‹ Eléments de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 124 sur 174 · CARCINOME DU CANAL INTESTINAL · texte numérisé non relu

CARCINOME DU CANAL INTESTINAL

g l«r. — Pathogénie et étiologie.

Le cancer de l'intestin est beaucoup plus rare que celui de l'estomac;; toujours le siège primitif du mal a été dans l'intestin môme et ordinairei reste isolé dans le corps; ce n'est que dans des cas rares que le cancer tf gane voisin envahit secondairement l'intestin. — L'étiologie du cancer ( tcstiu est enveloppée de la plus grande obscurité.

g 2. — Anatomie pathologique.

Le cancer de l'intestin a son siège presque exclusif dans le gros intesti; tout dans les parties inférieures, dans TS iliaque et le rectum. Dans ( rares on trouve de nombreuses nodosités cancéreuses appartenant aussi I gros intestin qu'à l'intestin grêle et correspondant en partie dans ce denii plaques de Peyer (1).

De même que dans l'estomac ou trouve dans l'intestin le squirrhCy l'en

(1) Une forme de cancer assez fréquente sur la muqueuse gastro-intestinale, c'est Tépii à ceUules cylindriques, dans lequel on obscno de longues cavités étroites eu ca.H:iua« i par des cellules cylindriques semblables à celles de la muqueuse intestinale à rétel i cellules sont toutes de môme dimension et implantées perpendiculairement à la laroi île précédentes. l\ a été bien décrit par Reinhar (1), Fœters (2), et j'en ai observe tuM-fl asses grand nombre de cas. V. C

(2) Annalen der ChariU zu Berlin, t. H. 1851. (IJ Arehiv fur patKolog. Anatomie, t. XXIV, 1858.

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Unie, et le cancer alvéolaire ou coUàidey de plus nous y voyons les mêmes comkiiiaisoiis des diverses formes de cancer; et il arrive surtout fréquemment que la diégéaérescence commence dans le tissu conjonctif sous-muqueux sous la forme fa squirrhe, et qu'après la perforation de la muqueuse des masses d*encéphabifle 8*élèvent du fond squirrheux. Ce qui distingue le cancer de Tintestin, c'est ta grande tendance à s'étendre dans le sens du diamètre transversal et à former fe cette manière des coarctations circulaires. Souvent la partie dégénérée de Sntestin, obéissant aux lois de la pesanteur, tombe dans une région plus basse b Tabdomen; au commencement elle est mobile; plus tard elle se fixe au Doyen d'adhérences qu'une péritonite partielle fait naître entre elle et les orsuies voisins, ou bien par le simple progrès de la dégénérescence qui envaliit as organes environnants. La lumière du canal peut se trouver réduite à l'épaiseur d'un tuyau de plume par la tumeur qui s'est développée dans toute sa cir- MMiférence; la longueur du rétrécissement est généralement assez faible et ne lépasse pas quelques pouces. Au-dessus de la coarctation l'intestin est énorménent dilaté, rempli de matières fécales et de gaz, ses parois sont hypertrophiées ïtla muqueuse est plus ou moins enflammée; au-dessous de la coarctation le anal est vide et affaissé. Avec les progrès de la maladie la fonte ichoreuse du ancer peut, comme déjà nous en avons fait l'observation pour le cancer de l'œlophage et du pylore, faire disparaître en partie le rétrécissement. — Quelquebis le travail destructeur s'étend jusqu'au péritoine, et ce dernier y cédant éga- «ment, les matières de l'intestin s'épanchent dans la cavité abdominale, ou bien, kns le cas où antérieurement il se serait formé des adhérences, les organes voi- RM participeront à la destruction; alors il peut se produire des communications VMHiDales entre diverses parties de l'intestin, ou bien, si l'endroit malade était Hadé avec la paroi abdominale, il se forme des fistules stercorales ou un anus têatxe nature; quelquefois aussi le ramollissement d'un cancer du rectum donne Eeu à une perforation dans le vagin ou dans la vessie. La perforation de l'intestin et l'épanchement de son contenu dans la cavité abdominale ou d'autres Dommunications anormales peuvent encore résulter de la simple ulcération le la partie enflammée de l'intestin, immédiatement au-dessus de la coarc- Mioa.

J 3. — Symptômes et marche.

