DE LA MANIÈRE D*OUVR|R LES CADAVRES
Ou emploie à peu près comme synonymes les mots ouverttffti autopsie (â) du cadavre, et nécropsie (3), pour désigner, soit l'ad^ par lequel on met à découvert tous les organes afin d'en examioer la disposition, soit le rapport dans lequel on expose le résultat de ces recherches.
§ I»', «— L'examen du cadavre doit toujours commencer par ITitbitude extérieure : l'embonpoint ou la maigreur doivent être indiqués avec exactitude, mais sans prétendre mettre une prédsioo mathématique dans une chose qui n'en est pas susceptible. Le gonflement général ou partiel, produit par l'épanchement d'air ou de sérosité doit ôlre soigneusement constaté. Il est quelquefois néoBt
(1) II serait à désirer que les Ttriëtës de forme, de couleur, de consistiez que les organes peuvent olflrir dans l*état de santé, fussent mieux détennipéai ^ décrites avec plus d*exactitude qu'elles ne Tout été Jusqu'ici, afin qu'on pât élf tltifiuer plus sûrement ce qui appartient à la maladie de ce qui n'est qu'aie vnriété lie TéUt sain.
(V) Aùreil^t'ai, l'action de voir soi-même ou de voir la chose même; de *i^*t'^ M dH inn^xi, Je vois.
irik^B.
DES GADAVRB8. 503
saire , surtout dans les cas qui doivent être portés à la connaissance les tribunaux, d'observer avec la plus grande attention l'attitude du sadavre , le rapport oii il se trouve avec tous les objets qui Teutounent, Tétat des .vêtements, etc.: les circonstances les plus minutieules en apparence peuvent, dans la discussion des faits, apporter des lumières utiles. On ne doit pas non plus négliger l'expression de la ^jsionomie, qui est quelquefois celle de l'effroi, du désespoir, etc. L'état de flaccidité ou de roidcur des membres appelle aussi l'attenlion d'une manière spéciale : la roidcur commence toujours par les nAchoires, le cou, le tronc, et s'étend ensuite aux membres thoraniques, plus tard, aux membres abdominaux; elle se manifeste géléralement lorsque la chaleur vitale s'éteint ; elle est plus forte^et a me durée plus longue chez les individus qui succombent à une naladie aiguë ; elle est moins prononcée et passagère chez ceux qui meurent de maladie chronique. Les plaies, les contusions, les sochymoses, les excoriations, Timpression d'un lien sur quelque Mirtie, les éruptions, les tumeurs, les ulcérations, la gangrène des ;ëguments, sont autant de circonstances dont on doit toujours tenir compte. Il faut aussi faire attention aux taches livides, quelquebis rougeâtres, à forme irrégulière, qui sont l'effet de la stase du lang dans le réseau muqueux et quelquefois aussi dans le derme, et )ui existent plus particulièrement à la partie postérieure du tronc jnand le cadavre est resté sur le dos depuis le moment de la mort. !^es lividités peuvent encore se montrer dans les parties du corps ]ui ne sont pas dans une situation déclive ; mais dans ces cas on es observe presque exclusivement sur le trajet des grosses veines, m elles semblent dépendre d'une transsudation du sang à travers es parois de ces vaisseaux. Quelquefois ces taches sont traversées m séparées par des lignes, des plaques ou des sillons dans lesquels a peau a conservé sa blancheur; cette disposition dépend de la )ression exercée par des liens , par les plis des vêtements ou du irap, ou par les inégalités du sol sur lequel repose le cadavre. Une empérature élevée, la fluidité du sang, sont des conditions favorables à la production de ces taches. On les observe plus spécialenent sur les cadavres des individu» qui ont succombé à certaines iffections, telles que fièvres graves, affections gangreneuses, variole, scarlatine, etc. Souvent dans les mêmes conditions l'épiderme le détache dans de larges surfaces par le plus léger frottement. Il est important, surtout en médecine légale, de ne pas confondre les lividités cadavériques avec les ecchymoses qui, comme nous l'avons vu, appartiennent aux symptômes ; celles-ci sont formées par du lang infiltré ou épanché, et leur teinte varie suivant l'éçc^<(^kV^-
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quelle la contusion a eu lieu et suivant que la résorption du sauges plus ou moins avancée ; dans les lividités et les vergetares cadaTéiiques, au contraire, il n'y a qu'une simple stase ou une tranasudatioB du sang dans les tissus. Il faut aussi, dans Texamen de l'habitude extérieure du cadavre, s'assurer s'il existe ({uelque indice de putréfaction ; c'est généralement sur le ventre et vers les fosses iliaques qu'elle commence à se montrer par des taches verdàtrcs; le cadavre exhale alors une odeur d'une fétidité particulière.
