I. Nous observons les flu,rions vers le poumoti
1* Dans VadivUé augmentée du cœur. Nous voyons de jeunes individus, vers fige de la puberté, surtout des sujets élancés, à poitrine étroite, se plaindre de palpitations de cœur, souvent après les causes les plus futiles, après des efforts corporels modérés, après l'usage de boissons excitantes en faible quantité, etc.; Bous trouvons l'impulsion du cœur considérablement augmentée, et nous voyons «"ajouter à ces symlômes des phénomènes d'hypérémie pulmonaire. Mais sans éré- Ikisme du cœur et sans une disposition particulière, les efforts corporels exagéra, les excès des piritueux, les agitations psychiques considérabh^s, la colère, etc., provoquent des hypérémies pulmonaires dangereuses en même temps que des contractions du cœur plus fréquentes et plus fortes. 11 arrive trop souvent que fca fous furieux ou les malades affectés de delirium tremem sont brutalement
(1) Si let fibres musculaires d'une petite veine se roiitracteiit, et si ce n>tr<*risseinent (M'idem- *^ de nature acliv^ |trn<luit un tr()|>-pUMii dans les ra|iill.-iin's, il M*ra |>en lo^çique de donner * c^ bypérémie le nnni de patmvf.
i08 MALADIES DU PARENCHYME PULMONAIRE.
jetés sur un lit de force et abandonnés à un gardien barbare; trop souvent on léi trouvé le lendemain matin morts dans leur lit, la bouche couverte d'une écorne sanglante; à Tautopsie, on découvre comme unique cause de la mort une hypérémie pulmonaire considérable et un œdème aigu du poumon. Il est difficile d'expliquer ces accidents : dans la plupart des organes de la grande circulation. Une activité exagérée du cœur ne détermine pas par elle-même une hypérémie; si les artères sont remplies, si leurs parois sont tendues, les veines sont d*autmil moins gorgées, et la tension de leurs parois est d'autant moindre. Si, par conséquent, l'afflux vers les capillaires est augmenté, l'écoulement du sang de ees vaisseaux est facilité au même degré; la circulation est accélérée sans quek quantité absolue de sang renfermée dans les organes soit augmentée. Nous n'essayerons pas d'expliquer pourquoi dans le poumon ces conditions ne sont plus les mêmes, pourquoi l'activité augmentée du cœur suffit à elle seule pour y déterminer une hypérémie; car nous ne connaissons pas même d'une manière sufTisante l'état normal de la circulation dans le poumon, nous ne savons pas même quelle est la pression normale dans l'artère pulmonaire, si le thorax n*est pas ouvert.
2"* Nous comprenons plus facilement les cas de fluxion vers le poumon, qui sont déterminas par des irritations directes^ par l'impression momentanée du froid sur la muqueuse pulmonaire, par la respiration d'un air très-chaud ou mêlé de substances irritantes. Dans ces cas, il parait que les tissus renfermant les capillaires devieiment plus mous et qu'ils ofl^rent moins de résistance à h dilatation de ces vaisseaux. Les mêmes causes produisent des fluxions vers la peau, quand elle est soumise à leur influence : la peau devient rouge quand elle a été exposée pendant peu de temps au froid, quand on y applique un cala* plasme chaud ou un sinapisme. Probablement, les fluxions chroniques qui ac* compagnent la formation et le ramollissement des produits hétéroplastiques, dn cancer et surtout des tubercules du poumon, se sont développées de la ménift façon et doivent être rapportées à un état de mollesse anormal du tissu pulmonaire.
3° Une troisième forme de fluxion vers des régions circonscrites du poumon a été trop peu appréciée, nous en avons déjà fait mention en parlant de l'eai- ' physème et de la compression : dans tous les cas où une stase dans les capil* laires empêche la circulation, où les capillaires sont comprimés ou atrophiés, il se développe forcément une hypérémie dans les sections du poumon dans lesquelles la circulation ne rencontre pas d'obstacles. Il est impossible que cetli fluxion collatérale ne se manifeste pas par des symptômes dans la plupart daf afl'ections pulmonaires; c'est une nécessité physiologique, car si l'on fait la Wpf ture d'un tronc vasculaire d'une certaine dimension, on retrouvera, on poorit même mesurer l'augmentation de la pression dans les vaisseaux non liés; cetUi pression collatérale seule nous explique de la manière la plus simple des synp" tomes qui, sans elle, seraient très-difficiles à comprendre; elle nous donne h clef de î'efl'et des saignées dans la pneumonie, dans les épanchemenls pleurétiques, etc.