Dans bien des cas il est impossible de reconnaître avec certitude le cancer de finlestin. Les malades chez lesquels il se développe se plaignent de douleurs iMordes, tantôt continues, tantôt intermittentes, dans une partie circonscrite de Ipbdomen. Bientôt s'y joint une constipation habituelle qui ordinairement existe jl^â avant la production du rétrécissement et qui dépend alors de la dégénères- HDce de la membrane musculaire et de l'interruption des mouvements péristalles à l'endroit correspondant à cette dégénérescence. De temps à autre, la ^ostipation devient excessivement opiniâtre : les douleurs s'exaspèrent, le ventre Ve ballonne, viennent ensuite les nausées, le vomissement et d'autres symptômes 'occlusion intestinale. Aussitôt que la constipation est levée, un bien-être relatif

ÔhU MALADIES DU TUBE INTESHKAL.

renaît. Les accès que nous venons de décrire se répètent par interralles t plus petits, augmentent de violence et deviennent de plus en plus meii Enfin on ne réussit plus à vaincre la constipation et la mort arrive au nul symptômes de l'iléus. Si jusqu'à ce moment la nutrition et l'aspect da n'ont rien présenté d'extraordinaire, s'il a été impossible de constater sence d'une tumeur dans le ventre, si la forme des matières fécales n'i ment fourni aucun éclaircissement, le cas donné reste plein d'obscurité s de vue du diagnostic. On reconnaît bien les progrès lents d'un obstacle q pose à la marche des matières intestinales, mais l'autopsie seule dissip doutes sur la nature de cet obstacle.

Dans quelques cas les malades ne succombent pas si vite à rocclusio de l'intestin; on remarque plutôt, indépendamment des progrès lents de stipation, des douleurs sourdes dans le ventre, les indices d'une cachexie la perte très-prompte des forces, un amaigrissement considérable et n sale, terreux. Ces symptômes offrent déjà plus de présomption pour la cancéreuse du rétrécissement. Lorsque, après un amaigrissement devei fort et un amincissement des téguments abdominaux qui a dû en être le r un peut découvrir dans les régions plus profondes une tumeur inégale, 1k dure, plus ou moins douloureuse, ordinairement mobile au commencen diagnostic n'est plus sujet au moindre doute.

Le cancer a-t-il, comme cela arrive fréquemment, son siège dans le ou à quelques centimètres au-dessus, alors le malade se plaint de vive leurs dans la région du rectum, douleurs qui de là s'irradient dans le do cuisses. Souvent on reste trop longtemps à n'accorder qu'une faible irop à ces douleurs de sacrum et du dos. C'est ce qui a lieu surtout dans les il se développe en même temps une dilatation variqueuse des veines du et lorsqu'une mucosité sanguinolente s'échappe de l'anus; on est alors t croire à l'existence d'un mal sans danger. Mais peu à peu les progrès de slipation et la nature particulière des excréments éveillent les soupçons ces matières sont d'un très-faible calibre, quelquefois arrondies, d'auti aplaties sous forme de ruban, enfui dans d'autres cas elles représentent d {^lobules qui ressemblent à des excréments de mouton. L'expulsion masses, couvertes au commencement d'un enduit muqueux et glaireu: tard sanguinolent et purulent, est accompagnée de souffrances toujours santés et à la fin exaspérées à un degré excessif. Les évacucitions devi plus faciles après le ramollissement du cancer, môme il n'est pas rar qu'une diarrhée incoercible vienne remplacer la constipation. En même d'abondantes hémorrhagies se déclarent souvent, et même dans les intc (le la défécation un liquide terne et fétide s'échappe du rectum et corrodi ol ses environs. Lorsque la paroi du rectum vient à être perforée et que Iruction gagne le vagin et la vessie, les ravages les plus terribles en i suite, et le mal prend le caractère le plus désolant. Nous abandonnoi traités de chirurgie la description de ces phénomènes ainsi que Texpo règles à suivre dans Texamen local à l'aide du doigt et du spéculunn ci examen qui fournit les renseignements les plus précieux.

PÉRITYPHLITE ET PÉRIPROCTITE. 5^5

La marche du cancer de l'intestin est assez longue, si Ton excepte quelques cas dont il a été question plus haut; la seule issue de ta maladie est la mort. Cette dernière arrive tantôt au milieu des symptômes de Filéus, développés subitement ou lentement, tantôt elle est précédée d'un état de marasme excessif d<mt les phénomènes terminaux sont souvent Thydropisie et la thrombose vei- *nease; quelquefois la fin est hâtée par une péritonite qui peut se développer avec ou sans perforation de Tintestin.

§ ft. — Traitement.

Lie traitement du cancer de Tintestin ne peut être que palliatif. Il faut, au moyen d'un régime approprié, avoir soin qu'il se produise le moins possible de matières fécales ; ce qui vaut le mieux, c'est de nourrir le malade exclusivement de bouillon concentré, d'œufs à la coque, et de lait. Il faut s'attacher avec le plus grand soin à tenir tous les jours le ventre libre et prescrire dans ce but des laxatifs sûrs, mais doux. Le moyen qui remplit le mieux ce but est l'huile de ricin et, d'après l'observation de Ilenoch, la répugnance invincible que la plupart des malades ont généralement contre ce médicament cède devant son usage prolongé. Au reste, nous renvoyons aux préceptes que nous avons résumés au chapitre II pour ce qui concerne le traitement du rétrécissement de l'intestin, et aux traités de chirurgie pour tout ce qui concerne l'intervention chirurgicale.

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