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ATÉLECTASIE, COLLAPSUS, COMPRESSION DU POUMON

J !•'. — Pathofénie et étiologic.

D peut arriver que le contenu des alvéoles soit diminué, et que leurs parois finissent par se toucher. Ce dernier état, qui est normal pendant la vie intrautérine, peut persister, après la naissance, dans quelques parties du poumon; on lui donne alors le nom iïatélectasie congénitale. Dans d'autres cas, l'air contenu dans un certain nombre d'alvéoles est résorbé plus tard ; les alvéoles s'afûissent : cet état est nommé alélectasie acquise^ coUapms du jmitnon. Enfln, dans un troisième ordre de faits, l'air est chassé des alvéoles par une pression extérieure; alors il s'agit de compression du poumon.

Vatéleetasie congénitale se rencontre plus souvent chez les- enfants faibles, surtout chez ceux qui sont venus avant terme, ou qui, après un travail difficile, se trouvent, en naissant, dans un état de mort apparente. On dirait que les alvéoles, qui ne se sont pas remplis d'air immédiatement après la naissance, trouvent, par la suite, plus de difficulté à se distendre : ainsi les enfants qu'on n'a pas excités à pousser des cris, qu'on n'a pas forcés, de cette façon, à faire, dés les premières heures de leur vie, de profondes inspirations, sont, le plus fréquemment, affectés d'atélectasie. Dans d'autres cas, il paraît qn'im catarrhe que les enfants avaient en venant au monde ou qu'ils ont contracté dans les premières heures de leur vie, a donné lieu à l'actélectasie ; dans ces circons-

lOft MALADIES DU PARENCHYME PULMONAIRE.

tances, quelques bronches étaient rétrécîes ou altérées, et empêchaient l'air (l'arriver jusqu'aux alvéoles respectifs.

Le collapsus du poumon ou atélectasie acquise est toujours en coïncidence avec un catarrhe bronchique aigu ou chronique, et s'observe assez souvent chez les enfants, parce que, chez eux, les bronches sont étroites et se ferment facilement. Chez les adultes, il accompagne quelquefois le catarrhe aigu, qui est symptomatique du typhus (1).

La compressioti du pouman est produite par des liquides ou de l'air, plus rarement par des tumeurs dans le sac pleural; par des épanchements dans le péricarde, par des anévrysmes, par des déviations de la colonne vertébrale, des affaissements du thorax, enfin par des épanchements très-considérables dans la cavité péritonéale, par lesquels le diaphragme est poussé en haut.

Jj 2. — Anatomie pathologique.

Dans Yalélectasie congénitale j on trouve le plus souvent, à des endroits circonscrits, rarement sur l'étendue de la moitié d'un lobe ou sur un lobe entier, le parenchyme malade un peu affaissé au-dessous du niveau des parties qui renferment de l'air. Ces endroits ont une couleur d'un bleu foncé, sont denses, ne crépitent pas quand on les incise; la surface de section est lisse et gorgée de sang. Dans les premiers temps de leur formation on peut les insuffler facilement; plus tard ils deviennent plus compactes, plus pauvres en sang, et quelquefois on ne réussit plus à les insuffler, les parois alvéolaires paraissant avoir des adhérences plus fortes entre elles.

Les modifications du parenchyme, dans Yatélectasie acquise^ sont, à peu de chose près, les mômes que celles que nous venons de décrire. Rokitansky a désigné, dans le temps, cet clat sous le nom de pneumonie calarrhale. Les endroits bleus, déprimés, vides d'air, produisent, dans ce cas, un contraste plus grand encore a coté du tissu pulmonaire emphysémateux qui les entoure; si l'on incise les parties atélectasiées, on tombe généralement sur un bouchon épais, mucoso-purulent, qui obture la bronche qui s'y termine. Si cet éUtt dure longtemps, on voit apparaître dans ces parties bleuâtres, épaissies, atélectasiées, des foyers circonscrits jaunâtres qui, d'abord solides et denses, fmissent par se ramollir. Ces foyers représentent des pneumonies catarrhahîs lobulaires, et sont dues à la formation considérable de jeunes cellules qui, ne pouvant pas être éloignées des alvéoles affaissés, subissent une transformation graisseuse et une destruction moléculaire.

