DES RECHUTES ET DES RÉCIDIVES
On nomme rechute la réapparition d'une maladie qui vient de se ;enniuer, et dont la convalescence n'est pas encore achevée; on )oit entendre par récidive {morbus recidivus) le retour d'une mémo maladie après l'entier rétablissement du sujet.
Les rechutes sont communément provoquées par qnelque cause Docaaionnelle; l'exposition au froid, une erreur de régime, un excès dans l'exercice, une émotion vive, un médicament intempestif, sont les causes qui provoquent le plus fréquemment la réapparition de la maladie.
Les rechutes ne sont pas également fréquentes dans toutes les aflTections : il en est quelques-unes dans lesquelles elles n'ont jamais lieu, telles sont les fièvres éruptives contagieuses ; il en est d'autres où elles sont rai*es, comme la péripneumonie et la pleurésie ; il en est d'autres enfin où elles sont très-communes, comme les fièvres intermittentes. On a attribué la fréquence des rechutes, dans ces dernières affections, à la marche môme de ces fièvres, qui ont une tendance marquée à se reproduire, et à l'espèce d'habitude que l'économie semble avoir contractée lorsque les accès se sont répétés pendant longtemps. Une circonstance remarquable dans les rechutes des fièvres intermittentes, c'est qu'elles ont presque toujours lieu au jour et à l'heure où la fièvre aurait paru si les accès n'eussent pas été suspendus. Strack dit avoir observé quelquefois cette régularité dans la récidive des fièvres, au bout de plusieurs mois et même d'une année (I) ; mais des faits de ce dernier genre ^nt très-rares et très-contestables ; car, pour peu que les accès fébriles avancent ou retardent, que devient l'application du calcul à un laps de temps aussi long ?
Les symptômes qui accompagnent les rechutes sont à peu près les mêmes que célix de l'affection première : seulement il s'y joint une faiblesse plus considérable qui peut ajouter au danger. Leur durée est ordinairement plus longue, et lorsqu'elles épargnent la vie du malade, elles le laissent dans un état de débilité qui ne cesse qu'avec lenteur, et qui, chez quelques-uns, ne se dissipe qu'incomplètement. Mais cette proposition admet de nombreuses excep-
(I) Werhoff a même prétendu qu'il y avait pour les récidives des semaines paroxystiques dont le retour variait suivant le type de la fièvre. Qu'ainsi les fièvres tierces récidivaient fréquemment dans la seconde semaine qui suit la cesnUoD des accès, les quartes dans la troisième, etc.
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tions : ainsi, lorsqu'un érysipèle, qui a cessé depuis un ou plusieurs jours, vient à se reproduire dans le lieu qu'il a déjà occupé, nonseulement il offre moins d'intensité que la première fois, mais sa durée est beaucoup plus courte, et souvent même elle n'est qu'éphémère.
On ne doit pas confondre avec les rechutes les maladies n» vell«9!i|Di attaquent les convalescents; on ne doit pas non (duscoafondre les rechutes avec les récidive$.
Celles-ci reconnaissent pour cause, tantôt une prédiapontiOD pu" ticulière, et tantôt une exposition nouvelle aux cames oocaniinelles ou spécifiques de la maladie. Le rhumatisme, par exeopiCi a une telle tendance à reparaître, qu'on dte a peine quelqu exemples d'individus qui n'en aient été atteints qu'une fois daâili cours de leur vie : ici c'est une prédisposition qui parait déCarflBÎMr les récidives. D en est de même de l'érysipèle de la faoe, qui se nproduit fréquemment chez quelques individus, tantôt à d'asaes laag intervalles, tantôt à des époques plus rapproohéea, et même rig^ lières, comme Lorry et Frank en rapportent plusieurs ezenpkSi B en est autrement pour les récidives des fièvres intermittenlaiqDi reparaissent chaque année dans les endroits marécageux ; le'sitk plus souvent une nouvelle exposition aux causes spécifiques qm es provoque le retour.
Les affections qui n'offrent jamais de rechute sont égatoment i l'abri des récidives, à quelques exceptions près ; la fièvre jaune, k typhus, par exemple, ne se développent pas deux fois de suite, wtà peut-être a-t-on observé quelques exemples de récidive au Sont d'un temps plus ou moins long. Dans les affections rhumatismales, les rechutes sont peut-être moins fréquentes que les récidives.
Les symptômes des récidives n'offrent rien de particulier ; ils ae sept constamment ni plus intenses ni plus légers que ceux de b première affection. Une seconde, une troisième pneumonie est quelquefois plus violente qu'une première ; mais le plus souvent od observe le contraire. Nous avons vu, à l'hôpital de la Charité, on homme atteint pour la douzième fois de péripneumonie : la première inflammation de poitrine avait été beaucoup plus grave que les soivantes. On voit des érysipèles de la face assez intenses pour mettre la vie des malades en péril lors de leur première attaque, dimioner d'intensité à mesure qu'ils se reproduisent, finir, dans leurs inw* J sions successives, par n'apporter que fort peu de troubles dansb ■ plupart des fonctions, et s'éteiudi'e après avoir eu une dorée i 'queli|ucs jours. Ce que nous disons de l'érysipèle peut s'appliqatf plusieurs autres maladies, eX eu çarticulier à l'angine tenÉlliii^
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