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DÉGÉNÉRESCENCES DU CŒUR

2* Ccmr gras. — On doit en distinguer deux espèces : a. l'augmentation conâdèrpble des masses graisseuses qui recouvrent, à Tétat normal, la surface du cœur; b. la métamorphose graisseuse des faisceaux primitifs eux-mêmes. Dans la première espèce on rencontre sur le cœur, surtout sur le trajet des artères eoronaireSy le long des bords de Torgane et dans le sillon qui sépare les ventricules, une couche de graisse qui peut aller jusqu'à un centimètre et demi d'épiiMur. Au-dessous, la substance musculaire est ou dans son état normal, ou hien atrophiée et amincie sous la pression de la graisse. Dans quelques cas. Ta* trophie de la substance musculaire se fait pendant la formation nouvelle de tissu idipeux, sans que ce dernier prenne un développement extraordinaire. Cette vél^ûtion de graisse s* est donc accomplie, dans ce casy aux dépens de la substance nsculaire, de telle sorte que la paroi du cœur, qui conserve son épaisseur normle, n*est formée que par un tissu graisseux. Le détebfppement excédant de la froisse à la surface du cœur se rencontre assez fréquemment chez les individus dargés d'embonpoint, sains du reste, surtout lorsqu'ils sont arrivés à un âge amcé; mais on le trouve également chez les cancéreux, les tuberculeux et intres individus cachectiques, principalement chez les ivrognes. — La métamoT' plose graisseuse des faisceaux primitifs consiste dans la transformation des tbrilles en granulations graisseuses remplissant petit à petit tout le sarcolemme, et se réunissant plus tard en grosses gouttes de graisse liquide. Par là, la substance charnue se trouve changée de couleur et transformée en une masse d'un jaane pâle qui se déchire facilement. La métamorphose graisseuse des muscles du cœur est tantôt répandue sur d'assez grandes surfaces, tantôt elle ne se manifeste qu'à quelques endroits circonscrits, principalement sur les muscles papilhires. Elle figure assez souvent comme épiphénomène du marasme sénile à cèté de l'arc sénile, de la dégénérescence graisseuse des artères, etc., ou bien 00 l'observe dans ces états de marasme que l'on rencontre de bonne heure chez ks cancéreux, les individus atteints de maladie de Bright, les tuberculeux, etc. Ce qui peut encore la produire, ce sont les ossifications des artères coronaireSi la compression provenant des épanchements du péricarde, même l'excès de développement de la graisse qui recouvre le cœur et dont nous venons de faire ■ention. Finalement, nous rappellerons que, dans beaucoup de cas, les anoma-p lies valvulaires suivies d'hypertrophies consécutives donnent lieu à une dégénénseence graisseuse partielle. Le mode de formation de ces c fausses hyper-inpkies^ est assez obscur et presque sans analogie, tandis que la dégéné- Meence graisseuse des muscles du cœur par défaut de nutrition, par suite de pression, etc., trouve de fréquentes analogies dans la métamorphose graisseuse f autres organes dont la nutrition est en souffrance.

S' La dégénérescence colloïde dn cmtr se rencontre, d'après Rokitansky, prinûpalement dans le cœur droit hypertrophié; elle se distingue par l'aspect larbcé de la surface de section et la grande rigidité de la paroi. Ici, nous voyons 0 sarcolemme rempli par de petits amas d'un reflet mat, qui donnent la réacion particulière à la dégénérescence amyloîde : c'est-à-dire qu'ils se colorent n bleu par l'addition d'une solution d'iode et d'une solution d'acide sulfurique tendues.

mEVETEB. — 3* ÉDIT. • V — IN.

4*» Le cancer est très-rare dans le cœur; il ne s'y trouve que lorsqu'il j a d'autres productions cancéreuses très-répandues dans le corps, ou bien knqu'il y a été transmis par les progrès d'un cancer du médiastin ou du péricaitle. Il donne lieu à des tumeurs, circonscrites ordinairement, de la nature de l'en— céphaloîde ou du cancer mélanique. Ces tumeurs font saillie en dehors ou ei dedans, et quelquefois même végètent dans l'intérieur des cavités du cœur, d'autres cas, surtout ceux dans lesquels ces productions cancéreuses se mettent des organes circonvoisins au cœur, des proportions étendues de la stance cardiaque disparaissent dans la masse cancéreuse (« Cancer in61tré cœur >, voyez Cmwer infiltré du ponnwn).

5® Les tubercnles ne se développent presque jamais dans les substances d cœur. Les masses jaunâtres, caséeuses, que l'on trouve parfois logées din^. l'épaisseur du cœur, ne doivent pas être assimilées aux tubercules et trouteroiL». leur explication dans l'exposé delapéricardite.

6^ En fait de parasites, on a observe dans la substance musculaire du ccn^B le cyslicerquCy qui s'y rencontrait en même temps que dans d'autres muscles. (^

y a également trouvé des échhwcoques.

g 3. — Symptômes et marche.

