysip<>ie de la face. Enfin, les yeux deviennent souvent chassieux à la fin des maladies aiguës qui se terminent d'une manière funeste.

2* La sécrétion de la salive^ chez l'homme sain, est abondante pendant le repas ; elle diminue et son excrétion cesse presque en* tièrement pendant l'intervalle qui les sépare, à moins qu'elle ne soit excitée par l'imagination ou par la vue des mets, etc. — Dans l'état de maladie, la sécrétion de la salive augmente quelquefois à un point considérable, soit par l'effet de la maladie elle-même, soit par l'effet des remèdes employés pour la combattre, comme les diverses préparations mercurielles. On désigne cet écoulement abondant de salive sous le nom de salivation ou de ptyalisme (i) (salivatio. ptyalismus). Lorsqu'il est l'effet du mercure, il est oi'dinairement accompagné de gonflement des gencives, des joues, de la langue, et plus rarement de la région parotidienne. On avait autrefois rapporté exclusivement l'afflux des liquides dans la bouche à une augmentation de sécrétion des glandes salivnires (parotide, sous-maxillaires et sublinguales), et expliqué ce phénomène par une action élective du mercure sur ces glandes. Mais une observation plus exacte des faits montrant dans la membrane muqueuse de la bouche une intumescence considérable, et ne laissant apercevoir le plus souvent aucun gonflement dans les glandes salivaires, il est naturel de rapporter principalement l'abondante sécrétion dont la bouche est alors le siège à la membrane qui la revêt et aux follicules nombreux dont elle est tapissée, et de n'accorder qu'un rôle secondaire, dans le phénomène de la salivation, aux glandes salivaires proprement dites. La sécrétion de la salive est encore augmentée dans les phlogmasies de l'arrière- gorge, dans les aphthes et les ulcérations de la bouche, dans la glossite, et pendant le travail de la dentition, qu'elle concourrait à faciliter, suivant la plupart des auteurs. Sydenhara a beaucoup insisté sur le |»tyalisme qu'on observe pendant la variole des adultes, comnienvant en Kénéral avec l'éruplion, et cessant vers le douzième jour : il jKutait un jttonosUc fâcheux lorsque la salivation cessait avant ce t(;ruie.

(1) nruxXiauo;, de irr^«^ je crache.

300 DES STHPTÔMES.

Toutefois, si Ton considère que cette salivation est due elle-même à une éniption de pustules varioliques dans la bouche, on attachera moins d'importance au phénomène signalé par Sydenham.

. La sécrétion de la salive parait diminuée dans beaucoup de maladies aiguës^ oti la bouche est habituellement sèche. Cette sécheresse est ordinairement très-prononcée dans le diabète, la polydipsie et les diarrhées intenses. Dans r8gonie,.la sécrétion de la salive est presque nulle, elle devient visqueuse et agglutine les lèvres. Elle parait être altérée dans quelques né\T0ses, oii elle devient acre et brûlante ; dans quelques maladies de la vessie, où elle offre (me saveur urineuse ; dans Thydrophobie enfin, où elle paraît être le véhicule de la contagion. Son excrétion devient difficile ou impossible par Tobstruction ou Toblitération des conduits excréteurs, que révèle le gonflement progressif des glandes salivaircs et de la portion des conduits comprise entre ces glandes et l'obstacle. Ce liquide peut s'écouler à Textérieur dans les cas de plaie ou de fistule des conduits ou des glandes elles-mêmes.

La principale modification chimique qu'éprouve la salive, chez l'homme malade, est de passer de l'état alcalin à Tétat acide. Cette acidité que le médecin constate facilement par Todorat, et qu'il démontre à Taide du papier de tournesol, a été indiquée, par M. le docteur Donné, comme coïncidant le plus souvent avec un état d'irritation ou d'inflammation de l'estomac, primitive ou secondaire, et ce médecin a pensé qu'on pourrait s'en servir pour établir le diagnostic de quelques affections gastriques. Mais les recherches laites à ce sujet par d'autres médecins n'ont pas été d'accord avec les résultats publiés par M. Donné. Suivant MM. Becquerel et Rodier, la salive peut être acide dans l'état de santé ou sous l'influence de plusieurs circonstances, et en particulier quand on a parlé beaucoup, quand ou esta jeun, en général lorsqu'on est placé en dehors des conditions qui provoquent une sécrétion plus abondante de ce liquide (1). L'acidité permanente de la salive semble, comme l'ont avancé quelques auteurs, devoir exercer une certaiue influence sur le développement de la carie dentaire. Enfin lacidité (le la salive est une des causes les plus ordinaires de celte acidité de l'haleine dont il a été question précédemment (page 206) et qui mérite toute l'attention du médecin.

3° La sécrétion et l'excrétion delà bile chez l'homme sain, ont lieu sans aucun phénomène apparent ; la situation des organes

(1) D'après M. Claude Bernard, ceUe acidité serait due à l'alldnition des mtières organiques qui tapissent la surface de la muqueuse buccale, el qiU mM* raient, au contact de l'air, un UavaW de ^eTtueivUlion,

DEà SYMPTÔMES. 301

biliaires ne permet pas de suivre les changements qu'elles peuvent oiïrir. Il en est à peu près de même dans l'état de maladie ; Touverlure des cadavres fait souvent reconnaître dans ce liquide lui-même et dans les organes qui le forment, le contiennent et le versent dans le duodénum, des lésions qu'on n'avait pas même soupçonnées pendant la vie. Jusqu'à présent, nous ne connaissons que très-imparfaitement les modifications diverses que peut offrir la composition de la bile dans l'état de santé et de maladie. Si l'on consulte les ouvrages de pathologie publiés depuis Galien, et surtout dans les deux ou trois derniers siècles, on voit les médecins de cette longue époque décrire une foule d'altérations de la bile, à l'aide desquelles ils expliquaient la nature de beaucoup de maladies et les formes sous lesquelles elles se présentent. Mais cette doctrine, en rapport avec les idées humorales qui régnaient alors, ne s'appuyait sur rien de positif. Ce n'est guère qu'après la mort qu'on peut recueillir et étudier ce liquide.

La bile, à l'état normal, est liquide, jaune ou verdâtre, visqueuse, filante, amère et à peine alcaline ; elle peut présenter divers degrés de consistance ou de colorations, sans que cependant on puisse déterminer jusqu'à quel point ces modifications se concilient avec la santé. La bile est souvent altérée, soit dans sa quantité, soit dans SOS qualités, dans plusieurs maladies dont l'appareil biliaire n'est pas le siège principl ; tandis que dans quelques altérations profondes, mais partielles, du fuie, comme le cancer et les abcès, la bile peut n'offrir, du moins en apparence, aucun changement notable, cet organe conservant sa texture normale dans les portions de son parenchyme qui existent entre les masses cancéreuses ou entre les collections purulentes.

