‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 55 sur 92 · DES DIVEBS GEICBES DE MALADIES, DES ESPÈCES ET DES \AR1ÉTÉS · texte numérisé non relu

DES DIVEBS GEICBES DE MALADIES, DES ESPÈCES ET DES \AR1ÉTÉS

Le nombre des maladies auxquelles Tiiomme est exposé est trèsnrand ; il serait infini si Ton considérait comme des maladies disioctes les innombrables variétés qu'elles peuvent offrir. Lajmême .ffection ne s*est peut-être jamais présentée deux fois sous une orme exactement semblable, soit chez des individus divers, soit :hez le même individu.

Tant qu'on a considéré les faits isolément, sans distinguer parmi ux ceux qui étaient analogues, il n'y a point eu de science : le approchement des faits, la similitude reconnue entre plusieurs et sur réunion sous une dénomination commune, en marquent véitablement le commencement. C'est seulement alors qu'on a pu 'âever à quelques connaissances sur les formes ou genres princiipanx des maladies et sur les moyens propres à les guérir ou à les oulager.

li est naturel de croire que les formes de maladies admises par ss premiers hommes qui se sont livrés à l'observation étaient fort ifférentes de celles qu'on admet aujourd'hui, surtout pour les malaies inteines. Nul doute que souvent ils n'aient pris le symptôme our la maladie, qu'ils n'aient vu des affections différentes dans » diverses phases d'une affection unique, et qu'ils n'aient confondu ous une même dénomination des maladies très-dislinctes les unes es autres.

A mesure que l'observation et l'expérience ont éclairé les médeins, des changements nombreux ont dû être successivement aportés dans les maladies primilivement admises. L'élude de l'ana- 3mie pathologique a, sous ce rapport, produit en médecine une évolution presque complète. Toutefois, les médecins sont encore ujourd'hui bien loin d'êlre d'accord sur la détermination des genres e maladies: ils n'ont même pas cherché à fixer des principes d'après ?bquels cette distinction pût être faite. Nous essaierons de remplir ette lacune.

Parmi les maladies, il en est quelques-unes qui consistent en une éttion constante et appréciable des solides ou des liquides qui eurent dans la composition du corps humain ; il en est d'autres dans esquelles on ne trouve aucune altération sensible ; il en est d'aures enfin dans lesquelles il n'y a que des lésions variables.

Les lésions bien déterminées d'un organe, comme la fracture l'un 08, une plaie des téguments, une brûlure, eou^vXxwviwX ô^"^

3»0 UEMIF-S, ÉSPÊCBS ET VARlàlÉS 1>E MAUUIES. |

maladies bien iraDChées. (i ea esl de m^rae de i]ueliiut'S aulr» dont lo ddveloppemeiil esi spontané, connue l'inflamniaiian, It cancer, les Uibercules. Dans chacune de <x» aUixlioa*, à la vétiiv, la k'sii)D malt-rielJe n'est pas la même p€ndauttouleîsHtlurée;rutii< les changemenls aiiccessirs qu'elle présenta «ont le» in^nioi. ei ik* observations reflétées ont fait conaaitre leur dévelopjwnient n%uli« ei IcarcnchainemeolconsUint. Que)c|iies maladies cxnnthémaiiijtin sont dans le même cas: la rongeur (jui a lieu daus leur cli^ui i^ nne lésion irès-différente des piisiulus qui se forni«al dans Irur wconde période, et celles-tù nw «liJTL-renl pas moins des croùu»éfn»iies qui les remplacent : ici, (Uimme dan» 1» cas précédeut. ei plus clairemeat encore, il n'y a qu'une wnle aiïeclion. Dan» la fiMri; typhoïde, les lésions anatomiquee différent dans chacune d<^ iru* {lértodesde la maladie : au début, ce suiil des plaques dures iniioblles, Baillantes, d'un blanc rosé; plus tard seformcnldcscsrlinrntij des ulcérations ; plus tard encore, la Kurface des ulcères se détcr^, leurs bords s'affiiissent, leur fund no ctcalrine et préeeute nnecal^ leur ardoisée : ici encort; il n'y a qu'une maladie, parce que cm lisions dépendent d'une même cause et se suecAdent dans un nnli^ lié terminé.

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sèment constatée dans l'anémie ; son augmentation obez les sujets qui offrent les symptômes de la pléthore générale ne peut pas être révoquée en doute.