/t° Enfin, nous avons déjà dit qu'une raréfaction de Vair dam ks ahMm
HYPéRÉMlE DU POUMON. 109
diMuie lieu à une Ouxion vers le poumon, par le même mécanisme qu*une ventouse ou la botte de Junod produit une fluxion vers la peau. L'abolition ou au moins la diminution de la pression que subissent les capillaires des alvéoles quand un enfant dilate le thorax avec la glotte rétrécie, est la cause principale, comme nous Tavons vu, du peu de succès de la trachéotomie.
II. La siase sanguine^ Vhypêrêmie pamte^ dont on sépare à tort celle de cause mécanique, se produit dans les cas où les veines pulmonaires sont trop remplies, leurs parois trop distendues. Le sang ne peut s*écouler que difficilement des capillaires, et les artères en amènent constamment, même quand elles tmt peu distendues, car les parois artérielles ont toujours une tension beaucoup plus forte que celle des capillaires. (Le sang |>asse des artères dans les capillaires lorsque le cœur a déjà cessé de se contracter.) Il en résulte que la stase sanguine produit dans les capillaires une dilatation beaucoup plus grande que la flttiion; car, par suite d'obstacles considérables à la circulation veineuse, le fang se rendra dans les capillaires, devenus, pour ainsi dire, des appendices borgnes des artères, jusqu'à ce que la tension des parois capillaires soit égale à celles des artères qui y aboutissent, ou bien juscprà ce que la membrane, trop fine pour résister à cette pression, subisse une rupture. Les stases dans les capillaires du poumon surviennent : 1* Spécialement par suite de rétrécissements à Vorifice nuricnlo-refUriculaire fMcfo et par suite AHnsuffisance de la valvule mitrale. Ces maladies du cœur mit accompagnées toutes les deux de l'hypérémie pulmonaire la plus considérable; les ruptures des capillaires dilatés produisent la coloration brune du poumon induré, hypertrophié, dont la cause est avant tout une maladie de la valîttle mitrale (voyez chap. P'). Que l'oreillette ne puissent p(is se vider compiétement, que du sang soit rejeté dans l'oreillette pendant la systole, ces phénomènes doivent tous deux empêcher nécessairement la déplétion des veines prifflonaires et donner lieu à une turgescence des capillaires.
2* TmU affaiblissement de l'action du coeur a pour conséquence une déplétion incomplète de ses cavités, et partant un écoulement imparfait du sang des ^ veines. Ici, la quantité de sang qui arrive par les artères n'est pas diminuée en pnrportion de la difficulté qu'éprouve le sang de passer des capillaires dans les woes; de cette façon, nous voyons que les fièvres asthéniques, dans les(|uelles lei contractions du cœur sont fréquentes, mms incomplètes, comme dans le typkos, la fièvre puerpérale, la pyohémie, etc., sont constamment accompagnées de stases dans les capillaires du poumon. Avec la diminution de l'action du cœur, il se présente, dans les parties déclives du poumon, un nouvel élément qui s*oppose à l'écoulement régulier du sang par les capillaires, c'est la pesanteur, (jeiohsUkc\e est facilement vaincu par les contractions énergiques du cœur; mais si cet organe s'affaiblit, nous voyons se développer des phénomènes hyposbtiqaes,et des hypérémies se déclarer dans les parties déclives. Un homme bien portant peut rester couché des mois avant que cette forme d'hypérémie, Yhyposlasey se développe dans les capillaires du dos et amène l'excoriation, ou donne lieu, dans le poumon, aux différentes pluises de l'hypostase pulmonaire, tandis
i!0 MALADIES Dt' PARENCHYME PULMONAIRE.
que l'excoriation et Fhypostase du poumon accompagnent presque constamment un typhus de longue durée, etc.
Nous avons vu que le gonflement et Timbibition des muqueuses, que la aé* crétion augmentée et modifiée des glandes qui s'y trouvent, sont les suites constantes de Thypérémie de ces membranes; les mêmes phénomènes s^observeut dans tous les cas d'hypérémie considérable des alvéoles : ici aussi les parois gonflent, deviennent plus humides, plus imbibées, mais la sécrétion ou, pour mieux dire, la transsudation qui se produit en môme temps dans les alvéoles, se distingue de celle de la muqueuse bronchique en ce qu'elle est liquide, séreuse. Si l'on pense que les glandes muqueuses deviennent déjà plus rares dans les petites bronches, et qu'elles manquent dans les alvéoles où on épithélium pavimenteux incomplet couvre la membrane amorphe, on comprendra que la sécrétion des alvéoles qui ne sont pas pourvus d'une \Taie muqueuse, doit nécessairement se distinguer de celle de la muqueuse bronchique.
