‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 44 sur 92 · SECTION V · texte numérisé non relu

SECTION V

DES STHFTOIIES FOt/BNIS PAH LES ESHALATIO?iS ET LES SÉCRÉTIONS.

L* action par laquelle l'organisme sépare du sang des fluides quelonques se nomme sécrétion. On distingue deux sortes de sécrétions : es unes, qui ont lieu dans toutes les parties du corps, et plus spéialement à la surface libre des diverses membranes, sont désinées sous le nom d'exhalations ; les eLUires^ qui ont des organes larticuliersy munis de conduits excréteurs, ont conservé plus spéialement celui de sécrétions. Nous examinerons successivement les mes et les autres.

§ I«r. — Exhalatîont.

Les exhalations n'ont pas seulement pour usage de maintenir la ouplesse, de prévenir les adhérences, ou de favoriser le glissement les surfaces membraneuses, elles jouent encore un rôle important lans l'équilibre général : elles préparent, en élaborant les fluides, les matériaux à la nutrition. Nous ne suivrons pas les physiologistes lans leurs discussions sur la forme et la manière d'agir des organes 'xhalants ; les fluides exhalés^ seuls appréciables aux sens, doivent leuls aussi appeler l'attention du médecin.

On peut partager en trois groupes les s}7nptômes qui appartiens lent aux exhalations : au premier, se rattachent les divers changenents qui surviennent dans les exhalations naturelles (nous nomnous ainsi celles qui ont lieu chez Tbomme sain) ; nous rapporterons lu second les phénomènes propres aux exhalations morbides ; nous HDgerons dans le troisième tout ce qui a trait aux exhalations artiicielles. A la première «•^"''^ •^-^-^-^rtiennent les exhalations cutanée, inuqueuse, séreuse, i '<)use, les menstrues et quel-

lues autres écoulemi 's; à la seconde ^ \ eiXv^W

tion de sang, de pus et de quelques autres fluides ; l'exhalation fournie par les plaies des vésicatoires, des cautères, trouve sa place dans la troisième série.

A, Exhalations naturelles.

P L'exhalation ou perspiratian cutanée (1) est, chez rhomme UeB portant, continue, douce, égale dans toutes les parties. Par intervalles, elle devient plus abondante et constitue la sueur, qui est toujours provoquée par une cause évidente, comme la chaleur de Tair, Texercice, une émotion vive, etc.

Chez l'homme malade, cette exhalation peut n'être pas troublée, et conserver à la surface cutanée la souplesse qui lui est propre. Lorsqu'elle est médiocrement augmentée, elle rend la peau humide, et conslilue la, moiteur {mador). Si l'augmentation est plus considérable, si le fluide se réunit en gouttelettes sur la peau et monilk les vêtements, c'est la sueur (sudor). Celle-ci peut être générale oo partielle : dans le premier cas, tantôt elle est égale partout, comiBe au déclin de quelques maladies aiguës : tantôt elle est plus abondante au cou, à la poitrine, au front, comme on le voit cheiles plithisiques. Lorsqu'elle est partielle, elle est souvent bornée a h paume des mains, à l'épigastre, au front. Les sueurs des mains et surtout des pieds sont peimanentes chez certaines personnes. Leur suppression brusque a été signalée dans tous les temps comme pouvant déterminer des accidents graves, et des faits ont été publiés récemment par le docteur Mondière à l'appui de cette opinion (3).

(1) D'après les recherches modernes, la sueur serait, en partie dn moins, 1< produit d'une véritable sécrétion fournie par des glandes particulières renlènDées dans l'enveloppe tégumentaire, et décrites sous le nom de glandes sudoripartt; de même, le mucus serait produit, en partie du moins, par des organes particuliers contenus dans l'épaisseur des membranes muqueuses, et qui ont été rangà parmi les appareils glandulaires. Les uns, suivant les micrographes, forment de petits culs- de-sac {follicules en ccecum : exemple, glandes de Lieberkuhn) ; d'autres sont agminés en grappe (exemple : follicules de Brunner), et d'autres paraissent constitués par des folicules clos oa munis de canalicules étroits (exemple: glandes de Peyer.) (Henle. Anatomie générale.) — Cependant, comme le remarque Mùller {Physiologie, 1. 1), le mucus peut être sécrété par des membranes dépourvues de follicules mucipares : telles sont celles des sinus frontaux et de U caisse du tympan ; les follicules ne sont donc pas Tunique source de cette sécrétion. L'incertitude qui règne encore sur cette question, de l'aveu même des micrographes, nous a fait coosen'er le nom d*exhafation aux produits des membranM tégument aires.

(3) VExiiéricnce, 1839. De nombreuses expériences ont été faîtes par M. Foiad| cault pour étudier les effets produits par la suppression générale ou parUelle A.*" /a traji'ipiraVïon. En arrétanl Ve\\\a\aV\oxv ewV«xi€^ ^t des appUcaUons deveroii

DBS SYMPTÔMES. 283

.a température de la sueur peut être douce, très-ëievëe, ou froide ; elle-ci est généralement d'un fâcheux augure.