Les maladies dues à des causes déterminantes spécifiques et même communes tormeni encore des genres très- tranchés. La piqûre de l'abeîUe^ le contact de Tortie |»iquante, la morsure de la vipère, les vinisvariolique, vaccin, morbilleux, syphilitique, morveux, les poisonstle toute espèce, les plaies, les brûlures, les asphyxies, donnent lieu à des affections très-distinctes de toutes les autres, dans lesquelles la lésion matérielle, quelle qu'elle soit, n'est qu'un phénomène secondaire : c'est véritablement ici la cause qui constitue la maladie. Les fièvres intermittentes, produites par les émanations marécageuses, sont également, dans la plupart des cas, des maladies bien dessinées. Si leurs symptômes, leur type, si l'action spécifique du quinquina dans leur traitement les distinguent clairement des autres maladies, n'est-ce pas à l'identité et à la spécificité de leur cause qu'il faut rapporter la ressemblance qu'elles montrent dans leurs phénomènes ?

Quant aux maladies qui n'offrent ni lésion matérielle des organes ni cause déterminante dans leur développement, c'est uniquement dans leurs symptômes qu'on peut trouver leurs caractères distinctifs ; c'est ce qu'ont fait les nosologistes dans les troubles si variés du système nerveux, mais avec beaucoup moins de précision et par conséquent d'accord. Le dissentiment des auteurs sur ce point ne pourra cesser que par la connaissance plus exacte des causes (fui produisent ces maladies ou des lésions qui les constituent. Déjà un grand nombre de maladies rangées parmi les névroses ont été rattachées à des lésions organiques dont elles dépendent évidemment.

Quel que soit le genre d'une maladie, elle ne se montre pus constamment avec les mêmes symptômes, la même marche, la même durée et la même tendance à telle ou telle terminaison. La variole, par exemple, présente toujours une éruption sui generis qui ne permet pas de la méconnaître ; mais quelle variété n'offre-t-elle pas ensuite sous le rapport des phénomènes généraux qui l'accompagnent, du nombre et de la forme des pustules ! Ici le pouls est plein, la chaleur élevée, les pustules rondes, distendues, entourées d'une aréole vermeille ; là, au contraire, la peau est presque froide, le pouls est faible, les boutons flasques, brunâtres, et leur aréole pâle ou livide. Chez l'un, l'cmption est rare et disséminée à peu près uniformément sur toute la peau ; chez l'autre, les pustules sont partout confondues entre elles, o" '^''"«mblées en très-grand nombre dans quelque partie. Dans i u'esl accoix\\)«i%u<^ à!^>\-

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can danger; dans on autre, le péril est grand ; dans un la mort est presquerinévitable. Or, serait-ce avoir une idée jute de la variole que de la connaître seulement sous une des fomes nonbreuses qu'elle peut offrir? Non, sans doulo : oettd oonaéqiwe s'applique rigoureusement à l'histoire de la plupart des maladisSi

C'est donc un point essentiel de la pathologie que de bien ooomIire les modifications que chaque affection peut offrir. Nëuimoûsos modifications n'ont pas toutes une importance égale ; il en ett de si légères qu'elles peuvent être négligées ; il en est d'eatras qal est utile et même indispensable de signaler. Ces dernières ent éâ elles-mêmes distribuées en deux séries : dans Ift prendèie^ on à pheé celles qui ont paru les plus importantes; dans la seconde, eelfas qi le sont moins. On a donné à celles-là le nom A*e$pèee9j am antni celui de variitis^ sans qu'on ait pu jusqu'ici poser nne r^ tu pour distinguer l'une de l'autre la variéîé et l'eepèoe. L'espèce ci pathologie n'est pas établie comme en xoologie et en botaniqae. U, elle est déterminée par la constante similitude dee perpétuent eux-mêmes par la reproduction, tandis que les sont formées par les individus qui, quoique différents par leos apparences, peuvent reproduire, dans des droonstances données, dei individus semblables à ceux dont la variété tire son origine, ta pathologie, les espèces ne sont que des abstractions: leor disliiie' tion est tellement vague et incertaine que les uns en ont admis le double ou le quadruple des autres. Sauvaget en porte ie nombiet dix-huit cents, ^a^orb deux mille cinq cents, tandis que Cn/lm-n'A reconnaît que six cents. 11 y a plus, il est peut-être sans exonpief comme l'a remarqué Bayle (I), que le même auteur ait pnblié phsieurs éditions de ses ouvrages sans changer quelque chose sm espèces qu'il avait précédemment admises.

