‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 52 sur 92 · DE LA DOCTRINE DES CRISES · texte numérisé non relu

DE LA DOCTRINE DES CRISES

g i". — Le mot crise (:2) n'a pas été employé par tous les médecins dans un sens rigoureusement semblable. Il y a crise, ditHippocrate, dans une maladie lorsqu'elle augmente ou diminue considérablement, lorsqu'elle dégénère en une autre, ou lorsqu'elle cesse entièrement (3). Quelques auteurs n'ont appliqué le mot crise qu'aux changements en bien ou en mal qui surviennent pendant Véiatou seconde période de la maladie; d'autres n'en ont fait usage que pour : exprimer un changement rapide et favorable qui est joint k quelque < évacuation nouvelle^ ou à tout autre phénomène remarquable; d'autres en6n ont donné le nom de crise ru\ phénomènes qui accompagnent le changement, et non pas au changement lui-même. C'est

(1) Observation lue à la Société médicale des hôpitaux, par le docteur N. Ga^ I neau de Mussy.

(2) Est vox hœc, crisis, judicium, àicô tcj )t:iv6o0xi, liesumpta a foro jvdieieh, quia inier speni vitœ metumquc moriis aticipite'i tune œgri tï^pidant^ velutim coram judice; incerti plane, utrum crimine absolvendi sint , an morte dwmv»àt {Prœlect.f Ant. in: Hae:< in Boerhaave, Inst. path., t. II, p. VST.)

(3) Lib, de n/fectwn,f^Wi Aer Lim^^yi^ U,^, 166.

DIS 8TMPTÔMI8. 355

dans Tune ou l'autre de ces deux dernières acceptions que la plupart des médecins emploient aujourd'hui le mot crise, qui se trouve ainsi éloigné du sens moins limité qu'Hippocrate lui avait donné.

On a distingué plusieurs espèces de crises : on en a admis de salotaires et de mortelles, de régulières et d'irrégulières, de complètes et d'incomplètes. Les crises salutaires sont celles qui conduisent le malade à la guérison : lorsqu'elles sont promptes et précédées d'un aoeroîsseraent dans l'intensité des symptômes, elles portent le nom de crises proprement dites ; on les a désignées.sous le nom de iym (i) (solutio) lorsqu'elles sont lentes et qu'elles ne sont pas annoncées par une exaspération préalable. Les crises régulières sont celles qoisont annoncées par des signes précurseurs, qui arrivent aux joors prévus, et sont accompagnées de phénomènes critiques ; les crises sont irrégulières lorsqu'elles n'offrent pas ces conditions. Les crises complètes sont celles qui jugent entièrement la maladie, soit par la guérison, soit par la mort; les crises incomplètes laissent le malade dans un état douteux.

Ce n'est point, à proprement parler, sur l'existence des crises, mais bien sur celle des phénomènes critiques, qu'ont roulé les discassions des médecins. Il n'en est aucun qui ne reconnaisse dans le cours des maladies des changements lents ou rapides en bien ou en mal, et la transformation d'une maladie en une autre : or, comme on Ta vu, c'est là ce qu'Hippocrate appelait crise ou jugement. Mais il en est autrement sous le rapport des phénomènes qui accompagnent les crises : on est loin d'être d'accord relativement à leur fréquence et à leur influence sur la terminaison des maladies. Mais avant de discuter ces deux questions, nous devons énumérer ces phénomènes eux-mêmes, exposer les signes qui les précèdent et les accompagnent, et les circonstances favorables à leur production.

A. Les phénomènes critiques peuvent avoir leur siège dans diverses parties. Les membranes muqueuses sont celles où on les observe le plus souvent; la peau occupe le second rang, et les glandes le troisième ; viennent ensuite le tissu cellulaire et les membranes séreuses; quelques-uns de ces phénomènes se montrent aussi dans les viscères et dans le système nerveux.

1. Les membranes muqueuses offrent des exhalations et des éruptions critiques.

Les exhalations critiques qui ont lien sur les membranes muqueusessont de plusieurs espèces : tantôt rexlmlation naturelle, c est-àdire l'exhalation de mucus, est augmentée, tantôt il se fait une

(M K'jisiiy solution; de Xu», je délie.

3S6 DBS SraPTÔMBS.

exhalation accidentelle de sang ou fluide aqueux. L'exhalatioQ do mucus dans les fosses nasales, le pharynx et les bronches, est quelquefois augmentée au déclin des maladies; on a vu vers le même temps des selles muqueuses et quelquefois des vomissements glaireux; il n'est pas rare que l'urine dépose alors un sédiment semblable. Les hémorrhagies des membranes muqueuses, le saignement du nez, l'écoulement hémorrholdal et l'hémorrhagie utérine, ont été plusieurs fois observés dans ces conditions. Quant à l'exhalatioD d'un fluide aqueux par les membranes muqueuses, on n'en connaît que peu d'exemples, on a parlé de vomissements aqueux et de seUes semblables qui auraient jugé des hydropisies.

Ou n'a guère observé qu'une espèce d'éruption critique sor les membranes muqueuses : c'est l'éruption d'aphthes qui survient quelquefois au déclin des maladies aiguës, particulièrement cbei les enfants, quelquefois avec une amélioration rapide, lorsqu'elle est discrète, mais le plus souvent avec une aggravation de la maladie première.

â. La peau offre également des exhalations et des éruptions regardées comme critiques. Au déclin de beaucoup de maladies aiguës, de la pneumonie en particulier, il survient une sueur générale, d'autant plus remarquable que la peau était restée sèche dans les deux premières périodes ; d'autres fois on observe une simple moiteur. Les éruptions qui se manifestent à la peau, vers la fin des maladies aiguës ou chroniques, sont extrêmement nombreuses. Les principales sont l'crysipèle, les furoncles, le millet, diverses espèces d'érythèmes, ou d'herpès : celui-ci se montre le plus souvent sur les lèvres ; on a vu quelquefois aussi le pemphigus survenir à la même époque : Stôrck (i) et Morgagni (2) en ont rapporté des exemples très- remarquables. On a rapproché de ces phénomènes l'exhalation abondante de pus fourni par les vésicatoires, et l'ictère critique, qui trouve mieux sa place ailleurs.

3. Les phénomènes critiques que présentent les organes glanduleux consistent tantôt dans une augmentation de sécrétion^ et tantôt dans le gonflement des glandes elles-mêmes. Sydenham a vu 1 ecoulement abondant de la salive juger quelques affections; les selles bilieuses et l'urine abondante avec sédiment sont des phénomènes assez fréquents au déeliu des maladies. La sécrétion du lait semble être à la fois le but et le terme de la fièvre qui survient après l'aocon-

(I) Anuux medirus, 11^ p. 112.- Unicus fuit œger in quo ftax maiffiet «W xrapulas colligebalur, et fiebaf ihi tumor qui magnitudine caput virile f*W sit ; aperto ttimore, noveni librœ seri flavi viscidi effluxerunt, (-2) De seilib, et caus., Wlk \\ . avX. 1 .