Il résulte toutefois des travaux de M. Louis que les altérations de la bile et de la vésicule sont beaucoup plus fréquentes dans le cours de l'affection typhoïde que dans celui des autres maladies aignOs (1)^ et que de toutes les maladies chroniques la phthisie pulmonaire (^) est celle dans laquelle la bile est le plus souvent altérée, ayant dans ces cas beaucoup de ressemblance avec de la mélasse. M. Andral a quelquefois trouvé, dans la même affection, que la bile était remplucée par un fluide graisseux. Dans les atrophies du foie, i;t spécialement dans la cirrhose, la plus commune de toutes, la bile est généralement pou abondante, (juelquefois presque incolore et albumineuse. Dans le choléra indien, M. Ilermann (de Moscou) a trouvé dans la bile une pins forte i)roportion

(I) Fièvre fyph., t. I, p. 314.

m Phihisie,^. 130.

303 »^^ RYMPKIMES.

àe matière résineuse (i). Ce liquide peut acquérir quelquefois des propriétés iFritantca et même ti>xiques, comnio cela résulte surtout des expérieuces faites par Deidier (2). avec la bile des pesliférés de Marseille, en 1720 ; par Vicq d'Azyr, dans une épîzootic qu'il observa en 1778 (3). Y a-t-il une ah(-ratiun de la bile dans In maladie des pays chauds, décrite sous le nom de fièvre bilieuse ? La bile altérée joue-l-ello un riMe dans cerlaius choléras sporadiques? Nous l'ignorons tout à fait. Les médecins anglais ont émis l'opiaion qu'un grand nombre de dérangements des organes digestifs devaieDl tenir à quelque changiraenl dans la composiUondc la bile: mais nous ne connaissons encore rien de précis à ce sujet,

La plupart dos altéralions de )n bile dont nous venons de parler n'ont été constatées qu'après la mort, sur le liquide recueilli duosli vésicule du fiel : elles appartiennent par conséqueut à ranaloiuie pathologique plulâi qu'à la symplomalologic. Toutefois nous avons cru devoir signaler ici les changeraenls reconnus à l'ouverluredw corps, dans la composition de la bile, afin d'appeler l'atteotiOD d^ observateurs sur l'examen de ce liquide excrété, soit par le TomttRement, soit par les selles, dans le cours des maladies. Nous devons espérer que di« recherches exactes faites sur la bile, 8urt>^ut quand elle esl vomie presque pure et en certaine quantité, fouroiront àes résultats intéressants et éclaireront dans quelques cas le diagnostic: nous sommes également convaincu que l'examen chimique dc! ielln bilieuses et des autres matières stercorales pourra fournir un jour des signes précieux au diagnostic des maladies du foii-, des intestins et des autres organes digestifs.

Jusqu'ici les seules altérations constatées dans la sécrétion et l'excrétion biliaire se rattachent soit à son augmenlalioD dans le (lux bilieux, soit à sa suppression dans les cas d'ictère dus à l'occlusion des conduits excréteurs par des calculs qui y sont renfermés (Hi par une tumeur qui les comprime. Toutes les fois qu'une cau«e ({ueloonque met obstacle à l'excrétion de la bile, les matières alviaes perdent leur couleur naturelle, deviennent grisâtres; en même temps les autres Ouides excrétés, et spécialement l'urine, prennent la couleur de la bile, qui se retrouve également dans toutes lespw^ lies exlérretires et intérieures de l'économie, dans les liquides cotmiii^ dans les solides, avec des nuances diverses dans chacun d'e cartilages, les tendons, les os eux-mêmes participent àcelieil gnation générale. La bile est partout, excepté là où dle^

11) Bulletin da icimcei médicale, 1. XXVIl, p. 7. (î) Expfr. tur la bile. Zoricli. tlîî.

/3I .Voyfn$ car. contre ta mal'i'l. pcsiil., ç. 5^.

DES STMPTOIIES. 303

être, dans les intestins. L'analyse chimique fait reconnaître dans rurine, dans le sérum du sang et dans la plupart des humeurs de ces sujets quelques-uns des matériaux de la bile, tels que la matière colorante (biliverdine ctbilifulvine (I), suivant Berzclius), des olécmargarates de soude et de la cholestérine en excès. Aux modifications morbides de la bile se rattache l'histoire des calculs biliaires, cause très-fréquente d'accidents souvent méconnus, que Ton désigne sous le nom de coliques hépatiques. Ces coliques sont ducs au passage des calculs dans les conduits excréteurs de la bile. L'expérience de chaque jour démontre que ces concrétions peuvent séjourner en très-grand nombre dans la vésicule sans produire aucun symptôme qui y révèle leur présence (2).

4"* Quelque obscurs que soient les changements qui surviennent dans la sécrétion de la bile, ceux que la maladie apporte dans la sécrétion du stiC pancréatique le sont bien davantage encore. Y a-t-il augmentation de cette sécrétion dans certains flux aqueux des igtestins, dans la diarrhée séreuse, par exemple? Le plyalisme qui survient dans certaines aflections abdominales indique-t-il, comme on Ta prétendu, que la sécrétion du fluide pancréatique est diminuée ou supprimée. Des calculs formés dans le conduit pancréatique ne pourraient-ils pas donner lieu à des accidents analogues à ceux qu'on observe dans les coliques hépatiques et néphrétiques (3)? Dans 1 état actuel de la science, il n'est pas possible de résoudre ces questions. Les résultats auxquels est arrivé M. Cl. Bernard dans ses recherches sur les fonctions du pancréas, et sur le rôle que joue le fluide pancréatique comme dissolvant des matières grasses, éclaireront peutêtre la pathologie de cet organe ; ils expliqueraient d'une manière satisfaisante la formation de ces masses graisseuses et comme butyreuses observées dans les excrétions alvines de certains malades,

(1) Poar plusieurs chimistes, la biliverdine est le seul principe colorant de la

bile.

(3) Les principes constituants de ces calculs sont, d'après les travaux des chimistes modernes : !<> la cholestérine en cristaux plus ou moins parfaits ; 2« la matière colorante de la bile; 3o une matière pigmentaire de couleur brun foncé; 4*^ du mucus* et de répitliélium ; 5» des sels terreux, et spécialement du carbonate de chaax; 6o de la margarine, de l'oléine, des margarates, des oléates; 7o peutêtre du cholëate et du cholate de soude, les deux éléments essentieU de la bile.

(3) Bright a cité un cas de calculs pancréatiques, oblitérant complètement Torifice duodénal du conduit de cette glande. Le conduit lui-même s'ouvrait dans un vaale kyste, qui paraissait formé aux dépens du pancréas, et qui contenait envireo 14 onces d'un liquide séro-sanguinolent et quelques calculs formés de carbonate calcaire. On avait obser>'é, pendant la vie, des douleurs et une vive tensibUité à l'épigastre, des selles graisseuses et des hémorrhagies Intestinales

dont les urines renferment quelquefois en même temps des globules graisseux : on avait déjà signalé la coïncidence de ces symptômes avec des affections graves du pancréas sans saisir le rap|K)rt pathogéniquc (I).