Tandis que dans d'autres organes on désigne par œdème une transsudatioi séreuse dans l'intérieur des tissus seulement, on entend par cedème puliwmaire les seuls cas où le produit transsudé dans les mailles des parois est associé à on exsudât sur les surfaces libres, c'est-à-dire à un épanchemont dans les alvéoles.
L'œdème pulmonaire n'est pas toujours la conséquence d'une hypérémie con* sidérable, d'une augmentation de la pression que le contenu des capillaires exerce sur les parois de ces vaisseaux, mais il arrive dans le poumon, conune dans d'autres organes, que, même sous une pression faible, le sérum filtre à. travers les parois capillaires dans le tissu et les alvéoles, lorsque ce sérum renferme une très-faible portion d'albumine, — lorsqn^'il s^est développé nm mutf hydropique. Nous entrerons dans plus de détails sur ce sujet en traitant la mahb-* die de Bright.
Si, par suite d*une hypérémie hypostatique, il se développe un œdème, oo l'appelle œdènie hyposlaiique. Pour rhypéréniie hypostatique, nous avons appris à connaître une double cause de la trop grande quantité de sang dans les vaisseaux, il est donc facile à comprendre que, précisément dans cette forme, les capillaires sont le plus fortement remplis, que leurs parois sont le plus disteit— dues. En conséquence, il peut arriver que, dans cette forme d'hypérémie, nonseulement l'exsudation d'une solution étendue d'albumine soit augmentée, mais que toutes les parties du sérum sanguin, même la fibrine, traversent les parais capillaires devenues poreuses; on désigne ces cas sous le nom de pnmmmi^ hypostatiquey état qui se développe uniquement à la suite d'une stase sangoine, et qui n'a rien de commun avec l'inflammation proprement dite.
J 2. — Aiiatoniic pathologique.
Lorsque Vhypérémie est A un degré modéré, le poumon est boursouflé, rou|:^ foncé, les vaisseaux sont fortement gorgés, le tissu est imbibé, plus lâche, peii crépitant; si on l'incise, il s'écoule une grande quantité de sang, les broncb^^ renferment un liquide sanguinolent et écumeux (1). Si cettt* hypérémie a pcT'
I) Dans tous les cas de congestion active ou passive, les alvéoles pulnionairei |*éieBie**
HYPÉHÉMIE DU POUMON. '444
àsté Umglemp$ ou qu'elle a atteint une plus grande inlenriié, le parenchyme pulmonaire est foncé, d*un rouge bleu ou noir, le tissu interstitiel et les parois alvéolaires sont gonflés à un tel degré que le poumon, devenu plus dense, offre à peine quelques faibles indices de sa structure cellulaire. Le poumon, devenu de cette façon plus consistant, a une certaine ressemblance avec le tissu de la rate, et est appelé poumon splénifié.
Si de Vœdème s'est développé dans le poumon, cet organe est gonflé, il ne s'aflaisse pas quand on ouvre le thorax, il est redondant. S'il n'existe que depuis peu, la pression du doigt laisse une empreinte à peine perceptible; mais s'il dore depuis quelque temps, le parenchyme a perdu son élasticité, et l'empreinte ^y marque- plus distinctement et persiste plus longtemps. Si l'oedème est la conséquence d'une forte hypérémie, le poumon est coloré en rougr; s'il est un symptôme d'une hydropisie génétale, il peut être complètement pâle. Si l'on incise les parties œdématiées, il s'écoule par les surfaces de section un liquide tantôt clair, tantôt légèrement rougeàtre, tantôt mélangé avec plus ou moins do siBg liquide, qui souvent est en quantité énorme. Ce liquide est écumeux lorsque les alvéoles, non complètement remplis par le sénim, renfermiMit encore de Pair. Dans d'autres cas, on voit à peine quelques bulles, provenant des grosses bronches, se mêler au liquide; dans ces circonstances, le sérum a chassé tout l'air des alvéoles.
