‹ Eléments de pathologie médicale; ou, Précis de médecine theórique et pratique, écrit dans l'esprit du vitalisme hippocratiqueChapitre 47 sur 86 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

TnÉRlPETTIOITE, OU OU TRAITEMENT DES MALADIES.

La thérapeutique est la branche de la pathologie qui a pour objet le traitement des maladies. Deux méthodes dirigent le médecin dans la détermination des moyens a employer en thérapeutique : la méthode empirique et la méthode rationnelle. La première, uniquement appuyée sur l’expérience et mettant de côté tout système et toute théorie, prescrit un remède contre une affection donnée par la seule raison qu’une observation constante ou très-fréquente a prouvé que ce remède administré dans les mêmes circonstances guérissait cette affection. La seconde se sert de toutes les notions fournies par l’observation sur les causes, les symptômes, le caractère et les lésions anatomiques des maladies pour en déduire par une série de raisonnements le traitement qui leur est applicable. Celle-là n’exige que de bien déterminer si le traitement empirique d’une maladie repose sur une somme assez considérable de faits et si le nouveau cas qui se présente est de la même espèce que cette maladie; celle-ci, bien autrement difficile et périlleuse, ne peut parvenir à une conclusion thérapeutique qu’après avoir soumis à une discussion sévère et profonde tous les éléments dont se compose une maladie. Or, comme ces éléments sont complexes et multipliés, qu’il est très-difficile de les observer tous et surtout de saisir leur enchaînement et leur valeur respective, les traitements rationnels que l’esprit déduit de ces notions comme corollaires d’une

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suite de raisonnements sont souvent incertains, contradictoires et erronés. Et sane difficile est curationum vins ratiocinatione assequi (IIippoc. Epid. liv. vi, § 8). Il n’en est pas de même des traitements appuyés sur un empirisme raisonné; lorsqu’une expérience suffisante est venue les établir, ils portent avec eux un caractère de vérité et de certitude qui leur concilie la confiance générale, quoique le plus souvent nous ne puissions pas saisir le rapport de l’effet produit a la cause dont il dépend. C’est ce que nous voyons dans le traitement des fièvres intermittentes par le quinquina, de la syphilis par le mercure , du goitre et des scrofules par l'iode , de la disposition a la variole par la vaccine , de l’inertie de matrice par le seigle ergoté , etc. Il en résulte que les efforts des médecins doivent tendre a augmenter le nombre des traitements empiriques.

Lorsque le traitement empirique d’une maladie n'est pas encore établi , et malheureusement c’est ce qui existe pour le plus grand nombre d'affections, il faut nécessairement recourir a la méthode rationnelle. Mais sur quelles bases doit-on s'appuyer? d’après quels principes doit-on se conduire? À notre avis c'est d’après ceux de la doctrine hippocratique professés et suivis par les plus grands praticiens de tous les siècles, et qui ont pour eux la sanction de l’expérience ancienne et moderne. Pour concevoir celte doctrine appliquée a la thérapeutique, il faut remonter a la définition que nous avons donnée de la maladie. La maladie , avons-nous dit, est une réaction de l’organisme contre toute cause qui l’affecte d'une manière nuisible , réaction qui tend à éliminer et à neutraliser cette cause ou à réparer les dommages qu’elle a produits. Cette réaction suppose dans l'économie vivante une puissance, une force vitale qui préside a tous les phénomènes de la santé et de la maladie ; cette force n’est autre chose que ce que les anciens désignaient sous le nom de nature.

Les réactions morbides ont un but, une tendance salutaires; mais il s’en faut de beaucoup qu’elles parviennent toutes a un résultat heureux , c’est-a-dire a la guérison ; cela tient a ce que tantôt elles sont trop violentes, trop énergiques pour parvenir

à la solulion de la maladie, tantôt elles sont incomplètes, insuflisantes, trop faibles pour surmonter la cause du mal ; tantôt dépendant de causes qui se renouvellent sans cesse ou périodiquement, elles deviennent habituelles ou périodiques-, tantôt elles sont en quelque sorte erronées et désordonnées , etc. De la des rôles différents pour le médecin, qui devra diminuer la réaction dans le premier cas, l'exciter dans le second, la modifier diversement dans les autres. Mais son intervention ne se borne point la : il peut quelquefois faire cesser la maladie en éloignant la cause qu'il l'a produite, comme lorsqu'il extrait des corps étrangers, qu’il neutralise ou expulse des poisons ingérés, qu’il fait rejeter par le vomissement les matières saburrales. 11 concourt encore a la guérison en écartant tous les obstacles qui pourraient entraver le travail curatif intérieur dont elle dépend; c'est ainsi qu’agissent tous les soins hygiéniques, le repos, le régime, un air et une température convenables. C’est d’une manière analogue, mais plus évidente , qu’agissent la réduction des fractures, le rapprochement des bords des plaies et des ulcères, etc. D’autres fois le médecin aide la nature a terminer une crise commencée et incomplète. Dans les traitements spécifiques, où la nature ne saurait triompher seule, l’art imprime l’élan et provoque la réaction curative intérieure.

Il résulte de la que dans les cas où la nature n’a pas fait tous les frais de la guérison , et où le médecin a exercé une influence avantageuse sur la solution de la maladie ( cas beaucoup moins nombreux que les autres), les moyens employés n’ont agi que secondairement et par l’intermédiaire de la force vitale, véritable et seul agent de la guérison; de la cet aphorisme éternellement vrai du père de la médecine et qui devrait être inscrit en tête de tout ouvrage de thérapeutique : Natura morborum medicatrix, c’est la nature qui guérit les maladies. Le médecin ne doit agir que d’après ses inspirations; il doit être, comme nous l’avons dit, son interprète, son aide, son serviteur, son ministre; il ne saurait être son maître.

La thérapeutique comprend les indications et les moyens thérapeutiques.

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ARTICLE PREMIER

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