S'il est impossible, comme on est fondé à le croire d'après les efforts inutiles des nosologistes, d'avoir, pour la distinction des espèoM, une règle uniforme applicable à toutes les maladies, ii faut an moini avcrir partout, dans cette distinc|tion, le but de la plus grande utilité, et déterminer les espèces de chaque maladie d'après les ci^ constances qui exercent le plus d'influence sur le traitement. Four toutes les phlegmasies aiguës, c'est, selon nous, le caractère inflss^ maloire, bilieux, adynamique ou ataxique qui doit déterminer ici espèces, parce que le caractère d'une* maladie importe antaiH 4, quelquefois même plus que le genre à son traitement. Une maiadia^ quel qu'en soit le genre, présente-t-elle les symptômes généraux de

(I) Thèses de la Faculté^ «i\iiè«\%0\,ti«1\.

GBNBBS, BSPiCBS BT VABIÈTÉ8 DE MALADIES. 383

lèvre inflammatoire, c'est la saignée et le régime antiphlogisti- 3 que Ton emploie. A-t-elle le caractère adynamique, c'esl aux citants et aux toniques qu'il faut recourir ; est-elle simple ou légile, c'est-à-dire, n'offre-t-elle que les phénomènes généraux qui sont propres, sans aucun des signes qui caractérisent la fièvre lammatoire, adynamique, etc., le repos et une diète légère sont plus souvent les seules conditions nécessaires à la guérison : oore ne sont-elles pas toujours indispensables, comme on le voit ns quelques cas d'érysipèle, de catarrhe pulmonaire, etc. On doit outre admettre^ pour les inflammations, des espèces aiguës et roniques ; cette distinction n'est pas moins importante pour le litement que la [»'écédente. Quant aux hémorrbagies^ leur divi- »n en deux espèces, actives et passives, atteint le but pratique oU e doit tendre; mais, comme il est beaucoup d'héraorrhagies qui eippartienoent ni aux unes ni aux autres, il nous parait absolusnt nécessaire d'en admettre une troisième espèce, qui ne peut pas re confondue avec les deux autres. Celte division est d'ailleurs tplicable aux flux, aux épanchements el aux hydropisies; elle •urrait enfin être étendue avec avantage à certaines maladies ncroses. Les bons effets des toniques, auxquels on a eu généralement cours pendant longtemps, semblent démontrer Texistencc des Ivrofics passives; les cures presque merveilleuses obtenues dans lelques cas par une méthode tout opposée portent, avec beaucoup autres circonstances^ à admettre des névroses actives : il est hors » toute espèce de doute enfin qu'il ne s'en présente aussi, et en plus •and nombre encore, qui n'appartiennent ni à Tune ni à l'autre de •8 deux séries.

Quant aux maladies dites organiques, chacune d'elles n'offre dans ;s symptômes et son traitement que des modifications peu imporntes qui forment plutôt des variétés que des espèces, à moins l'elles ne soient liées à une diathèse particulière, herpétique, scroileuse, scorbutique, ou à une syphilis constitutionnelle (1). Les variétés dépendent d'une multitude de circonstances dont jelques-unes ont une certaine importance pour le traitement : Ile est d'abord l'intensité générale de lamaladie, la prédominance 3 quelque symptôme on l'apparition de quelque phénomène remarjable ; telles sont encore certaines particularités relatives au siège,, l'étendue, auxcauses prédisposantes ou occasionnelles, au type, etc.

(I) La distinction des maladies en fausses {morhi tfmrii, nothi) et en vraies norhi exquisiH, legitimi) a été avec raison rejetée par les médecins de ce èt-le. <^ prétendues espèces de maladies ont été entièrement rayées des nosoloes récentes.

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Le nombre et la forme des postules dans la Tariole, le siège de l'exanthème dans Tërysipèle, Tintensité de la donleor dans la pleuio* pneamonie, ou du délire dans la fièvre typhofde, oonsthoeiitdei variétés. Il en est de même de la mardie continente ou OTarifliMid des maladies continues, du type quotidien, tien», quarte, pov celles qui sont périodiques, etc. On admet aussi des variétés dsai les maladies, selon qu'elles sont dues à des causes externes ou pfr duites par une diq>osition intérieure, selon qu'elles sont txss si mobiles, qu'elles occupent des parties extérieures ou intérisani, les membres et le tronc, ou des organes plus ou iiK>iiis ossentielii la vie. Les variétés sont encore quelquefois relatives i la naoiin dont la maladie se termine, à ses retvun r^liers ou irréguliersi ele.; elles dépendent aussi des complications.

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