§ II. -^ Après avoir examiné avec l'attention convenable l'extérieur du cadavre, on procède à l'inspection des parties inté» rieure8(l).
A. La plupart des médecins commencent par ouvrir la cavité dav laquelle ils soupçonnent quelque lésion. Cette méthode n'offrirut pas d'inconvénients si, après avoir rencontré la lésion qu'on aoopçonne, on poursuivait toujours ses recherches pour s'assurer qui n'en existe pas d'autres; mais, comme, au contraire, on néglige floo* vent ensuite l'examen des autres cavités, il serait préférable qu'oo se fit une règle d'ouvrir d* abord les cavités où l'on ne soupçoone aucune lésion.
Toutes choses égales d'ailleurs, on doit ouvrir l'abdomen avant la poitrine, et celle-ci avant la tôte. En voici les motife. En commençant par ouvrir le ventre, si quelque liquide est contenu dans cette cavité, on apprécie bien sa quantité et ses qualités diverse»; si, chez le même sujet, un liquide est contenu dans la poitrine, il; reste en totalité , et l'abaissement plus ou moins considérable do diaphragme, qu'il refoule vers le ventre, peut être distinctement reconnu. Lors(]iie, au contraire, on commence par ouvrir le thcrai, il arrive presque toujours^ à moins qu'on ne mette dans cette opération un soin très-grand, qu'on divise le diaphragme et qu'on établit une communication entre les cavités des plèvres et du péritoine; dès lors, si quelque liquide remplit Tune de ces cavités, il passe t u partie dans l'autre ; s'il y en a dans les deux , il se mêle^ et dans l'un et l'autre cas il en r^ulte des erreurs, ou tout au moins de l'incertitude dans les résultats. Lorsqu'on a ouvert l'abdomen, il est plus naturel d'étendre l'incision à la poitrine que d'ouvrir la tête pour revenir ensuite au thorax, d'autant plus qu'après avoir <Kivert
(I) Les instruments nécessaires rour l'ouverture des cadavres sont à peu pris les mêmes que pour les dissections ; savoir : des scalpels, des couteaux, dei ciseaux à pointe mousse et de dimensions difTérentes, un entérotome, un radiitome, plusieurs styletft, une sde, un marteau ; un tube ou une sonde sont qarf* qdefols utiles pour reconnaître par rinsufllation certaines lésions plus ou cachées.
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le crâne, il est quelquefois nécessaire de retourner le cadavre pour examiner la moelle épinière.
Voici de quelle manière on procède à l'ouverture des trois grandes cavités. Pour mettre à nu les viscères abdominaux, on fait d'abord aqe incision demi-circulaire, qui commence à l'un des hypochondres, descend jusqu'au pubis, en avoisinant le plus possible Tépine antérieure et supérieure de l'os des iles, remonte de même vers l'hypochondre opposé, et forme un vaste lambeau qui comprend toute la paroi antérieure de l'abdomen. Lorsque ce lambeau est renversé sur le thorax, on continue les deux incisions sur les téguments de la poitrine jusqu'à la clavicule. L'incision doit être dirigée vers l'articulation de cet os avec le sternum, lorsqu'on se sert, pour ouvrir le thorax, d'un scalpel avec lequel on coupe les cartilages des côtes ; elle peut être dirigée beaucoup plus en dehors lorsqu'on divise les côtes elles-mêmes au moyen de la scie, ou mieux encore au moyen d'une espèce de sécateur ou costotome. Lorsqu'on a scié ou coupé des côtes et la clavicule, ou mieux encore, lorsqu'on a divisé les cartilages avec le couteau et désarticulé le sternum, on soulève ce dernier os, on le sépare du médiastin à l'aide du scalpel, et Ton achève de le renverser vers la tête ; après quoi on le détache entièrement avec le lambeau des parois abdominales, en coupant les téguments du cou auxquels il adhère. Dans quelques cas, pour mettre plus entièrement à découvert les parties malades, il est préférable de luxer ou de rompre les côtes à leur extrémité postérieure.