DU 8TIIPTÔIIB8. 357

chement^et qu'on nomme fièvre de lait. Le gonflement des parotides survient quelquefois au déclin des fièvres graves ; celui des glandes conglobées de l'aine ou de Taisselle a été considéré comme critique par plusieurs des médecins qui ont observé et décrit la peste ; mais dans beaucoup de ces cas n'a-t-on pas pris pour phénomène critique on symptôme tardivement développé ?

4. On peut, à bon droit, en dire autant du gonflement œdémateux du tissu cellulaire signalé par Sydenham comme phénomène critique des fièvres intermittentes (i). Des abcès sous-cutanés ont paru juger quelque^ maladies. Le simple gonflement inflammatoire du tissu cellulaire a été regardé comme critique dans quelques cas, bien que la suppuration n'ait point eu lieu : on a encore considéré oranme telle, au déclin des fièvres, une sorte de tuméfaction des extrémités, du visage, ou môme de tout le corps, sans signes évidents d'inflammation. La gangrène du tissu cellulaire et de la peau qui recouvrent le sacrum a été elle-même rangée, par quelques médecins, parmi les phénomènes critiques des fièvres graves.

5. Les phénomènes critiques qui ont lieu sur les membranes séreuses sont presque toujours fâcheux. Tantôt c'est une hydropisie, tantôt un épanchement de sang qui survient au déclin d'une autre maladie. Il en est de même des épanchements de synovie ou de pus dans les capsules articulaires.

6. Enfin les viscères non glanduleux eux-mêmes, la rate, les poumons, le cerveau, peuvent, dans quelques cas, devenir le siège d'abcès et d'autres phénomènes critiques. Le système nerveux a quelquefois aussi fourni des phéuomènes critiques : une douleur vive dans le trajet d'un nerf, la paralysie ou la convulsion d'une partie du corps, la perte d'un sens, de l'ouïe, de la vue ou de l'odorat, par exemple, et même le dérangement des fonctions intellectuelles^ ont été observés au déclin des maladies (2) et regardés comme critiques.

B. Parmi les signes qui précèdent et accompagnent les phénomènes critiques, il en est quelques-uns qui sont communs à tous ; il en est d'autres qui sont propres à chacun d'eux.

Les signes précurseurs communs sont une douleur plus ou moins

(1) Opéra omnia^ t. I, p. CO.

(2) Dans quelques circonstances, une émotion très-vive a suspendu la cours (l*iiDe maladie rebelle, d'une fièvre intermittente ou d'une affection convulsive, par exemple. Le sommeil a paru également faire cesser des douleurs très-vives qui persistaient depuis un' certain nombre d'heures. Mais, en admettant que le sommtU pût être rangé parmi les phénomènes critiques, il e.^t au moins bien certain t|iie las émotions vives, étant étrangères à la maladie, ne peuvent point être conildérées comme telles.

358 00 BTMntan.

prononcée, souvent un simple prurit, de la chaleur on de la pesui^ teur dans Torgane qui doit être le sidga dea phénamèneB critiqoei; on- peut y joindre une augmentation marquée dans le» aympltaa généraux de ia maladie, et. notamment dans la foroe eClaMqMM du pouls. Les iignes communs qui accompagneni les phénomtees » tiques sont un bien-être plus ou moins marqué et une dimwBrtwp sensible dans la plupart des symptômes de la maladie pramièie.

Les phénomènes critiques n'ont pas tous des signes particoHaiB qui les annoncent : ceux qui en offinent le plus aoavent sont les A» ouations alvines, les hémorrhagies, l'urine et leasuems.

Les signes qui précèdent lea évacuations alvines sont les' boiba' rygmes, les coliques, le gonflement du ventre, lesémotstioM^lii vents ou flatuosités, la tension des lombes, les donleurs des et des genoux, et quelques irrégularités dans le pools. Les sont excrétées sans douleurs; elles sont copieuses, bomogiM^ jaunes ou brunâtres, pultacées, quelquefois muqueuses.

L'épidtaxis critique est ordinairement annoncée pur k lunga» et le gonflement dé la face et des yeux ; quelquefois le gonflemeat et la rougeuf sont bornés à une des aiL^ du nés, celle qui coma* pond à la narine d'où le sang s'écoulera. Uile douleur gravaffve lii front, à la racine du ner ou à la nuque, le battement dessrtèni temporales, le tintement d'oreilles, la surdité, les visioiis de bluettes, les pleurs involontaires, - et, chez quelques malades, db peu de délire ou d'assoupissement, précèdent encore le saigneoMSl de nez : pour qu'il soit critique, il faut que le sangooule enoertaise abondance.

L'hémoptysie est précédée de chaleur dans la pdtrine, et de gAoe dans la respiration.

Les signes qui annoncent l'hématémèse sont l'anxiété ^ligMlri* que, les rapports et tous les phénomènes avant-coureurs du ycumsèment. L'hématémèse et le crachement de 8ang,.ainsi que rbéniaturie, jugent ordinairement lés maladies d'une manière fldiease.

Le flux hémorrhoidal est annoncé par la douleur et la pesaoteor au sacrum, le ténesme et quelquefois la dysurie. L'hémoirii^ie utérine a les mêmes signes avant-coureurs, auxquels se jdigBeol quelquefois une augmentation ou une diminution dans le voIoid^ des mamelles, des coliques hypogastriques, et, pour chaque fixMB en particulier, les phénomènes qui précèdent communément ehtt elle l'apparition des menstrues, et qui ne sont pas les mêmes (As toutes. *

Le flux critique de l'urine est précédé de pesanteur dans ki hypocottdresy de tension gtava\\NQ k V'Vk^ço^astre, do chaloaiito-

DBS SYMPTÔMES. 359

lent dans les organes urinaires et de diminution dans l'exhalation iutanée; l'urine critiqueestexcrétée fréquemment ; elle est copieuse, ordinairement foncée^ en ae refroidissant elle dépose un sédiment oahérent, homogène, blanchâtre ou rosé.

La sueur critique est souvent précédée de légers frissons, de diminution dans Texcrétion de Turine et des matières fécales, et quelquefois de rougeur à la face ; l'élévation des hypocondres et nn léger prurit à la peau ont encore été signalés comme annonçant ce phénomène. Nous n'avons pas énuméré, parmi ces divers signes, les altérations du pouls propres à chaque espèce de crise, parce que l'expérience n'a pas confirmé les assertions de Solano et de ses sectateurs. La doctrine des pouls critiques a été aussi promptcment abandonnée que facilement accueillie par les médecins (1).

(I) Bordeu, le plus célèbre historien des pouls criUques, distlnguiit le pouls en pouls à*irritntiùn, ou non critique, qui est serré, vif, dur, sec et pressé ; et en pouis critique, qui est saillant, plein, fort, fréquent, souvent inégal. On rencontre celni-cl dans la troisième période des maladies, l'autre dans la première. Le pouls critique est disUngué en supérieur et en inférieur : le premier annonce que la «rise aura lieu par quelqu'une des parties situées au-dessus du diaphragme ; le second, qu'elle s'opérera par quelqu'un des organes placés au-dessous de cette cloison.