S*' La sécrétion de Yiaine est une des plus importantes, soit a raison de la quantité de ce liquide, soit parce que ses altérations sont facilement appréciées. Chez Thomme sain, la quantité de rurine est h peu près la même chaque jour (2): toutefois elle augmente ou diminue à raison de diverses circonstances, et en particulier de l'abondance des autres excrétions, de la boisson, des aliments et des variations de la température. Ainsi des sueurs copieuses, le séjoar prolongé au lit, dimiuueut en général d'une manière notable la sécrétion urinaire; une alimentation stimulante, un exercice musculaire exagéré, amènent le môme résultat. Des boissons copieuses et fraîches, l'humidité de l'atmosphère, etc., produisent un effet inverse.

Au moment où elle est excrétée, l'urine est chaude, transpartMite, citrine, légèrement acide; elle a une ode:ir caractéristique, sans fétidité ; sa saveur est amère et salée, et elle a une pesanteur spécifique de 1018. Souvent elle se trouble en se refroidissant, et reprend sa transpareuce après que les matières suspendues sont précipitées: au bout de deux ou trois jours, et quelquefois apr^ lui temps plus court, elle devient ammoniacale et fétide. L'urine de l'homme sain oflVe de nombreuses différences dans ses propriétés physiques et chimiques, suivant qu'elle est sécrétée avant, pendant ou après le repas, et surtout suivant la quantité et la nature des aliments et des boissons. Certaines substances altèrent d'une manière très-remarquable sa couleur et son odeur : elle est, dit-on, noirâtre chez ceux qui font usage à la fois de la rhubarbe et du fer, de la casse et des préparations martiales; les bouillons d'oseille, la racine de fraisier et la garance la rendent rouge ; l'usage interne de Tindigo peut lui donner une couleur bleu verdâtre; elle devient d'un jaune rougeâtre chez les personnes qui prennent de la rhubarbe; la térébenthine et l'essence de menthe lui donnent une odeur

I) TliiVe de M. Moyse, 1852, Archives dn tuédecinn, 1855. (2) U quantilé d'urine peut oiïrir, en ganté, des variations très-notables, i en juger par la difrércnce des chilfres indi(|nés par les diflerents auteurs. La moyenoe serait de i ôGO grammes suivant Muller, de *J28 suivant Prout Cette quantité peut varier, suivant M. Rayer, entre «72 et 1 824 grammes, entre 900 et 1 fiOCsalunt S\^\. BccquiMei et Rodier. Ces derniers auteurs pensent que l'urine est tta^étée en pius grande quantité chez la femme qu- chez l'iiomme. Bûrdach a émlsToplni(ni ctnnraiw.

violette, et les asperges lui communiquent une fétidité insupitable.

Dans l'état de maladie, rexcrétion de Turine et ce liquide luiêmc offrent des changements bien autrement importants. L'excrétion de Furine peut être douloureuse, comme dans lablen- >rrhagie; si elle est difficile, comme dans le rétrécissement du mal de Turèthre, c'est la dysurie {dysuria) (1) ; si elle coule goutte goutte, c'est la êtrangurie {itranguria) (S), symptôme qui accomiigne assez fréquemment le catarrhe vésical ; si l'excrétion est imossible, c'est Yitehuric (ischuria) ou rétention d'urine (3); s'il xiste ua besoin continuel et douloureux d'uriner, et si l'urine est xcrétée en très-petite quantité à la fois, et avec un sentiment d'arear, c'est le ténesme vésical. L'excrétion a lieu quelquefois involonairement, comme on l'observe dans certaines affections spasmoliques de la vessie, où elle s'opère à l'instant même ou le besoin ie fait sentir, et malgré les efforts du malade pour la retarder. Dans lautres cas, où l'excrétion de Turine est involontaire, le malade d'en a môme pas la conscience, comme cela arrive dans diverses maladies accompagnées de délire. Ailleurs Turinc, au lieu d'ôtre excrétée par intervalles et en certaine quantité, coule goutte à goutte et sans interruption : c'est ce qu'on nomme incontinence i'urine. Le plus souvent, l'urine ne s'écoule de cette manière que quand la vessie a acquis toute la distension dont elle est susceptible : on dit alors que l'excrétion a lieu par regorgement. Dans d'autres cas, l'urine coule à jets interrompus : son excrétion cesse tout à coup, et recommence f)lusieurs fois avant d'être complète. On observe fréquemment ce symptôme lorsqu'un calcul mobile ou iies caillots de sang contenus dans la vessie viennent par moments boucher le col de ce viscère; on l'a vu plusieurs fois aussi dans des affections spasmodiques. i/excrétion de l'urine est enct)re sujette, chez l'homme malade, à des déviations. Ou a vu ce liquide, dans i}uelque8 cas de persistance de l'ouraque, s'échapper par l'ombilic, et, dans les diverses formes de perforation vésicale ou urétrale, sortir par l'anus, le scrotum et les parties voisines ou la vulve. Les auteurs ont encore parlé de déviations de l'urine plus singulières : tels sont la salivation, les sueure et les vomissements urineux; tel est le fait plus extraordinaire de Boerhnave, qui a cm trouver de l'urine dans les ventricules cérébraux. (]les dernières observations •ne sauraient être acceptées avec une entière conliance : ilfautsup-

(1) Auoouptx ; ^ù;, difllcilement ; cjf cv, urine, (î) I'7^%'^vi^\%*^ •'f?*1^> goutte; cufGv, urine. (3) tox«*. Je retiens; cùpc», urine.

3oa DM stimôiiis.

poser que les liquides dont les anteura ont parié aviîeDt Todeiv et la couleur uriueuses, mais on ne peut guère admettre qu'ils eosMrt en tous points la même compositiiÉl «hhiûque.

L'urine, considérée en elle-méiB^iK'Iprésente diez Tbomam mdide de nombreuses différences ; ces dilKreDces portent aor sa qaamilé, sur ses propriétés physiques et chimiques. Sa f|iiaiitité mngftumÊn quelquefois au déclin des maladies; elle est exoeaaive dana hm diabètes ; elle diminue dans lliydropisie, dana la diarrhée, dans ki maladies fébriles, dans les affeptions graves du firie (t) ; ella art supprimée dans la période algide du ehcdéra indien et danaisaw d'occlusion soit des deux uretères rimultanément, acnl del'i unique, lorsque, par l'effet d'une disposition congénitale, il a'( qu'un rein, ou que l'un de ces organes est cofnpIéleBBent aliaphié (â). Elle est incolore^ moins acide et souvent nenlrOydaiili ; plupart des affections nerveuses. L'urine est ordinairement lugi \ et plus acide au début des maladies aiguës; elle est brune on jmôb ' dans plusieurs maladies mortelles : cette dernière oouleor dépéri < ordinairement de ce que l'urine contient une certaine quantité é» : sang ; elle pourrait provenir encore, selon quelques diimiatai, de k présence accidentelle dans l'urine d'un acide particnlier, nonmé acide mélanique. On a rapporté des observations d'urine Uenilie. Enfin l'urine peut offrir une couleur d'un blanc laiteox dans laaees (»U elle contient, soit du pus, soit une matière grasse qu'on peut focilemcut isoler. Du reste, quelle que soit la couleur de l'urine, œ liquide peut être transparent ou trouble. L'urine est tran^Mumie. soit en conservant sa diaphanéité, soit en la reprenant, après l'afoir momentanément perdue par le refroidissement. L'urine trouble peut être excrétée et re^r telle ; elle peut aussi ne ae tranUff qu'après l'excrétion, et ne pas reprendre sa transparence aprèft h précipitation des matières qui y sont suspendues. L'opaeilé de l'urine est produite par la présence du mucus, du sang, de Vallwnn'^^i du pus, etc., mais plus souvent par suite d'un excès d'acide oriqne, . d'urate d'ammoniaque, ou de phosphates alcalins. Les andens nom* ] maient jumenteuse (3) l'urine qui était trouble et qui contenait oi même temps des corpuscules ou des flocons opaques qui y nageaient : cette expression, fort en usage dans les auteurs des siècles précédents, n'indique rien de précis et s'applique à des urines fini