Dans Vhyposiase nous rencontrons les états déjà décrits : hypérémie considélable allant jusqu'à la splènification, ou bien œdème plus ou moins mêlé d'air, s'observant, le plus souvent, au même degré dans les parties postérieures des deux poumons, à côté de la colonne vertébrale. Si le malade était couché continnellement sur l'un ou l'autre côté, l'hypostase se trouve souvent limitée à ce côté et y prend une grande extension, tandis que l'autre poumon est sain. Si le contenu des alvéoles ne se laisse pas exprimer complètement aux endroits épaissis du parenchyme pulmonaire, si la section nous montre une surface confosément graimlèe, si le liquide qui s^écoule est légèrement troublé par de trèspetits coagulums fibrineux, nous avons affaire à la pneumonie hypostatique.
H 3. — Symptômes et marche.
Les degrés modérés de fluximi dans le poumon ne produisent pas de sympl^mes particuliers; les capillaires dilatés offrent à l'air une surface plus grande, bi circulation est accélérée et, par cette accélération, le renouvellement du sang se (ait plus vivement dans le poumon, double condition qui favorise et facilite réchange des gaz. Si la fluxion devient plus considérable, la dilatation du réseau ^pillaire si serré des parois alvéolaires peut suffire à elle seule pour diminuer b lumière des alvéoles; mais cet effet se produit mieux eiicore par le gonflement
te leur intérieur des corpuscules sphcriques volumineux qui ne sont autres que les celhiles 'épitbélium désintégrées et devenues vt'^siculeuses |>ar inibibitioii. Comme la s<'Tosité dans laquelle elles nagent contient habiluellement de rhéniatinCf elles offrent souvent aussi dans ^ intérieur des granules colorés. C^Dstammeut aussi dans la congestion simple il se joint ù ^éléments on eertaio nooibre de leucocytes. V. ('.
112 MALAliIE* bL PARE5CHI1IE PCUlû^JUBE.
<kr c^ (lafi/is et frar rao^riiUtiùii de 1a tnDifiuUii-^a : ilcrs ce moment il y a •ÀMiviXi: a U r^psntion. le i^jumon crr f^irat plus retevvir la même (pumtité dfair. Auësi. i<> yKTy3UXi*rs 'a p«>itriri<^ étrvibr. •iout lîvus a^vos parié dans le pan- '^r^ht r*. &e pliU^Ti^rDt de dy>pnér dan» leur a*:cês de palpilation, et désignent trrs-^i;trU:rrierit les s^nsatioiïs qu'elles épr*juTrnt sur la poitrine, en disant que U [t^jAVihK leur srinblr trup riirmplinr ou U th'.'rax tr.tp resîrrré. D s*y ajoute une lotji hr»:\e. s*r*:he; plus raremeot on observe un»r t:xpt*«:k'raUon écumeuse, mêlée de quelques stries sanzuinulenles: les doultrur» sur la poitrine manquent. Teiarnen physique ne fourriit rii^a d'anurmal. Nous puuv'jiis déjà noter ici que ces <:onj;e<îtîtinà habituelles vers la poitrine S'.*nt qu<rlquefois le préInde de la tuberculose, quoique cependant cela u'arhvtr pas aussi souvent qu'on le croit d'ordinaire.
Les kyp^rêmies violentes dont nous avuns déjà parlé dans la pathogénie, et qui doivent être considérées comme une conséquence d'une activité extraordinaire du Ciiïur, se dév«^l*jppent quelquefois très-rapidement et mettent la vîe en danger d'un instant à Tautre. f/est p<jur cette raison qu'on les appelle ordinairement ap<jpleiies pulmonaires. La dysimêe s'élève, en peu de temps, à un degré dangereux: la respiration est três-précipitêe, un peut à peine la compter; la sen-ation d*un trop-plein. d*une constriction de la poitrine, aujimente jusqa*à h ffuff'ication et aux an^roiss^- de la murt: à chaque accès de toux, même Oaibley fa Uiuche ?e remplit d'une quantité abondante d'une écume sanglante: les palpitations du cœur sont visibles, le pouls radial et les carotides trahissent ime «luraUiiidance de san$r dans les artères, la face est rou^e. Bientôt on voit survenir les «wnpti'imes de l'œdème qui \ient s'ajouter à cette forme d'hypérémie ^Te : les alvéoles, remplis de sérum, ne reçoivent plus d'air, et un em^ioisonnement ai^rii du san^' par l'acide carbonique mudilie le tableau : les malades, d^abord trèsaffilés, deviennent tranquilles, ils tombent dans un état de somnolence, la face pâlit, les muscles des bronches, paralysés comme ceux des autres organes, ne peuvent plus éloigner les sérosités qui s'y trouvent renfermées: de gros rAles, qu'on perçoit même dans la trachée, annoncent une tin prochaine, l'imminence de la suffocation.
