HÉGÉSIPPE
Hégésippe naquit en Orient et vraisemblablement d'une famille juive, car il possédait très bien l'araméen.
Il vint à Rome sous le pontificat d'Anicet (155-166) pour y apprendre la vraie doctrine que la diffusion croissante des sectes gnostiques rendait difficile à discerner. De retour dans son pays, il écrivit son ouvrage, c'est-à-dire cinq livres de Mémoires (67ro[jLVï][jiaTa) , dont nous n'avons que quelques fragments, la plupart dans Eusèbe. Saint Jérôme tenait cet ouvrage pour une histoire de l'Eglise ; mais comme on peut le voir par ce qui en est resté, c'é-
1. Mignc, P. G., V, 1307-1322. — H. Daiinreulher, Du témoignage d'Hégésippe surl'église chrétienne aux deux premiers siècles, Nancy, 18-8.
tait plutôt une œuvre de polémique contre les gnostiques. dans laquelle l'auteur avait introduit des morceaux d'histoire en assez grand nombre Hégésippe voulait rassembler dans son ouvrage les fruits de son voyage, c'est-à-dire « la saine doctrine telle qu'elle a été transmise par les apôtres ». Comme plus tard saint Irénée, il trouve la meilleure garantie de la vérité de l'enseignement catholique dans la succession des évèques que Ton peut l'aire remonter jusqu'aux apôtres.
§ 25. — SAINT IRENÉE i
1. Saint Irénée naquit en Asie Mineure et put souvent, dans sa jeunesse^ entendre les instructions de saint Polycarpe. Au temps de Marc-Aurèle. il était prêtre à Lyon et avait une situation très en vue dans le clergé. Aussi, Pothin, évêque de Lyon, ayant été martyrisé, en 177. à làge de quatre-vingtdix ans, Irénée fut-il choisi pour lui succéder. En cette qualité, il combattit la fausse gnose, et, par renvoi de missionnaires, continua à propager le christianisme dans les Gaules.
Lorsque le pape Victor I (189-199) voulut sépa-
1. Édition de Mas<«Het. maurisle. Paris, 1710, reproduite par aligne, P. G., VH, et par Harvey, -2 vol., Cambridge, IS.'i"; Harvev a de plus utilisé les fragments syriens et arméniens.
Frcppel, Saint Irénée, Paris, 1861, 3« éd., I88<î. — X. Diifuiircq, Saint Irénée. PâTis, 1904 (collection « Les Saints ») ; autre volume du même auteur dans la « Peusée chrétienne >, Paris, 190."j. — .1. Chapnian. Le tétnoignage de saint Irénée en faveur de lu primauté romaine. Rev. Bénédictine, Xll (1895).
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rer les asiatiques de sa communion à propos de la querelle des quartodécimans, 1 renée lui écrivit pour Ten dissuader. Le succès qu'il obtint rendit son nom célèbre.
Nous ne savons rien de la suite de sa vie. Saint Jérôme lui donne une fois le titre de martyr [In haï. Lxiv, 4). Sa mort dut avoir lieu dans la persécution de Septime Sévère (vers 202).
2. De ses nombreux écrits composés en grec, son œuvre principale, en cinq livres, nous est seule parvenue intégralement. Saint Jérôme l'intitule d'ordinaire Adversus haereses. Irénée se propose de démasquer et réfuter la fausse gnose. Cet ouvrage a été composé vers l'an 180. Nous l'avons seulement dans une version latine très ancienne et très littérale.
Un bon nombre de fragments du texte grec se retrouvent dans les écrivains ecclésiastiques postérieurs, au point que l'on peut reconstituer presque en entier tout le premier livre. On en a aussi quelques passages en syriaque.
Quatre morceaux, en grec, avaient été publiés, d'après des manuscrits de Turin, en 1715, par Pfaff, professeur à Giessen, comme l'œuvre de saint Irénée (d'où leur nom de Fragments de Pfaff). Pendant près de deux cents ans, ils ont passé pour authentiques; mais Harnack a démontré dans une étude magistrale que c'étaient des faux de Pfaff.