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Mlgne, P. G., XXVI

ir.0 ÉLÉMENTS DE l'ATUOI.OGIE.

Dans ces dernières années (1898 . on a découvert une version copte de la lettre pascale de 367. Son intérêt vient surtout de la liste des écrits canoniques qu'elle contient. Athanase rejette les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament : ils peuvent, dit-il, servir à lédification, mais les Pères ne les ont pas regardés comme canoniques.

* 6. Athanase a joué un rôle capital dans l'établissement de la doctrine christolog-iquo; non seulement il fit triompher contre les ariens la eoiisiibstantîalité du Fils, mais, par ses écrits, il a éclairci, plus que ses prédécesseurs, la question de la nature et de la génération du Verbe. — Lorsque, vers la fin de sa vie, surgit le débat sur la divinité du Saint-Esprit, il se déclara ouvertement en sa faveur.

Arius enseignait, avec le Juif Philon et Origènc (supr. p. 93), que Dieu, pour la création, s'est servi du log-os comme dun intermédiaire. Athanase montre, à l'encontre de cette doctrine, que Dieu nest ni assez impuissant pour ne pouvoir créer sans intermédiaire, ni assez hautain pour ne pas le vouloir [Or. contra Ar., ii, 24-25).

Arius allait jusqu'à appeler le Fils une créatnr«' du Père, un produit de sa volonté. Athanase lui répond que le nom de Fils enferme la notion de génération passive ; or être engendré, c'est provenir de la substance du Père et non de sa volonté : on ne peut donc appeler le Fils de Dieu une créature du Père, puisqu'il a en lui toute la plénitude de la divinité Hoc. cit., i, 16 et m, 6). ^Mais en Dieu

la génération n'est pas la même que chez Ihomme : Dieu étant esprit est indivisible ; sa génération doit être comme le rayonnement de la lumière du soleil et comme la production des pensées par l'âme. Le Fils de Dieu est donc éternel comme le Père [loc. cit., III, 62, 66-67); ainsi le Père et le Fils sont deux personnes, mais la même chose (xauTÔv), c'est-àdire qu'ils ont la même nature (cpuatç) [loc. cit., m, 4). Quand le Fils dit : Le Père est plus grand que moi, cela veut dire, d'après Athanase : le Père est la source, leFils est la dérivation {Joe. cit., i, 59). Beaucoup de Pères l'ont suivi dans cette interprétation ^. La doctrine d' Athanase sur le Logfos découle de son idée de la rédemption : « Nous n'aurions pas été sauvés si Dieu même n'avait pris notre humanité, si le Christ n'avait pas été Dieu; le Logos ayant pris comme Dieu une nature humaine, a ainsi divinisé rhumanité même et, en triomphant de la mori en sa personne, il en a triomphé pour nous tous; mais s'il avait été Dieu non par nature, mais par participation, il n'aurait pas pu communiquer ce privilège » [Or. contra Arian., i, 39 et Z)e synodis, 51). Saint Athanase a enseigné la divinité et la consubstantialité du Saint-Esprit dans ses lettres à Sérapionet au synode d'Alexandrie de 362. Avec les trois grands Cappadociens, il regarde le Fils comme la source immédiate d'où procède le Saint-Esprit ; leur formule est celle-ci : le Saint-Esprit sort du Père par le Fils (eV. Tratpoc otà uioû) -.

Cf. Schw

Ep. Ad Sei

.ine, Op. a7., II^iT, (ttefla tfaKtuÊfil^ -jtf^îtoise ^rap.. m, \ ; DeJncàrnat. ci contra Ar':;' n. oS.

15e ELEMENTS DE PATROLOGIE.

* 7. D'après Athanase, le Christ est Dieu hoinnio ôeoç avQpwTToç [Or. contra Ar., iv, 36 . il est un (donc une personne) . Ses actions n'appartiennent en propre ni à la nature humaine, ni à la nature divine, mais à toutes deux à la fois '. Ce que son corps a souffert, le Logos qui habitait en lui Ta pris sur lui, de sorte que, sans pouvoir lui-même souffrir, il a pourtant souffert -. Marie est aussi mère de Dieu [loc. cit., III, 14, 29) et le Christ, même en tan( qu'homme, mérite l'adoration ^.

Dans le Christ il y a deux volontés '. Cest ainsi que toute la christologie des siècles suivrfnls est déjà clairement exprimée par Athanase.

Dans les deux livres contre Apollinaire i, 10', attribués à tort à saint Athanase, l'union des deux natures dans le Christ est appelée une union physique (àffUY/uTOJç cpi'ffiXY) evojctc).

* 8. L'immortalité de l'àme se tire, d'après Athanase comme d'après Platon, de ce que l'àme se meut elle-même et porte ainsi en elle le principe de la vie Or. contra gentes, n. 33).

Il tient pour invalide le baptême conféré par les ariens parce qu'ils ne baptisent pas au nom de la vraie Trinité ^. Tel est aussi le sentiment de saint Basile, de saint Cyrille de Jérusalem, des Canons (46 et 47 1 et des Constitutions apostoliques (6, 15). Le Concile de Nicée même le partage, dans

1. Ep. ad Serap., iv, 14. 31 : De decretis Xicaen. sytt., n. 1 4.

û. Ep. ad Epie t.. n. o.

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