DYSPEPSIE
de restomac, et ce n'est que dans ce sens qu'il est permis de parler d'une dys* pepsie nerveuse.
L'altération du suc gastrique consiste en modifications de qualité ou en modifications de quantité. Quant aux modifications de qualité^ nous n'en savons que fort peu de chose. Elles peuvent consister dans un changement de proportion des éléments normaux : ainsi nous savons qu'un trop faible contenu d'acide eu liberté affaiblit les propriétés dissolvantes du suc gastrique ; ces modifications peuvent encore dépendre de ce que les éléments étrangers viennent s'ajouter aux éléments normaux de ce liquide, comme cela est prouvé pour l'urée dans les phénomènes urémiques, ou bien de ce que, dans certaines conditions, la composition du suc gastrique devient tout autre, quelques-uns de ses éléments constituants s'en séparant pour être remplacés par des éléments étrangers. Les symptômes produits par les modifications qualitatives du suc gastrique nous sont absolument inconnus, encore bien moins connaissons-nous les moyens à employer pour combattre ces modifications.
Quant aux modifications de quantité du suc gastrique, on a donné le nom très-peu logique « de faiblesse atonique de la digestion » aux phénomènes morbides qui sont dus à une production insuffisante de ce suc ou à sa trop faible concentration. Déjà, en parlant de l'éliologie du catarrhe de l'estomac, nous avons fait remarquer qu'une diminution dans la sécrétion du suc gastrique, ou bien un état trop dilué de ce liquide, peut exister chez les individus anémiques ou chlorotiques. A la même occasion, nous avons fait voir que cette anomalie augmente la disposition au catarrhe de l'estomac, parce que, sous son influence, les ingesta entrent facilement en décomposition et se transforment ainsi en produits anormaux, qui exercent une irritation intense sur la muqueuse gastrique. Nous avons à ajouter à ce qui a été dit précédemment, que la muqueuse de l'estomac ne devient pas à beaucoup près malade toutes les fois que le contenu de Forgane subit une décomposition anormale, et que l'on doit bien établir la distinction entre les cas dans lesquels la muqueuse reste saine et ceux dans les* quels elle s'altère. Souvent, il est vrai, les symptômes qui sont dus à une diminution de sécrétion du suc gastrique ressemblent fort à ceux qui doivent être attribués au catarrhe chronique et même aux symptômes qui appartiennent à l'ulcère chronique de l'estomac. Dans cette forme de la dyspepsie, il y a également perte d'appétit, ou bien le malade se sent rassasié aussitôt qu'il a pris la plus petite quantité d'aliments. L'épigastre se gonfle quelque temps après le repas, il survient des renvois de gaz ou de liquides rances ou aigres; les malades souffrent de flatulence, ils deviennent maussades et s'inquiètent de leur état. Indépendamment des cardialgies nerveuses qui se présentent chez les individus anémiques et chldt'otiques, la formation d'acides en excès peut provoquer des douleurs constrictives dans la région de l'estomac (Frerichs a constaté dans les Tomissements des chlorotiques de l'acide acétique et de grandes quantités d^algues de ferment); c'est précisément dans ces cas que Ton peut facilement se tromper en croyant à l'existence d'un ulcère de l'estomac. — Le diagnostic de cette forme de dyspepsie doit, avant tout, se baser sur l'étiologie. Si les phénomènes en question se présentent chez des filles chlorotiques à l'époque de
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leur développement, ou chez des individus affaiblis par des excès vénériens, mais surtout par Fonanisme, ou bien chez des personnes qui ont été épuiséei par des chagrins et des soucis, par des excès de travail, des veilles, ou bien si on les voit apparaître pendant la convalescence des maladies longues et graves, si Ton peut constater surtout que le trouble général de la nutrition a précédé h naissance des troubles de la digestion, alors on est en droit d*admettre la flûblesse atonique de la digestion et d'exclure toute modification de structure de Festomac. — Le diagnostic trouve encore un nouveau point d*appui dans Tinspection de la langue. Tandis que dans le catarrhe chronique de l'estomac, la langue est presque constamment chargée, et que d'autres symptômes du catarrhe de la bouche peuvent encore se présenter, la langue des sujets atteints de dyspepsie est presque toujours nette, leur goût n'est pas modifié, et ils ne préseiH tent aucune fétidité de l'haleine. — Dans bien des cas, le diagnostic ne peut être établi que ex juvantibm et noc^ntihus. Les substances épicées et irritantes, qvi augmentent les souffrances dans le catarrhe et dans l'ulcère, sont généralement bien supportées dans la dyspepsie et amendent les symptômes pénibles dont elle est accompagnée.
Les succès les plus brillants sont obtenus dans le traitement des dyspepâet qui dépendent de l'anémie ou de l'hydrémie, par des moyens qui ne produisent que peu d'effet sur la marche du catarrhe chronique ou de l'ulcère chronique : tels sont, avant tout, un genre de vie tendant à améliorer l'état de la nutrition, l'usage des préparations ferrugineuses, des bains de mer.