(1) M. Becquerel, Séméiohyie des urineif,

(2) Voyei notre Mémoire sur ia néphrite, Archiv, génér. de méd.^ t* Ip. Set 477.

(3) JumenUnïiy béte de charge-, urine qui ressemble àceUe 4v

r/ié>Faux, etc. . ^^''^^

DBS STMPTÔMBS. 307

iflerentes sous le rapport de leurs propriétés chimiques. Vodeur de urine devient ammoniacale dans le catarrlie chronique de la essie ; dans quelques maladkp adynamiques et dans plusieurs uf- Motions vésicales, elle exhale une odeur de marée. L'urine décoloée, qui est sécrétée au déclin des attaques hystériques et dans le Hremier stade des fièvres intermittentes, est presque inodore. Dans es maladies inflammatoires., au contraire, elle exhale une odeur orte. Dans le diabète sucré, Turine acquiert une odeur alcoolique inand elle a fermenté. Dans la maladie de Bright, elle exhale quel- |oefois Todeur du bouillon de bœuf ; cette odeur existe parfois aussi lans l'urine des personnes bien portantes, surtout après une abonlante transpiration. Dans beaucoup du maladies aiguës, elle difllro l'un jour à l'autre sous le rapport de la couleur, de la transparence, les dépôts, etc., c'est l'urino variable. Dans certaines inflammations jiangréneuses^ suivant quelques auteurs, Turine est presque froide va moment oii elle est excrétée. Un abaissement de températun* mrait également été noté pendant le frisson des fièvres intermitentes. Ces assertions ont besoin d'être confirmées par de nouvelles >bservations.

Nous n'avons que très-peu de données sur la saveur de l'uriut* lans le cours des xtialadics, à cause do la répugnance très-naturelle )a*inspirent de pareilles recherches. On sait cependant que, dans e diabète sucré, elle a une saveur douce, qu'elle est presque insilide après les accès d'hystérie.

M. Rayer a fait de nombreuses observations sur la pesauteurspoifique de l'urine, ({ui varie chez Thomnie sain, suivant qu'élit^ 1 été sécrétée à jeun, pendant ou après le repas, etc. Il Ta fixée ù 018, celle de l'eau étant 1000; la pesanteur spécifique moyenne le l'urine rendue après le réveil du matin est de 1017,10. suivant IM. Becquerel et Rodier (loc, cit.) (I). Le docteur Rayer a trouvé, ans le diabète sucré, une densité de Turine plus considérable, tanlis qu'elle est moindre dans le diabète insipide sans excès d'urée (2).

■' IJ Maladies des reins , t. 1, p. 7 I.

:i Quelques auteurs, en s'appuyant sur des recherches chimiques, ont distin- :uf' plusieurs espèces nosologtques dans cette aiïection, désignée autrefois sous le l'.-ni de f/ialM'te insiind'-. lis admettent : 1° un dialnMe insipide, dans lequel rurine enferme une très-petite quantité de sucre, dont la saveur serait masquée, sui- \ant le professeur Houchardat, par son mélange avec du lactate d'urée, du lactate lie soude, du chlorure de soilium et des matières extractiNes; 2" la polyurie. ''iraetérisé« par Taugmentation simultanée de la quantité d'eau et de la quanlité de luMances saUne< sécrétées par les reins ; 3«> enfin lu polydipsie, dont le '^ymptéme principal est une soif excessive, qui pousse Ica ma\&(Ves à \)o\t^ V^tvwoup et louveiif. Dans ce cas, la /^/o/jnr/f'of/ d'eau sécrétée pav \c \q\\\ eaV cç>tvs\^«î

308 DBS STIinAlllS*

Dans la maladie de Bright, cette densité est généralement plus faible que dans Tëtat de sauté, excepté pourtant dans la prenîèfe période ou état aigu. La pesanteur spécifique de l'uriiM» n'est pu sans quelque intérêt dans Tétude du diabète sucré : examinée i diverses heures de la journée, avant et après les repas, elle peot suffire pour indiquer si la proportion de sucre est augmentée od diminuée.

Les éléments de Turine éprouvexit dans les maladies des vari»* tiens plus ou moins considérables. C'est ainsi que la quantité de Teau peut devenir énorme, oonune on l'observe drâs cette variélédi diabète insipide, désignée sous le nom de polydifêie; dans qnolqaBi névroses^ l'urine est presque tout i fait aqueuse. — - Les antresél^ ments de l'urine augmentent au contraireisn proportion dans la plupart des maladies fébriles^ — ^ La quantité de Tarée augmente nx^ ment chez l'homme malade ; il est très-commun, au oontrun^ comme l'observe M. Rayer, de la trouve^ en proportion moindre, es qui peut-être dépend autant de l'abstinence des aliments qos de l'influence exercée par les maladies elles-mêmes sur UséôélioB rénale. Il n'est pas encore complètement démontré que la qauM d'urée (1) diminue dans les maladies du fde (2) ; mais dansl'k■B^ tion granulée des reins, la diminution de l'urée est un pbétMSDèae à peu près constant. — L'acide urique, qui entre pour un mnltêm seulement dans la composition de l'urine (3) chez l'homme seiOi peut augmenter d'une manière notable, dans l'état de ntaladlîe: on a surtout signalé cet excès dans le cours des affections rhnmatiniiilei et goutteuses, et de plusieurs maladies inflammatoires, etc. Oa t encore rangé, parmi les causes qui peuvent augmenter la produdioD de l'acide urique, les excès de table, l'usage inunodéré des boisBOBS alcooliques, les émotions vives^ la fièvre, les maladies du foie, ete. L'excès d'acide urique a souvent pour effet la production de la gn* velle roûgc dans un des points des voies urinaires. Cet acide fle trouve en général combiné avec la chaux, la soude et surtout l'tm* moniaque (4). — L'acide phosphorique et les phosphates de chaux et

rablement augmentée, et la quantité des maUères salinea restant à peyi piéice ({u'elle est daof l'état normal, l'urine oflfre une très-faible densité.

