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CHAPITRE m

RÉTRÉCISSEMENT ET OCCLUSION DES CANAUX EXCRÉTEURS DE LA BILE, ET DILATATION CONSÉCUTIVE DES VOIES BILIAIRES.

g 1". — Palhogénic et étiologic.

La cause de rétrécissement ou d'occlusion la plus fréquente consiste, pour les canaux excréteurs, dans un gonflement catarrhal de leur muqueuse ou dans une accumulation de mucosités. Les autres causes qui peuvent occasionner le rétrécissement et l'occlusion des canaux excréteurs de la bile et la dilatation consécutive des voies biliaires au-dessus de l'endroit oblitéré sont : 1*" des /mmeurs qui compriment les canaux excréteurs ou végètent jusque dans leur intérieur. Tantôt ce sont des carcinomes qui parlent du foie, du pancréas, de Testomac, du duodénum, tantôt des glandes lymphatiques tuberculeuses ou dégénérées d'une autre manière, tantôt des abcès, dans des cas rares des kystes d'échinocoques, des anévrysmes, ou le côlon distendu par une accumulation de matières fécales durcies. — 2*" Quelquefois, une occlusion plus ou moins complète des canaux cholédoiiue, hépatique et cystique résulte des coarctalions cicalricielles qui persistent dans les canaux excréteurs de la bile et dans le duodénum après la guérison d'ulcères développés dans ces organes, ou bien d'un épaississement et d'un racornissement consécutifs du péritoine après l'évolution d'une péritonite ayant eu pour effet un tiraillement et une flexion forcée des canaux excréteurs de la bile. — 5" Enfin des corps étrangers, surtout des concrétions pierreuses peuvent rétrécir ou oblitérer ces mêmes canaux excréteurs.

La dilatation consécutive (les voies biliaires se borne aux canaux bilifères du foie, lorsque le canal hépatique est seul rétréci ou oblitéré. — L'obstacle siéget-ily au contraire, dans le canal cholédoque, alors la dilatation s'étend à la fois sur le canal hépatique, sur le canal cystique et sur la vésicule. — Lorsque enfin

Oi)f} MAUDIES DES VOIES BILIAIRES.

c'est le canal cysiique qui se trouve seul oblitéré, la bile, il est vrai, ne peut pas plus entrer dans la vésicule qu'elle ne peut en sortir, mais la muqueuse, après comme avant, continue de sécréter, et le produit de cette sécrétion ne trouvant plus d*issue, la vésicule est plus ou moins distendue par l'accumulation du mucus. C'est cet état que l'on a désigné du nom à'hydropisie de la vésicule biliaire {hydrops vesicœ felleœ).

g 2. — Anatomie pathologique.

Suivant que c'est Tune ou l'autre des causes indiquées au paragraphe précédent qui exerce son action, les modifications anatomiques, sauf le résultat commun du rétrécissement et de l'occlusion des canaux excréteurs de la bile, prennent dos formes si variées que nous devons renoncer à en fournir ici la description détaillée. Le canal cholédoque, quand sa lumière est bouchée, peut atteindre le calibre de l'intestin grélc, et cette dilaUition peut se propager le long du canal hépatique et de ses ramifications jusque dans les canaux bilifères capillaires. La vésicule est dilatée également, mais cette dilatation n'atteint pas en général un degré aussi disproportionné que celle des canaux bilifères, car le canal cystique, à raison de sa réunion à angle aigu avec le canal cholédoque, supporte une compression (le la part de ce dernier à mesure qu'il se dilate. Le foie offre les modifications que nous avons décrites comme caractérisant les degrés les plus élevés (le la stase biliaire; il est d* abord agrandi, et les canaux bilifères dilatés, vus à la surface d'unti coupe, ressemblent à de grands kystes remplis de bile; plus tani, ]v foi(î peut Titre diminué de volume par l'atrophie des cellules hépaticiuos. — Dans les cas {ïhijdnrpisie de la résicide, cette dernière est transformée on une poche transparente, tendue et résistante, de la grosseur du poing et même d'uiif t(*te d'cMifant, et renfermant un licpiide séreux semblable à la synovie. Ses fibres musculaires sont écartées les unes des autres et atrophiées; la muqueuse a perdu sa texture normale et ressemble à une membrane séreuse. — Dans quelques cas, l'occlusion du canal cysli(|ue produit une désorganisation de la vésicule; le contenu ninqueux et biliaire de cette dernière est épaissi et transformé en une masse crétaccuî, en mènui ttunps que les parois de la vésicule s'hyperlropliient sous Tiniluence d'une inllammation (thronique et se racornissent; finalement il ne reste plus qu'une tumeur dure, ayant à peine le volume d'un œuf de pigeon et remplie d'une bouillie calcaire.

^ 3. — Symptômes et marche.

L(S symptômes de la stase biliaire la plus forte, non compliqués par ceui du catarrhe gastro-duodénal, mais quelquefois accompagnés de symptômes de n^ir [)lasnïes et d'anlres tumeurs de l'abdomen, ou d'une péritonite rlinmique, «mdr calculs biliaires, etc., tel est le tableau du rétrécissement et do roiTiusîuu d».-? canaux hépalitjue et ( holéd(u|ue. L'ictère est plus considérable, les soUes pl»*^ déc(dorées cpie dans n'impiule «luelle autre stase biliaire. Ordinairemeul on ^«^ vient à constater un agrandissement du foie, et, si le canal cholédoqui: e&l (>

même temps oblitéré, on sent la vésicule remplie et dilatée. Souvent aussi on est à même de constater, par la suite, la diminution consécutive du foie. — S*il se trouve dans l'abdomen des tumeurs cancéreuses appréciables, si des coliques hépatiques ont précédé, ou bien si d'autres phénomènes permettent de juger la manière dont Tocclusion s'est accomplie, le diagnostic gagne en précision. Dans la plupart des cas, on ne peut reconnaître que le fait même de l'occlusion, sans en distinguer les causes.

Vhydropisie de la vésicule biliaire, si elle existe à l'état de simplicité, sans complication de rétrécissement et d'occlusion des canaux cholédoque ou hépatique, est facile à reconnaître. Si l'on trouve une tumeur piriforme dans la région qui correspond à la dépression où est logée la vésicule, tumeur arrondie vers le bas, mobile, quelquefois fluctuante, et si cette tumeur existe chez un malade qui n'est pas ictérique, on est en droit de supposer une occlusion du canal cystique et une dilatation de la vésicule biliaire produite par des mucosités, autrement dit une hydropisie de la vésicule biliîiire.

Comme nous ne sommes, pour ainsi dire, jamais en état d'éloigner la cause du rétrécissement ou de l'occlusion des voies biliaires, un traitement suivi de succès ne peut être institué contre ces sortes d'affections.

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