La sueur présente beaucoup de variétés sous le rapport de sa ensité et de sa couleur ; quelquefois elle est épaisse, collante et lême poisseuse, chez les moribonds, par exemple, et dans le holéra asiatique ; ailleurs elle est ténue et aqueuse ; le plus souvent Ile est incolore; dans quelques cas, elle donne aux linges qui la SQoivent une teinte jaunâtre ; quelques malades ont des sueurs oageâtres {sueurs de sang). On a cité aussi, d'après Borellty Borriiius et Fourcroy^ quelques observations de sueur bleue ou noire; lais ces faits extraordinaires sortent en quelque façon du domaine e l'art. Chez les goutteux, les sueurs laissent quelquefois sur la eau des matières salines, composées de phosphates et d'urates ; DOS avons observé un cas de ce genre. — Les sueurs diffèrent en- )re sous plusieurs autres rapports ; elles peuvent être d'abondance iriable, passagères, continuelles ou périodiques ; survenir par le Hil eflet de la maladie, ou être provoquées par des causes particuàres, par des remèdes, par un effort, par* un simple changement e position, par la toux, par une boisson chaude, etc.; elles peuvent mlager ou affaiblir le malade, produire même le dépérissement : Q les nomme alors cotliquatioes (sudores coUiquativi) ; elles peuvent ; montrer au début, vers le milieu, au déclin des maladies, ou perster pendant toute leur durée. Elles constituent le symptôme pré- Dminant dans certaines affections ; comme la fièvre intermittente ernicieuse diaphorélique, si bien décrite par Torti, et dont cet haile observateur a failli lui-même périr victime. Les sueurs abonintes sont un des principaux symptômes de la suette picarde ; elles ^montraient également dans la terrible épidémie de suette anglaise tii, dans le moyen âge, ravagea une partie de l'Europe.

La transpiration cutanée peut aussi être diminuée ou suspendue, >mme on le voit souvent dans la première période des maladies guës, dans le diabète et dans Thydropisie, où la peau est habilellement sèche.

Quelle que soit son abondance, la matière de la transpiration But offrir des caractères appréciables par Todorat, et dontp le méecin doit tenir compte. En général, cette odeur est un p3u acide ; uelquefois elle est fétide. Elle a été comparée, dans la rougeole et i variole, à celle de la moisissure^ à celle de la souris, dans quelues maladies ; elle est cadavéreuse dans quelques fièvres adyna-

1 d'enduits résineux sur la périphérie cutanée, ii a vu, chez les animaux soumis ces expérimentfl, survenir des accidents qui v 4t yac Va m^\V.

'Comptes rendus de V Académie des sciences, mai U

284 DES STHFTÔMES.

iniques. On a cité des cas où, la sécrétion de Turine étant suspendue, les sueurs avaient une odeur urincuse. Mais l'odeur attribuée à U transpiration ne dépendait-elle pas dans ces diverses affedions des émanations fournies par les matières évacuées, par le pus des vésicatoires ou de la variole, par des eschares dont la formation était restée ignorée, etc.

Landré-Beauvais, et Dance (i) après lui, ont remarqué, dans Taliénation mentale, une odeur particulière de la transpiration dont les meubles et les appartements s'imprégnaient d'une manière durable, quels que fussent d'ailleurs les soins de propreté dont les malades étaient l'objet. Dans la suette miliairé, Fodeur que la sueor exhale a été comparée par les uns à celle du chlore, par d'autres i celle que donne de la paille pourrie.

Quant à Yodeur de souriSy présentée par les auteurs comme un des symptômes qui accompagnent fréquemment les fièvres de mauvais caractère et les affections cérébrales, elle dépend à la fois de l'écoulement de l'urine dans le lit du malade^ et des toiles cirées qu'on place sur les matelas, et dont les émanations développées par la chaleur et combinées avec celles de l'urine produisent cette odeur particulière. — Dans quelques cas, l'odeur exhalée par le malade est due aux aliments dont il fait usage et aux qualités de l'air qu'il respire habituellement. Chez les gens qui mangent beaucoup d'ail et d'oignon, l'exhalation cutanée est chargée de cette odeur. Nous avons soigné à l'hôpital un palefrenier qui, pendant le cours d'une fii'îvre bilieuse inflammatoire, exhala continuellement une forte odeur d'écurie: nous nous assurâmes qu'il n'avait conservé aucun de ses vêtements, et que l'odeur qui frappait les assistants était exhalée par le malade lui-môme.

Les modifications que la sueur peut subir dans sa composition chimique ont été jusqu'ici peu étudiées. M. Pavre, dans un travail récent {Archives de médecine^ juillet i853), a donné la composition normale de ce liquide, dont les principaux éléments, suivant lui, seraient des chlorures, des sudorales et des lactates alcalins; il y a trouvé également une petite proportion de sulfates, de phosphates d'albuminates, de l'urée et des matières grasses ; il n'y a pas trouvé d'ammoniaque. Néanmoins la sueur en contiendrait quelquefois dans la fièvre putride, suivant Parmentier, Deycux et Behread, et elle deviendrait alcaline. Toutefois on doit se demander s'il n'y a pas eu erreur d'observation, et si cet alcali n'était pas le résultat de la la décomposition de la sueur liquide et de la transformation de Tur

(I) Manuel séméiotiqiic.

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m carbonate d'ammoniaque. Peut-ôlre aussi doit-on expliquer, par a décomposition des sulfates, le principe sulfureux qui se fonue lans certains cas et noircit les bijoux d'argent portés par les maades, comme cela a été observé dans la suette miliaire. Une cause l'erreur, quand on examine les réaction» chimiques de la sueur, 'est son mélange avec la sécrétion des follicules sébacés, qui est Icaline et qui est très-abondante dans certaines régions (i).