Les symptômes de la fluxion aiguë produite par la respiration de gaz irritants, par exemple, sont modifiés par rirritaliuii simultanée de la muqueuse laryngienne et bronchii|ue, et sont accompagnés d'accès de toux violents. Les hypérémies qui sont provo<iuées par la tuberculose, le cancer du poumon, etc., et qui condui.<ïent principalement à des hémorrhagies bronchiques et pulmonaires, seront traitées dans le chapitre suivant.
Les fluxions collatérales ilu poumon prennent une part considérable aux symptômes que nous décrirons aux articles PummomCs Pleurésie, PnenmoikoraXj etc. Une grande partie de la dyspnée revient à la turgescence des capillaires^ au gonflement des alvéoles dans les sections du poumon non atteintes de la maladie; sans cette compliratioii, ou plutôt sans cette conséquence de Tembarras de II circulation, les alvéoles restés sains sufliraienl beaucoup plus souvent aux besoins de la res|>iration. Si la pression du sang est diminuée dans le cœur par saignée, la dyspnée tlisparait souvent d'une manière complète, quoique h
HYPÉRÉMIE DU POUMON. iiS
nladie principale persiste : la fluxion collatérale est modérée. — Si les malades ■mirait dans la première période d'une pneumonie, d'une pleurésie, ou peu de temps après que l'air est entré dans une cavité pleurale et a comprimé l'un des poomons, ils succombent à une hypérémie collatérale, à un œdème coUatéral. Qu'on relise des rapports d'autopsie, et l'on trouvera les signes de cette forme d'bypMmie, quoiqu'ils soient rarement pris en considération dans l'inlerprélation des symptômes.
La êUue i(mg¥ine produit une dyspnée plus considérable que la fluxion, même sans qne l'oedème s'y ajoute. Les malades affectés d'insufifisance et de rétrédssemenl de la valvule mitrale souflTrent ordinairement d'une dyspnée trèspénible, angmentée par le moindre mouvement, même sans qu'ils soient aflectés d'un catarrhe bronchique, sans que la stase des capillaires alvéolaires s'étende à leurs anastomoses en produisant un gonflement de la muqueuse bronchique et un rétrédttement des bronches. Ce phénomène se comprend facilement quand on pense que, dans la itase Mnguinej la circulation est ralentie au même degré ((D'elle est accélérée dans la fluxion; dans ce dernier cas, il n'y a qu'une cause qui produit la dyspnée, tandis que dans le premier cas il y en a deux. A l'asthme continu des personnes affectées de maladies du cœur, asthme dont nous avons déjà donné l'explication, il s'ajoute, et souvent d'une manière subite, inattendue, une dyspnée considérable et tous les symptômes que nous avons décrits dans l'apoplexie pulmonaire et la suffocation. Un épanchement dans les alvéoles s'est ajouté au gonflement de leurs parois, la respiration, qui n'était qu'entravée, est devenue insuffisante. Un grand nombre d'individus atteints de maladie du cnir meurent d'une stase sanguine aiguë, d'un œdème aigu, et souvent sans fi'on puisse reconnaître à l'autopsie les causes qui ont augmenté d'une manière si subite les obstacles de la circulation. Dans d'autres cas on voit, chez ces sortes <ie naïades, se développer peu à peu les symptômes de l'épanchement séreux ioM les alvéoles et de l'insuflisance de la respiration, jusqu'à ce qu'enfin la iBort survienne.
Si dans le cours d'une fièvre asthénique (qu'elle soit symptomatique d'un typhus ou d'une pyohémie, etc.) on voit survenir une respiration incomplète, superficielle; si la percussion nous indique un épaissement du parenchyme pulntonaire le long de la colonne vertébrale ; si l'expectoration fournit quelques Q^sehats séreux plus ou moins mêlés de sang, nous avons affaire à une kifpos^ase Pilmonaire ou à l'une de ses terminaisons.