« Le pouif supérieur est remarquable par une réduplioation précipitée dans les pulsations des artères : cette rédupiication. qui le constitue essentiellement, ne parait être que le fond d'une seule^pulsation; elle est sujetie à laisser de temps en temps des Intervalles ; ces Intervalles sont plus ou moins longs, plus ou moins fréquents, selon la nature ou le degré de la maladie. La dilatation, qui devait se laire en un seul temps, se fait en deui temps, et par deux elTorts sensibles succédant à une contraction naturelle de l'artère.

• Le pouis inférieur est irréguiier, c'est-à-dire que les pulsations sont inégaies entre elles, et ont des intervalles inégaux : ces intervalles sont quelquefois si considérables, qu'ils forment de véritables Intermittences, selon l'espèce de pouls inférieur, et selon que cette espèce se trouve plus ou moins déclarée. On trouve aussi souvent une sorte de sautillement de l'artère ; ce sautillement sert beaucoup à caractériser le pouls inférieur. »

Les pouls supérieur et Inférieur peuvent être simples, composés ou compliqués : lis sont stmpfes quand ils indiquent une crise qui va s'opérer par un seul organe; composée, quand ils font connaître que l'effort critique portera à la fois sur plusieurs; compliqués, lorsqu'ils sont joints par intervalles au pouls d'irritation, pendant lequel l'effort critique parait interrompu.

Voici les caractères des dilferents pouls simples :

POL'LS scpÉhiEURS. — 1° Pouh jtectoml. € Il est mou, plein, dilaté; ses pulsations sont égales ; un distingue dans chacune une espèce d'ondulation, c'est-à-dire que la dilatation de l'artère se fait en deux fois, mais avec une aisance, une mollesse et une douce force d'oscillation qui ne permettent pas de confondre cette espèce de pouls avec les autres. »

2« Pouls guttural, • Il est fort, avec un redoublement dans chaque battement ; il est nidins num, moins plein, souvent plus fréquent que le pouls pectoral ; il parait être intermédiaire entre le pouls pectoral et le nasal. %

360 DIS STNPTÔIIKS.

Les autres phénomènes critiques n'ont pas, pour la plupart, des signes particuliers qui les annoncent ; dans les cas seulement ou qd abcès critique doit juger la maladie, on observe quelquefois que

3« Fouis nasal. « Il est redoublé ainsi que le pouls guttural, mali 11 eit pki plein, plus dur ; il a beaucoup plus de force et de célérité. »

Poou IMFÉRIKURS. — « ]• Le pouls stomacal, qui annonce le Tonlawiiieat, al le moins développé de tons les pouls critiques : il est moins inégal que toatei la autres espèces de pouls inférieurs ; l'artère semble se roidir et frémir sons le dotgt: elle est souvent assez saillante : les pulsations sont fréquentes et avec des iDtvvalles asses égaux. > .-

20 Le pouls intestinal « est plus développé que celui da Tomlaseoient; m pulsaUons sont asses fortes, comme arrondies, et surtout Iné^es^ tant dans ta force que dans leurs Intervalles, ce qui est très-aisé à disUnguer, puisqu'il anin presque toujours qu'après deui ou trois pulsations assez égales et assez élevéef,! en parait deux ou trois qui sont moins développées, plus promptes, plus rappi»chées et comme subintrantes; de là résulte une sorte de sauUUenient on d'expit* sion de l'artère, plus ou moins régulier : aux irrégularités de ce pouls se joigaot souvent des intermittences très-remarquables. 11 n'est jamais aussi plein, bmI développé que le pouls supérieur : il n'a point nécessairement d'ordre niarfoé dans ses Intermittences; c'est, au contraire /par un désordre qu'il se rend recsanalssable. »

3* Le pouls de la matrice • est ordinairement plus élevé, plus dëvelof^ qoe dans l'état naturel : ses pulsations sont Inégales ; Il y a des rebondissements moliii constants, à la vérité, moins fréquents ou moins marqués que dans le pouls nasal, mais cependant assez sensibles. »

4® Le pouls (lu foie « est le plus concentré après le pouls stomacal; il n'a ni dureté ni roldeur; Il est inégal, et cette Inégalité consiste en ce que deux ou troii pQlsaUuns Inégales succèdent à deux ou trois pulsaUons parfaitement égales, et qui semblent souvent naturelles. »

S"» Le fkmh des hétnorrhoîdes « est inégal comme les autres pouls inférieuri; msU c'est d'une inégalité qui lui est particulière. Les pulsaUons se retsemblenl pf u f ntre elles par la force et encore moins pour les Intervalles. Ces pulsaUoap, lorsqu'elles sont moins Inégsles, paraissent presque toujours tenir de l'état d*i^ rltation s 11 y en a néanmoins de temps en temps quelques-unes de plus dilatées, et où le resserrement est moins sensible : ces pulsations plus dilatées sont bientôt suivies de pulMtlons où 11 y a du rebondissement. A trois ou quatre pulsaUons uo peu ronrentréeit. vives, n>ldesj presque égales, succèdent deux ou trois pulsations un peu dilutées, comme arrondies et moins égales; les trois ou quatre pulsations suivantes se font avec des rebondissements. Mais ces diverses pulsations ont ced de commun, c>«t qu'on y trouve une sorte de tremblement assez constant, plus de fréquence rt «le fond de resserrement que dans les autres espèces de pools inférieurs : on sent, |HMir ainsi dire, une sorte de profondeur du pouls, et cette profondeur, jointe au tremlilotement des pulsations>, semble être le caractère le pliifl distinctif entre le pouls des règles et celui des hémorrhoides. «

»'* iip pouls des unne< « est Inégal avec une sorte de régularité : Il a plosieun pril^niinnn moindres les unes que les autres, et qui vont en diminuant juiqn'i se P' r'in>. pdiir ainsi dire, sous le doigt. C'est dans ce même ordre qu'elles reficQ* •" r>i ll^ tfrtipA iMi temps : les pulsations qui se font dans ces Intervalles sont plus ' '•,f,fifif9, imur^n égales et un peu sautillantes. »

/ f t.- /„ 9unir rritique, « Loti^V^^ ^^ V^mU est plein, souple, dérelopp^

Diâ stuptAmbs. 36 f

ïste claire, qu'il y a des frissons passagers et des saeura pari déclin de la maladie (I).