Dans le cours des maladies fébriles aiguës et dans quelques cas le fièvres hectiques, les sueurs abondantes peuvent être accompa- ;nées d'une éruption de vésicules ordinairement nombreuses, occupant surtout la partie antérieure du tronc, ayant le volume d'un nrain de millet, remplies d'un liquide diaphane,* plus appréciables n général au toucher qu'à la vue, se déchirant sous le doigt, en lui ausant alors une impression d'humidité, et auxquelles on a donné e nom de iudamina^ à raison de leur ressemblance avec des gouttes le sueur. De toutes les maladies aiguës dans lesquelles on observe e phénomène, la maladie typhoïde est celle dans laquelle il survient e plu» souvent, et ce fait n'est pas sans utilité pour le diagnostic. )a reste, des sueurs abondantes ne sont pas une condition nécesaire à la production des sudamina, et il n'est pas très- rare d'en observer chez des sujets qui n'ont pas eu de sueurs.

2* Les troubles de Vexhalatton muqueuse sont plus difficiles à apprécier, parce que les membranes ob elle a lieu sont presque enièrement inaccessibles à la vue. Cependant l'œil peut reconnaître es altératifns qu'elles offrent à leurs orifices^ et l'examen des maières excrétées peut éclairer sur les changements que présente 'exhalation muqueuse dans les parties profondes, dans les intcsins, dans la vessie, dans l'estomac, etc. Le spéculum permet d'ap- )récier les modifications survenues dans le mucus qui sort de Tuérus lui-même.

Dans l'état de santé, le mucus, dont la consistance et la quantité rarient dans les diverses parties du système qui l'exhale, est fourni m proportion telle que, sans être assez abondant pour s'écouler au lehors, il l'est assez pour prévenir les adhérences de ces membrales, favoriser l'exercice de leurs fonctions, el faciliter en parlicuier le passage et la progression des substances qui sont portées lans leui's cavités. Son aspect et sa composition varient également iuivantles muqueuses qui l'ont exhalé. C'est ainsi que celui qui s'éîoule par le col utérin est ordinairement clair, transparent, analogue i de l'albumine, sans odeur, alcalin ; vu au microscope, il parait tout

(I) IK N. GuENEAU DE MussY, Mémoire sur la suette, par MM. de BartbeZi Gucleau de Mussy et Landouxy. {Gazette médicale, 1839.)

28G DBS SYMPTÔMES.

à fait homogène et ne présente aucun globule (Donné). Le mucus vaginal, au contraire, est épais, crémeux, acide; il n'eet pas filant (I).

Dans rétat de maladie, Texbalation muqueuse peut être augmectée, diminuée, suspendue et altérée de diverses manières. Ces changements n'ont presque jamais lieu à la fois dans toute l'étendue de ce système ; il est un peu moins rare qu'ils se montrent successivement dans toutes ces parties, comme on le voit dans quelques affeetions catarrhales ; le plus souvent ils sont partiels. L'augmentation du mucus exhalé est manifeste dans la seconde période des catarrhes ; sa diminution est sensible à leur début et dans le cours des fièvres graves ; la membrane des fosses nasales et celle de la bouche oiTrent souvent, dans ces maladies, une sécheresse plus oo moins complète.

Le mucus présente, dans ses qualités, des altérations nombrenses : il prend une odeur fade, spenûatique, quelquefois acide oo même fétide ; sa couleur devient jaune ou verte dans les éconlemcnts chroniques ; quelquefois rouge dans la dysenterie, noire da&s quelques fièvres graves, ou bien il est limpide et ressemble à l'albumine de l'œuf, comme dans certaines bronchorrhées ; ailleurs, il est d*un blanc mat, opaque ; il est alors quelquefois impossible de le distinguer du pus. — Sa consistance diminue dans le flux pituitairo, daus la diarrhée séreuse ; elle augmente dans les catarrhes chroniques ; le mucus prend même, dans quelques cas, une apparence floconneuse, membraneuse, une forme tubulée, sous laquelle il est rejeté par lambeaux plus ou moins considérables.^^ II peut être excrété seul, comme dans le coryza, l'angine, la blennorrhagie: il peut être mêlé à d'autres substances, à l'urine, par exemple, dans le catarrhe de la vessie, aux matières fécales dans la dysenterie, aux aliments ou aux boissons dans le vomissement. Quelle que soit la surface d'où il vienne, il peut être uni à une certaine quantité de sang ou de pus ; dans ce dernier cas, la matière purulente se distingue du mucus par des stries étroites plus ou moins irrégulières, plus opaques encore que le mucus : c'est ce qu'on observe journellement dans les crachats du second degré de la phthisie, et quelquefois à une époque avancée du catarrhe vésical chez les vieillards.

Une autre altération bien remarquable que présente le mucus chez l'homme malade^ c'est la propriété contagieuse qu'il acquiert daus la blennorrhagie, dans la morve, et même, selon quelques auteurs, dans plusieurs autres affections catarrhales ; en vertu de cette propriété contagieuse, il peut développer, chez un individa saSiMâ

(t) DosyÉ, Recherches sur Us dit)ers mucus» . ;

DIS STMPTÔIIB8. 287

uDe affecdon semblable à celle dont il est lui-même le produit.