(1) MM. Becquerel et Rodier l'admettent (/(>c. cit.).

(2) La quantité normale d'urée sécrétée dans les vingt-quatre tieantiit,ilivant M. Becquerel, de 15 à 18 grammes.

(3) Suivant MM. Becquerel et Rodier, 1000 grammes d'uriné seulement 0,398 d'acide urique.

(4) Prout, MM. Rayer et Donné. D'après MM. Quavenne «I AmMÉlI^*' combiaé ou mêlé avec des maUères animales (mi^tièrea q:|^i3i^jtiyam

rentes)» ... '^vvwïav .imcodib

DES STHPTÔMBS. 309

magnésie peuvent se trouver aussi en excès dans Turine, c'est ce 3n observe dans le rachitisme^ dans Tostéomalacie et dans quels espèces de gravelles : dans ces cas l'uriDe est plus ou moins ible. — La soude, la potasse et l'ammoniaque à Tétat de sel se iveat quelquefois en quantité plus considérable, et rendent alors ine ou neutre ou alcaline (i). On a encore constaté Talcalinité de ine dans lagravelle phosphatique, dans certains cas de maladie Srigbt, et fréquemment dans les néphrites chroniques, dans les adies qui entraînent un séjour prolongé de Turine dans la vessie,

parce qu'un obstacle s'oppose à son émission, soit parce que la tractilité des parois vésicales est affaiblie ; cette règle cependant let de nombreuses exceptions. Dans les affections des voies urires qui sont accompagnées d'une sécrétion de pus, les urines t généralement neutres ou alcalines. Elles ont également prété ce caractère chez quelques vieillards débilités par les privais et la misère, chez les personnes qui font un usage exclusif des dents azotés, qui suivent le régime maigre, qui abusent de cer- 18 fruits, comme les cerises et les prunes. Enfin, d'après des rerches récentes, l'immersion prolongée dans un bain d'eau simple lirait produire le même résultat. On a avancé que l'alcalinité de ine était fréquente dans le cours des fièvres typhoïdes. M. Rayer rme que sur cinquante cas, il n*a trouvé l'urine alcaline que deux , et pendant trois jours seulement; les observations de M. le pro- (eur Rostan sont d'accord, sur ce point avec celles du docteur rer. Brodie, Hunkel, ont signalé l'alcalinité de l'urine à |a suite

lésions traumatiques ou autres* de la colonne vertébrale. Mais ;e observation, qui a trouvé des contradicteurs, exige de nouvelles herches.

«e mucus qui existe naturellement dans l'urine peut s'y montrer quantité plus considérable. C'est ce qu'on observe dans quol- >s cystites, dans les inflammations du bassinet et des ure- », chez les pei*8onnes atteintes de blennorrliagie ou de Icucor-

/urine peut encore, chez l'homme malade, contenir diverses stances qui sont étrangères à sa composition normale : c'est ainsi yn parait y avoir quekjuefois tnjuvé du soufre ; on cite quelques rares d'urines phosphorescentes, qui brillaient dans l'obscurité moment de leur émission. Je ne parlerai pas des acides hippule, oxalique, benzoïque, carbonique, butyrique, prussique, xan-

) L'alcalinité des urines dépend le plus souvent de la décomposition de l'urée «rbontte d'ammoniaque, s'opérant soit dans le rein lui-même, soit dans la le, ce qui est beaucoup plus commun.

310 DES STHFTÔIIES.

thique et cystique, qui ont été rencontrés accidentellement daus Turine, sous l'influence de causes diverses, le plus souvent mal appréciées. Mais il est d'autres substances qu'on y rencontre moins rarement, dont la présence est facile à constater, et se révèle par des signes particuliers : tels sont le sang, Talbumine, le sucre, le pus^ le sperme, les matières fécales, des gaz, des vers intestinanx, des graviers, et divers autres corps étrangers.

L'urine contient quelquefois du sang^ qui peut venir des divers points des voies urinaires. Il est en quantité variable et plus oa moins intimement mêlé à ce liquide ; tantôt il est fluide, quelquefois en caillots noirâtres ; parfois il est expulse sous forme de filaments pleins ou tubulés qui ont pu faire croire que les malades avaient rendu des vers. Cette forme de caillots indique en général que le sang s'est concrète dans l'uretère après avoir été exhalé dans le rein lui-même. Les urines sanguinolentes donnent par le repos un sédiment noirâtre composé de globules sanguins et de fibrine. La quantité de sang est quelquefois assez petite pour exiger qu'on se serve du microscope pour en reconnaître l'existence. La présence dn sang dans l'urine est le plus souvent l'indice d'une maladie cancéreuse ou ealculeuse de quelque point des voies urinaires, et spécialement des reins ou de 1à vessie; l'hématurie peut dépendre encore d'autres affections de la vessie et de Tun^thre. Quelquefois elle est essentielle, et sous cette forme elle se montre assez souvent dans les climats chauds, dans l'île de France en particulier, parmi les enfants, diez qui elle remplace l'épistaxis si commune dans notre climat, à la même époque de la vie. Cette hémorrhagie a été quelquefois aussi observée dans le scorbut, dans les varioles les plus graves et dans les maladies pestilentielles.

L'urine peut contenir une plus ou moius'grande quantité d'ct/ôfmine dont on constate l'existence par la chaleur ou par l'acide nitrique, qui y produisent un précipité blanc et floconneux. I^pii*sence d'une forte quantité d'albumine dans l'urine constitue, avec une diminution notable dans sa pesanteur spécifique et dans la proportion de l'urée et des sels qu'elle coutient, le signe le plus important de cette espèce d'hydropisie qu'on rattache à la maladie des reins décrite par le docteur Bright : l'urine est encore albumineust-. mais eu général à un degré beaucoup moindre, dans d'autres bydropisies, s|)écialement dans celle qui se montre npri's la scarlatine el au déclin de quelques maladies aiguës, comme l'a constaté le docteur Martin-Solon. Ce symptôme accompagne encore quelqoelbv l'infiltration œdémateuse qui survient pendant le cours de la grossesse ; il constitue alors un signe fâcheux, et il peut faire craindre l<'

DES STMPTOMES. dil

éveloppemeDt ultérieur d'accidents éclamptiques (1). Enfin Tappliation d'un vésicatoire exerce quelquefois sur la composition de urine une influence analogue ; elle la rend albumineuse. L'urine eut contenir à la fois de l'albumine, du sang et du pus, dans les Itérations graves des organes urinaires et dans quelques maladies e la prostate. Gomme nous l'avons dit plus haut (p. 320), lorsqu'un bstaclc s'oppose à l'excrétion de la bile, l'urine prend une teinte mne safrané à reflets verdâtres, qui coïncide avec l'ictère. Dans ce as, la bile passe-t-elle en nature dans l'urine, la matière coloante seule y est-elle admise ? Cette question n'est pas encore ésolue.