on n'observe qu'un seul phénomène critique, une hémor- ^pieuse, une sueur abondante, par exemple ; tantdt on ntre plusieurs simultanément ; dans quelques caa méme^ couloirs semblent s'ouvrir à la fois : la peau se ooulPTf de urine coule abondamment, le ventre se relâche, le muons s nasales et des voies aériennes est exhalé en plus grande , etc. D'autres fois, c'est d'une manière successive que se tces phénomènes critiques multiples, phénomènes critiques ne se montrent pas paiement dans 3 circonstances. Ils sont plus tranchés et moins rares dans ne et l'enfance, chez les individus d'une forte constitution, climats tempérés, dans tes lieux élevés, dans la saison du e; ils sont plus obscurs dans les maladies des vieillards, faibles, dans les régions humides et sous l'influence d'un it perturbateur. Bagiivi a avancé qu'ils avaient lieu moins ïhez les habitants des villes que chez ceux des campagnes ; *e8 ont remarqué qu'ils étaient plus fréquents parmi les Is que dans la classe indigente.

aussi, pour quelques phénomènes critiques en particulier, )nstances qui favorisent leur production. Les hémorrbaques sont plus fréquentes dans le printemps et les étés

ces modiflcaUons ge joint une inégalité dans laquelle quelques pnlaaent au-dessus des pulsations ordinaires, vont en augmentant jusqu'à la [ui se fait distinguer par une dilatation, et en même temps une soui prononcée que dans les autres pulsations, il faut toujours attendre critique. »

xraie assure que quand l'urine reste transparente et crue pendant , et que les autres signes sont favorables, on doit s'altendre à la forn abcès dans les parties situées au-dessous du diaphragme. (PtxBnot., 'S.) L'ctbservation de Pithion, rapportée par Hippocrate dans le troiî des Épidémies^ n'est pas la seule qui confirme cette assertion, tout lire qu'elle peut paraître. Tissot en a rapporté une autre dans sa desla fièvre bilieuse de Lausanne, et nous avons vu nous-méme un fait chez un malade de l'hôpital de la Charité. Il était atteint d'une péri- , au déclin de laquelle l'urine resta constamment transparente, lorsms les symptômes avaient complètement disparu. Il paraissait entrer tcence, lorsqu'il survint, le dix-septième jour, une douleur vive dans la !he. Le dix-neuvième, la douleur était pulsative, et il s'y était joint nn et une dureté remarquables. I^s jours suivants, la douleur et le gongmentèrent et s'étendirent à la cuisse ; mais, vers le cinquième jour, i était restée jusqu'alors transparente, devint trouble et jumenteuse; nation, qui semblait devoir amener la suppuration, se termlusi ^T<^mv résolution.

^.fs. xsuDi j» nrf-f ^s*iiK&. irinz j« ÎBÔiiidQS d'un teD sioiinin. "SL snK's. mj& . -fOic of faotti. à des bémoniii ^ii!iief . :a *i^ .ciessr^H -sLrarjiÎHrdiDflHi dans Tadolefloei j&,*>inK»«. lJ»^ •f::.iii.a.:«.iiâ^ ni sueo» c«tf lieo, spënalei j«« iatfmàis . Hiiaii^rieif. iaot» j£» iaisoos homides, oo vuniu A Jk^i'ff- îîux:^ Ji> ^tti:3 îa» ei niarécageux. I T^iiir? crcirirf i inn mut z-i^rxiLi <àiez les adultes d'uD z!fHL: ÎLÎifn. -K ^!L laurouif . rrrise cntîque, dans V

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D. Les p€L'ec^«>ff^es e;r5>{:>K oc; une duiée variable ; nv r*frsîîf":: çœ ^i:cie .c viiKi-5|uatre henres; les i'urlziir orii: f^>»e |h>:-C%?q^c: lîu^l-^u-efcis daos la couvais lecr >::r-7-r\r'Si>;-:z brJâ^'Jie c'esc ^<a> àauk> danger. Les bém ne c^r^rni peL^ .iie&ts psis aa deli de quelques minutes, I oert A iaes en: :<:::::< c'-i se E:oïi'.recl a»j déclin des malad pas enorre cesse, dans quelques cas. au b»Mil de plusieurs

Si. aprvs avoir ênrunên? ces nombreux phénomènes, -qi !e:irs ont signalés cv^mme critiques, nous cherchons à d< j'.:squ'à quel point ils méritent iv titre, nous devons exan boni à quel point iis sont fréquents, et ensuite quelle es fîiience sur la marrhe des maladies.

L< s auteurs qui ont écrit sur ce sujet sont loin d'être £t d'abord, relativement à la fréquence des phénomènes les uns prétendent qulls sont très-rares: les autres, qu'il; presque constamment, lorsque l'art ou une conslitulion c n'y mettent pas d'obstacle. Les autorités et les raisonnen été entassés, de part et d'autre, pour résoudre une questio faits Seuls pouvaient juger: aussi les nombreux écrits qi publiés sur cette matière n'oul-ils fait qu'éloigner de la ' fallait prendre. Nous n'avons pas la pnMenlion déjuger d ment iine question aussi longtemps débattue; nous nou roiisà ijxposer simplement le résultat de nos observations réflexions.

DBB STHPTÔMIS. 303

<ous dirons d'abord que celle question ne nous parait pas avoir opor tance qu'on lui avait donnée, et l'espèce d'abandon dans |uel elle est tombée aujourd'hui vient, jusqu'à un cerlain point, l'appui de cette manière de voir : voici du reste notre opinion iativement à la fréquence des phénomènes critiques, Dans un and nombre de maladies aiguës, et surtout dans les inflammations une intensité médiocre, nous avons pour règle oi*dinaire de n'emoyer aucun de ces moyens actifs qu'on a regardés comme propres empêcher le développement des phénomènes critiques, et nous ivons déclarer que, dans l'immense majorité des cas, nous avons [ ces maladies guérir sans qu'aucun phénomène remarquable en t signalé la solution ; une moiteur douce, une urine plus aboninle ou plus chargée, quelques évacuations alvines, ne peuvent M être, à notre sens, considérées comme des phénomènes critiques. [H18 ne les regardons comme tels que dans le cas où ils appelnt l'attention par quelque chose d'insolite dans leur nature ou ms leur intensité, par quelque chose qui les distingue des sympmes ordinaires de ces maladies. Or, ce n'est que dans des cas Loeplionnels que de tels phénomènes se sont ofi'erts à notre obserition, et le plus souvent, au contraire, quel qu'ait été le traitement, s maladies nous ont paru se juger, en mal comme en bien, sans lénomènes critiques de quelque importance. Quant à la seconde question^ qui est relative à l'influence que ïuvent exercer les phénomènes critiques sur l'issue des maladies, plupart des anciens médecins avaient pensé que ces phénomènes aient la cause du rétablissement des fonctions (i) ; que la matière orbifique, convenablement élaborée, était transmise au dehors rec l'urine, la sueur, les matières fécales, etc., et que la maladie ^ssait ainsi par Télimination de l'agent qui l'avait produite et enetenue. Cette opinion a été combattue, dans les temps modernes, ir des hommes d'un très-grand mérite, qui n'ont considéré les lénomènes qui surviennent alors que comme l'eiret du rétablisment des fonctions précédemment troublées ou suspendues. Nous Ions indi(]ucr l(;s principales raisons sur lesquelles ces deux conetures ont été ap[)uyées.