Vouloir séparer les sifm[Aômes de VcBdème de ceux de Ykgpérimiey ce serait ^ une division qui n'est pas fondée en nature. L'œdème est un des sympttaes les plus importants qui s'ajoutent aux hypérémies, quand elles devienoient considérables. Cest le degré de la dyspnée d'abord qui nous fait conclure J foe cette complication, ordinaire et pour ainsi dire forcée, s'est déclarée, car le «I foaflemeni seul des parois alvéolaires ne donne jamais lieu à une dyspnée aussi f considérable que lorsque cette complication existe. Chaque fois que l'hypérémie I amène la mort, il y a un épanchement de sérosité dans les alvéoles. En second f lieu, nous avons les cradMs caradéristiques ; il n'arrive jamais ou il est trèsrare qu'une sécrétion d'une nature aussi liquide soit éliminée par la muqueuse mm'm — âdit. \, — %
ii& MALADIES DU PARENCilWE Pl'UtONAIIlE.
des bronches, et c'est avec raison que Ton considère comme d'un mauvais pronostic une expectoration abondante, liquide, transparente, plus ou moins mêlée de stries sanguines, lorsqu'elle remplace les crachats visqueux et rares des malades atteints de pneumonie. Vausaûtaiiofi aussi nous fournit des renseignements sur le développement de l'œdème; avec un peu d'exercice on peut facilement reconnaître des râles secs, c'est-à-dire des râles qui se forment dans un liquide visqueux, et les distinguer des râles humides, c'est-à-dire des râles qui se produisent dans un milieux moins dense. Très-rarement la sécrétion de la muqueuse bronchique donne lieu à des bruits de râles atusi humides que ceux qui se forment quand la transsudation séreuse des alvéoles remplit les bronches. Dans d'autres cas, on n'entend pas de brnU respiratoire aux endroits où l'cedème remplit les alvéoles et où l'air ne peut pas pénétrer; ce n'est que dans les cas exceptionnels qu'on perçoit la respiration bronchique (i). Enfin, la p^cussiony qui n'est pas modifiée par l'hypérémic seule, nous fournit quelquefois des renseignements sur l'œdème qui s'ajoute à Thypérémie. Le son est souvent distinctement tympanique dans le cas où les parois alvéolaires ont perdu leur élasticité par suide de l'cedème, et sont peu tendues sur leur contenu. Mais si tout l'air a été chassé des alvéoles par Tœdème, si le poumon n'en renferme plus, le son devient mat et vide, comme dans toute autre maladie où le poumon est devenu compacte.
Si les phénomènes que nous venons d'indiquer se rencontrent aux endroits où l'hypostase s'observe de préférence, nous avons affaire à cette forme d'hypérémie ou à ses terminaisons.
Enfin, quant à l'œdème pulmonaire dépendant d'une hydropisie générale, les phénomènes d'œdématie du tissu cellulaire sous-cutané ou d'épanchements dans les cavités séreuses, donnent le meilleur point de repère pour l'explication de la dyspnée qui s'ajoute aux symptômes précités. Si l'on observe en même temps une expectoration séreuse, des bruits de râles humides, un son tympanique ou mat à la percussion, on est en droit de considérer l'oîdème pulmonaire comme la cause de tous ces symptômes.
{( /i. — Diagnostic.
L'hypérémie et l'oedème pulmonaire se distinguent facilement des autres mala* dies du poumon, si l'on fait attention aux symptômes que nous venons de décrire. Hais il peut être difficile, quelque simple que cela paraisse dans les livres, de distinguer au lit du malade l'hypérémie active, la fluxion, de l'hypérémie passive, la stase; et c'est surtout dans ces cas que l'erreur a les conséquences les plus fâcheuses et conduit à des méprises qui souvent mettent la vie du malade en
(1) La respiration bronchique se fait quand les alvéoles, remplis de sérosité, ne renfemeal pas d'air, à condition que les bronches qui conununiquent avec l'endroit plus dense ne soieiit pas remplies en même temps de produits de sécrétions. U est facile à comprendre que cette dernière condition de la respiration bronchique manque presque toi^ours dans rœdëme. Noos reviendrons, da reste, eu parliuit de la pneumonie , sur la cause de cette modiRcatioii du bniil respiratoire.
UYPÉRÉIIIE DU POUMON. 115
daBfer. Ou confond, avant tout, les fluxions collatérales qui se développent dans le coun d'une pneumonie ou d'une pleurésie avec les hypérémies passives, dues à h diminution de Faction du cœur ou à la fièvre asthéuique. On observe si souvent que, dans l'épuisement final, le pouls devenant petit, le malade délirant, la langue étant sèche, il se développe des hypérémies passives et de l'cedéme dans le poumon, qu'on est tenté de croire à des hypérémies passives, à la stase par suite d'une paralysie commençante du coeur, lorsque dans une pneumonie récente le pouls devient petit et que les malades ont le délire, etc. On n'oubliera pas que, par suite de la stase dans un grand nombre de capillaires ou de la compreMion des vaisseaux, le ventricule gauche se ren^lil tnrompiélemeiil, que ce bit peul être la cause de la petitesse du pouls, et que les délires de la langue lèche ne sont nullement des symptômes pathognomoniques de Tasthénie. Dans la uuyorité des cas, lorsque la maladie est récente, nous avons affaire à des huions collatérales; le choc intense du cœur, les stases de la grande circulalion, l'absence des sueurs, si caractéristiques pour Tasthénie considérable, l'état du siyet peu de jours avant la maladie, nous fournissent les meilleurs points de repères pour distinguer cette forme d*avec Thypérémie pulmonaire dans les fièvres asthéniques.
