II. Causes occasionnelles pathologiques
Telles sont la suppression brusque d’un exuloire, d'un flux hémorrhoïdal , dTin érysipèle, d’une éruption dartreuse ou de tout autre exanthème aigu ou chronique; la rétrocession de la goutte, du rhumatisme, etc.
§ 2. Causes spécifiques.
Les causes spécifiques sont celles qui, toujours identiques ii elles-mêmes et d’une nature tout a fait spéciale, produisent un effet constamment le même et qui n’appartient qu’a elles. Ce sont les principes contagieux et les venins. Les premiers sont les uns gazeux et on les appelle miasmes , et les autres liquides. Ils proviennent de sujets affectés de certaines maladies, et ont pour caractère de se transmettre aux individus sains par le contact immédiat ou médiat; plusieurs d’entre eux ont encore un autre mode de propagation qu’on nomme infection, et qui consiste dans l’altération de l’atmosphère par les miasmes, et dans le développement des maladies qu’ils engendrent par le seul fait de la respiration de cet air infecté.
Les principaux principes contagieux sont ceux de la variole, de la rougeole, de la scarlatine, de la peste, du typhus, de la lièvre jaune , de la syphilis , de la rage , de la pustule maligne , de la coqueluche, etc.
Les venins sont des liquides sécrétés par quelques animaux , et capables de produire des effets dangereux par leur introduction dans nos tissus; tels sont ceux qui proviennent des abeilles , des guêpes , du scorpion , de la vipère et de plusieurs autres espèces de serpents.
§ 3. Mode d’action des causes prédisposantes et occasionnelles.
Les diverses causes que nous venons d’énumérer se combinent de mille manières différentes dans la production des maladies. Le plus souvent il existe une ou plusieurs prédispositions, et il suffit d’une cause occasionnelle, souvent peu intense, pour déterminer le trouble des fonctions; d’autres fois il n'existe pas de cause excitante apparente ; les causes
ÉTIOLOGIE.
prédisposantes sont les seules qu’on puisse accuser du mal qui est survenu 5 dans d’autres circonstances, celles-ci, ayant eu pendant longtemps une action faible , acquièrent tout a coup plus d'intensité et sont h la fois causes prédisposantes et causes occasionnelles. Quelquefois les prédispositions étant peu marquées ou à peu près nulles, la maladie ne reconnaît qu’une cause excitante ; c’est ce qu’on remarque souvent dans les affections qui proviennent des principes contagieux et des venins.
Envisagées sous le point de vue de leurs causes prédisposantes ou excitantes et de leur mode d’action , on admet des maladies héréditaires, innées, acquises, spécifiques, sporadiques, épidémiques, endémiques, essentielles ou primitives, secondaires ou symptomatiques, etc. Les maladies héréditaires sont celles auxquelles on se trouve prédisposé par l’existence de maladies semblables chez ses parents -, les innées sont celles que l’enfant apporte en venant au monde 5 les acquises , celles qui ne se développent qu’aprèsla naissance et qui ne tiennent point à l’hérédité ; les spécifiques, celles qui ont une nature tout a fait spéciale, comme, par exemple , celles qui doivent leur origine aux principes contagieux ; les maladies sporadiques tiennent à des causes individuelles, régnent ça et la et n’attaquent qu’une seule personne a la fois ou un petit nombre isolément 5 les épidémiques sont dues à des causes générales , atteignent un grand nombre d’individus en même temps , n’ont qu’une durée limitée et reparaissent à des époques indéterminées ; les endémiques sont le résultat d’influences bornées a quelques pays, quelques localités , et régnent habituellement dans ces pays ou ces localités, soit sans interruption, soit à certaines époques 5 les maladies primitives ou essentielles sont celles qui dépendent directement des causes morbifiques; les maladies secondaires ou symptomatiques, celles qui tiennent a une autre affection dont elles ne sont que le symptôme.
On donne le nom d’ incubation ou de période d’incubation des maladies au temps qui s’écoule entre l’application des causes et le développement des symptômes; mais ce terme ne s’emploie guère que pour les maladies contagieuses.
PATHOLOGIE GÉNÉRALE
ARTICLE III