Ceux qui ont vu dans les phénomènes, et surtout dans les éva-

ittions critiques, la cause du rétablissement de la santé, présen-

nt à l'appui de leur opinion, des arguments assez nombreux :

L'époque à laquelle se montrent ces phénomènes prouve, selon

(t) Les phéDomènu critiques peuvr nt au^-i rr»rre»[>"n<Ire à une exaspération s symptôme», ou méo -^tn mala'J«;â ; maiif on em(ilote cm, mnK \\^%

néralement dans on

364 DIB STMPTÔim.

eux, qu'ils maX réellemenl la cause du retour de la aanté» poîtfie Bouvent ib précèdent ramélioration, et qu'ils sont même, te beaucoup de cas, aononcés par des signes partioulien, pendanlqM la maladie est encore dans toute sa violence. 3* Le séalageannt fi succède à ces phénomènes critiques, la réappariticm de la miUt par leur suppression intempestive, militent en raveur de celle oft nion. 3* Ces phénomènes ne peuvent être considérés comme l'A du rétablissement des fonctions, s'il est reconnu quils diSènri beaucoup des phénomènes qui ont lien dans la santë : or, les as tières évacuées au déclin des maladies ne sont pas somlilaMosi ce qu'elles sont chez l'homme sain : l'urine est sédimenteose; kl sueurs, abondantes, générales, exhalent une odeur partioolière; ki excréments sont abondants, pultacés, etc. 4* Peut-on comme le simple effet du rétiî)lis8ement des fonctioiis, les rhagies, lés abcès, les pustules, les aphthes qui sunriemieiC fi déclita des maladies aiguës? Assurément il y a là autre ohoss'qnsli cessation des phénomènes morbides. 5^ S ces diverses preavesns semblées ne suflBsaient pas encore, on ne pourrait nier que l'énf lion des règles dans la fièvre qui précède leur première sppariliaii, que la sécrétion du lait dans la fièvre qui suit raccoochemeaty m soient incontestablement les causes qui font cesser le tieoUe im fonctions. 6^ Si, dans quelques cas, la marche de la natme cri obscure, -ont ajouté les partisans de cette doctrine, oe n'est psi là qu'il faut l'étudier ; c'est, au contraire, dans les cirooDstanoessI le voile qui la couvre est moins épais, qu'on peut surprendre k mécanisme de ses actes.

Ceux qui ont considéré les phénomènes qui surviennent an déelii des maladies comme l'effet, et non comme la cause do retour è h santé, ont appuyé leur opinion sur des arguments aussi plausiblef : i* Les phénomènes qu'on nomme critiques n'ont généralement lieo que dans une seule classe de maladies, celle des nmladies aiguâ : encore arrive-t-il le plus souvent qu'ils manquent, comme le prouvent les relevés mêmes d'Hippoerate et de Foresha^ cités par ki partisans des crises : or, si ces phénomènes étaient nécessaires ik terminaison de la maladie, n'auraient-ils pas lieu constamment? 2* Ces phénomènes qu'on nomme* critiques ne surviennent pas les* jours avant l'amélioration ou en même temps qu'elle ; souvent 3ik; suivent, et dès lors ils ne peuvent être considérés que comme efet et non comme cause du changement survenu. Qhant aux JM^l. précurseurs qui les annoncent, outre qu'ils sont fort rsre%.iki* prouvent point que ces phénomènes soient réellement criliqqeesk délire, qui n'est qu'un sjmç\&m(^ &e \.% maladie^ n'a-t^ jpts

DBB 8THrT6MB8. 365

es signes précurseurs? 3* Le môme phënomène que l'on considère »mme nuisible ou indifférent dans un cas est regardé comme favortble dans un autre, et cela quelquefois chez le même individu, à des époques diverses : les sueurs, par exemple, qui ont lieu pendant lout le cours de la maladie, sont considérées comme fâcheuses pendant Taccroissement, comme indifférentes pendant l'état, comme utiles au déclin ; n'est-il pas plus naturel d'admettre qu'elles ne sont, dans toutes les périodes, qu'un des symptômes de la maladie, et non un phénomène distinct des autres et capable d'en modifier lamardie? 4® La plupart des évacuations critiques diffèrent peu des évacuations naturelles : si quelques-unes s'en éloignent davantage, c'est sans doute à la maladie antérieure qu'il faut attribuer cette différence, et au trouble encore existant des fonctions, qui ue prennent pas tout à coup, mais peu à peu, leur parfaite régularité. 5* Quant aux maladies qui se montrent au moment où d'autres cessent, comme les hémorrhagies insolites, les exanthèmes, etc., il peut se faire, ou bien que l'apparition des unes et la cessation des autres ne fassent que coïncider, on bien que le premier de ces phénomènes soit la cause du second. Dans cette dernière supposition, il serait démontré qu'une maladie pourrait en suspendre une autre; mais cela prouverait-il que la sueur, l'urine sédimenteuse, etc., produisent un effet semblable? Si l'apparition des évacuations critiques est suivie de soulagement, si leur suppression produit l'exaspération ou le retour des symptômes, cela ne prouve pas qu'elles soient la cause de ce changement : la suppression des évacuations naturelles pouvant provoquer chez l'homme sain le développement de toute espèce de maladie, faut-il s'étonner que la même cause produise un effet analogue chez l'homme affaibli, et rappelle une affection qui vient de se terminer?

En examinant avec impartialité toutes les circonstances favorables à chacune de ces deux opinions opposées, on voit combien il est difficile, quand on ne se décide pas légèrement, d'adopter Tune H de rejeter l'autre. Les partisans des phénomènes critiques citeront onjours à l'appui de leur doctrine certaines éruptions, comme celle le la variole discrète, dont l'apparition coïncide, dans un grand lombre de cas, avec la cessation de la fièvre qui la prée<>de ; miiis si on considère ensuite la série de raisonnements et de faits sur esqiiels est appuyée l'opinion contraire, il sera bien difficile de la ejeter entièrement.

L'insuffisance de chacune de ces théories conduira peut-être à les toDcilier, bien qu'elles soient opposées l'une à l'aulre. Si l'on exanine combien la nature est variée dans mïs moyens, et combien il

3M wm

est me o^de twiÊnigaiB à oBe ■aicbe pofidlflBWBt imîfiQnDe.

tamM reflet eC taifil im

dédio àm nudadies n'ont emtan aiee eeox i|ai la» piéeètaltt te» MOTcai d'antres rappottiqiBi MM échappeaull^ gttderde tirer fÊténmûiimLM àm caaclaMuiMi gdaéfaha, aoBÉi an«i faaaigDer dea bornes à la paiw ■■eie de la aatnga. Eb lénoie, ka crâs B'élaM «Mechaae, dana le

qui mmesBeot pendant le emn dea naladieay leur enHlnfliit^ peut être fé'viM|oee en doole. »*%

' n en eat autifent dea phinfrfnea critiinaa dont Vi sur la tenûnaiBon de la maladie eat et jooia enveloppée dNme grande olneinli* Dans QD petit iwanlae de cea, co

partactiredanala sofaitiondeh nHJaÉJà^raaakgie potte <|ii^ peut en être de nênwdana phaiean anina oli est moina certaine.