2 5. — Pronostic.
Le pronostic de l'hypérémie et de Fœdème pulmonaires dépend essentiellement des causes déterminantes. En général, les fluxions qui ne sont pas dues i des produits hétéroplastiques dans le poumon, sont moins graves et plus susceptibles de guérison que les stases, dont les causes sont le plus souvent difficiles à écarter. Le pronostic de chaque forme en particulier peut être déduit de la description de la marche.
2 — Traitement.
Iniicatûm causale. — Nous savon que l'activité augmentée du cœur est une cause fréquente de fluxion vers le pou. jn; que chez les jeunes sujets les battements du cœur habituels, accompagnés d'hypérémie du poumon, sont souvent les précurseurs de la tuberculose; ces états exigent donc un régime strictement nifi et nu traitement rationnel. On défendra sévèrement Tusage des spiritueia, la ca(é, du thé, et l'on recommandera spécialement de laisser refroidir un peu ks aliments et les boissons avant de les prendre. On défendra, de la manière la plus absolue, de danser, de monter à cheval ou de faire d'autres mouvements corporels fatigants; mais on engagera ces personnes à se donner du mouvement fane manière modérée et régulière; autant qu'on pourra, on éloignera des malades toute excitation psychique. A ces mesimss de précautions il/aut joindre des descriptions par lesquelles on protégera la muqueuse pulmonaire contre toute inritation; on éloignera les malades des chambres trop chauffées, de celles où il y 1 beaucoup de poussière et beaucoup de fumée de tabac; on ne leur permettra pas de respirer un air froid. Ensuite on leur recommandera de prendre des bois-
8008 acidulées, des limonades, de la crème de tartre. Les cures de petit-lait i Interlaken, Soden, Wiesbaden, produisent un effet excellent; il en est de même des cures de raisins à Meron, Montreux, etc. Il est très-rare que, dans la tuberculose prononcée ou même avancée, les cures de petit-lait ou de raisins aient du succès; mais nous les recommandons vivement contre les formes d'hypérémies pulmonaires dont nous venons de parler, et Thabitude de voir dans ces cures des panacées contre la tuberculose elle-même, se fonde principalement sur l'effet admirable que ce traitement a souvent contre les prodromes de cette maladie.
Dans les formes collatérales de Thypérémie pulmonaire, l'indication causale exige le même traitement que la maladie fondamentale. Dans les sîates smiguines du poumon, on ne peut pas, la plupart du temps, remplir l'indication causale. Seulement, dans le rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche, on emploiera, comme traitement palliatif, la digitale, jusqu'à ce que les contractions du cœur soient ralenties. Dans ce cas, l'oreillette gagne du temps pour verser son contenu dans le ventricule, les veines pulmonaires se vident plus facilement, la stase est diminuée. Plus l'activité du cœur s'affaiblit dans le cours d'une fièvre asthénique, plus les excitants et une nourriture substantielle sont indiqués. Si l'hypostase menace de se déclarer, on fera changer, de temps en temps, la position des malades pour éviter des stases.
Quant à Vindication morbide^ elle exige une large saignée dans les cas de fluxion vers le poumon produit par une activité du cœur très-exagérée et menaçant la vie. Le succès, dans ces cas, est surprenant; dès que la quantité de sang est moindre, la pression diminue dans les artères, car elle dépend d'une double cause : en premier lieu, de l'énergie des contractions du cœur; en second lieu, du degré de plénitude des cavités de cet organe. Les malades peuvent inspirer plus profondément, souvent pendant la saignée déjà l'écume sanguinolente qu'ils expectoraient disparait, et la vie, qui peu d'instants auparavant était menacée, peut réellement être sauvée, dans ce cas, par les soins du médecin. Nous avons désigné cette forme de maladie par le terme d'apopleocie pxUmonairey car, le plus souvent, la mort arrive si vite, que le médecin appelé vient trop tard.