Pendant longtemps, et de nos jours môme, des hommes d'uu rand mérite ont affirmé que l'urine pouvait contenir du lait chez » femmes qui allaitent ou chez celles qui sont récemment accouhées. Mais ces assertions ne s'appuient sur aucune observation xacte, sur aucune expérience rigoureuse, et l'on doit craindre 08 les médecins et les chimistes qui les ont émises ne se soient lissé tromper par l'aspect trouble du liquide, par la présence d(> ertaines matières étrangères, par celle du pus ou d'une matière Tasse. Quelques auteurs, et Prout en particulier, ont parlé d'urine bylcuse, c'est-4i-dire contenant les éléments organiques du chyle, econnaissables au microscope. Mais les caractères de cette espèce 'urine ne sont pas encore nettement tracés, et d.'ailleurs l'aspect byleux a pu dépendre aussi de la présence d'une matière grasse ans l'urine. Les anciens ont signalé l'existence de la graisse ou de huile dans l'urine pendaiit le cours des maladies chroniques avec msomption : cette assertion n'a pas encore été vérifiée, et L Rayer a vainement cherché ces substances dans l'urine des athisiques.

Il en est autrement de la présence du sucre (2) dans ce li(|nido : 3n-sculement elle a clé reconnue à l'aide de la dégustation faite; ir les malades eux-mêmes et par quelques médecins, mais en(u)r(f s chimistes l'ont constatée de la manière la moins équivoqiu>, wni 1 iibandonnant riiriiie ù la fermentation, qui donne lieu h lu f>;f. ation d'une certaine rjuaiilild d'alcool, soit en isolant le mut*'^ v lide des procédés cliimifjues, des autres cléments dtj Tiii-iiu^ «jU

\) D'après un grand nombre d 'observa lions, réclampi>ie H>«t iiMjuUi^ g,/^^ ^ irt des femmes atteintes d'albuminurie, et trè8-rarem«;iit «^ 44àMHr ^ *a' , idiljoa morbide. Madame (^chapelle avait déjà noté i\ui Ur »nit»im^ ^ «m. pn survenaieDt plaa souvent chez lea femmes aiïe^t^4r« d'<>i4U"H^ 2) On a reiWDDU que sa composition était ldentjqu«! hvm «#U im»^^^^ ^^ ^ , et on lui a donne le nom i\etjfi/*yise.

312 DIS 8TIIPTÔMB8.

manière i en extraire des quantités quelquefois considérables. 1 présence du sucre dans l'urine est le signe pathognomoniquc < fespèce de diabète qu'on nomme sucré ou glycosurie (I). Cette uni a une pesanteur spécifique supérieure à celle de l'homme en saot bien qu'elle contienne moins d'urée et moins de sels (3).

L'urine qui contient du pus présente, au moment même de s émission y une couleur trouble et lactescente ; elle devient trampi rente par le repos, et présente dans le point le plus déclÎTe un d pot opaque formant une couche dont l'épaisseur varie. Cette urii se décompose rapidement et devient alcaline. Le pus est génénl ment facile à reconnaître à ces caractères quand il existe dans 1' rine en certai^e quantité ; mais il en est autrement quand sa pr portion est très>faible, et qu'il est mêlé à du mucus et à des sd L'examen chimique et microscopique peut alors être de quelqi secours; mais, dans l'état actuel de la science, ainsi que nousï vous dit précédemment, il ne peut pas inspirer une entière- ooi fiance. La présence manifeste du pus dans l'urine est toujouni symptôme très-grave quant au pronostic, très-important quanti diagnostic. Il est le signe certain, soit d'une infianunation du re ou de la vessie, soit d'un abcès formé dans le voisinage des orgu urinaires, et ouvert dans leur cavité. L'examen des symptômes q ont précédé l'émission d'une urine purulente et l'exploration de c organes conduisent le plus souvent à reconnaître la partie danil quelle le pus a été formé.

Dans le cours de la blennorrfaagie, Turine acquiert quelqueCi une propriété contagieuse qu'elle doit sans doute à quelques pi celles du mucus uréthral qu'elle entraîne avec elle. Mertens, Aatr et Chaussier ont vu des individus qui avaient contracté une op thalmie blennorrhagique en se bassinant les yeux avec leur urii dans le cours d'une uréthrite vénérienne.

L'application des oantharides sur la peau peut donner lieu a u: inflammation de la membrane muqueuse, qui tapisse les voies u

( 1 ) De Y^uxù;, doux, et cupov, aiine.

(2) Le moyen le plus simple pour constater la présence de la glycose dans 1 rine est de faire bouillir ce liquide avec un alcali, chaux, soude ou potasse; l' parition d'une coloration brunâtre plus ou moins foncée, y révélera l'exiatence sucre. On peut encore se servir du liquide de Barreswil, qui eat un tarti cuprico- potassique. La glycose précipite l'oxyde de cuivre à Tétat d*hy4rita)8i qui passe au rouge. On peut apprécier approximativement iaboadanee da an par ia quanUté d'urine qu'il aura fallu ajouter à un volume doûoé du réÊtfiîf en précipiter tout le cuivre. Si Ton veut obtenir une précision plna gnalti peut faire usage de l'instrument imaginé par M. Biot, et fondé rar laplifri qu'a le sucre de raisin de dévier à droite un rayon polarisé.

âires^ et dans ce cas. l'urine peut renfermer du mucus sanguino mt, du sang pur et de l'albumine, ou même des fausses membranes, omme il a été dit plus haut. Cet accident parait se développer surent lorsque l'emplâtre cantharidé se trouve, par la rupture de Tamouïe, en contact av«c le derme dénudé. Do là le précepte de ne pas rolonger, sans nécessité, l'application des emplâtres vésicants, ou aêime de les isoler de la peau, à l'aide d'un papier huilé.

L'urine contient aussi quelquefois des concrétions solideSy les unes ussi fines que le sable, les autres un peu plus volumineuses el ouvant égaler la grosseur d'un grain de chènevis : les premières ont rendues par les malades sans qu'ils en aient la conscience ; les utres marquent leur passage dans le canal de l'urèthre par une lonleur plus ou moins vive, quelquefois par une sensation de déhircment, selon que leur surface est lisse ou rugueuse et leur olume plus ou moins gros. Dans quelques cas, leur sortie est fxeropte de douleur, et les malades ne s'en aperçoivent qu'au bruit fue détermine leur chute dans le vase qui les reçoit. Ces concrétions le formeat généralement dans les reins , et leur présence dans 'urine doit toujours faire craindre quil n'y en ait actuellement, et |u'il ne s'en forme ultérieurement d'autres dans ces organes. Dans [uelques cas plus rares, ces concrétions sont convexes d'un côté, 'oncaves de l'autre ; elles représentent une portion de la couche extérieure d'un calcul qui s'exfolie dans la vessie, et elles en deiennent un signe pathognomonique.

