CAUSES PROCHAINES
Les causes prochaines sont celles d’où dérivent immédiatement les symptômes des maladies. Elles sont appelées prochaines parce que les troubles fonctionnels sont le résultat direct de leur existence , tandis qu’ils ne sont que le résultat indirect des causes prédisposantes et occasionnelles, qui , sous ce rapport, sont encore appelées causes éloignées par opposition aux causes prochaines. On voit par la que la maladie n’existe pas sans elles et qu’elles forment, 'a proprement parler , Y es sence ou la nature des maladies. On pourrait encore les appeler causes organiques, car elles consistent essentiellement dans les altérations primitives qu’éprouvent les organes dans leur structure et leur vitalité ou les liquides dans leur composition , altérations qui se traduisent au dehors par des troubles variés des fonctions de la vie, c’est-à-dire par des réactions de la force vitale qui lutte et résiste contre elles. Ces modifications intérieures de l’organisme , résultats directs de l’action des causes morbifiques, sont ce que Galien et l’école de Montpellier de nos jours appellent affection; c’est encore ce que j’ai nommé un peu plus loin maladie élémentaire ou diathèse.
Quand on ne veut point pénétrer trop profondément dans la nature intime des maladies , on peut dire qu’on connaît les causes prochaines d’un certain nombre d’entre elles 5 c’est ainsi que nous savons que les tubercules sont la cause de la phthisie , du carreau et de plusieurs autres affections -, les tissus squirrheux et encéphaloïde , des maladies cancéreuses ; l’épanchement de sang dans le cerveau , de l’apoplexie !,etc. Mais si , poussant plus loin la recherche des causes premières , nous voulons déterminer d’où proviennent immédiatement les matières tuberculeuse et cancéreuse , de quels changements primitifs de l’organisme procèdent toutes les maladies ou réactions vitales , nous tombons alors dans l’obscurité la plus pro-
1 Ces lésions sont causes prochaines des symptômes; mais elles sont ellesmêmes des effets d’une cause plus cachée qui nous échappe.
SYMPTOMATOLOGIE.
fonde , et il ne nous reste de tous nos travaux que la désespérante conviction de notre impuissance a découvrir des secrets dont Dieu paraît s'être réservé le secret, du moins jusqu’ici.
Cependant cette conviction n’a pas été celle de tous les médecins, et le nombre de ceux qui ont cru avoir découvert la nature intime des maladies, depuis l’origine de la médecine jusqu'à nous, et qui ont fondé des théories et des systèmes sur cette prétendue connaissance est bien considérable. Nous avons jeté un coup d’œil sur ces systèmes dans l’introduction de cet ouvrage ; nous n’y reviendrons pas. Leur histoire n’est que le récit des erreurs de l’esprit humain appliqué a la médecine.