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Eléments de pathologie interne et de thérapeutique

Partout où les vaisseaux des muqueuses sont remplis d'une trop grande quan* lilé de sang, il se développe un catarrhe, c'est-à-dire une sécrétion anormale, un gonflement et une imhibition du tissu; il y a chute de Tépithélium et formation d*un grand nombre de jeunes cellules. Même les hypérémies mécaniques des muqueuses donnent lieu au catarrhe. Les catarrhes de l'estomac et de l'intestin sont souvent la conséquence d'une compression de la veine porte, et le. catarrhe des bronches suit fréquemment le retour incomplet du sang des veines pulmonaires dans le cœur malade. On est donc en droit de décrire dans un seul et même chapitre l'hypérémie et le catarrhe du larynx, des bronches, etc., à moins qu'on ne veuille suivre les idées du public et ne désigner comme catarrhe que

(1) Le mot catarrhe est employé, dans tout le cours do cet ouvrage, pour désigner une inflanimatioo superficielle «vec une irritation sôcrétoire des memliranes muqueuses. C'est par cooaè*

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les inflammations des muqueuses qu'on est obligé de combattre par les infusions de sureau et la flanelle.

Nous observons que différents individus exposés aux mêmes agents nuisibles, montrent une prédisposition différente pour les hypérémies et les catarrhes, et que, sous Tinfluence des mêmes causes morbifiques, tantôt c'est telle surface muqueuse, tantôt telle autre qui est atteinte, selon la disposition individuelle. La prédisposition aux catarrhes, en général, semble coïncider daqs quelques cas avec le peu d'épaisseur de Tépiderme et la grande tendance aux transpirations; dans d'autres cas, rien ne peut nous en donner la raison ; il semble encore que la disposition au catarrhe est augmentée par des habitudes trop molles, et nous voyons les gens de la campagne, les bergers, etc., qui sont exposés continuellement aux variations de température et aux intempéries de l'air, être affectés en proportion moins souvent de catarrhes que les personnes qui sont toujours renfermées dans les chambres et qui ne s'exposent à ces intempéries qu'exceptionnellement. Que les mêmes causent déterminent chez certaines personnes presque exclusivement Un catarrhe du larynx, tandis que chez d'autres elles donnent lieu au rhumatisme ou à une diarrhée catarrhale, c'est encore là un fait qui, dans la plupart des cas, ne peut pas être expliqué. Des ulcérations et d'autres maladies chroniques du larynx semblent augmenter la disposition au catarrhe de cet organe. Des inflammations répétées de cette muqueuse l'exposent évidemment davantage aux récidives et en font une partie faible. Enfin, des dyscrasies chroniques, et surtout la syphilis et le mercurialisme, augmentent encore la disposition au catarrhe laruigien, sans que ce dernier puisse être regardé, dans ces cas, comme un symptôme direct de la syphilis secondaire ou de l'empoisonnement hydnirgyreux.

Parmi les causes occasionnelles , il faut mentionner, on premier lieu, les agenls morbifiques locaux qui, en irritant la muqueuse, produisent le catarrhe. C'est à cette catégorie qu'appartiennent l'inspiration d'un air très-froid ou chargé do poussière, la respiration de vapeurs irritantes, ainsi que des cris trop forts, le commandement militaire, le chant et la toux violente. Dans ces derniers cas, Tair est poussé avec une grande force par la glotte rétrécie ; il se fait un frottement violent aux bords libres de cet organe, ce qui donne lieu à une irritation aussi

ilUcnt le synonyme des mots terminés en t'/e, comme laryngite, bronchite, etc., dont nous nous servons habitucUcment. Les inflammations catarrliales diflercnt assez des inflammations profondes dont le type est le phlegmon, par la structure des parties envahies aussi bien que par les pnv doits exsudés, pour justifier une dénomination .difTénsitt.. Nous croyons seulement qu'il est utile d'avertir le lecteur que, sous la plume de Niemeyer, le.not catarrhe est l'expression pure et simple du fait anatomique, et qu'il n'a, par exemple, aucun rapport avec la signification (]up lui donnaient les épidermiographes du siècle dernier. Ceux-ci, dont M. Fuster {Monographie de Vaffeetitm catarrhale; Montpefiier, 1861) a adopté et résumé les idées, faisaient rentrer dans Taf- 'ection catarrhale toutes les maladies nées dans une constitution médicale saisonnière, annuelle o« fltalionnaire, pendant laquelle prédominait le froid humide. C'est ainsi que le croup, l'érysipèle* les méningites, la méningite cérébro-spinale, la majeure partie des rhumatismes et des (lèvres typhoïdes étaient des maladies catarrhales. On le voit, le terme catarrhe est défini dans cette école par Tétiologie, taudis qu'au contraire Nicmeyer et les auteurs allemands le définis- •eot par Tanatomie pathologique. Nous adoptons pleinement cette manière de voir, qui n'em- Qha pas de reconnaître rimportanco du froid et de l'humidité, des saisons et des épidémies, V Jk pndaeâan de» maladies catarrhales. V. G.

HYPÉRÉMIE ET CATARRHE DE LA IfUQUEUSE DU LARYTfX. 3

directe que les agents mentionnés plus haut peuvent la produire. Si des liquides irritants ou de Teau chaude entrent dans le larynx, ils donnent lieu aux formes les plus violentes de la laryngite catarrhale.

En second lieu, les refroidissements de la peau, et surtout des pieds, du cou, donnent lieu au catarrhe du larynx. Le fait qu'une personne qui ôte aujourd'hui sa cravate ou ses bas de laine, souffre demain d*un catarrhe du larynx, s'observe tous les jours. On ne peut pas nier les rapports de cause à effet entre ces deux ordres de phénomènes, mais il est trës-diflicile d'en donner une explication physiologique qui puisse satisfaire Tesprit.

En troisième lieu, les catarrhes se propagent souvent de la muqueuse des organes voisins sur celle du larynx. Très-souvent nous observons cette translation pour le catarrhe du nez et des bronches, sans qu'une nouvelle cause morbifiquo soit venue s'y ajouter. Il est plus rare que des catarrhes du pharynx se propagent à la muqueuse laryngienne ; il n'y a que la pharyngite catarrhale, due à l'irritation directe par les spiritueux pris en excès, qui se transmette facilement au larynx. Nous voyons les symptômes d'une laryngite catarrhale aiguë, et sur* tout la raucité de la voix, succéder aux excès de boisson, même quand ceux qui s'y sont livrés n'ont ni chanté ni crié. Les buveurs sont presque toujours atteints d'un catarrhe chronique du pharynx, auquel participe la muqueuse laryngienne.

En quatrième lieu, le catarrhe laryngien est souvent le symptôme d'une affection générale constitutionnelle. Parmi les maladies constitutionnelles aiguës, ce sont avant tout la rougeole, la variole, le typhus exanthématiquc, plus rarement la scarlatine, qui se c localisent » sur la muqueuse du larynx sous la forme d'un catarrhe aigu. Nous ne connaissons pas encore les rapports physiologiques qu'il y a entre les troubles de la nutrition que nous observons dans ces maladies sur la peau et les muqueuses, et entre les modifications du sang qui forment l'élément principal de ces maladies.

Cest à cette catégorie qu'il faut rattacher le catarrhe laryngien qu'on observe dans la grippe {inflttenza) à côté d'autres catarrhes très-répandus et très-intensest Cette maladie épidémique a une grande ressemblance avec les exanthèmes aigus par son début, son extension et l'état général si grave qui l'accompagne. Les catawdies dans la grippe doivent aussi être regardés comme symptômes d'une maladie constitutionnelle.

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