Les fluxions collatérales aussi exigent la saignée si elles menitcent la vie. Si, par les raisons que nous avons indiquées plus haut, cette opération diminue h pression dans le cœur, la pression dans les artères des parties hypérémiées sera aussi moins forte; les capillaires se désemplissent, la transsudation séreuse qui s'est déjà faite ou qui est sur le point de se faire, cesàe de se produire ou n*ar* rive pas, et nous voyons encore, dans ces cas, les malades respirer plus librement et plus profondément, souvent déjà pendant que le sang coule. Hais, dams la majorité des cas, la saignée a une influence défavorable sur la maladie elle* même; elle augmente le danger de l'épuisement des forces, de l'appauvrisse» ment du sang; on ne se laissera donc pas séduire par ces succès d'une rapidîlé si frappante, pour saigner les malades sans nécessité, c'est-à-dire sans na danger imminent. Si dans le cours d'une pneumonie, d'une pleurésie ou d'un pneumothorax récent, il s'ajoute à une dyspnée considérable des râles humides
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dus la poitrine, si Texpectoration demnt séreuse, etc., alors il ; t danger, alors on ne se dirigera pas d*après la petitesse du pouls, mais on verra dans ce dernier symptôme une nouvelle raison pour saigner (voyez § U). Plus le cas est rketUy plus il sera facile de reconnaître la fluxion collatérale comme telle, et plus on pourra être sûr du succès.
Si dans le cours des maladies du cœur susnommées on voit survenir les ijmptômes d'un œdème menaçant, le danger immédiat peut également exiger une diminution de la masse sanguine, et le soulagement qui survient après la ujgnée répond, ici encore, le plus souvent, à notre attente. Mais dans ces cas nssi il est de la dernière importance de reMreindre la saignée aux cas les plus fre$san$s. Les personnes affectées d*une maladie du cœur supportent mal les saignées; si leur affection date de longtemps, leur sang est, comme celui des emphysémateux, et par la même raison, pauvre en fibrine et en albumine, et montre une grande tendance à former des transsudations séreuses. La saignée, en diminuant la masse du sang, produit une diminution de densité de ce liquide; bientôt la quantité première s'est de nouveau formée par FabsorpUon de l'eau de nos tissus et du contenu de l'intestin, mais la disposition aux transsudations hydropiques, môme à l'œdème pulmonaire, est augmentée.
Dans les autres formes d'hypérémie pulmonaire que nous avons décrites, la saignée est tout bonnement nuisible. Cela est surtout vrai pour les hypérémies qui se déclarent dans le cours d'une fièvre asthénique ; quelque considérables qu'elles soient, quelque dangereux que soit l'œdème qui les accompagne, il faut s'abstenir de prendre du sang. Dans ces cas, tout doit tendre à relever l'énergie affaiblie du cœur, de cette façon seule on parviendra à en vider les cavités et à iaire couler le sang des veines pulmonaires; une saignée diminue l'énergie du cœur et augmente le danger. Comme les cas cités en dernier lieu sont beaucoup plus fréquents, comme ce genre d'hypérémie est le dénoûment de presque toutes les maladies longues et épuisantes, les bouillons forts, les vins généreux, le camphre, le musc, sont indiqués beaucoup plus souvent que les déplétions sanguines. Nous avons exposé, dans le paragraphe /i, les difficultés qu'on fprouve à distinguer le commencement d'une paralysie du cœur d'avec les Ouiions collatérales dans le cours des pneumonies; ces dernières conduisent tossi, finalement, à un affaiblissement des contractions du cœur, par suite d'une cisudation considérable et d'une fièvre intense.
L'œdème du poumon peut exiger, à côté de la méthode de traitement indiquée plus haut, l'emploi des vomitifs, lorsque la toux ne se produit pas avec assez 'énergie et que les muscles paralysés des bronches ne peuvent plus aider à l*apectoration du contenu séreux de ces canaux. Si donc les crachats ne peuvent plus être rejetés, si les râles continuent à se faire entendre dans la poitrine, nième lorsque le malade a toussé, on donnera le sulfate de cuivre, ou bien l'ipé- CKuanha avec le tartre stibié, mais seulement dans les cas où il y a encore de l'espoir de sauver la -vie du malade.
Enfin l'œdème pulmonaire dépendant d'une hydropisie générale, exige le ^^^ traitement que la maladie fondamentale; dans ces cas encore, un émé-
XALADIES DC MRKilCBlSE
tiqae peut être indiqaé. lorsque les parié se représentent.
PTUO^AIRE.
dont nous avons si souvent