Les concrétions salines qui se forment dans les voies urinaires arient beaucoup sous le rapport de leurs propriétés physiques et chimiques : les plus petites, celles qui ne dépassent pas le volume l'un grain de chènevis, ont recule nom de graviers; au delà de elte grosseur, elles constituent les calculs. La vessie peut n'en ontenir qu'un seul ou en renfermer plusieurs. Leur nombre est plus »u moins considérable et se trouve généralement en raison inverse le leur volume ; ils sont arrondis, ovales, ou irréguliers dans leur i>rme ; quelquefois hérissés d'aspérités {calculs muraux). Leur surace offre souvent une ou plusieurs facettes, ce qui est un indice ►resque certain de l'existence simultanée de plusieurs pierres dans lu des points des voies urinaires. Il y a des graviers ou des calculs [ui se brisent à la moindre pression ; d'autres, au contraire, ont la ésistance et la dureté des pierres les plus dures. La plupart dos oncrétions urinaires sont formées d'acide uriqne, elles ont alors ine couleur rouge tirant plus ou moins sur le jaune. Viennent euirite par ordre de fréquence les calculs de phosphate ammoniacooagnésien, cristallisés en prismes el d'une couleur bVaudxviXte v eviw^

Mi DES STMPTÔIUS. ^

<l'oxalate de chaux, qui sont noirs, bruns ou verdàlres : puis ceux de phosphate de chaux et de magnésie; les calculs d'oxyde cystique, qui sont d'une couleur jaune citrine, présentent une surfacv mamelonnée et semblent formés par l'agglomération de petits cristaux amoncelés sans ordre; enfin, M. Magendie a décrit unegnvelle pileuse dont il cite trois observations : dans ces cas, des oonorétions salines s'étaient formées à la surface de poils provenant probablement do quelque kyste qui s'était ouvert dans un point des voies urinaires.

On a encore trouvé dans l'urine des débris de matières tnbercnieusc et encéphaloîde provenant des reins, et pouvant fournir, dav quelques cas, des signes diagnostiques importants.

Dans certains cas de rétrécissement de l'urcthre, de maladie Af la prostate et des conduits éjaculateurs, le sperme peut refluer daœ la vessie et en sortir ensuite mêlé à l'urine. D'après les rechercbe* de M. Orfila, l'urine qui est rendue immédiatement ou quelques heures après le coït ou après une pollution, chez l'homme sain, entraîne et par conséquent contient les zoospermes restés dans le canal de l'urèthrc : quelque peu nombreux qu'ils soient, ils se précipitent toujours au fond du vase, et le miscroscope les fait aisément reconnaître. Chez certains malades affectés d'une sorte d'incontinence du sperme, cette liqueur s'échappe de ses conduits sans érecs tion^ et se retrouve également dans l'urine.

Dans les cas oii les voies urinaires communiquent avec le rectiim ou avec tout autre point des intestins, l'urine peut contenir des matières fécales; des gaz peuvent alors s'échapper par l'urèthre, et de» ' vers être aussi expulsés de cette manière. C'est probablement ainsi qu'arrivent dans la vessie de Thomme plusieurs corps étrangers, tels qu'épingles, pépins de fruits qu'on a quelquefois vus former W noyau de certains calculs vésicaux. Quelquefois aussi des corps étrangers pénètrent dans les voies uinnaires par une plaie extérieure, ou sont introduits par l'urèthre. La présence dans l'urine do substances qui ne peuvent provenir que des intestins est, dans | beaucoup de cas, le signe pathognomonique d'altérations graves et ; profondes qui compromettent rexistence, et qu'aucun autre symp- j tome ne ferait reconnaître. Dans les cas où une perforation s'éublil • chez riiomme entre la vessie et le rectum, il est quelquefois possible I <Je la constater en portaut une sonde dans la vessie et un doigt dans 1 l'intestin ; il peut même arriver que l'ouverture de communication I soit assez large pour que le doigt lui-même puisse passer du reotnn ¥ dans la vessie. Dans ces cas, du reste, en même temps que VnÀBfi contient des matières fécales, ces matières elles-mêmes sortent de

DBS SYMPTÔMES. 315

elées à une certaine proportion d'urine. Ajoutons, touteï raison de la disposition particulière de certaines fistules, ïres stercorales peuvent pénétrer dans la Tessie, sans que énètre dans le rectum, et vice versa.

ind nombre de substances données à titre de médicament, es dans Testomac, peuvent se rencontrer dans l'urine. Les s y ont trouvé riode, le mercure, Tarsenic, le fer, Tacétatc rate de potasse, les sulfate et carbonate alcalins, le nitrate (e, le sulfate de quinine, etc.

e, abandonnée à elle-même, ne conserve pas ordinairement nogénéité qu'elle offre au moment de l'excrétion (\) : plu- !S éléments qui la constituent se séparent de sa masse at des pellicules, des dépôts et des suspensions variées, n apprécier ces divers phénomènes, il faut que l'urine soit ns un vase transparent au moment même oti elle est exeréu'elle reste ensuite en repos pendant cinq ou six heures au

xime pellicule, crème ou couronne {urinœ corona^ cremor), ; de membrane toujoura très-mince qui se forme à la sur- 'urine.

pension qui se montre dans l'urine quelques heures après m est de deux sortes : l'une, qui s'élève jusqu'à la partie re du liquide, est le nuage {nubecula, nubes) ; l'autre, qui jusqu'au fond, esiyénéorème (enœorema) (2). Dans quelques , on voit dans l'urine une suspension moyenne qui n'est pas ine de la surface que du fond, et qui n'a pas reçu de nom sr. L'urine offre ces diverses suspensions dans la plupart dies aiguës. Au dire de quelques auteurs, la suspension rait ou se rapprocherait du fond du vase, selon que la maait plus ou moins éloignée de sa terminaison; mais cette i est très-contestable.

x//, quon nomme aussi sédiment ou hypostase {sédiment um^ is) (3), est produit par des substances qui se réunissent au vase et y forment une couche plus ou moins épaisse. Le sée montre particulirrement vers le déclin des maladies ain'a pas toujours iiou à celte ('poque, mais il est assez rare

ques urines arides sont troubles au moment de rémission, par la préle matière organique étrangère ù la composition normale de l'urine, nucus, pus, sang, sperme, etc., ou par une quantité anormale d'acide d'urates tenus en suspension. iM. Ua\er, l(^\ cit.) ttpripia, de aiM^i'u, j'élève.

Tsot;, de OiroaTâw, je suis dessous.