3"" Dans l'état de santé, Vexhalation séreuse doit être en proportion telle, que les membranes et les aréoles qu'elle est destinée a lubrifier soient sans cesse humides, sans jamais contenir de liquide. Les premiers troubles de cette eithalation sont difficiles à apprécier, parce que ses organes sont, dans toute leur étendue, inaccessibles a l'œil du médecin, et qu'aucune excrétion n'éclaire sur les changements qui s'y passent. La diminution ou la suppression de l'exhalation séreuse pcnirrait avoir lieu quelquefois pendant la vie, d'après les faits publiés par Marandel et par d'autres observateurs. Cependant cette question^ qui appartient plutôt à l'anatomie pathologique qu'à la symptomatblogie, ne nous parait pas encore complètement jugée. Nous savons seulement que là où les surfaces opposées des membranes séreuses ont contracté des adhérences intimes, toute exhalation est nécessairement suspendue, ou tellement modifiée, qu'elle n'appartient plus à ce genre d'exhalation. Quant à ï augmentation de l'exhalation séreuse, elle est facile à reconnaître quand elle occupe le tissu cellulaire (p. ii5). Il n'en est pas tout à fait de même quand cette accumulation de liquide a lieu dans les membranes séreuses; néanmoins elle y donne encore lieu à des phénomènes qui permettent de la soupçonner quand elle est encore peu considérable, de la reconnaître quand elle est parvenue à un certain degré. La distension de la cavité qui contient le liquide, les symptômes dus à la compression des organes voisins, et, dans quelques cas, la fluctuation et les changements survenus dans la résonnance des parties, conduisent, dans la plupart des cas, à distinguer l'accumulation de sérosité.

Quant aux changements qui surviennent dans la couleur, la consistance et la nature du liquide exhalé, ils ne sont point appréciables pendant la vie, à moins qu'il ne se fasse accidentellement une ouverture aux parois de la cavité qui lecontient,ou que Fart ne lui procure une issue artificielle. Ces changements appartiennent par conséquent à l'anatomie pathologique plus encore qu'à la symptomatologie.

4*" L'exluilation qui a lieu dans les surfaces articulaires ou dans le»' bourses synoviales fournit peu de symptômes. Un bruit de craquement, qui se fait entendre dans les mouvements d'une ou de plusieurs articulations chez quelques sujets, porte à conclure que la synovie destinée à les lubrifier y est en quantité insuffisante. La distension des parties molles, une fluctuation obscure, et quelquefois, mnme au genou, le choc des surfaces articulaires, sous la pression ie la main font connaître d'une manière certaine l'accumulation de a synovie. Dans quelques cas rares il se forme dans ce \\(\y]L\àL^ à.^^

288 DES^ STMPTÔtfIS.

concrétions mobiles qui se font sentir par intervalles dans différents points de l'articulation.

5« L'augmentation de l'exhalation dans Tœil produit Thydrih phthalmie, etc.

6° Nous avons parlé ailleurs de Texhalation de la graisse daosMt vésicules ; nous n*y reviendrons point ici. Nous ne parlerons pift. non plus de certaines exhalations admises en physiologie, mais qib ne se montrent chez Thomme malade par aucun phénomène seiMh' blc : telle est celle qui a lieu à la surface interne des vaisseaux safr^ guins et lymphatiques, etc. ^

V A ces diverses espèces d'exhalations, il faut encore ajouter qui verse dans le conduit digestif les gaz nécessaires à sesfonctic et qui offre chez lliomme malade des modifications plus ou remarquables, par suite desquelles le ventre devient quelque très- volumineux et très-sonore, et quelquefois très-aplati et pi privé de résonnance sous la main qui le percute. Ces difféi dans le volume et la sonorité du ventre tiennent tantôt à des stades passagers ou permanents à la circulation des gaz dan8< viscères, tantôt à Tabondance avec laquelle ils sont exhalés. quelques sujets, et particulièrement chez les femmes hystériqi les variations subites que présente Tabdomen, s'opérant sans àocooi^ émission gazeuse, ne peuvent s'interpréter que par des altematim^ d'exhalation et d'absorption de ces gaz.

8"* Enfin, les exhalations sanguines qui, dans l'état sain, repaniisent périodiquement et concourent à maintenir Téquilibre géoénl des fonctions, peuvent être augmentées, diminuées, supprimées daM la maladie, ou seulement déviées. L'exhalation menstruelle pié> sente fréquemment ces divers phénomènes dans les maladies dei femmes, et des troubles analogues ont plusieurs fois été obsennii dans les deux sexes, chez les sujets accoutumés au flux hémorrhoîdal ou à répistaxis, etc.

Mais s'il est quelques hémorrhagies normales qui se lient à i'éuit de santé et rentrent dans ses attributs, il en est un bien plus gran^ nombre qui ne se montrent que dans l'état de maladie, et qui suh| fisent à elles seules dans quelques cas pour le constituer.

B. Exhalations morbides.

En télé des exhalations morbides se présentent les exhalations ,4)6 sang, ou hémorrhagies (I), et de pus, ou pyogénie (2). ^ '^

(I) Aî.u.«, ?ang; piw, je coule.

(2) nOcv, pus ; •yivojj.ai, Je tiaU.

