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CHAPITRE X

DE Lk TEIIMINAISOR DES MALADIES (i).

ARTICLE PREMIER

DES DIVKR» MODES DE TERMINAISON (mORBORUM EVENTUS).

t quelques affeclioos qui durent autant que la vie, et qui ilnent point la mort des malades : telles sont certaines pa- B et quelques rhumatismes chroniques. Ces affections peu- , proprement parler, n'avoir pas de fin ; mais il n'en est pas ne du plus grand nombre des maladies, qui se terminent, r le retour à la santé, soit pax la mort, soit par quelque autre e.

Le retour â la santé , ou la guérison {morbi sanatio) , est ï par le rétablissement complet de toutes les fonctions. Les Dènes qui raccompagnent sont extrêmement variés, comme adies dans lesquelles on Tobserve. Ne pouvant pas ici les r tous y nous sommes réduits à les envisager d'une manière le, en passant des cas les plus simples aux plus composés, irmi les maladies bornées à une partie du corps , les hémoret les douleurs nerveuses sont celles dont la terminaison est simple : le sang s'arrête par degrés ou tout d'un coup, la dou- ;sc de se faire sentir, et la maladie est terminée. Il en est à ^s de même de plusieurs autres affections qui ne sont carac- ( que par un seul symptôme, tel que le vomissement spasle, la nycialopie ;Ia diminution progressive ou subite de ce me est le seul phénomène que présente le retour à la santé, guérison des phlegmasies, les phénomènes sont plus variés nombreux. Prenons pour exemple Tinflamniation du tissu re sous-cutané. Chez quelques sujets la douleur, le gonflea rougeur et la chaleur se dissipent par degrés, soit l'un autre, soit simultanément, et la partie malade reprend peu à iiême état qu'elle offrait auparavavant : c'est la résolution. autres individus il y a exhalation de pus dans la partie en- L» : c'est \n suppuration. Tantôt alors, et c'est le cas le plus 'c, le liquide se fait jour au travers de son enveloppe amin- Ilôt la tumeur, quelle que soit l'époque de son développe-

18 rëonissons dans ce chapitre, aux diiïérentes terminaisons des mala- IX principales formes qu'elles peuvent olTrir, quelques considérations sur mènes et sur les jours critiques.

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ment, sans excepter celle où elle offre une fluctuation manifeste, disparait tout à coup et ne laisse d*autrcs traces de sa présence qœ la flaccidité et lc»8 rides des téguments : c'est la délit€$cence^ teniiinaison favorable dans les inflammations produites par des caotti externes évidentes , dans les brûlures au premier degré, dans ki contusions, par exemple, mais suspecte dans celles qai sont dna à des causes internes. La gangrène est quelquefois aussi la tenoînaison des phlegmasies, comme on le voit dans les furoncles et div certaines briîlures : dans le premier cas, il s'échappe avec le p» une eschare arrondie, un bourbillon, formé enticremeot aux dépe» du tissu cellulaire : dans le second, il se détache une portion phn on moins étendue des tégmnents; dans l'un ou l'autre cas, la partie gan^çrenée est ordinairement séparée des parties vivantes par k pus qui se forme entre ces dernières etTeschare. F^a cicatrisalioo s'opère ensuite lentement, comme dans les plaies avei^ perte de substance, à moins que l'étendue ou le siège particulier du mal oe détermine la mort des sujets.

S** Dans les affections générales de l'économie , telles que les Bc'vres continues et quelques maladies éruptives, le retour a h santé est rarement subit : c'est seulement dans quelques cas excep* tionnels qu'on voit tout à coup survenir, au milieu des symptdmtt les plus violents, le calme qui annonce la fin prochaine de la maladie. — Le plus souvent^ le retour à la santé est progressif, les fonctions se rapprochent peu à peu de l'état naturel ; oe n'est qne par degrés (jue la physionomie reprend son expression propre, que les évacuations se rétablissent, que la peau s'humecte, que lesmoavements sont plus faciles, et que le malade éprouve un sentiment de roieux-étre marqué. Lorsque la guérison a lieu par plusieurs améliorations successives et distinctes, on voit le malade éprouver dans Tespacc de quelques heures, et souvent à la suite de quelque phénomène qui n'avait pas eu lieu précédemment, après une sueur, une évacuation alvine, par exemple^ un soulagement qui semble indiquer le commencement de la convalescence : mais les symptômes, après s être adoucis, persistent au même degré pendant plusieun> jours, jusqu'à ce qu'une nouvelle amélioration ail lieu : souvent la seconde amélioration marque le commencement d'une convalescence franche : quelquefois on a vu la maladie persister encore avec de» symptômes plus h'gers, et ne disparaître qu'après un troisième ou quatrième effort.