Mais^fl bnt bien le reoonndtre, le pins grand dies aigoës se jogent sans phénoasèneaeritiqnaa^ qu'on a décorés de ce non ne sont, le plos aonvent, nnire chou que de noorelles maladies sartenues an déeKn de la ptenuiia, ti des symptômes de la maladie priantife dont le dévelop|lenMli été tardif, ou bien enfin que le simple dki du réfahUaaenMBtdti sécrétions sospendnes pendant raceioiasenient et Fétat delant* Isdie.

ARTIGLE m

DOCTUKK DBS JOGBS dlTlQCIS.

Les crises, c'est-i-dire les changements en bien on en mil ^ surviennent dans le cours des maladies, ont-elles lien ezdnsifenieit OU spécialement i certains jours, ou se montrent-elles indistiBCtemenl à tous ? Y a-t-il on n'y a-t-il pas de jours critiques?

Ce point de doctrine a été longtemps, dans les écoles, un tqil permanent de controverse. Ses partisans et leurs antagonisléBiilété entndnés, comme cela arrive presque toujours, par laehaliV' de la discussion, au delà du point qu'ils voulaient défendre on a|ll^ quer. Les premiers ont été ainsi conduits à prétendre qtmkaMl dies ne pouvaient être jugées, du moins favorablemeatt qps'â Ci tains jours, tandis que les autres soutenaient qu'aucune maladbs» se tenninait à un jour plutôt qu'à tout autre.

DBS STMPTÔMBS. 367

A'oici quelle était la doctrine d' If ippocrate^ relativement aux jours itiques :

II regardait les derniers jours de chaque semaine ou septénaire «nme les plus favorables aux changements qui surviennent dans s maladies. Ces jours étaient le 7% le 14% le 20", le 27% le 34% le 40^ : il les nommait jours critiques. Dans cette manière de mpter les jours, le troisième septénaire commençait le dernier nr du second, c'est-à-dire le 14* jour ; le sixième septénaire corn- Boçait le dernier jour du cinquième, c'est-à-dire le 34*; en sorte le trois septénaires ne formaient que vingt jours, six n'en foraient que quarante. Bippocrate comptait ainsi vingt et un jours édicaux dans vingt jours solaires. Chesneau, dans son rraité des vresj a proposé un jour médical de vingt-trois heures ; mais dans tte Bction stérile il ne serait pas encore tout à fait le môme que lui d^ Bippocrate.

Hippocrate plaçait an second rang les jours qui tiennent le milieu s septénaires, tels que le 4% le 11*, le 17* ; il les nommait indicaïïTs, parce que, selon lui, les changements sont plutôt indiqués que oduîts aux jours dont il est question; ils sont indiqués, soit par lelque phénomène nouveau, soit par une diminution ou uneaugentation dans l'intensité de la maladie.

Les autres jours étaient distingués en jours intercalaires, auxquels » crises arrivent moins fréquemment et sont moins complètes faux jours critiques et indicateurs, et en jours vides ou non dé- •étoires, auxquels les crises n'ont presque jamais lieu. Voici TénulératioD des jours qui appartiennent à chacune de ces quatre sées :

Jours critiques, 7*, 14*, 20*, 27*, 34*, 40*, 60*, etc.

Jours indicateurs, 4*, 11*, 17*, 24*, etc.

Jours intercalaires, 3*, 5*, G*, 9*. etc.

Jours non décrétoiros, 2*, 8*, 10*, 12*, 13*, 15*.

Ce serait avoir une idée fausse de la doctrine d'Hippormtff sur les >urs critiques que de la considérer comme exclusive. Ce grand obervateur eut la sagesse de ne rien présenter à ce sujet comme contant ; il fit lui-même remarquer que la marche des maladies était Codifiée selon les saisons et les épidémies. Les obser\'ations qu'il a OQsignées dans ses ouvrages no s()nt pas toujours conformes à ses Xiomes généraux sur les jours critiques^ et cela seul prouverait u'il admettait des excer' " ^'^nsait, (railleurs, que les crises ouvaient avancer ou i se montrer, parcxOTvçVe^

Dit SfMrfftMIt.

le sixième et même le huitième, qui est un jour non dierétain, aa lieu du septième.

Gaiien et ses sectateurs furent loin d'imiter la eirccMttpactioB k père de la médecine : ils allèrent jusqu'à soutenir que œrtaînsjoai étaient constamment heureux, d'autres toujours fnnestea; m9M qu'aucune maladie ne pouvait se terminer dëfavorablement lea^ tième jour, ni heureusement le sixième. Gaiien appelle, à œ iqri^ en témoignage, les dieux immorlalp^ qqi oonnainent, dit*fl| kit rite de ses paroles l :^^

Autant il est naturel de rejeter UajpjÉHinnn exclimvet de Ga<S% autant il serait peu convenable de repousser entièrement la docim léMrvée d'Ifippocrate. S'il est un certain nombre d'aiiaclioiisq4 peuvent se terminer indiCTéranment à toute époque, il en est dTaoM qui cessent régulièrement dans un temps déterminé, qui oui, oaam on Ta dit, une sorte de maturité comparable i celle des végéisn: la variole et le typhus, en partio^br^ sont dans qe cm. Sur ki quarante-huit fièvres graves dont' j|jjjkif/iii a donné robserfatioB, trente ont été jugées aux jours etiâi^àm, huit aux jours 'nify^**«^ dix seulement aux jours vides ou intercalaires. En risnrmhll toutes les observations qui se trouvent disséminées dans les éorih d*ffippoerate^ de Haen a constaté que, sur xsent soixante-dnq mût dies aiguës, il s'est présenté cent seize crises complètes ou inoo» plètes aux jours critiques ou indicateurs, et soixante-dix-eepl ses» lement aux autres jours. Les crises favorables ont eu lien plosfrt quemment aux jours critiques ou indicateiurs, les crises funestes sus jours intercalaires ou vides' (1).

Cette influence des jours critiques n'est pas marquée senlemeil dans les maladies internes ; il paraîtrait, d'après les observations de Testa, qu'elle s'étendrait, jusqu'à un certain point, aux aflbctiois chirurgicales. Suivant cet auteur, c'est ordinairement le quatrième, le septième, le onzième, le quatorzième ou le vingtième jour qsl s'opère dans les plaies de grands changements, que la rupture dei i abcès a lieu, que surviennent, soit les évacuations favorables, sait les accidents graves, les convulsions en particulier.

