‹ Eléments de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 68 sur 174 · Z6U MALADIES DES GROS VAISSEAUX · texte numérisé non relu

Z6U MALADIES DES GROS VAISSEAUX

Aux symptAmes qui dérivent de la compression des organes voisins s'qoolêit encore ceux du ralentissement de la circulatim. De ce nombre est avant tout h pausey qui s*observe souvent très-manifestement enire rimpulsûm du tœwr H celle de Fondée sanguine dans les artères qui naissent au delà de Fanécrfam, Ce phénomène devient surtout remarquable quand Tanévrysme siège entre In vaisseaux qui naissent de la crosse; alors le pouls se fait sentir plus tard d'à côté que de l'autre; on en est encore frappé quand l'anévrysme occupe Taorte d» cendante, parce que dans ce cas le pouls apparsdt bien plus tard aux extrémitéi inférieures qu'aux extrémités supérieures. L'hypertrophie du coeur ne pounrt compenser que temporairement l'obstacle que Fanévrysme oppose à la circahtion, les malades se plaignent, dans les phases ultérieures de TaCTection, non-«iiement de battements de cœur^ que, du reste, on rencontre partout ou le ecnr est obligé de développer une activité extraordinaire, mais encore on finira pv remarquer chez eux les irrégularités tant de fois mentionnées dans la dîstribition du sang; les artères perdent une partie de leur contenu, les capillaires et les veines se remplissent davantage; il se développe un marasme général et de Yhydropisie.

Si le malade ne succombe pas à ces phénomènes que nous venons de décrire en dernier lieu ou aux conséquences de la gène de la respiration ; si des mahdies intercurrentes ne mettent pas fin à son existence, la rupture de Fanévrfsm finit par se produire; mais on se tromperait, si l'on considérait cette terminaim comme constante ou seulement comme la plus ordinaire.

Si la rupture se fait en dehors^ après que l'anévrysme a déterminé une tumeur, la peau qui le recouvre devient de plus en plus mince, prend UBe teinte livide, puis noirâtre, et enfin se mortifie. Après un certain temps TesThare se détache; mais un flot de sang ne sort pas toujours immédiatement de la plaie qui résulte de cette élimination ; quelquefois le sang, retenu par des caillots, ne fait que sourdre petit à petit, et l'on peut môme réussir à arrêter par un tamponnement la première hémorrhagie, et ce n'est qu'à la suite d'hêmorrhagies répétées que le malade meurt épuisé. — Il en est autrement quand la nipluR se fait dans la plèvre, le péricarde, la trachée ou Vœsophage. Alors le malade meurt souvent subitement, dans un état de santé pîissable et après avoir présenlé les symptômes d'une hémorrhagie interne, d'une hémoptysie ou d*une hématèmèse abondante. — Quand la perforation s'est faite dans Yartère pnlmannire oa dans la mn^ cave, il se peut que la vie se consen-e encore un certain temfs. Les symptômes que l'on observe alors sont ceux d'une stase sanguine exceasn» dans les veines de la grande circulation.

Quoique les symptômes les plus importants des anévrysmes de l'aorte soieal révélés par l'examen physique, il n'en est pas moins vrai qu'une forte dtffpi^y la cyanose, la dilatation des reines de la moitié supérieure du corps, Yeuflm œdémateuse de ces parties, des douleurs violentes du enté droit et du bran drrfi Yinégnlité du pouls radial aux deux bras, une pause prolongée entre rimpnlsios du cœur et celle de Fondée sanguine nu.r e.rtrêmités, donnent pout le moins un haut degré de probabilité à rcxistcncc d'un ani''vrysnie île Taorle. — Les symptômes décrits varient selon le siège de ranrvrysmo dans Irlle ou telle rêgiun A* rartt>ro.

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les anévrysmes de Vaorte ascendante^ ce sont le plus fréquemment la re et le poumon qui se trouvent lésés, en sorte que la cyanose et Thyde la moitié supérieure du corps, jointes à une dyspnée opiniâtre, forsymptômes les plus constants de ce genre d*anévrysme. es anévrysmes de la crosse de PaorUy ce sont au contraire la trachée ou igue qui supportent la plus forte pression, d'où résultent des troubles lels correspondants; dans quelques cas, on remarque aussi une dysipendant de la pression supportée par l'cesophage. En outre, c'est dans x^nstance que l'on observe le plus souvent l'inégalité du pouls aux deux