DBS SYMPTÔMES. 289

l"" Les hémorrhagies consistent dans Técoulement du sang hors des vaisseaux destinés à le contenir : cet écoulement est quelquefois le résultat de Faction d'un corps vulnérant qui, divisant les vaisseaux dans lesquels le sang circule, fournit Texplication toute naturelle de l'accident qu'il produit. Mais, dans un grand nombre de cas^ Técoulement du sang hors de ses conduits a lieu sans Taction d'aucune caosc extérieure : Thémorrhagie survient, en quelque sorte, spontanément ; on la nomme hémorrhagie spontanée, par opposition aux précédentes, 4]u'on appelle traumatiques. Parmi les hémorrhagies dites spontanées, les unes sont liées à une altération matérielle de la partie qui fournit le sang, tubercules^ cancer : on les nomme symp(omatiques. Les autres surviennent, comme Tépistaxis, par exemple, sans que ni Tobservation des symptômes pendant la vie, ni l'examen des parties après la mort, montrent aucune lésion qui puisse les expliquer (1) : on leur a donné le nom iï essentielles; ce qui veut dire que, n'étant pas le symptôme d'une autre affection appréciable, elles représentent elles-mêmes la maladie, dans l'état actuel de la science. Ces hémorrhagies essentielles ne sont pas les pins communes à beaucoup près ; si l'on excepte l'épistaxis et le flux hémorrhofdal, qui tiennent souvent aux besoins de la constitution, qui peuvent rentrer, comme l'hémorrhagie mensuelle de l'utérus, dans les attributs de la santé, les autres, comme nous le verrons dans le chapitre consacré au diagnostic, sont, dans le plus grand nombre des cas, symptomaliques : elles dépendent, tantôt d'une lésion de l'organe d'où s'écoule le sang, et dont elles sont quelquefois le premier signe ; tantôt d'une affection générale de l'économie, et souvent alors le sang s'échappe par plusieurs voies, comme dans le scorbut et dans quelques maladies pestilentielles. Les hémorrhagies s|X)nlanées ont presque toujours lieu par les raembraues muqueuses, rarement par d'anciennes cicatrices ou par quelque autre point de la surface cutanée ; quelquefois elles se montrent dans le tissu cellulaire, où elles forment les taches et les ecchymoses dont nous avons parlé précédemment. Le sang peut aussi être exhalé dans les membranes séreuses et synoviales, dans le parenchyme des visoi.TOs, dans les muscles, etc. ; mais souvent alors Thémorrhacie ne se révèle par aucun signe certain.

Le sang qui s'écoule au dehors présente des variétés à raison de <a couleur, qui est foncée ou pale, vermeille, livide, noirâtre, de sa consistance, qui est molle ou ferme, de sa quantité, qui est bornée

^'' |1) Tour quelques médecins il y a toujours, dans ce c^s, rupture des vaisseaux i^tflalre.s et le microscope démontrerait, suivant M. Uobin, l'existence de ceUe Ipsion.

à quelques goiillesou peut aller jusqu'à plusieurs iitrts. et des mi1)slancfs qui y sont mi^lées. Lo& héniorrhagies diflî^rent eacore rclaih vcm^nt à rép(H)ue de lu maladie oti elles ODt lieu el k VioflufJKe qu'elles exercent sur sa luarclie el sa leriuiDaisoii : sotia c* denior rapport, on a distingué des liémoirhngies favoinble», ouinblesoa îndiflérenles.

2° Pyogénie. Les opinions des mëdecina sur la fom«li<in du ya ont clé irés-divisées : les uns, avec tkhaen, onl prétoiido ijoc le pus était formé dans tout le système arii^riol, f«our felrt- nliaieexclusivemenl dans une partie; les autres, qu'il ne pouvait ^reproduit que là où on le trouvait. Parmi res dcroit>rs, les uns ou regardé le pus comme provenant dos débris de lopaitiu ofilaiUfK puration a lien ; d'autres y ont vu le résullal d'une combiutira chimique entre les divers liquides de la punie alTectt^, et fiaribuli^, rcment entre la lymphe et la graisse. Ces deux opinions, doaill preraii'Te a longtemps été en faveur dans les écoles, et d->DI lin^ conde n'a compte qu'un petit nombre de partisans, sont aujourd'hty' généralement abandonnées, ot l'on s'accorde à regarder le p» comme étnal généralement le résultat d'uiK exlialalion mothiAnt^ nnrjiil nvnir les m ternes oFi] An es ime l'eslialalion niiliirnUe A\.

DBS SYMPTÔMES. 291

u u phénomène très-remarquable dans l'exhalation du pus, c'est il n'offre l'aspect et la consistance qui lui sont propres qu'après AT séjourné ^ndant un certain temps sur l'organe qui le fournit. ri Swieten a remarqué que, quand on enlève toutes les heures avec i éponge, le liquide fourni par une blessure, ce n'est pas le vérile pus que l'on recueille, mais seulement une sérosité ténue et able.

Tous les tissus ne sont pas également propres à la formation du i ; mais il n'en est aucun, à l'exception peut-être des tendons, des tilages et des aponévroses, où la suppuration ne puisse avoir lieu i suite de l'inflammation. Celle-ci ne produit pas toujours du pus, is on pense généralement que le pus n'est jamais formé sans innraation préalable, soit dans le lieu môme où ce liquide se mon- , soit à une distance plus ou moins grande. Dans ce dernier cas, pus peut être parvenu dans le point qu'il occupe en obéissant i lois de la pesanteur, abcès par congestion ; ou y avoir été déposé r les vaisseaux exhalants après avoir été absorbé dans un point 18 ou moins éloigné de l'économie, abcès métastatique, (Yoy. Mé-

»TASE.)