Les antagonistes de la doctrine des jours critiques ont prétendu que ce n'était pas Tobservation qui avait conduit BiffMcraiikk fonder ; que ce médecin avait été entraîné par sa prévention esk f^^ vcur du système des nombres de Pythagare. Celse^ en particofitf* adresse indirectement ce reproche à Hippocrate^ lorsqu'il ana les anciens médecins d'avoir rapporté à la puissance de$ mamins i

il) hz Hain, Piœiecu in Boerhaave, Inst. paih,^ t 0, p. 276.

DBS SYMPTÔMES. 369

riodes des maladies et les jours critiques. Quand on réfléchit à la *coDspection avec laquelle Hippocrate s'est exprimé sur Tinfluence s jours critiques, il est difficile de concilier, avec cette prévention •nt on parle, un langage aussi réservé. Si l'on compare ensuite la ctriue des nombres de Pythagore et celle des jours critiques Hippocrate^ on se convaincra davantage encore que ce dernier est n d'être aveuglé par le pythagorisme. La lecture attentive des rits A' Hippocrate ne permet pas de croire qu'il ait attaché aux inbres en général» et aux nombres impairs en particulier, autant mportance qu'on l'a dit généralement. La doctrine des jours [tiques, telle qu'elle est présentée dans ses véritables ouvrages, L si différente de ce qu'elle est dans les livres qu'on lui a fausseîDt attribués, qu'elle concourt, avec toutes les autres preuves, à montrer combien est fondée la distinction qu'on en a faite. Kous n'irons pas, toutefois, jusqu'à prétendre que les recherches Sippocrate sur les jours critiques soient entièrement étrangères

système de Pythagore ; mais autre Chose est que ce système ail t supposera Hippocrate des jours critiques, autre chose est que médecin ait été conduit, par ce système, à les observer : or, s'il

démontré que la doctrine des nombres et celle des jours critiques, m qu'ayant quelques points de contact, diflerent cependant sous lucoup de rapports; si, comme il serait facile de le prouver, elles trouvent, à plusieurs égards, dans une opposition complète, on

peut point admettre que la doctrine des jours critiques ne soit ^ Tapplication du système de Pythagore à la marche des malais, et l'on est obligé de conclure que c'est principalement sur ses >pres observations q\i' Hippocrate s'est appuyé pour émettre une 3trine dont le système des nombres a pu lui suggérer l'idée. La plupart des discussions qui ont eu lieu sur les jours critiques raient été évitées, peut-être, si Ton se fût mieux entendu sur le int de la discussion, si chacun eût clairement exprimé jusqu'à '=i\ point il voulait attaquer ou défendre cette opinion. Il n'est î^aue aucun de ses partisans qui ne fût convenu volontiers que

tdt jadies ne se jugeaient pas, dans tous les cas sans exception, X jours critiques on indicateurs, et vraisemblablement aussi leurs lagouisles, du moins pour la plupart, auraient admis qu'il est rtains jours où les cliang*;ments qui surviennent dans les malais sont un peu pins fréquents ; dès lors la discussion n'eût plus Qlé que sur la fréquence relative, et les observations qu'on auraii [cueillies dans l'intention d'éclairer ce dernier point auraient en

moins l'avantage d'enrichir les annales delà science, lors môme "elles auraient laisse ceUe question im" ~ ^ ^iv\ ^S^VAv»

COHVAiRSGKItCe.

caractère des observaiions exacies que, lui» tn£nte qu'ellvi turaient ëié recueillies [joiii' justifier une îdi^e pnkmDciic, d^^ouéeilr fondement, elles restetii toujours coniine des moDianeau atfla) consuUcr, et proprus à concourir à U solÉilion des questinn» qo,' soulève chaque jour la marche de lu science.

Nous ferons r>!marquer. nvant de tcrmiaer cet article, ^uf i» doctrini.' des pliénoménea et celle des jours critîtjues sont, jii>fi.i un certain point, indépendantes, et que l'une d'elles poumii Hn fondée sans que l'autre le tùt.

Nouâ ajouterons eniin que lu doctrine des jours, cumniecrllfijra phénomènes critiques, n'a pas l'importance qu'on lut n i\mm'v; que la dil^cuitë de fixer les jours d'invssion et de terminakin iln maladies rend celte ductrine innpjilienhlo à beaucoup du ci», a i permet aux partisans et iiux anlagonii^leâ de cette tli^rie H'itiffprêter les mêmes faits à leur avantage.

COIIVALBSGBNGB. 371

ionomie conserve longtemps l'empreinte morbide; Tembon* . et les forces ne reviennent à leur degré primitif qu'après un in nombre de mois; Tappétit est longtemps languissant, Tcsc et les intestins restent paresseux. Il se passe souvent une « entière avant que la santé soit complètement rétablie ; et, certains sujets, surtout chez ceux qui sont avancés en âge, nomie conserve pendant un temps illimité les traces d'un mal 'a fortement ébranlée.

« phénomènes qui accompagnent la convalescence des malaaiguês sont bien plus nombreux et bien plus remarquables. les premiers effets de la cessation de la maladie est un amai- «ment subit de tout le corps, et en particulier de la face, qui ent plus pâle. Cet amaigrissement et cette pâleur paraissent à la cessation du mouvement fébrile, et surtout à la diminude la chaleur : car, même dans le corps vivant, la chaleur rmine une augmentation dans le volume des parties, une vé<- »le raréfaction des solides et des liquides. Le rétablissement des étions dans la troisième période doit aussi entrer pour quelque e dans la diminution de volume du corps. En môme temps qu'il uve le bien-être que produit la cessation de la douleur ou du ma- , le convalescent a davantage le sentiment de sa faiblesse : ses liers pas sont chancelants et accompagnés de beaucoup d'effort, ix reste quelque temps faible et ne reprend que peu à peu son laturel. Cette faiblesse s'étend aussi aux facultés intellectuelles : gination, la mémoire, le jugement s'exercent, à la vérité, lilent chez le plus grand nombre ; mais l'application de l'esprit le une fatigue prompte, détermine facilement des maux de tête autres accidents. Il est encore d'observation que l'état de concence est accompagné d'une augmentation remarquable dans sceptibilité nerveuse ; les convalescents, bien qu'enclins aux Ses agréables^ sont impatients et irascibles, et les impressions ques et morales déterminent souvent en eux des secousses qui lit en proportion ni avec la cause qui les produit, ni avec leur essionnabilité habituelle.

s fonctions (iigestives ne reprennent également que par degrés exercice régulier ; la langue reste chargée, l'appétit ne revient mmédiatement ; souvent le vin paraît amer et le pain sans sa- ; la soif diminue ou cesse ; dans le plus grand nombre des cas, sir des aliments revient plus vite que hi faculté de les digérer, est là ce qui rend, chez les convalescents, les indigestions si lentes. Néanmoins, quelques perso""-*- •^'"iiiront et digèrem 3ment, dès le premier jour de J «L^vtV*» uu^t

d7t QOllYALnCBIGI.

maladie grave, une quantité d'aliments eonaidérable. Nous avons vu deux sujets convalescents du typhus manger, sans aocidcait eta un seul repas, le jour même où la fièvre venait de oesaer, plus d'ime demi-4ivre d'aliments solides, ffildenbrand avait ebsenré des Mi analogues : il rapporte qu'à la suite du typhus, le désir de maagei s'élève souvent jusqu'à l'appétit le plus vorace (I). Dans la oonvaiescence des maladies aiguës, le ventre est ordinairement reisené: quelquefois, au contraire, il y a du dévotement.