Les affections générales dont la marche est périodique, telles que les fièvres intermittentes, et les maladies connues sous le nom de fièvres larvées^ cessent quelquefois tout d'un coup; mais le plus

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iveni leurs accès devieanent irréguliers et iacomplets, et c'est 1 à pea que la maladie se dissipe entièrement. y* Dans les maladies locales qui déterminent un trouble général (fonctions, oi^observe simultanément, à leur déclin, lesmodiktions signalées dans les maladies locales et dans celles de toute »nomie. Il survient d'une part des changements particulier 18 l'organe affecté ; de l'autre, dans les fonctions dont le trouble it sympathique. Dans l'inflammation du poumon, par exemple, iouleur de côté cesse, la respiration devient plus libre, la toux ins fréquente ; les crachats, qui étaient sanguinolents, sont simment muqueux; lec6té du thorax qui rendait à la percussion un i mat i^prend sa sonorité naturelle, et Toreille, qui distinguait I bruits insolites, retrouve peu à peu le murmure vésiculaire; en me temps la figure cesse d'être animée^ lasoif et la fréquence pouls diminuent, la chaleur est modérée, la peau est douce au cher, souvent humide; l'urine coule en plus grande quantité, )pétit et les forces reviennent, etc. Tels sont les phénomènes qui «mpagnent le retour à la santé dans les principales formes de ladies aiguës.

)aii8 les maladies chroniques, la guérison est presque toujours te et progressive : les symptômes, après avoir augmenté penit un certain temps, diminuent peu à peu, en sorte que le passage la maladie à la santé, comme celui de la santé à la maladie , est linairement insensible : c'est ce qu'on observe dans les écou lents et les catarrhes chroniques, dans les ulcèses cutanés, dans scorbut, etc. On voit, à la vérité, dans quelques cas, les maladies ioniques se terminer presque tout d'un coup, d'anciennes dartres paraître, les flueurs blanches cesser, un ulcère se cipatriser tmptement; mais ces guérisons subites de maladies chroniques it fort rares, et ne laissent jamais sans inquiétude sur la santé érieure.

]. La terminaison par la mort a également lieu de phisir^urs uières dans les maladies aiguës et chroniques. Dans les preres, elle survient quelquefois tout à coup, soit avec un affaivscment rapide, comme dans les grandes hémorrhagies . soit int que la faiblesse ne pamenne au plus haut degré, comme on le tdans quel<|ues fi<-vres typhoïdes el dans certaines varioles con« întes; ailleurs par une sorte d'fisphyxie, ou avec des accidents ébraux, comme les convulsions et le eoma. Mais, le plus souvent, nort s'annonce plusieurs jours d'avance par une altération plus »noncée de la physionomie, cl une faiblesse croissante des mounents et de la v< « devient alliante ou sèche, la dé^ln-

titioD est bruyante, gênée, impossible; la respiration, fréquente, inégale et râleuse; le pouls petit, faible, intermittent, insensible, ia chaleur s'éteint par degrés des extrémités vers le tronc ; le corps exhale une odeur fétide, il est couvert partiellement d'une soeur visqueuse et froide ; les excrétions sont involontaires, les sensation éteintes; le malade ue diffère plus d'un cadavre que par les mouvements do la respiration, qui ont lieu encore par intervalles, jusqu'à ce qu'ils cessent complètement avec la vie. Cet état, qu'on désigne sous le nom d'agonie (i), peut ne durer qu'un petit nombre d'heures ou se prolonger pendant plusieurs jours, rarement pendant une el même plusieurs semaines; sa durée ordinaire est de douze à vingtquatre heures. Dans d'autres cas, plusieursexaspérationssucoessivei dans les symptômes précèdent et annoncent la mort. C'est surtout dans les fièvres intermittentes pernicieuses qu'on observe cette exaspération des symptômes dans chacun des accès qui se succèdent.

Dans les maladies chroniques, la terminaison par la mort n'a presque jamais lieu d'une manière subite ; quelquefois néanmoins elle a été observée dans les anévrysmes du cœur ou des gros vaisseaux artériels, dans laphthisie pulmonaire , dans le scorbut, dans les grands épanchements picurétiques, surtout lorsqu'ils occupent les deux côtés à la fois : dans tous ces cas, la mort a ordinairement lieu par syncope. Dans la pleurésie purulente, lorsque le pus se fait jour dans les divisions des bronches, et qu'il y est versé tout à coup eu grande quantité, une mort rapide peut avoir lieu par asphyxie. Mais le plus souvent, dans les maladies chroniques, la mortarrÎTe parl'aSaiblissement progressif du sujet, qui tantôt est réduit an de^ nier degré du marasme, et tantôt augmente de volume par Tinfiltration de sérosité dans le tissu cellulaire sous-cutané et par son accumulation dans les membranes séreuses. Beaucoup de ces malades conservent leurs facultés intellectuelles et leur appétit jusqu'aux derniers moments : les uns s'éteignent peu h peu sans douleur et saus inquiétude sur leur sort ; les autres, au miliçu des souffrances les plus atroces et du désespoir le plus affreux. La plupart offrent, dans les trois ou quatre jours qui précèdent leur fin, une altération remarquable de la physionomie, un coiiapsus, un amoindrissement soudain el une pâleur terne qui annonce au médecin l'imminence de cet événement.