Pour ouvrir le crâne, on commence par inciser circulairement les téguments de la tête, en passant à un ou deux centimètres au-dessus des sourcils et dirigeant l'incision vers la bosse occipitale supérieure, ou un peu au-dessus. Cette incision doit comprendre toute l'épaisseur des téguments, qu'on écarte ensuite avec soin du trajet de la scie avec laquelle on divise les parois osseuses. On peut aussi faire une incision cruciale, étendue de la racine du nez à l'occiput et d'un conduit auditif à l'autre, en passant par le sommet de la tète ; on renverse ensuite les quatre lambeaux qui résultent de ces incisions. On doit procéder de cette manière à l'incision des téguments et employer la scie pour ouvrir le crâne dans le cas où l'on soupçonne quelque lésion du péricrâne ou des os ; dans les autres, on peut sans inconvénient employer le marteau tranchant ou la hachette. Cet instrument imprime, il est vrai, des secousses plus fortes au cerveau, mais il ne déchire ni la dure-mère ni la substance cérébrale, comme le fait presque toujours la scie, qui exige en outre un temps plus considérable. Lorsqu'on a achevé d^ d\N\%^t
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la voûte du crftne avec la scie ou la hachette, on passe un instroment de fer, un marteau, par exemple, dans la partie la plus antérieure de la division; on fait en sorte de l'agrandir par des monrements obliques et par quelques tractions; on y introduit &iaxàlt soit les doigts enveloppes de linge, soit un crochet de fer, el, i l'aide d'une forte secousse, on détache entièrement la voûte osseoie, et l'on met à nu la dure-mère.
B. Dans l'examen successif des parties ainsi mises à déoouven, ou porte d'abord son attention sur les conditions extérieures des viscères, sur leur couleur, leur forme, leur volume, leur oonâs* tance, leurs rapports, sur les adhérences accidentelles qui lesooissent, sur les fluides accumulés dans les cavités viscérales; on déplace les parties superficielles pour découvrir celles qui sont situées profondément ; on les renverse pour examiner leurs diverses fsees» on incise les membranes qui les enveloppent, etc.
Après avoir examiné avec une attention suffisante la oonformalioB extérieure des viscères, on passe à l'exploration des lésions islérieures qu'ils peuvent offrir. La méthode n'est pas la même poor les organes creux et pour les autres. Les premiers , et particnlièfement les organes digestifs et respiratoires, doivent être incisés autant que possible dans toute leur étendue ; on examine les fluides qu'ils contiennent, on les recueille même, si quelque ciroonstaiioe le demande. Les organes pleins, tels que le foie, la rate, le cerveto, les reins, doivent être divisés dans plusieurs senSj quelquefois ptr tranches minces, par copeaux, a$sula(im, selon l'cxpressico de Morgagni; on doit encore suivre les conduits qui existent dans ces viscères, examiner les membranes qui les tapissent, les fluides qui y sont contenus. Une dissection très-délicate est souvent nécessaire pour bien apprécier ces diverses lésions : on ne doit négliger aucun moyen de les bien connaître ; car une oovertnre de cadavre mal faite est une source d'erreurs. C'est surtout dans les lésions des nerfs, dans les tumeurs anévrysmales, dans les altérations de structure de certains viscères, dans les inflammations chroniques des membranes séreuses avec adhérence des viscères entre eux , dans les perforations, qu'un examen minutieux est souvent indispensable.
Un point non moins important encore, quand les lésions anatomiques sont multiples, est d'établir les relations qu'elles ont entreelles; de déterminer si elles sont dues à une cause commune, si l'une d'elles est primitive et les autres secondaires.
Il est aussi quelquefois utile d'injecter avec une matière colorée . et coagnlable les vaisseaux el Vos conduits de quelques organes,
lorsqu'on veut oonnaitre avec exactitude leurs rapports nouveaux, leur diamètre , leur oblitération ou le développement d'une circulation collatérale. Ce moyen pourrait également être employé chez les sujets qui meurent d'hémorrhagie, pour déterminer si le sang provient de quelque petite artère ulcérée et rompue, dans l'hémoptysie des tuberculeux, par exeibple, ou s'il s'est échappé par une simple exhalation.