Une sécrétion trop faible de suc gastrique et les symptômes qui en dépendent se remarquent encore chez les individus dont la muqueuse gastrique, habituée à des irritations énergiques, perd de son excitabilité aussitôt que le régime de ces individus subit une modification et qu'ils prennent des aliments moins chargés d'ingrédients irritants. Quelle que soit la difficulté que nous éprouvions à expliquer la manière dont un organe prend l'habitude des irritants, il n'en est pas moins vrai que cette habitude existe. On peut très-bien comparer la muqueuse gastrique des individus qui prennent tous les jours de fortes quantités de poivre, de moutarde et d'autres condiments, à la muqueuse nasale de ceux qui ont pris l'habitude du tabac à priser. Une petite (|uantilc de tabac introduite dans les narines d'un individu ordinaire produit des mouvements réflexes trèsintenses, tandis que les priseurs d'habitude peuvent se bourrer le nez sans éternuer. La sécrétion du suc gastrique doit également être envisagée comme un phénomène réflexe déterminé par l'irritation que les ingesta produisent sur h muqueuse gastrique. Chez les individus en question, l'irritation occasionnée par les aliments ordinaires ne suffit pas pour déterminer la sécrétion d'une asset forte quantité de suc gastrique. Une partie des ingesta reste ^sans être digérée, se décompose, et il en résulte tous les phénomènes que nous avons exposés plus haut. Si, au contraire, ces personnes prennent leurs aliments fortement assiisonnés, elles se portent à merveille, la nutrition se fait normalement chez elles, et rien ne nous autorise à admettre qu'elles souffrent d'un catarrhe chronique ou d'autres modifications de la structure de l'estomac, jusqu'au moment où des symptômes se déclarent, qui prouvent que l'estomac n'a pas supporté sans pré-
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idice les épreuves répétées qu'on lui a fait subir. — Dans le traitement de ces ersonnes il faut agir avec beaucoup de prudence, il ne faut pas permettre a'elles conservent leurs mauvaises habitudes, mais, d'un autre côté, il ne faut » en détourner que petit à petit. Si Ton s'écarte de l'un ou de l'autre principe, 86 développera facilement des catarrhes ou d'autres maladies de l'estomac. Cest encore une diminution dans la sécrétion du suc gastrique, diminution épendant, soit du manque de matériaux nécessaires à la formation de ce suc, (rit d'on affaiblissement de l'excitabilité des nerfs de l'estomac, qui parait servir e base à la dyspepsie des vieillards. Il est difficile de décider jusqu'à quel point » mauvais état de la nutrition des muscles de l'estomac peut influer sur les tmbles de la digestion, dans cette dernière forme comme dans la première, et suffit de faire remarquer de nouveau que la gêne des mouvemmts de Vestomac^ boitant d'un état d'atrophie de ses fibres musculaires, peut occasionner un lélange incomplet des ingesta avec le suc gastrique et, partant, la dyspepsie. Une augmentation anormale de la sécrétion du suc gaslriqxœ n'engendre pas e dyspepsie proprement dite, cependant nous allons relater en peu de mots les fmptômes qui semblent naître sous l'influence d'une hypersécrétion du suc Utrique, surtout pendant l'état de vacuité de l'estomac. On voit survenir des MBissements déterminés par les irritations, non de la paroi de l'estomac ellelime, mais des organes voisins, surtout des uretères, du canal cholédoque, et lime d'oi^anes plus éloignés tels que l'utérus. On attribue généralement ce imissement à de simples mouvements réflexes. Cependant Budd fait remarquer ne beaucoup de sagacité et de justesse que dans ces cas il existe probablement b suractivité dans le fonctionnement des nerfs qui président à la sécrétion du t gastrique, suractivité qui doit être également considérée comme un phé- Biène réflexe. Spallanzani, en déterminant sur lui-même, à jeun, le vomissent par une titillation de l'isthme du gosier, rejetait un liquide à réaction de qui avait le pouvoir de dissoudre la viande; cela prouve qu'une excitation canique de l'isthme du gosier peut provoquer une sécrétion de suc gastrique, me dans un estomac vide. Budd fait, en outre, remarquer que les matières Ides par des individus atteints de calculs biliaires ou urinaires enclavés, ont i-sou^ent une réaction acide, même dans les cas où l'estomac avait été préalement débarrassé complètement de toute matière alimentaire, et que l'acide si obtenu a été reconnu par Prout pour être de l'acide chlorhydrique. Cette instance et le soulagement considérable et rapide apporté à ce genre de ilErance par les médicaments alcalins, le disposaient à croire que les douleurs, leot-étre aussi le vomissement, dépendent en partie de l'irritation de la muïDse stomacale par le suc gastrique versé en trop grande abondance dans ttomac vide. Dans tous les cas, la recommandation pressante de Budd et de mt, d'administrer contre les coliques déterminées par les calculs, soit biles, soit urinaires, de fortes doses de bicarbonate de soude (8 grammes sur demi-litre d'eau chaude), mérite d'être prise en considération.
SECTION V
HAIiADIES DU TUBE WXTWATÏÏNAMu