Le déplacement du pus dans les abcès par congestion est un phénène connu depuis longtemps, et sur la production duquel il n'y amais eu de dissentiment. Le pus formé lentement dans un point vë du corps, sans qu'une inflammation aiguë ait préalablement conscrit son foyer, peut, suivant l'expression consacrée, fuser Te les mailles du tissu cellulaire et se réunir dans le point le plus Jive, aux lombes, par exemple, ou même à la partie supérieure la cuisse, et former une tumeur fluctuante bien loin du lieu où été produit. Quant aux abcès métastatiques, ils n'ont été sériruîent étudiés que dans ces derniers temps, et leur histoire pré-

îde, nommé cytoblastine, une fois exsudé, les corpuscules du pus se forment s dépeni ; des molécules granulaires apparaissent en premier lieu, puis les nules. qui, plus tard, s'enveloppent d'une cellule d'abord mince, transparente, lite épaisse et granulée (Vogel). Les corpuscules peuvent aussi se développer nilieu de masses Ûbrineuses coagulées qoit peu à peu, se convertissent en pus ide; c'est ce qui a lieu dans les abcès, au milieu desquels on trouve souvent flocons fibrineui, vestiges de la formation qui précède le pus (Vogel). ne fois pour toutes, nous indiquons sommairement les résultats des travaux niques et microscopiques, à l'aide desquels nos contemporains se sont efTorcés coter à nos connaissances en pathologie. Mais nous présentons ces résultats la léserre que commandent d une part l'extrême divergence des opinions les différents micrographes, et d'autre part, les incertitudes de la chi- ^qul se transforme Fans cesse et fournit sur le même sujet des résul- ^1 différent d'année en année, suivant les expérimentations ou suWval \^% liflcaUons que la science a subies.

sente encore quelques points obscurs. On les observe fréquemiuent dans la variole, pendant la période do desquamation. Oo voitalon apparaître à la peau des tumeurs fluctuantes brunâtres, très^i» ; blés à la pression, qui se forment et s'ouvrent avec une rapidité ut» ) grande, en quelques jours ou môme en quelques heures, etlaissetf 1 écouler un pus rougeâtrc et sanieux ; ce pus, absorbé sans (Ml dans les pustules varioliques, est alors ramené en totalité venbj peau, et ne se dépose presque jamais dans les parties intérieurt«.l en est autrement à la suite des blessures, des grandes opéntidi de chirurgie, de Taccouchement qui a bien quelques points deo» tact avec les deux premières conditions, à la suite encore d'oB phlébite survenue après une simple saignée. On voit survenirte ces circonstances dos frissons et des symptômes ataxiqiies;poisM tuibeurs à peu près indolentes, sans changement de couleur i II peau, fluctuantes, d'un volume variable^ depuis celui d'une noiielV jusqu'à celui d'un œuf de poule, apparaissant au-dessous de la jM sur divers points de la surface du corps, et quelquefois dansTep^ scur des muscles; dans quelques cas, une ou plusieurs articulatiiff présentent en même temps du gonflement, de la fluctuatioû «l* ou sans douleur, f/autopsie montre du pus dans tous ces points,' souvent aussi des abcès intérieurs, nombreux, disséminés daos M viscères, dans ceux surtout qui reçoivent le plus de vaisseaui comme les poumons, le foie, la rate, rarement dans les rcias et k cer\'eau. Dans un grand nombre de cas, on reconnaît alors en min temps, dans un point quelconque du système veineux, des tracf évidentes d'inflammation. Cet ensemble de phénomènes a condà tous les médecins à regarder ces abcès comme dus au passage d pus dans le sang, soit que le pus, formé dans les veines, se soiiaioi trouvé tout porté dans le système circulatoire, soit que Tabsorptio lymphatique ou veineuse l'y ait introduit. Mais on n'a plus été coa plétement d'accord quand il s'est agi d'expliquer la formation de abcès eux-mêmes : les uns ont prétendu qu'il y avait siraplemer dépôt du pus absorbé ; les autres, que le saug, altéré par son toi lange avec; le pus, devenait, dans un grand nombre de pointsd réconomic, la cause matérielle d'une inflammation suppurative. î Tune ni l'autre de ces opinions n'est admissible dans tous les points la première, parce que ces abcès se forment non-seulement dan d«.'s cavités ouvertes, comme les mailles du tissu cellulaire et te membranes synoviales, mais encore dans le parenchyme du ' mon, de la rate, du foie, du cerveau, des reins, dans lesmittck une cavité ne peut se faire sans un travail inflammatoire. i^( (/ne y'abondance du \ms i\vVoï\ VYOuxe dvivjkç. ks abcès métastati

D» STMRTÔIIES. 293

m disproportion avec la petite étendue de la surface oii )rimitivement formé, et enfin que le pus déposé dans un nt lui-même un agent de suppuration : le pus, comme igendrele pus. Quant à la seconde opinion, l'altération le pus, elle ne rendrait que difficilement compte de la avec laquelle apparaissent, souvent sans douleur, ces e pus dans le tissu cellulaire sous-cutané. On se deourquoi une cause générale n'aurait que des résultats bien que multiples. On expliquerait peut-être mieux rvésen admettant que le pus porté dans le torrent cirermine la formation d'abcès, et par son dépôt dans les r Tinflammation suppurative qu'il y fait naître. Quant n vertu desquelles le pus absorbé est déposé dans tels 3onomie plutôt que dans tels autres, et en quantité dif- ; chacun d'eux, elles sont, dans l'état actuel de la iplétement ignorées. Ajoutons que les irritations artifi- ) médecin établit à la peau, à l'aide de topiques rubéicants, n'y appellent pas le pus qui a été résorbé, et voir aucune influence sur la répartition inégale et inexc liquide délétère entre les diverses parties du corps, issement des tubercules est un phénomène qui parait 1 avec l'opinion que nous avons exprimée, savoir, que du pus est le signe d'une inflammation préalable. Un parence privé de toute organisation, se forme dans le non ou de quelque autre organe; il acquiert un certain *éscnte alors, si on l'examine, une couleur mate, une >cre jointe à une sorte de friabilité. Au bout d'un temps is long, il se ramollit, quelquefois dans toutes ses parfois à son centre, et se convertit en une matière anas exhalé par un organe enflammé. Mais, en môme )G changememeat s'opère, il survient de la rougeur, ut, de la chaleur dans les parties environnantes, a voit dans les tubercules sous-cutanés; et dès lors de se demander si l'inflammation des parties voisines pas à la transformation de la matière tuberculeuse en