G. Telle est en généfal la maoière de procéder à l'examen des différents viscères ; voici maintenant Tordre suivant lequel il convient d'en faire l'inspection : il n'est pas le même que celui que nous avons conseillé pour les mettre à découvert.
On doit commencer par les organes de la circulation. Le péricarde, le cœur et les gros vaisseaux qui en partent ou qui s'y rendent seront examinés les premiers. Le cœur sera incisé longitudinalement : on notera la couleur , la consistance de son tissu , l'épaisseur de ses parois, depuis la base jusqu'au sommet. D'aprèsles recherches de H. Bizot, l'épaisseur des parois du cœur et le volume total de ce viscère augmentent progressivement depuis l'enfance jusque dans l'âge le plus avaucé. Ce fait entre comme élément indispensable dans l'appréciation de l'hypertrophie du cœur aux diverses époques de la vie (1). On passe le doigt indicateur dans les divers orifices du cœur, pour connaître s'ils sont fibres. S'ils ne le sont pas, on les met à nu par une incision, afin de pouvoir mesurer le degré de rétrécissement et la cause qui le produit. Hais^ avant de les inciser, il est nécessaire de s'assurer, en versant de l'eau, soit dans le ventricule, soit dans l'artère qui en naît, s'il y a ou non insuffisance des valvules, c'est-à-dire si leur disposition s'oppose convenablement au reflux du sang du ventricule dans l'oreillette ou de l'artère dans le ventricule. On doit toujours ouvrir les gros vaisseaux sanguins, artériels et veineux, qui sont contenus dans la poitrine, et quelquefois étendre cet examen à d'autres vaisseaux. Il est ordinaire de trouver les premiers remplis d'une quantité plus ou moins considérable de sang fluide ou en caillots; leurs parois, dans ces cas, offrent une couleur rouge qui devient plus vive après le contact de l'air extérieur ; c'est un effet de simple imbibition.
On passe ensuite aux organes respiratoires. Avant d'extraire les poumons de la poitrine, on recherche avec soin s'ils présentent des traces d'emphysème vésiculaire ou interlobulaire. Si des adhérences étendues et résistantes unissent les deux feuillets de la plèvre, il
(I) M. Bfiot a donné dani ion tniTatl \n niaior«t euctet det parois et des cêiU téf do c<rar dam les àtux leiet et dam le» dlTem Aget an la tIc. {Mém, de la Soc. ffoàs, médic., L I, Il
OUVKRTIJIIi DIU C4UAVBBS.
faul, autant rjue possible, enlever simullaoémeot ce» deiii fuailleii avec ie poumon, alla d'éviier le (léclii reniant de co disruier. IW favoriser leite opération, on glisae lesdoîgl» ou le maacbe J'en suulpel entre la paroi ihoraciqua' et la plèvre costale. — \nsa d'enlever les poumons, on les pres&c ujilre les doigtfi pour esToir s lia sont mous et élasUijues, comme dane l'état aaiu; s'ils vu distendus et crépitants, comme dBasTcmpliyscme; plus compacUm plus rriablescl plus lourds, comme dans l'engouL'tiient et Tbi^patiulion. On les coiipe en divers sons, pour connaîlre exaciement tau structure (1). Quand ii s'y tronve des excavation» lubcrculeui» ou des foyers purulents, on examine s'ils ont (|ucliiuii commanicalion avec la cavité de la pit^vre ou avec les broucbes, &'ils occupent le parenchyme pulmonaire, ou s'ils u'aurnieut pnsltJir siège dans la portion de la plèvre qui p^ni'lre entre les tobi-«<l«j poumons {abcès inlerloliairts). I.'imurBalion d'air dans la tracbëe, il l'aide d'un tube, ei^I en général le moyeu le plus facile «t le plus silr de constater lus communications qui peuvent cûskr entre les bronches et les diverses collections puruleiilesdoailH poumons et les plèvres sont le siège, dans ce dernier ca», il ftui remplir la cavité pleurale d'un liquide, au travers duquel IWiosiifilé puisse, en s'èchappant, former des bulles qui vie&ncat crever
OUTBRTURK DBS CADAVRES. S09
oommonicalions par la simple inspection des parties ou par l'incision des ramiGcations bronchiques au moyen d'une sonde cannelée et d'un bistouri, ou de ciseaux mons^ses. Pour examiner les bronches et la trachée, on incise ces conduits dans toute leur longueur, afin déjuger des modifications qu'ils présentent sous le rapport de leurs dùnensions (dilatation, rétrécissement, oblitération), de la couleur, de la consistance et de l'épaisseur des parties qui les constituent, et des produits de sécrétion qu'on y trouve. Pour bien voir le larynx, il faut séparer la base de la langue de l'os maxillaire inférieur, au moyen d'une incision semi-elliptique qui doit suivre la face concave de cet os et se prolonger à droite et à gauche eut les côtés du cou ; par une seconde incision on détache le voile du palais et la paroi postérieure du pharynx ; puis on tire à soi la langue et le larynx, et l'on coupe transversalement la trachée et l'œsophage i la partie inférieure du cou. Le lambeau ainsi détaché, on ouvre d'abord le pharynx et le commencement do l'œsophage ; on examine ensuite le larynx, et spécialement Touverture supérieure et la glotte ; on le place, à cet effet, entre l'œil et la lumière pour apprécier la largeur de cette ouverture, puis on le fend avec des ciseaux pour voir sa membrane muqueuse et ses cartilages.