» anévrysmes de Vaorte descendante thoraciquej on voit naître de viooleurs dans le dos, quelquefois l'impossibilité d'étendre la colonne ver- ^ même la paraplégie, si la destruction des vertèbres fait des progrès. e la déglutition peut devenir difficile et une forte dyspnée peut être par la compression du poumon.

ubles fonctionnels et les symptômes subjectifs occasionnés par les ané^ le Vaorte abdominale sont des plus variés. Par la pression sur les nerfs on de la colonne vertébrale, ces anévrysmes peuvent déterminer les névralgiques les plus vives, plus tard même la paralysie des extrémités îs; par la pression sur les organes de la digestion, des coliques, de la lon, des vomissements. En comprimant le foie et ses conduits, ils aire naître un ictère opiniâtre; enfin, ils engendrent quelquefois la réurine en comprimant les reins et les uretères. Lorsque l'anévrysme siège ement au-dessous du diaphragme, ce dernier, devenu douloureux, est en haut, et le cœur se déplace en haut et en dehors.

Symptômes physiques.

ongtemps que l'anévrysme de l'aorte enfermé par le thorax ne vient cher la paroi, l'examen physique reste stérile pour le diagnostic. Déjà st vrai, le bruit respiratoire peut être diminué dans l'un ou l'autre poiibien on entend une sibilance constante à l'endroit qui correspond à une iche comprimée ; mais ces phénomènes donnent lieu à une interprép variée pour permettre d'en tirer une conclusion certaine. e l'anévrysme vient toucher la poitrine, alors Yaspect extérieur permet, i dire, toujours de constater au point de contact une pulsation évidente, sent encore plus distinctement à la palpation, la, pulsation est isoec l'impulsion du cœur ou la suit de près, ordinairement elle est plus cette dernière et presque toujours accompagnée d'un frôlement partiimissement cataire). L'endroit où la pulsation se montre est, dans les 38 de l'aorte ascendante, ordinairement au bord sternal droit, dans le espace intercostal : dans les anévrysmes de la crosse, on la sent à la ) du sternum; dans ceux de l'aorte descendante thoracique, sur le côté ts dernières vertèbres dorsales. De nouveaux phénomènes sont révélés ci extérieur et la palpation, une fois que l'anévrysme a pénétré i tra-

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vers la cage ihoracique. Au commencement, on voit alors ordinairement lu espace intercostal qui forme une saillie bombée. Cette tumeur prend bienlàt de Textension d*unc manière continue, s'implante solidement sur le thom, et donne manifestement la sensation d'une excroissance venue de la profondeor. La forme demi-sphérique se perd quelquefois par la suite, et la tumeur derieit bossuée. Il arrive très-rarement, et seulement lorsque le sac est rempli de caillots, que la pulsation fasse défaut.

Le son de la percussitmj aussi loin que Tanévrysme s'appuie contre la pm ou la soulève en tumeur, est d'une matité absolue; la résistance aux doigts qâ percutent parait considérablement augmentée.

A Yausmltatiofi des anévrysmes qui s'appuient contre la paroi thoraciqae, m entend, ou des bruits anormatiXyOn un bruU normal simple ou double* L'explication de ces symptômes et de leur diversité est assez difficile. — Comme lei anévrysmes de l'aorte abdominale ne permettent pour ainsi dire jamais d'eitendre plus d'un sml bioiit, Bamberger suppose que les bruits diastoliques wh maux ou anormaux, que l'on entend dans l'anévrysme de l'aorte thoracique, sont le résultat d'une simple transmission du bruit des valvules aortiques. D'après lui, quand les valvules sont saines, on entend un bruit diastolique narmd; quand elles sont insuffisantes, un bruit diastoliqtœ anormal. — Le premier bnit que l'on entend en appliquant l'oreille sur un anévrysme, est produit, d'après Bamberger, par la tension et les vibrations du sac anévrysmal ; par contre, u bruit anormal systolique peut être transmis à l'oreille par l'orifice aortique rétréci ; ou bien il est dû à des vibrations irrégulières de la paroi anévrysmale, m bien enfin à la pression à laquelle l'anévrysme lui-même ou un vaisseau Toisii (l'artère pulmonaire par exemple) est exposé. L'existence de bruits anorroaiB systoliques dus à des rugosités de la paroi interne ou de Torifice de i'anévrysffle parait invraisemblable, et dans tous les cas très-rare, d'après Bamberger.