{], La terminaison par une autre maladie s, été désignée parles médecins grecs sous le nom de metaschematismos (2), expression

(1) Afwv, cDinbat.

(2 ) METaa/.7,aa7iou.o;, transformation ou changement de forme, de irff'^%, forme. \ et de ui70(^ qui indique un changement. jj

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je barbare pour nous. On a encore proposé des dénominations ulières, selon que la maladie est véritablement remplacée par litre, ou qu'elle ne fait que changer de siège ou de forme. Dans mier cas, on a nommé diadoche (diadoxis) (i), dans le second, tase (2) {metastasis), le changement survenu dans le siège ou ne de la maladie ; la dénomination de métaptose ou métastase (3) employée dans le premier sens par les uns, dans le second par itres (4). Le mot métastase est resté seul dans notre langue, les 3 sont tombés -eu désuétude. On désigne donc aujourd'hui, [e nom de métastase, toute espèce de transport avec ou sans brmation de maladie ; on ajoute Tépithète fâcheuse ou favoraelon que raffection qui survient est plus ou moins grave que e.

métastase a lieu assez fréquemment dans les maladies aiguës ; st plus rare dans les maladies chroniques. Le rhumatisme se ne souvent en se transportant de la partie qu'il occupait sur ue organe intérieur ; les hémorrhagies se remplacent aussi de me manière : c'est la métastase proprement dite, c'est-à-dire nple changement de siège ou de forme, la maladie étant la 3; tandis que si une hémorrhagie, si une éruption cutanée sucità une inflammation de l'estomac ou du poumon, c'est une lie tout à fait différente qui remplace la première, c'est le diades anciens.

ant aux affections chroniques, on les voit, dans quelques cas, r à l'époque où une éruption cutanée, une fièvre continue ou nittente viennent à se développer. C'est ainsi que M. Sabatier, une thèse pleine d'intérêt sur l'érysipèle (5), a montré par des lombreux recueillis à l'hôpital Saint-Louis, que l'apparition de canthème est quelquefois suivie, soit de la guérison définitive, l'un changement très-favorable dans la marche de certaines ions rebelles à la plupart des remèdes^ comme l'eczéma impé- 3UX, le sycosis labialis, la mentagre, le lichen, et même le lut réléphantîasis. Le docteur N. de Mussy a vu des éruptions litiques disparniire momentanément à la suite d'un ërysipèle

Aia^cxT. , succession ; ^la^cx*'!***» J® succède. MfTaoraoi;, de pLiraffrâw, je transfère.

MtrâTrrcdot;, changement d'événement; de irrcrco, j'arrive, et de (aitoc, qui le un changement.

Toutes ces dénominations ont été employées dans des sens très-différents, pour quelques-uns, métaptose désigne tout changement d'une maladie en utrc; s'il est favorable, il s'appellerait dindoche; métastase^ s'il est din* N« 209, 1831.

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général, un ulcère phagédénique qui durait depuis quelques mok rebelle à toute médication^ guéri en quelques jours à la suite d'une violente attaque de choléra (1).

On a encore rapporté à ce mode de terminaison le passage d'ane même affection de l'état chronique à Tétat aigu, et réciproquement. Mais n'est-ce pas là un simple changement dans la marche philAt que là terminaison d'une maladie par une autre? Quoi qu'il en soit, le passage d'une maladie chronique à l'état aigu devient qnelqneMi un moyen de guérison. Il n'est pas rare de voir des écoulements di canal de l'urèu^ persister plusieurs mois et même plusieurs années, résister à tous les traitements qu'on leur oppose, et céder ensuite, lorsque ces blennorrhées passent de l'état chronique i l'état aigu, sous l'influence d'un excès, quelquefois même par unenoBvelle inoculation du virus.

Tels sont les trois modes de terminaison que peuvent offrir lei maladies. Il n'y a, sur cet objet, aucun dissentiment; il en est an* trement sur la manière de concevoir et d'expliquer le passage de h maladie à la santé. Ici nous entrons dans le domaine des conjectnres : nous devons dès lors mettre beaucoup de circonspection dans le jugement que nous en porterons^ qu'il leur soit favorable ou contraire.

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