Avant d'ouvrir le larynx, on doit constater l'état du pharynx; on peut, si cela parait utile, mettre à nu et ouvrir TcaBophagedans tout sou trajet, après avoir examiné les organes de la reqnration et de la circulation. On ouvre ensuite avec des ciseaux à pointe mousse, et préférablement avec l'entérotome du professeur Cloquet^ l'estomac et les intestins dans toute leur longueur; on voit quelle est la couleur de la membrane muqueuse, si elle est injectée, et si Tinjection est uniforme, par plaques, par arborisations ou pointillée; on juge de sa consistance, en la soulevant par lambeaux dont la longueur varie, dans l'état normal, suivant les points où on l'examine. Hs ont trois ou quatre lignes dans le grand cul-de-sac de l'estomac; six à dix lignes le long de la grande courbure ; douze à treize lignes et quelquefois deux pouces à la petite courbure et dans la région pylorique; dans l'intestin grôle, on peut obtenir des lambeaux de cinq à dix lignes.
On tiendra compte de l'épaisseur de la muqueuse, de l'état des tissus subjacents; on ne négligera point l'examen des follicules des Peyer et de Brunner qui offrent des altérations caractéristiques dans la maladie typhoïde, et participent à la dégénérescence tuberealeuse chez les sujets qui succombeut à la phthisio pulmonaire. Bn constatant Tétat des ganglions mésentériques, on conservera leur rapport avec l'intestin, de manière à pouvoir juger Si ceux qui
s 10 OIIVBRTURB DES CADAVRES.
sont malades correspondent aux anses intestinales affectées.
On examinera ensuite successivement le foie, la vésicule et les conduits biliaires, la rate, le pancréas, les vaisseaux sanguins et lymphatiques quand il y a lieu, puis les organes urinaires, en ooo» mençant pa^ les reins et les uretères, et finissant par la vessie et le conduit excréteur de l'urine; et Ton terminera rcxameo des pi^ lies contenues dans le ventre- par les organes de la génération.