lalé à la surface de la peau ou dans les plaies exté- •ule librement au dehors. Celui qui est formé à l'inté- .ôt disséminé dans le tissu des organes, comme on le ïneumonie, et tantôt réuni en un seul ou en plusieurs nomme abcès. Le pus, réuni en abcès, se fraye ordinaipassage vers les légume nls ou vers les couduW.^ ^\

f94 DES SYMPTÔMES.

peuvent le transmettre au dehors, par destruction graduelle des parties qui Ten séparent. Tant qu'il reste disséminé dans le réseau d'un organe, le pus ne peut pas être évacué de cette manière, et li résorption qui peut également reprendre le pus réuni en foyer est le seul moyen par lequel il puisse être enlevé. Cette résorption est manifeste dans quelques abcès sous-cutanés, et en particulier dav les bubons : telle tumeur inflammatoire, qui était tendue et ilu^ tuante, s'affaisse et n'offre plus de fluctuation dans l'espace de quelques jours, et quelquefois même du matin au soir.

Le pus, considéré en lui-même, présente des variétés relatives à ses propriétés physiques et chimiques, et à son action sur réconome animale.

Sa quantité est relative à l'étendue de la surface qui suppure, i l'époque de la maladie et à plusieurs autres circonstances. De8e^ reursdans le régime , des émotions morales vives, une recmdeicence fébrile qui doit toujours faire redouter une complication oo une résorption purulente, quelque autre évacuation qui survient, diminuent la quantité du pus. Haller a observé que l'exhalation de ce liquide était généralement plus abondante la nuit que le jour.

La couleur du pus est ordinairement d'un blanc jaune ou verdatrc; quelquefois il est rougefttre, livide; on l'a vud'unjaime clair chez les individus affectés d'ictère (i). Tantôt il offre la même couleur dans toutes ses parties, tantôt il est diversement nuancé: dans quelques cas il est épais, homogène, et les globules qui le constituent, examinés au microscope, sont très-abondants : c'est ce qu'on nomme pus louable ou de bonne nature ; on l'observe dans lesindammations franches, ayant une marche aiguë et se développant en général chez des sujets bien constitués. Dans d'autres cas, il est clair et mêlé de flocons opaques; il ressemble à du petit-lait mal clarifié, comme on le voit dans les abcès froids qui sun'ienneot chez (les sujets scrofuleux ou d'une mauvaise constitution. Quelquefois le pus séreux ou sanieux brunit par le contact de l'air, il noircit les instruments d'argent et de plomb avec lesquels il est en contact ; on explique cet effet par le gaz hydrogène sulfuré «pi'il contient. Quelques abcès du foie fournissent une matière épaisse, rougcàtrc, semblable à de la lie de vin, et qui laisse déposer des grumeaux (ju'on a regardés comme des débris du parcnch>iat' hépatique. Les chirurgiens , et Boyer en particulier , n'admettaient comme provenant du foie que celui qui offrait ces condilii mais il est prouvé aujourd'hui qu'on peut rencontrer dans lecei

(r Le docteur Delore (thèse citée) a signalé une coïncidence entre la oofortt Jaune sâfrané du pus et l'mtecUon putuV^ivV^.

DES STUPrôSIES. 295

de ce viscère un pus tout à fait phlegmoueux, comme M. Louis en a publié plusieurs exemples que nous avons observés ensemble à l'hôpital de la Charité.

On a observé dans certains cas un pus coloré en bleu sans qu'on ait encore déterminé d'une manière positive la cause de cette coloration singulière.

L'odeur du pus est ordinairement fade, quelquefois d'une fétidité piquante, nauséeuse ou insupportable. Les chirurgiens ont remarqué depuis longtemps que' le pus contenu dans un abcès des parois abdominales ou de la marge de l'anus exhalait souvent une odeur des plus fétides, analogue quelquefois à celle des matières fécales, de manière à faire croire que le foyer communiquait avec un intestin perforé. Les abcès de la bouche et du pharynx fournissent un pus d'une fétidité analogue. Chacun connaît l'odeur repoussante que le pus acquiert dans les abcès des grandes lèvres chez les femmes, et dans les abcès urineux chez les deux sexes. Le pus n'offre en général cette fétidité, au moment où Ton ouvre l'abcès^ que dans les cas où celui-ci existe à la surface de la peau ou dans le voisinage des organes qui contiennent de l'air. Il peut l'acquérir quand l'abcès est ouvert, toutes les fois que l'air s'introduit dans la cavilé. La saveur du pus , au rapport do Schwilgué, est fade et quelquefois acre ; sa pesanteur est supérieure à celle de l'eau distillée. Les mêmes causes qui influent sur sa quantité modiBent ordinairement ses autres qualités physiques, et particulièrement sa consistance et sa couleur. Quant aux propriétés chimiques du pus, nous nous en référons à ce que nous en avons dit précédemment, sans nous porter garants des opinions émises à ce sujet par les chimistes.