31 G DBB trarrôns.

qu'on l'observe à une autre. Les anciens auteurs <mt mrloot betocoup insisté sur la valeur du sédiment rouge dans le diagnostic dn fièvres intermittentes : ils regardaient ce phénomène comme coastant dans le troisième stade des accès. Le sédiment iie se àifm pas seulement à la partie la plus déclive du vase qui a reça l'ariae; il forme souvent sur ses parois latérales un etiduit mince, mais SMI marqué pour donner au liquide une apparence tronble, qui diapani quand on incline le verre : alors on voit d'un cdté de l'urine parfit tement transparente au-dessus du dépôt, et de l'aqtre, le dépôt saii formant une couche opaque sur les parois du vase. La coôlaiirdi sédiment est ordinairement blanchâtre et grise; asseï ftAjiMimiiilL dans les fièvres intermittentes, il est rosacé* hrigmeté (MeUmiatm lateritium), c'est-à-dire semblable à de la brique pilée ; ki séfr ments rosés sont fréquemment observés encore dans les urines refr* dues par dès sujets atteints de maladie du foie. U eal qoelqueCsii brun ou noir dans l'ictère, et dans quelques maladiei\ aigoës presque toujours mortelles; dans quelques cas extrêmement rares, 3 • offert une couleur bleue due à la présaace, soil d'une matière puticulière nommée cyanourii^ par M. Braconnot, soit de lliyditig^ nate de fer, d'après les recherches de MM. Julia (I), Batt ^ ii Mojon (3). Le sédiment a le plus souvent l'apparence de pooMiiR, de farine ou de son grossièrement moulu ; c'est le sédiment /kr/inrf [sedimentum furfuraceum) (4). D'autres fois il est formé par une ns> tière muqueuse, qui tantôt est réunie en flocons, et tantôt est nssemblée au fond du vase en une couche égale et demi-tranqiarBnle: c'est le sédiment muqymùc. On désigne par l'épithète de —tfpMflff ou graveleux {sed. annosum) celui qui contient du sable ou des gnviers. Le sédiment />tirti/enf est celui qui est formé par du pus, «le. . Les dépôts, les nuages et les pellicules qui se fonnent dans l'ime \ ont été examinés au microscope et soumis à l'analyse chimiqae. Li nature de ces divers produits varie selon que l'urine eHeHoAsieeit acide ou alcaline. Dans Turine acide, les nuages et les énéorèmes paraissent formés par des lamelles d'épithélium, par des urates, de l'acide urique et du mucus (5); les sédiments jaunes, rougeâtresoo

(1) Journal de chimie, 1. 1, p. 330.

(2) De urina sedimentum cœruieum démit (ente, 1809.

(3) Journal de médec, t. LXXII, p. 174.

(4) Fur pur, son.

(5) H. Rayer insiste, d&ns son Traité des maladies de* rtint^ mi de l'analyse et de l'examen microscopique, quand on veut détcnnli des nuages et des sédiments, et sur les apparenoea trompeuses % offrir à h vue. Ainsi, cerla\ns nuu^es é^U sont formés de moeos lev

DBS 8TMPTÔMB8. 317

)uges, sei*aieQt formés de mucus, d'acide urique, d'uratc d'ammoiaque, souyent unis à la matière colorante, et reconuaissabies enle eux par leur mode de cristallisation que le microscope permet le déterminer avec précision. Quand l'urine est alcaline, le sédiloent, blanc ou légèrement jaunâtre, disposé en crisiaux réguliers ou formant une masse amorphe et pulvérulente, est en général composé de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien, mêlés souvent à du mucus et quelquefois à un pus altéré par l'ammoniaque, ce qui lui donne l'aspect d'une matière visqueuse ou muqueuse. On peut y rencontrer également des globules sanguins et des zoospermes, la matière colorante de la bile, et quelquefois divers sels dont la chaux forme la base, comme on les rencontre dans l'urine elle-même.

§ III. — J>et ezorétioDi.

Après avoir successivement examiné les principaux phénomènes morbides que peuvent présenter les sécrétions, ils nous reste encore à dire quelques mots de certains dérangements qu'offrent les excrétions, indépendamment de toute espèce de trouble dans les liquides sécrétés.

Les excrétions qui sont sous l'influence de la volonté semblent être les seules qui offrent quelque chose de spécial et dont il doive être ici question. Ces excrétions peuvent devenir, dans l'état de maladie, plus fréquentes ou plus rares; elles peuvent exiger des efforts considérables ou avoir lieu trop facilement; elles peuvent s'opérer ans le secours de la volonté, comme on l'observe dans beaucoup de miadies graves; il peut arriver aussi que la volonté ne puisse pas « provoquer, comme cela a lieu dans la rétention d'urine et dans occlusion du rectum par des fèces endurcies ; quelquefois le besoin excréter est continuel, douloureux, presque inutile, comme on abscrve dans le ténesme du rectum ou de la vessie. Nous ne dems que rappeler ici ces symptômes, qui déjà ont été exposés, et ous attacher aux phénomènes (jui ne pouvaient point être décrits illeiirs : tels sont en particulier ceux qui dépendent de l'occlusion rs conduits excréteurs, que ces conduits soient ou non munis de phincters, que rexcrétion soit ou no soit pas soumise à la volonté.

Les causes qui produisent l'occlusion de ces conduits sont trèsariées : elles peuvent néanmoins être rapportées toutes à trois or- Ires. Tantôt le conduit est bouché par un obstacle contenu dans sa

irfktné' 'eiÉ* gtttpéirtoîi ; *'-*^»— ini ont Tapparence du mucus, «oui twt!Rfe% i'OTStMy et murtoiit ^ %e amorphe.

:iis

DBS SYMPTUHGS.

i!avJt(^. par un calcul, par exemple ; lant<>t sa caribi mt «flac^ pu l'ûpaisaissement de ses parois : tanl<H, enfin, par tme compreuiuo extérieure, comme une liimeiir qui appuio sur lui.CotlcoccliuiODu plusieurs effets, i» L'excrétion des niati^rcH liquides ou mtideit^ supprimée : celte supprea»ion est quelijuerois diflidlc à convuin pendant la vie, soit parce que les organes sécréteurs étant doubles, comme ceux de l'urinf, l'octrlusion d'un des conduits exci^teury n'interrompt pas toute excrétion du liquide, soit parc« qne leors Tondions ne sont pas tri's-importanles, ou enBu parce qu'il» oni des iiuxiliRires. Mais lorsque le tfiKcrre auquel uppnrlieiil le conduit oUiléré est unique et joue un rôle important, comme le foie. roccliiiioH rlu conduit se montre tn^s-prompiemeul par dos ptiénomùncs rrmarqiiables, tels que des douleurs aiguës, la couleur jaune lir la peau et de l'urine, la décoloration des matières fécales el de» (r<xi> blés variés dans les fonctions digestives. S° L'u autre effet qtu n^suite de cette occlusion est la distension du conduit, depuis anu origine jusqu'à l'obstacle, etau bout d'un certain temps Icrêlnfciasement et quelquefois l'oblitération complète de ce même coniluil, depuis l'obstacle jusqu'à l'endroit où ce conduit se termine, délit ilisieusinu est nianilesle dans le canal de Slénon, dans les onduiti

DBS STMPTÔMBS. 31»

los, de Turine, et quelquefois de la bile, tantôt par la rupture s conduits au-dessus de l'obstacle, tantôt par les désordres que terminent dans l-ensemble de Téconomie la rétention de substans destinées à être excrétées, l'altération qu'elles subissent, l'innamalion qu'elles produisent dans les parties où elles séjournent, pour quelques-unes, l'espèce d'infection consécutive qui résulte leur passage dans le torrent circulatoire, oti l'absorption les ennne.

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