Le cerveau et ses annexes méritent une grande attention. On ne doit jamais inciser la dure-mère avant d'avoir terminé riospodioD des cavités tboraciques et abdominales ; die soutient le oenrean et prévient le déchirement qu'il pourrait éprouver. Il est même préférable, par ce motif, de ne fendre le cnine qu'après avoir terminé l'examen de la poitrine et du ventre. On divise la dure-mère avee des ciseaux ou avec un scalpel, à droite et à gauche de la granda faux, qn'on coupe elle-môme près de l'endroit où elle s'attadie i l'apopbyse crista-galti^ et qu'on renverse en arrière pendant qoe b dure-mère, devenue libre, est abaissée de chaque côté en débonde rhémisphèrc correspondant. On doit examiner, avant d'aller plos loin, si les circonvolutions cérébrales offrent la saillie qui leur est propre, et si cette saillie est la même des deux côtés. Lorsque l'aplatissement est borné à im hémisphère, il doit exister de ce côté une lésion profonde, comme une hémorrhagie, un ramollissement ; lorsqu'il portesur les deux hémisphères, etque les membranes cérébrales ne sont pas enflammées, il est .dû soit à une accumubition de sércH site dans les ventricules, soit à une hypertrophie du cerveau, comme on l'a plusieurs fois observé chez les sujets qui succombent à des accidents cérébraux produits par le plomb. On doit aussi, en incisant la dure-mère, tenir compte de la quantité et de la qualité du liquide céphalo-rachidien qui s'écoule, et, en détachant les autres membranes, examiner leur degré d'adhérence avec la substance corticale et leur cohésion entre elles. En général, il vaut mieux examiner le cerveau en place que de l'enlever ; cette règle est d'ailleurs applicable à presque tous les autres viscères. On le coupe par tranches minces, surtout en approchant des ventricules latéraux, où l'on pénètre avec précaution, quand on est parvenu au niveau du corps calleux, en plongeant verticalem<ent la pointe du scalpel dans It substance cérébrale, à trois ou quatre lignes environ de la ligne médiane, et un peu plus près de l'extrémité antérieure du cervean que de la postérieure. On ouvre ces ventricules dans toute leur étendue; on renverse la voilte à trois piliers après l'avoir divisée dans sa partie moyenne, et l'on met à nu le troisième ventricule. On continue ensuite k co\&\iet ipax Vraiiiches le reste du cerveau jus-
OUmTURB DES C4DAVRES. 5i 1
u'à la protubérance annulaire. On sépare alors la tente du cervelet u bord du rocher auquel elle adhère; on porte profondément la K>inte d'un scalpel à la partie antérieure du canal rachidicn, et Ton livise la moelle épinière en même temps qu'on soulève le cervelet. 2e viscère, retiré du crâne après la section de la moelle, doit être ■enversé pour examiner le quatrième ventricule; après quoi on le x)upe par tranches, pour s'assurer qu'il est sain, ou reconnaître les iltérations dont il est le siège. On termine l'examen du crâne en ncplorant l'état des divers vaisseaux qui rampent à la paroi inféîeare de cette cavité. On ne doit pas négliger non plus d'ouvrir les ûnus veineux, qu'on a trouvés quelquefois enflammés ou oblitérés.
La longueur et la difficulté de fa préparation anatomique nécesudre pour mettre la moelle épinière à nu, sans la déchirer ni la neurtrir, sont les principales causes pour lesquelles on néglige trop M>uvent l'examen de cette partie ; il serait à désirer cependant qu'on e fît avec soin dans beaucoup d'affections, et l'on ne peut pas douter {ue ces recherches, faites avec persévérance et discernement, ne inissent par conduire à des résultats intéressants.
Beaucoup d'instruments ont été imaginés dans le double but de ■endre ce travail plus court, et de prévenir le déchirement de la noelle et des membranes qui l'enveloppent. A la gouge et au naillet, qui ont été d'abord employés, on a substitué un couteau iimple, puis double, convexe sur son tranchant; puis on a ajouté i ce couteau des arêtes latérales pour limiter son action^ et empêcher qu'il ne pénétrât trop avant sous l'action du marteau qui rappe sur son bord concave. On a proposé encore une scie simple »u double, convexe à son bord tranchant, avec laquelle on divise uccessivement ou simultanément les lames vertébrales à droite et à ;aucbe. Enfin, M, Magendie a proposé, dans le même but, d'énormes iseaux dont l'extrémité coupante, très-courte, s'engage dans le ca* lal vertébral, tandis que l'autre extrémité, très-longue, forme un 3vier puissant à l'aide duquel on coupe facilement les lames vertéirales. Ces divers instruments ont reçu le nom de rachitomes.
Il est un certain nombre de maladies dans lesquelles on doit aussi lire l'examen anatomique des membres; par exemple, dans les cas e plaie, de fracture, d'abcès, de carie, de rhumatisme, de contraciire, de luxation, de tumeur blanche, de varices, de phlébite, etc. let examen ne réclame pas de règles spéciales.
Telle est la manière dont il convient d'ouvrir les cadavres (i);
(1) On a pa être étonné de nom voir conseiller, d'une part, d'oavrir en premier en l'abdomen, et d'autre part, d'examiner ies viscères du thorax avant ceox do entre. Noos avons dit aiiieurs pour quel motif il fallait ouvrir d'tbocd l'aAAor
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elle pourra ci devra être modifiée à raison de cirooostances particulières dont l'exposition serait ici déplacée. .