Irénée écrivit ce grand ouvrage à la prière
4. Texte und Untersuchungen, XX. Neue Folge, v. 3 (1900), 1-69.
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d"un ami qui voulait counaître le système gnostique de Valentin.
Dans le premier livre, il expose donc ce système, lui oppose une esquisse de la doctrine catholique et donne ensuite une vue d'ensemble de lliistoire du gnosticisme depuis Simon le Magicien.
Cet exposé des doctrines gnostiques est accompagné de leur réfutation dans les quatre livres qui suivent. Dans le second, il s'appuie sur la raison, dans le troisième, sur la tradition et l'enseignement des Apôtres et dans le quatrième, sur les déclarations du Seigneur, auxquelles viennent se joindre les prophéties de l'Ancien Testament. Le cinquième traite particulièrement des fins dernières de l'homme et l'auteur y soutient le millénarisme.
Pas plus que les Apologies de saint Justin, ces livres ne sont une œuvre d'un seul jet ; les différentes parties ne se présentent à l'auteur que successivement sous forme de remarques et de suppléments. Il emprunte la connaissance des théories gnostiques en grande partie à la lecture personnelle des écrits gnostiques, mais aussi à saint Justin et à Hégésippe. Tous ceux qui, plus tard, ont combattu les hérétiques, à commencer par Tertullien, ont puisé dans saint Irénée.
4. Le troisième livre est de la plus haute importance pour le dogme, car le principe de la tradition, déjà proposé par Hégésippe, y est exposé à fond. L'enseignement traditionnel des Apôtres, se survivant dans l'Eglise, est pour lui la source et la règle de la foi. Pour avoir la vraie tradition, il faut
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surtout interroger les églises fondées par les Apôtres; car la succession ininterrompue des évêques dans ces églises y garantit l'orthodoxie de la doctrine. Comme il serait trop long, pourtant, d'énumérer les successions de tous ces évêques, il se contentera de s'occuper de l'église la plus grande, la plus ancienne, connue de tous, fondée par les glorieux apôtres Pierre et Paul, celle de Rome (m, 3, 1-2), et de prouver que la série de ses évêques remontant aux Apôtres, son enseignement est par là même apostolique.
Suit le texte bien connu : ad hanc eniin ecclesiam propter potentiorem principalitatem necesse est omnem coiwenire ecclesiam^ hoc est, eos qui sunt undique fidèles, in qua semper ah his, qui sunt undique, conservata est ea quae est ab apostolis traditio. L'incidente ^^ in qua semper., etc. » se rapporte selon les uns (Ehrard, Bardenhewer et en général les plus anciens critiques) à l'Eglise romaine [ad hanc enim ) ; selon d'autres (Funk avec Harnack) à « omnem Ecclesiam ». Dans ce dernier cas, le sens serait : toutes les autres églises, si toutefois la vraie tradition s'est conservée chez elle, doivent s'accorder avec l'Eglise romaine. La principalîtas de l'Église romaine consiste, d'après saint Irénée, en ce qu'elle est l'Eglise la plus ancienne, la plus grande, et surtout en ce qu'elle a été fondée par les deux princes des Apôtres.
* 5. Saint Irénée exprime très nettement la c/rc?^/«insessio des personnes divines : « Le Fils est dans le Père et porte en soi le Père« (m, 6, 2). De même
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aussi pour ia communicatio idiomatuin. « Le Verbe de Dieu fait chair a été suspendu à la croix» (v, 18, 1). — Saint Irénée a surtout approfondi la ehristolog-îc de ses devanciers : le Christ s'est faithomme pour que l'humanité fût divinisée ; c'est là la restauration de l'humanité dans son chef [recapitulatio] dont il parle souvent 'v. g. m, 10, 1), En subissant la tentation du démon, le Christ est devenu le pendant du premier homme (v. 21, 2); la vierg-e Marie, par son obéissance, a réparé la désobéissance de la « virginale Eve ». Saint Justin avait déjà établi ce parallèle entre Eve et Marie (Z)m/., c. 100). Saint Irénée dit expressément de Marie quelle a été par son obéissance advocata Evae et la causa salutis pour toute la race humaine (v, 19, 1 : m, 22, 4).
11 exprime clairement la doctrine catholique du péché orig"îiiol.Nos premiers parents qui avaient été créés d'après l'imago et la similitudo Dei ont, par leur péché, perdu la similitudo qui a été rétablie par le Christ (v, 2, 1; 6, 1); « nous avons tous offensé Dieu dans le premier Adam, mais nous avons été réconciliés avec lui dans le second » (v, 16, 3).
Irénée et Origène sont aussi les premiers témoins de la i:)ratique du l>aptom<' des enfants. dans l'Eglise ^ .
L'eucharistie est pour saint Irénée la participation au corps et au sang du Seigneur, et elle n'aurait selon lui aucun sens s'il n'y avait pas de résurrection des morts v, 2, 2).
•1 . Adv. /ineres., ii, 22, 4. Origrèiio, In Rom., v. 6 : Ecclesia ah Apa .^toiis trndilionem arrcjiil, cliom j/arvulis bajUismum dare.