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CATARRHE DES VOIES RILUIRES

en même temps qu'il résulte de la coloration plus claire de Farine que la stase biliaire est diminuée et qu'une moindre quantité de bile est résorbée. Le pigment déposé dans le réseau de Halpighi disparaît plus lentement. Après que la bile a de nouveau fortement coloré les selles et que Furinc a repris son aspect normal, le teint conserve encore pour un temps plus ou moins long son aspect ictérique, jusqu'à ce qu'enfin ce dernier symptôme de la maladie disparaisse comme les autres. — Dans d'autres cas, le catarrhe des voies biliaires devient chronique comme celui de l'estomac et de l'intestin. La maladie traîne en longueur pendant des semaines et des mois, l'ictère devient très-intense, les malades maigrissent considérablement, le foie éprouve un gonflement manifeste. Toutefois dans ces cas encore la maladie, surtout en supposant qu'elle soit traitée convenablement et éiiergiquement, se termine presque toujours par la guérison, et il arrive très-rarement que la stase biliaire due au catarrhe des voies biliaires ait une terminaison fâcheuse, précédée des symptômes graves que nous avons décrits plus haut (1).

L'expérience nous ayant appris que le catarrhe des voies biliaires se perd rapidement, dès que le catarrhe de la muqueuse intestinale, qui s'était propagé sur ces voies, est dissipé, YbulicatUm causale exige l'emploi des mesures que nous avons préconisées pour le traitement du catarrhe gastro-intestinal. Dans certaines conditions spécifiées précédemment, un vomitif peut être indiqué; dans d'autres cas, ce sera un traitement diaphorétique ; dans d'autres encore, un régime approprié pourra suffire. Nous ne reproduirons pas ici ce que nous avons longuement développé dans un autre chapitre; qu'il nous suffise de rappeler simplement l'excellent eiTet sur le catarrhe de la muqueuse gastro-intestinale des carbonates alcalins, principalement sous forme d'eaux minérales de Karlsbad et de Marienbad. Si nous avons contesté les eiTets directs de ces eaux sur la stase biliaire et Tictère, il n'en est pas moins vrai que la plupart des malades atteints d'ictère ne peuvent rien faire de mieux que de recourir à l'emploi de ces eaux, parce, qu'aucun traitement ne répond mieux à l'indication causale. Si la

(1) Le catarrlie des voies biliaires peut rcvùtir, dans certains cas, chez les vieillards, une içravité insolite et des symptômes tout différents de ceux qu'on vient de lire. Nous en avons publié {Galette médicale, 1mi».'i, n<> 28) un exemple recueilli dans le service de M. Charcot, qui en a pu obsenrr depuis plusieurs analo^^ues. Il débute, après quelques jours de malaise, piu* un frisson intense et prolonjçé, suivi de cludeur et de sueurs, connue un acres fébrile qui dure de cinq à dix heures. L'ictéro so manifeste à la peau avec une couleur foncée, les accès fébriles reviennent avec le même type tous les soirs ou deux fois par jour, le soir et le matin, la prostration, radynamie, font de rapides pro{n*és et les malades meurent dans l'espace de huit à dix jours. A l'autopsie, les canaux biliaires, surtout les plus ;çros, sont distendus par un liquide puriforme, blanchâtre, crém<»ux, de telle sorte qu'au premier abord on pouiTait croire, en re^çardant une section du foie, t\ntm a affaire à des abcès hépatiques. iMais un examen attentif fait bientôt reconnaître le biéj;»' du pus dans bîs canaux biliaires dont la mendiraue muqueuse est lisse et non ulc<';ri'e. Le liquitle puri forme est composé de cellules épithéliales cylindriques. Dans lé cas que nous avons rapporté, les canaux biliaires préscutaieut presque partout de petits calculs. V. C.

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position du malade ne permet pas de l'envoyer aux eaux, on fait bien de loi faire suivre à la maison le régime que Ton prescrit à Karlsbad et de lui donner du soda-water ou des eaux arlificielles deMarienbad ou de Karlsbad. En se bornant à ce simple traitement, on obtiendra les résultats les plus prompts et les plus heureux.

Il est possible de satisfaire quelquefois à VindicaHon morbide en faisant administrer un vomitif. Pendant l'acte du vomissement, la bile est chassée avec une grande violence des voies biliaires et de la vésicule vers l'orifice duodénal du canal cholédoque, et de cette façon les mucosités obturatrices peuvent être expulsées. On pourrait employer les vomitifs beaucoup plus souvent que cela n'a lieu réellement, si le gonflement de la muqueuse n'obstruait pas le canal bien plus que les mucosités, et s'il n'y avait pas lieu de craindre que l'emploi intempestif d'un vomitif pût faire empirer le catarrhe gastro-intestinal. Un médicament qui jouit d'une grande réputation dans le traitement de l'ictère caUirrhal, c'est le mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique, l'eau régale, que l'on emploie extérieurement sous forme de bain de pieds (15 à 30 grain, par bain) et de fomentations sur la région du foie, ou bien intérieurement (2 à Il gram. sur 180 gram. d'un véhicule mucilagineux, une cuillerée toutes les deux heures). L'emploi de ce moyen à l'intérieur pourrait à la rigueur exercer une influence favorable sur le catarrhe intestinal, peut-être même provoquer des contractions dans les canaux excréteurs de la bile et les désobstruer ainsi des amas de mucosités accumulés dans leur intérieur. Quant à l'eau régale employée à l'extérieur, elle ne peut guère être de quelque utilité. — C'est par Taugmentation des mouvements péristaltiques de l'intestin, mouvements communiqués au canal cholédoque, que l'on pourrait peut-être expliquer l'efl'et des drastiques. Cependant ces médicaments n'exercent pas en général une influence favorable surrictère catarrhal, quelle que soit la fréquence de leur emploi contre celte maladie. L'administration du calomcl (5 centigrammes le soir) et de la potion laxalive de Vienne (deux cuillerées à bouche le matin), autrement dit la méthode anglaise, doit être rejelée, quoique bien des malades puissent encore guérir d'ictère catîUThal malgré le remède. Ce n'est que dans les cas de constipation opiniâtre que l'emploi de légers laxatifs peut être indiqué. Qu'on ait alors rt^ cours aux tartrates, surtout au lartrate de potasse ou bien à une décocliuïi de tamarin (30 à 60 grammes sur 180 à 2^i0 grammes) avec acide tartrique (1 à 2 grammes) et sirop de manne, ou bien que l'on prescrive la potion laxative Je Vienne ou l'électuaire lénitif.

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