RÉTRÉCISSEMENTS ET OCCLUSIONS DE L'INTESTIN
Le diagnostic et le pronostic de rocclosion intestinale ressortent de tout ce que nous avons dit des symptômes et de la marche de cette maladie.
g 4. — Traitement.
Le traitement de la constipation habitneUe a été développé au chapitre précédent à l'occasion de l'indication causale, avec «lutant de détail que le plan de ce livre en admettait. Notre tâche n'est pas ici de faire ressortir explicitement les avantages et les inconvénients de chaque laxatif en particulier. Quant aux résultats de la gymnastique médicale suédoise, dans les cas de constipation habituelle, je manque à cet égard d'expériences propres. A côté de la gymnastique, il faut encore citer l'emploi, également conseillé, de l'électricité. Par l'application des électrodes sur les parois abdominales, on peut provoquer la contraction des muscles abdominaux, et, en revenant assez souvent sur cette application, on fortifiera ces muscles. Mais cette application des électrodes sur le ventre n'exerce aucune influence sur les mouvements des intestins. Quant à la proposition d'introduire un électrode dans la bouche, l'autre dans l'anus, pour lever ainsi la constipation, tout ce qu'on peut en dire, c'est qu'elle ne manque pas de naïveté.
Le traitement des rétrécissements de Vintestin consiste, si ces derniers ont leur siège dans le rectum, à éloigner les tumeurs, à dilater les coarctations, à faire un anus artificiel dans les cas où les premiers moyens ne réussiraient pas ; il rentre donc dans le domaine de la chirurgie. Les rétrécissements situés dans les régions supérieures de l'intestin ne peuvent jamais être guéris radicalement. On doit se borner à soumettre le malade à un régime qui lui fasse élaborer aussi peu d'excréments que possible. Plus les symptômes du rétrécissement deviennent menaçants, plus il est essentiel que le patient ne se nourrisse que iTœufs, de bouillons concentrés, de chair musculaire pure et à fibres délicates. En même temps, on avisera au moyen de vider l'intestin régulièrement, soit par des lavements, soit par des laxatifs.
Des diverses formes de l'orrlii^ton intestinale celles qui proviennent de matières fécales dures ou de concrétions pierreuses sont beaucoup plus susceptibles d'être traitées que celles dues à un changement de situation de l'intestin. Ceci s'applique avant tout à l'obstruction du rectum par des matières dures, qui souvent s'y trouvent accumulées en quantité prodigieuse au-dessus du sphincter. Un médecin qui, poussé par un sentiment de fausse délicatesse, n'osera pas insister sur l'examen local, perdra dans ces cas bien des jours à prescrire laxatifs sur laxatifs sans approcher de son but; celui, au contraire, qui sait s'affranchir de tout égard et qui ne tolère aucune résistance, dès qu'il s'agit de connaître à fond l'objet dont il doit poursuivre la guérison, obtiendra les plus brillants résultats. Souvent, il est vrai, ce n'est qu'à force d'efforts et Afi patience que l'on réussit à l'aide des doigts, d'un manche de cuiller ou de tenettes, à se frayer un passage pour faire pénétrer des lavements qui ne pouvaient passer au commencement et pour faire des injections émollientes au moyen d'un tuyau élastique que l'on conduit à travers toutes ces masses accumulées. — La tâche devient plus difficile lorsque les matières ont un siège plus élevé. Nous renvoyons ici, pour le
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fond du traitement, à ce qui a été dit au sujet des matières accumolées daat h typblite slercorale. Au commencement on essayera de procurer des selles •■ moyen de quelques cuillerées d*liuile de ricin ou de doses élevées de calomel; on peut même ajouter au premier de ces deux moyens une demi-goutte d*huile de croton par.cuillerée (1). Si ces médicaments restent sans produire d*effet et s* ils augmentent le vomissement, alors on s'en tiendra de préférence à l'emploi du clysopompe, à Taide duquel on aura le plus de chance de ramollir les masiei dures et accumulées dans le rectum. On ne doit pas se laisser décourager si la premières injections restent sans effet, on y reviendra, au contraire, deux et trois fois par jour. Il m'est arrivé de ne voir qu'après quatre jours, pendant lesquels on n'avait pas cessé d'employer le clysopompe, de petits fragments gromeleux décolorés, horriblement fétides, mêlés au liquide évacué. Les jours suivants seulement il partait des masses plus abondantes de même nature. Dans les cas désespérés, on peut recourir à l'emploi du mercure coulant; on en fera prendre de 100 à 500 grammes et même davantage. U est incontestable que dans quelques cas où les autres moyens avaient échoué on avait pu réussir à rompre l'ohi- Iniction par le poids de cette substance. — Les torsions et les étranglements internes ne sont guère susceptibles d'être dis^ostiqués avec le degré de cotitude nécessaire pour justifier le recours à la gastrotomie, q£\\ faudrait entre* prendre aussi vite que possible pour obtenir un résultat. Il n'est pas impossible que le mercure coulant réussisse par sa pesanteur à redresser une torsion, ai qu'arrivé devant une anse intestinale étranglée il pandenne àen opérer la rédaction par la traction qu'il exerce sur elle; toutefois, les cas dans lesquels os prétend avoir obtenu un pareil résultat permettent d'élever un doute sur b justesse du diagnostic. Comme les intussusceptions ont pour effet, à peu près sans exceptions, le glissement de la partie supérieure de l'intestin dans une partie inférieure, l'administration des laxatifs qui ne feraient entrer que plot profondément dans sa gaine le fragment invaginé, est contre-indiquée dans cette affection. S'appuyant sur quelques résultats heureux, on peut, si Tintussusception est reconnue à temps, ouvrir l'abdomen pour y remédier. S'il est possible d'atteindre par le rectum le fragment d'intestin invaginé, on peut essayer de le remettre à sa place au moyen d'une sonde œsophagienne au bout de laquelle un a adapté une éponge et qu'il faut introduire en usant de grandes précautions, (^e procédé a surtout réussi dans quelques cas d'intussusceptions chez les enfants. S'il est impossible d'atteindre l'intestin invaginé, on peut recourir à de larges injections liquides, ou bien insuffler de l'air dans le rectum au moyen d'un soufilet, dans le but de repousser de cette façon, autant que possible, le
(1) Dans certains cas de distension tympanitique exagérée des intestins, c^inme j*ai pu en voir à la Salpdtrière dans le service do M. Charcot, lorsque le ventre énorme résonne comme ■ tambour, lorsque les viscères thoraciques, les poumons et le cœur sont refoulés, il |)eut derenir mVessaire de se servir d'un mode de thérapeutique conseillé par M. Labric {Thète de duetarMl, 1802). Il consiste à faire une ponction de l'intestin avec «n trocjirt explorateur. Suivant II.Ubric, les tuniques musculeuses tle l'intestin paralysées par la distension reprendraient, afi^ l'évacuation des gaz, leur propriété contractile et pourraient chasser alors les nwtièm
niées.- V. C