Le relâchement du cmir après le typhus, les maladies exanthématiques, éc^, réduit nécessairement la force effective de cet organe, et cela d'autant plus (jn^il donne facilement lieu à la dilatation. Ce ne sera que dans ce dernier cas qu* l'on sera en état de reconnaître ce relâchement avec quelque chance de certî' tude. Si l'on trouve, après une maladie débilitante, un remarquable affaiblie sèment de l'impulsion du cœur avec extension de la matité précordiale, on est en droit de faire remonter, au moins en partie, à la modificaton de texture (h cœur la petitesse du pouls, les phénomènes d'hydropisie, les coagulations spot tanées dans les veines crurales, etc., que l'on rencontre dans ces circonstances (IV Si la preuve de la dilatation du cœ.ur ne peut être fournie, on reste dans le doole sur la question de savoir si le ralentissement de la circulation et le faible eottenu des artères proviennent de l'épuisement général ou du relâchement di cœur.

Le développement excessif de la couche g^^aissense qui recouvre le cemr ym chez les individus étrangers à la médecine un rôle très-grand pour l'explicatioi de la dyspnée et d'autres embarras éprouvés par les personnes chargées d'obésité. Lorsque cette accumulation de graisse n'entraine aucune atrophie musculaire du cœur, atrophie assez rare du reste, elle ne paraît provoquer anru trouble fonctionnel. Dans le cas contraire surviennent les phénomènes qM nous avons décrits précédemment au chapitre relatif à l'atrophie du cœur.

La dégénérescence graisseme du cœur lui-même diminue, tout comme le rdîchôment, les forces de l'organe, et occasionne, quand elle atteint le cœur entier, |

(1) La cyanose se développe rarement dans ces conditions, parce que la niasse du sanf cttd diminuée autant que la consistance de ce liquide, la coloration bleue ne saurait se prodaifi qneiid même les capillaires et les veines 'seraient engorgés. (lYofe tte FmUnr.^

âne dilatation. Lorsqu'il existe une dégénérescence graisseuse étendue, on peut loir sui^r les anomalies, déjà plusieurs fois mentionnées, de la circulation et de h distribution du sang. On sent une impulsion diminuée, un pouls petit, quelquefois singulièrement ralenti, une disposition aux syncopes, à raison de la faible quantité de sang artériel qui arrive au cerveau, etc. Quand la masse du sang n'a pas subi en même temps une diminution, c'est-à-dire quand la dégénérescence graisseuse du cœur dépend plutôt de causes locales que d'un trouble dans la nutrition générale, la cyanose et une hydropisie excessive peuvent être la suite de la maladie. Dans le dernier cas, compliqué le plus souvent d'autres modifications du tissu du cœur, telles que les exsudais dans le péricarde, l'induration calleuse du feuillet viscéral, etc., états qui tendent également à atTaiblir la force de propulsion de l'organe, on distingue difficilement quelle est la part que peuvent prendre ces états pathologiques à la production de tous les symptômes relatés, et quelle est celle qui revient à la dégénérescence graisseuse; et de la sorte, un diagnostic certain est impossible dans la plupart des cas. Nous en dirons autant du passage de l'hypertrophie vraie à l'hypertrophie fausse, par dégénérescence graisseuse des fibres musculaires hypertrophiées. Lorsque Timpulsion et l'énergie des contractions d'un cœur hypertrophié faiblissent visibleiQ^nt, lorsque la compensation d'une maladie valvulaire se fait moins bien qu'au- P^i^vant, il est permis de penser au passage d'une hypertrophie vraie à une 'hypertrophie fausse. — Enfin, au nombre des causes qui peuvent déterminer "^e insuffisance de la mitrale ou de la tricuspide, nous devons encore compter '^ dégénérescence graisseuse des muscles papillaires. — Quant à la rupture du ^Ur, à la suite de la dégénérescence en question, nous en parlerons an cha- P*>^ suivant.

I-a dégénérescence collatde du cœur ne peut être que simplement présumée, Vielle que soit la facilité avec laquelle on peut souvent constater la dégéné- ''^^oence colloïde du foie, de la rate, des reins, etc.; et il n'est pas probable V^^ jamais, sur le vivant, ce diagnostic puisse aller au delà d'un vague soupçon. Le cancer i les tuberculesy les parasites troublent également les fonctions du ^^uir; mais ce sont encore là des maladies qu'il faut compter au nombre de celks 4^i presque toujours échappent au diagnostic.

2 3. — TraitemenL

liorsqu'à la suite de l'épuisement par les maladies aiguës le C4Bur est relAcké^ étal réclame les moyens, souvent mentionnés, qui conviennent pour amé-

i^r la nutrition générale ; en outre on donnera des excitants peu énergiques, ••^ï^tottt le vin, etc.

1(68 malades qui par leur vie molle se sont attiré une obésité générale, et chei

te^fjuels on est en droit de soupçonner aussi um accumulaiion de graisse au

^^^tir, seront envoyés à Karlsbad, à Marienbad, etc. Le fait que pendant ces

^^U^ la graisse disparait, et que les vêtements des baigneurs deviennent trop

^^i^Ces, existe sans qu'aucune explication physiologique de cet effet se soit encore

^^erée au-dessus d'nne simple hypothèse.

Pour combattre la dégénérescence graisseuse du cœur, nous aurons i nous borner à un traitement symptomatique, et partout où elle est un phénomène dépendant du marasme général, on se contentera d'instituer un régime auleptique et d'ordonner des médicaments en rapport avec ce régime; peut-être réussira-t-on par là à enrayer les progrès du mal, sinon à Textirper complètement.

Il ne peut être question d'un traitement de la dégénérescence amf/Uide, des cancersy des tubercules et des parasites^ et cela d'autant moins que ces étiii morbides ne sont pour ainsi dire jamais sûrement reconnus.

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