Enfin, quant à la compression du pounum^ on remarque, dans les cas légers, une augmentation de la compacité, de la consistance du parenchyme pulmonaire, qui est plus serré, sans que, pour cela, il soit devenu complètement vide d'air. A un degré plus élevé de compression, l'air s'est échappé des bronches et

(1) Rokitansky croil que dans le catarrhe chruiii(|uc des luoaclics les cavonios liroaclicctasiques résultent de rotduration de petites bronches, de rafTathscnient des alvéoles qui coiuiumiiquent avec ces dernières, enlln de la vacuité complète du tissu afTaissé. Nous décrirons ces cavernes eu parlant de la cirrhose du poumon qu'elles accompagnent souvent.

Dimmrnoif du volume d*air des alvéoles. i05

des alvéoles, mais la compression n'était pas assez forte pour aplatir les vaisseaux et en chasser le sang; le poumon, plus compacte, est rouge, gorgé de sang, humide, semblable à un morceau de chair musculaire; on dit, pour cette raison, qu'il est camifié. Au dernier degré, les vaisseaux sont aussi comprimés, le poumon est vide de sang, gris, d'une couleur plombée, et souvent il est transformé en une couche mince, coriace, ressemblant à un lambeau de cuir.

J 3. — Symptôme* et marche.

Les symptômes de YoUéleciasie congéfiUale sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux, si souvent décrits, de la respiration insuffisante, de la décarbonisation incomplète du sang : les enfants respirent très-vite, sans soulèvement apparent du thorax; ils donnent pres(|ue toujours, ne crient pas comme les autres enfants, mais gémissent faiblement; ils ne peuvent pas teter avec force; ils pâlissent, leur peau devient fraîche, même froide, leur nez pointu, les lèvres prennent une coloration livide, plombée, et ils succombent généralement dans les premiers jours de leur vie; rarement ils vivent trois à quatre semaines; la mort ne survient pas, d'ordinaire, pendant des convulsions, mais le plus souvent au milieux des symptômes d'une paralysie générale. Ce n'est que dans un petit nombre de cas qu'on parvient à découvrir, par la percussion, que le 'parenchyme pulmonaire, en contact avec le thorax, est épaissi, car les endroits atélectasiés ont rarement une grande extension.

Si le œllapms pulnumaire s'ajoute à la bronchite capillaire des petits entants, il ne peut être reconnu avec précision que dans un petit nombre de cas. Nous avons vu, en parlant de la bronchite, que les enfants peuvent présenter tous les symptômes de la respiration insuffisante et de l'empoisonnement par facide carbonique, sans que les alvéoles s'affaissent, et par le seul fait de l'ocdusioD d'un grand nombre de petites bronches. Si donc les symptômes dont nous venons de parler se déclarent dans le cours d'une bronchite capillaire, oa n'est en droit de diagnostiquer une atélectasie acquise que lorsque le thorax présente de la matité sur une certaine étendue. — Il est très-important de .^voir qu'une matité étendue chez les petits enfants doit être attribuée avec plus <it' vraisemblance au collapsus pulmonaire, ({uoique rarement cette maladie s'é- Me à de grandes parties du poumon, plutôt que rattachée à une pneuinonie ^upale, affection encore plus rare chez les tout petits enfants, ou à une pneu nionie catarrhale, qu'on ne voit presque jamais s'étendre sur le lobe entier du IKHimon.