La respiration est libre dans l'état de repos ; mais Texereioe, l'action de parler, détorminenl de l'essoufBement Le ponhral» quelquefois fréquent pendant plusieurs jours; mais qoaiid tons hi autres signes sont bons, la iWquence du pouls n'a rien dlnqniteM; elle ne doit pas empocher le médecin d'accorder aux ooavaleaiMi les aliments qu'ils demandent Gbex un certain nombre, le porii devient, par l'efiet sans doute -du repos et de ht diète pcokii|b auxquels la maladie les a condamnés, plus lent qu'il ne TeA àm l'état sain : il peut descendre à cmquante pulsations et mtaie as* dessous. La plupart des convalescents éprouvent, par les canseslBi plus légères, par la marche, ou par l'effet d'une sensation on d'oK émotion vive, des palpitations qui n'ont rien de grave ; cbes quelques-uns on trouve des bruits de souffle anémique dans le cotf et dans les grosses artères; chez eux eichez beaucoup d'aa* très encore, les membres Inférieurs se gonflent facilement paris station, et l'on observe le soir un pen d'œdème autour des milléoles. La plupart des convalescents ont habituellement Aroid, màsa dans les saisons chaudes, soit parce que la chaleur eat diminoée en eux, soit parce que le séjour prolongé dans l'appartement et as lit les a rendus plus sensibles à l'impression du froid extérieur. Cbei un grand nombre, la transpiration cutanée est abondante pendist le sommeil, et la sécrétion de l'urine est également angmentée. U couleur souvent grisâtre des matières fécales et la rareté deséficuations alvines portent à croire que la. sécrétion de la bile est peo abondante dans le commencement de la convalescence.

Un des phénomènes les plus remarquables de la convalescence tft l'excitation des organes générateurs^ les désirs ardents, les soogei lascifs, les pollutions nocturnes. Plusieurs auteurs rapportent qv des vieillies qui n'avaient pas eu d'éjaculation depuis ploMsa années en ont eu dans la convalescence. Le rétablissemenl <"'"' menstrues, chez les femmes, n'a souvent lieu que plusieim ni après la cessation de la maladie.

COMVALESCBIfCE. 373

Nous joindrons à ces phénomènes la desquamation de Tépiderme t la chute des cheveux qui ont lieu, chez beaucoup de sujets^ à une poque très-avancée de la convalescence. On les observe partieuèrement à la suite des maladies graves, et spécialement de celles ui ont été accompagnées d'une éruption même obscure vers la eau, comme l'affection typhoïde, la scarlatine, la rougeole. Les [leveux qui repoussent n'ont pas ordinairement la môme nuance i la même forme que les autres, et cette circonstance donne à la heveliire de ceux qui ont éprouvé une maladie grave un aspect articulier. Nous avons indiqué ailleurs les modifications que la irme des ongles subit sous Tinfluence des maladies et qu'elle con- >rve longtemps après.

Pour compléter le tableau de la convalescence, nous devons par- »r de ce sentiment de bien-être, de plus en plus vif à mesure que i rétablissement devient plus complet ; de ces jouissances toutes ouvelles que goûte le convalescent dans le simple accomplissement es actes les plus communs de la vie, jouissances tout à fait inconoes à l'homme qui n'a jamais été malade. « Personne, disait tiidenbrand^ n'a éprouvé de plaisir dans toute sa plénitude, s'il n'a as été à même de ressentir ce qui se passe à l'époque de la conva- •scence... » En effet, c'est seulement quand il a été privé de la anté^ comme de tout autre bien, que l'homme en connaît véritalement.le prix.

La durée de convalescence est souvent incertaine, parce que l'éoque où elle commence et celle où elle finit ne sont pas bien larquées. On ne peut presque jamais la déterminer d'une manière igoureuse ; on ne connaît que sa durée approximative.

Du reste, un grand nombre de conditions peuvent rendre la conalescence plus longue ou plus courte. L'âge et lu constitution de individu, le genre et la durée de l'affection, le traitement qu'on li a opposé, l'habitation, la saison et le régime, sont celles qui fissent le plus puissamment sur l'espace de temps qui s'écoule ntre la fin de la maladie et le rétablissement parfait de la santé, outes choses égales d'ailleurs, la convalescence est plus courte ans l'enfance et la jeunesse ; elle est plus longue chez les personnes iibles et habituellement souffrantes, dans les endroits humides, ans les lieux où les maisons sont plus basses que le sol, dans les lôpîtaux, que dans les conditions opposées. L'usage d'aliments malains, une diète trop sévère ou l'excès contraire, prolongent la conalescence. Il est aussi d observation qu'elle est plus courte dans fi printemps et l'été que dans l'automne et l'hiver. Enfin, il est bien onstant qu'en général elle est moins longue à la suue de& kv^X^^a^^^

374 PHinoMÉnt oomicimff.

franchement inflammatoires qu'àja mnte de celles qui ont été accompagnées d'une grande juroetnlion des forces. Les éraonstioii excessives, et spécialement les évacuations sanguines, qni ont m lieu spontanément ou artifidellement dans le cours de la malsie^ ajoutent aussi à la durée ordinaire de la convalescence.

Lorsqu'on observe attentivement les changements qui sonitt* nent dans le cours de la convalescence, on voit, en général, de jm en jour, les diverses fonctions s'exécuter d'une manière phs Gin et plus régulière; mais on reconnaît en même temps qoe le rfaUs* sèment ne s'opère pas d'une manière égale et arec la ménspraif' titude dans les organes divers. Non-seulement ceux qoi ont Ai principalement et primitivement affectés sont, en générsl, pis longtemps à recouvrer leur énergie que les autres ; mais pansi en qui n'ont été que secondairement atteints, quelques-uns ne rmtt nent i l'état normal qpe plus ou moins longtemps après les sotni La convalescence est un phénomène complexe ; elle se umufÊÊ du rétablissement partiel de chacun de nos organes : elle part être complète dans celui-ci, alors qu'elle est très-ini|tsifiûls div celui-là.

La convalescence commencée ne conduit pas toujours sn ite> blissement immédiat et complet de la santé : elle peut être enl» vée dans sa marche par quelques phéncmiènesqui ne sont pas asm graves pour constituer un état morbide ; elle peut être interroiB|iit par la réapparition de la maladie à laquelle elle succède. Cesden points de l'histoire des maladies vcmt être examinés dans les den chapitres suivants.

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