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CHAPITRE PREMIER

CATARRHE DES VOIES BILIAIRES. ICTÈRE CATARRHAL. jj lor. — Pathog;énie et étiologie.

Les conduits bilifères d'un certain calibre, les canaux hépatique, cystique, cholédoque et la vésicule biliaire, sont tapissés par une muqueuse recouverte d'un épithélium cylindrique et garnie de glandes en grappes. Cette muqueuse, comme toutes celles dont la structure est analogue à la sienne, devient souvent le siège d'une inflammation catarrhale. Le faible calibre des voies biliaires et des conduits excréteurs de la bile donne une importance toute particulière à cette maladie légère pîir elle-même. Les canaux étroits sont facilement oblitérés par le gonflement de leur muqueuse et par J'accumulation d'un produit de sécrétion muqueux, et c'est là un accident sur lequel reposent, dans la plupart des cas, la stase et la résorption biliaires.

Il est rare que la maladie se montre à l'état primitif. Il faut considérer comme primitif le catarrhe des voies biliaires provoqué par une hypérémie excessive du foie, catarrhe qui, par la stase biliaire réunie à l'hypérémie, donne à l'organe cet aspect particulier désigné du nom de foie muscade (voyez p. 597). Ici doivent figurer également les catarrhes intenses provoqués par les calculs biliaires. Il en sera question dans un chapitre spécial, parce qu'ils se compliquent facilement d'ulcération et d'autres phénomènes graves de nature particulière. Enfin l'irritation que détermine sur les voies biliaires une bile altérée, formée à Taide de matériaux anormaux, peut également entraîner un catarrhe primitif de ces canaux. Toutefois ce dernier mode de production du catarrhe n'est pas encore prouvé et se réduit à une simple hypothèse.

Il est bien plus commun qu'une inflammation catarrhale, ayant son siège à l'endroit où le canal cholédoque se jette dans le duodénum, se propage sur les voies biliaires. Le catarrhe duodénal est presque toujours lié à un catarrhe de l'estomac, et c'est pour cette raison que l'ictère auquel il donne lieu a reçu le nom d'ictère gastro-duodénal ou d'ictère simple, à cause de sa grande fréquence et de son caractère léger et exempt de danger. Le catarrhe gastro-duodénal qui se propage aux voies biliaires peut être provoqué par les causes les plus variées, et nous devons renvoyer, pour l'étiologie de l'ictère qui en résulte, aux paragraphes consacrés à l'étiologie du catarrhe gastro-intestinal.

§ 2. — Anatomie pathologique.

Lorsque la muqueuse des voies biliaires est le siège d'une inflammation catarrhale aiguë, elle est rougie, relâchée et boursouflée. La surface est couverte de mucus et de masses épithéliales. Pour peu que la boursouflure de la muqueuse soit considérable, le canal cholédoque, surtout à l'endroit correspondant à son étroite embouchure dans le duodénum, devient presque entièrement imperméable; en même temps les canalicules bilifères du foie sont dilatés et gorgés d'une bile plus ou moins mêlée de mucus. Le parenchyme hépatique laisse également apercevoir les caractères, décrits antérieurement, d'une stase modérée de la bile. — Lorsque la durée du catarrhe se prolonge, la boursouflure plus forle et l'hypertrophie de la muqueuse peuvent finir par rendre absolue l'occlusion du canal cholédoque. Dans ces sortes de cas, les voies biliaires se trouvent souvent énormément dilatées et le foie agrandi offre les caractères d'une stase biliaire excessive. — Pour ce qui concerne l'état delà vésicule dans le rétrécissement ou l'oblitération des canaux excréteurs de la bile, voyez chapitre lU.

§ 3. — Symptômes et marche.

Le catarrhe des voies biliaires se trahit facilement, dans la plupart des cas, par les symptômes de la stase et de la résorption biliaires. Lorsque ces derniers symptômes se déclarent et progressent lentement, la grande fréquence de l'ictère calarrhal, comparativement aux autres formes d'ictère, doit, avant tout, faire songer à l'existence d'un catarrhe des voies biliaires. Or comme ce dernier ne se manifeste pour ainsi dire jamais à l'état primitif, mais se joint presque toujours à un cîitarrhe gastro-intestinal, un fait presque caractéristique du catarrhe des voies biliaires, c'est que les symptômes du catarrhe gastro-duodénal précèdent de plusieurs jours et môme de quelques semaines les phénomènes iclériques et coexistent ensuite avec ces derniers pendant la durée de la maladie. C'est dans ce sens que l'on peut compter au nombre des prodromes et des symptômes de l'ictère catarrhal la langue chargée, le goût amer, les renvois et d'autres phénomènes de dyspepsie. — A mesure que le catarrhe des voies biliain^s se prolonge et que les conduits excréteurs de la bile sont oblitérés davantage, les selles sont plus décolorées, la coloration ictérique de la peau et de Furine devient plus intense, enfin l'état général et la nutrition des malades sont dans un état de souffrance plus prononcée. Dans bien des cas, le foie est sensiblement gonflé, quelquefois même il Test à un haut degré.

Si la maladie doit suivre une marche heureuse, l'amélioration s'annonce d'habitude après huit à quinze jours par le retour de l'appétit, par la disparition de l'enduit de la langue, par la diminution des phénomènes de dyspepsie. Ou est alors en droit d'espérer qu'en s'amendant, le catarrhe gastro-duodénal sera èplementsuiNÎ d'une amélioration de l'autre catarrhe, celui des voies biliaires; et en efl'et, presque constamment, après peu de jours, les selles reprennent leur couleur naturelle; on reconnaît par là que le canal cholédoque est débarrassa».

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