L'action du pus sur l'économie mérite une attention particulière : elle varie selon les tissus. Sur la peau, le pus détermine seulement de la rougeur et des excoriations ; dans le tissu cellulaire, où il fuse, il provoque la formation d'un nouveau pus; dans le voisinage d'un os, il en détermine l'usure en excitant, a-t-on dit, l'absorption interstitielle. S'il est dans un foyer, ets'il s'y trouve en contact avec l'air, il ne tarde pas à acquérir une odeur très-forte, à perdre son homogénéité, et dès lors, si le foyer a quelque étendue, il produit le trouble général des fcnctions et le dépérissement. Le même pliéuomrne a lieu toutes les fois que le pus, même sans être altéré, est accumulé dans une des cavités splanchniques ou dans un des viscères

iportantsà la vie. Nous avons vu précédemment les phénomènes

«tastaliques qui peuvent résulter de sa résorption. Ënfln ce liquide fevienC, dans quelques maladies , le véhicule de la contagion, "comme on le voit dans la variole, d.ins la syphilis, dans \a moiNe.

La distinction du* mucus et du pus est un des points qui ont le plus occupé r attention des médecins du dernier siècle. Ils croyaient que le pus était constamment le résultat d'une solution de continuité, et que jamais il n'était dû à une simple exhalation : aussi, pour conserver le nom de pus à certains liquides qui leur en offraient tous les caractères, étaient-ils obligés de supposer des ulcérations là où il n'y en avait pas; ils en voyaient dans l'urètre, dans le vagin affectés de catarrhe. Les expériences chimiques qu'on a tentées pour reconnaître la présence du pus dans le mucus ne pouvaient pas donner des résultats positifs, puisque aujourd'hui même U chimie est impuissante à reconnaître le pus (1). Les recherches microscopiques n'ont pas servi davantage à décider la question. On avait avancé d'abord que lorsque des globules assez semblables i ceux qu'on remarque dans le sang se montraient dans le produit de sécrétion d'une membrane muqueuse , ils indiquaient la présence du pus (2). Mais il est généralement reconnu que le mucus, variant beaucoup dans sa composition physique et chimique, contient si>uvent des globules qui par leur forme et par leur volume, resseuibleot à ceux du pus lui-même. Les réactifs de la chimie et le microscope sont inutiles quand le mucus et le pus n'offrent pas le même aspect; ils sont insuffisants lorsqu'ils se ressemblent.

3° Il est encore quelques autres exhalations essentiellement morbides que nous ne ferons qu'énumérer : (elles sont celles qui ont lieu entre le tissu réticulaire de la peau et l'épiderme, dans le pempbigus et dans toutes les éruptions vésiculeuses et pustuleuses. Ces fluides en se coagulant et en durcissant à l'air, forment, à la surface de U peau, des concrétions particulières auxquelles on a donné le nom (Je croûtes. Leur étude n'est pas sans importance dans la pathologie cutanée ; car, en considérant leur forme, leur surface, leur saillie

(1) Le docteur G'^eterboch a donné comme caractère distinctif du mucus puriforme et du pus, que le premier, exposé sur un fil métallique à la flamme d'une bougie, se lioursonfle et charbonne, tandis que le second brûle avec éclat. Youug reconnaissait le pus à l'aspect irisé qu'il présente lorsqu'on le met entre deux lames de verre. On a dit encore que le mélange du pus au mucus pouxaitctre distingué en le traitant par l'eau, celle-ci entraînant alors avec eUe une quantité notable d'albumine, dont l'acide nitrique et la chaleur révélaient la présence -ce caractère, du reste, n*a pas, de l'aveu même de ceux qui l'ont préconisé, une valeur absolue ; car le mucus puriforme des bronches cède à l'eau une petite quantité d'albumine, moins cependant que le mucus purulent. (MM. Becquerel et Uodler) .

(2) Cette opinion a été encore soutenue par M. Hobin dans ses le^ni» roiir1ri|| le mucus sain n'a pas de globules. Ce que l'on appelait des gtobalél ffi«qMÉ!( n'était autre chose que des globules de pus ; le mucus nasal en renfeiÎM 9 foto sur tO. (Delon, Thèse citée )

DBS 8YMPTÔHE8. 297

u leur dépression, leur coloration, leur dureté, leur degré d'adhésnce, etc., on peut déterminer le genre de telle maladie culanée u'on n'a pas vue dans sa forme élémentaire. C'est ainsi qu'on peut econnaitre]e/>orri90 favosa à ses croûtes jaunâtres et déprimées en odet; ces croûtes sont jaunes, épaisses et friables dans Vimpetigo; Iles sont très- adhérentes, épaisses, noirâtres et plus élevées au entre dans Vecthyma; imbriquées en écailles dans le rupia^ tandis ue dans les affections vésiculeuses et huileuses elles sont minces, failes à détacher, d'une couleur jaunâtre ou brunâtre. La peau peut être encore le siège d'une autre exhalation morbide laquelle on a donné le nom de squames, et qui est caractérisée »ar la formation, à la surface malade, d'une substance lamelleuse, 'un blanc grisâtre, sèche, friable , plus ou moins épaisse et adhéente, et qu'on regarde comme une sécrétion morbide de l'épiderme. )n observe les squames dans la lèpre, le psoriasis, \çi pityriasis et ichihyose,

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