Les symptômes de œmpreiisiofh ne peuvent que difficilement être séparés de ^ux qui appartiennent aux processus qui ont amené cette compression. Dans li^ cas où les vaisseaux du poumon sont comprimés, on voit s'ajouter aux phé- XHoènes de la respiration incomplète des troubles de la circulation semblables à ceux que nous avons notés dans l'emphysème : trop de sang dans le cœur ^t, dilatation, hypertrophie de cet organe, un trop-plein dans les veines de ^ grande circulation, cyanose, stases veineuses dans le cerveau, le foie, les ^ns. Dans ces cas encore, le cœur gauche reçoit trop peu de sang des capil*

laires non comprimés; le pouls est petit, le teint pâle, la sécrétion urinaire est diminuée. Dans les cas de compression étendue du poumon, les malades finissent aussi par succomber à Fhydropisie. L'influence que la compression d'une forte partie du poumon exerce sur la distribution du sang dans les parties non comprimées est très-importante. Si le cœur droit ne peut verser son contenu que dans un poumon, la pression du sang sera très-augmentée dans le poumou sain, et c'est de ce côté que vient alors le plus grand danger par suite du catarrhe considérable et de T œdème qui s'y développe; ce danger peut indiquer la saignée, etc. Si les parties inférieures du poumon sont comprimées, l'hypérémie qui en résulte (par fluxion collatérale) dans les parties supérieures peut mettre la vie en danger et exiger la ponction. Le même phénomèfie se produit chei les bossus, si une partie du thorax est rétrécie et qu'il en résulte une compression du poumon; les parties non comprimées sont affectées d'hypérémie, de catarrhe et d'œdème.

Un phénomène curieux, c'est que les bossus ne présentent de symptômes de dyspnée et de cyanose que dans l'âge de la puberté, tandis que, pendant leur enfance, ils pouvaient respirer facilement et ne présentaient pas d'anomalie dans la circulation. Ce fait d'expérience se comprend facilement, si l'on songe que les os déformés par le rachitisme sont d'ordinaire retardés dans leur croissance, même après que la maladie principale a complètement disparu. Si le thorax et les vertèbres dorsales étaient le siège principal du rachitisme, la déformation de ces parties ne donnerait peut-être pas lieu, dès l'origine, à un rétrécissement du thorax; si, plus tanl, le reste du corps se développe d'une ina« nière normale, tandis que le thorax est retardé dans sa croissance, il y aura disproportion, d'un côté, entre l'espace suffisant au poumon d'im enfant, mais non à celui d'un homme ; de l'autre côté, entre les dimensions du reste du corps et la quantité de sang correspondante. Les bossus preiment alors l'aspect, le teint que nous avons vus chez les emphysémateux, ont une respiration très-courte et succombent généralement, à un âge peu avancé, aux suites des troubles de la respiration et de la circulation. Chez eux aussi c'est une exception de rencontrer des tubercules.

8 4. — Trailcnienl.

Il faut porter tous ses soins à ce que les enfants nouveau-nés poussent des cris énergiques et que les mucosités soient convenablement éloignées de leur bouche; s'il y avait une accumulation de mucus dans les bronches, on leur donnerait un vomitif composé d'ipéracuanha et d'oxymel scillitique. Si, malgré cela^ la respiration reste incomplète, on les mettra de temps en temps dans un bain tiède et on leur donnera une douche froide sur la poitrine avec une seringue. On ne laissera pas de pareils enfants dormir trop longtemps; s'ils ne crient pftS spontanément, on les y fotrern de temps en temps en leur brossant la plante des pieds, etc.; s'ils ne tettent pas, on les nourrira à la cuiller; on leur donnera A^ préférence du lait extrait du sein de la mère; on leur fera prendre de temps en temps quelques gouttes de vin, et quand il y a tendance au refroidissement, on

HYPÉRÉMIS DU POUMON. 107

■e les bîiaera pas 8*endonnir dans le berceau, mais dans les bras de la mère ou de la nourrice. Dans ces cas, les précautions continues sont souvent couronnées d*ui succès soqirenant.

Le traHemenl de Tatélectasie acquise est le même que celui que nous avons recommandé dans la bronchite capillaire^ si cette dernière affection a donné lien à Tobstruction de petites bronches. Si Ton parvient à enlever les obstacles, Fair rentrera le plus souvent dans les alvéoles affaissées.

La compression du poumon exige avant tout un traitement indiqué par la maladie primordiale et un traitement symptomatique des troubles de la circulation qui pourraient mettre la vie en danger.

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