g 4. — Diapiostic,

C'est surtout avec les grandes tumeurs cancéreuses de laplh-re et du mMùufÎN) que Ton confond facilement les anévrysmes de l'aorte, (les tumeurs peuveÉ, aussi bien (pie les anévrysmes, rétrécir la cavité thoracique, comprimer et tirailler les organes voisins; elles peuvent même, en s' appuyant d'une part cootn l'aorte, de l'autre contre la paroi thoracique, donner lieu à une pulsation bornée à un endroit, et plus tard à im gonfiement extérieur dans lequel les pulsation se font sentir. La distinction de ces deux états se fonde sur les éléments suivants : 1° Pres(iuc jamais le cancer de la plèvre n'est primitif: à peu près constamment ils se développe après coup et est précédé par le cancer d'un autre o^ gane; principalement il suit l'extirpation du cancer de la mamelle. Lorsque ctf conditions éliologiques font défaut, le diagnostic d'un anévrysme réunit, toiltf choses égales d'ailleurs, plus de probabilité en sa faveur que celui du canetf* 2*" La pulsation dans le cancer élevé sous forme de tumeur au-dessus de h paroi thoracique, ne laisse jamais reconnaître une expansion latérale; par coilrB* l'anévrysme de l'aorte se dilate visiblement dans tous les set^ à chaque pulsalioB.

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K* La pressioD du caucer sur Taorte peut bien donner lieu à un bruit systolique t\ qu'on Tentend dans chaque aùrtèrc que Ton comprime avec le stéthoscope, mais nuis on n'entendra dans le cancer de la plèvre un bruit double, normal ou nunnal, comme cela s'observe si souvent dans les anévrysmes de Faortc. fx"* Il irrive très- rarement, pour ainsi dire jamais, que Ton aperçoive dans les tumeurs aneéreuses qui compriment Faorte, des diftérences du pouls des deux côtés. )* Les symptômes ias anévrysmes de Faorte que nous venons de décrin^ se disdignent par des alternatives de paroxysme et de repos; les symptômes des tu- DMurs cancéreuses sont plus constants.

Le diagnostic différentiel de Tanévr^sme de Taorte vi de Vanérrysnie du tronc iâmminé ne peut être établi avec certitude. Les symptômes attribués à Tanévrjsme du tronc innominé : la pression sur la veine cave supérieure, sur la bnmcbe droite, sur le plexus brachial droit, la faiblesse et le reUird du pouls nM droit, la matité, la pulsation, Fenflure de la région sterno-claviculaire droite, se présentent «au même degré dans les anévrysmes de la crosse de Faorte.

^ b. — l*roiioslit*.

La guérison des anévrysmes de Faorte est un l'ait rare. 11 n'existe aucun cas tkguérison d'un anévrysme reconnu pour tel. Par contre, la vie peut quclque- Uiétre conservée pendant des années, à moins qu'une intervention thérapeutique Militante n'ait amené une prompte consomption du malade.

g 6. — Traitemenl.

Les saignées répétées à de cours intervalles, fort en vogue autrefois, restent tts aucune influence sur la guérison des anévrysmes de Faorte. 11 en est de Mne de la digitale qu'on prescrivait, comme les saignées, dans Fintention de Annuer la pression sur les parois intérieures des anévrysmes, de rendre par là la guérison possible, ou d'arrêter au moins l'extension du sac anévrysmal. Nous ca tirons autant de la mesure qui consiste à réduire les malades atteints d'ané- Yijinies de Faorte à un minimum de subsista fice, c'est-à-dire à les laisser pour aina dire mourir de faim, pour diminuer chez eux la masse du sang. Ce procédé, tet vanté autrefois, contribue tout au plus à rendre les malades de bonne heure hydropiques et à les faire périr plus tôt. Le conseil de leur adniinistrer de Varè- ^^ de plomb et des niédiannents rirfu^s en tannin^ qui devaient favoriser la coagulation du sang et la formation de caillots dans le^ac, a été dicté par une niée purement théorique et ne mérite aucune confiance.

Aussitôt qu'un anévrysme de Faorte a été reconnu, on doit avoir soin que le ■malade évite tout ce qui peut contribuer à augmenter chez lui Faction du cœur : ^ loi recommandera de vivre sobrement, pour se soustraire à la pléthore passalin qif entraîne chaque intempérance, mais en môme temps on lui fera prendre ^nourriture substantielle, azotée, pour le mettre à l'abri d'un appauvrissement ^aang. — Aussitôt qu'une tumeur s'élève au-dessus de la paroi thoracique, et fi^la peau qui la recouvre commence à rougir, on lui recommandera de porter

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