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CHAPITRE II

§ 41. — SAINT ATHANASE LE GRAND i

1. Athanaso, surnommé le Grand et le Père de l'orthodoxie, naquit à Alexandrie et passa une partie de sa jeunesse dans la solitude, sous la conduite de saint Antoine, le fondateur dumonachisme. Il assista, étant simple diacre, au concile général de Nicée où il accompagnait son évêque Alexandre, et se fit remarquer par sa dialectique serrée contre les ariens. A la mort de l'évêque Alexandre, en 328, Athanase recueillit sa succession, A partir de ce moment, il devint le principal point de mire des attaques haineuses des ariens.

1. La meilleure édition est celle des Bénédictins Lopin et Moutfaucou, 3 in-fol., Paris. 1698. Dans une réimpression de celte édition faite à Padoue en 1777, il y a un quatrième volume où l'on a inséré des écrits nouvellement découverts. C'est celle que iUigue a reproduite : P. G., XXV-XXVlll.

On peut consulter très utilement Laudiert, Die Lehre des hl. Athanasius d. Gr., Leipzig:, 1895 et Atzberger, Die Logoslehre des hl. Athanasius, Miinclien, 1880. — Mœhler, Mg. trad. par Colieu, 3 vol. in-8°, Paris, 1841. — Bai-ral, Étude sur S. Ath. le Gr., Paris, 1863. — E. Fialon, S. Ath., Paris, 1877. — Article Athanase dans Dict. de théologie cathol.

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lit; ELEMENTS DE l'ATROEOGIE.

Le synode de Tyr, en 335, le condamna sur des accusations calomnieuses et Constantin Tc'xîla à Trêves. Après la mort du prince, il put revenir à Alexandrie; mais, deux ans après, le nouvel empereur Constance le chassa encore, de sa propre autorité. Le synode d'Antioche (341) approuva l'expulsion. Ce fut seulement en 346 que, sur la proposition du concile de Sardique (343), on lui permit de rentrer à x\lexandrie. Il avait passé le temps de ce second exil à Rome auprès du pape Jules I"' .

En 355, le concile de Milan, sous la pression de Constance, le déposa. Il dut se retirer, l'année suivante, devant Georges de Cappadoce, nommé et appuyé par l'empereur pour lui succéder. Cette fois, il chercha un refuge auprès des moines, dans les déserts d'Egypte. Rappelé par Julien avec les autres évèques bannis, il tint, en 362, le fameux concile d'Alexandrie, dont les décisions se firent remarquer par leur modération à l'égard des semi-ariens. Banni de nouveau la même année, il put rentrer après la mort de Julien 363 j. Pour la cinquième et dernière fois, il se vit condamné à l'exil sous Valens et se tint caché pendant quatre mois dans le monument funéraire de son père. La fin de sa vie s'écoula dans la paix, à Alexandrie. Il mourut le 2 mai 373. Il avait passé plus de dix-sept années en exil.

2. Athanase était un arrantl caractère. Jusqu'à un âge avancé, il lutta sans faiblir pour la défense de la vérité. Par nature, il était pacifique et doux : jamais il n'a eu recours, comme ses adversaires, à la puissance civile pour protéger sa personne ou ses

biens. On l'a accusé d'ambition alors quil faisait seulement preuve de fermeté et de courag-e pour la défense de ce quil croyait nécessaire dans l'intérêl de l'Eglise et de la vérité. Très au courant de la dialectique, il savait de plus, par cœur, presque toute la Sainte Ecriture.

Sa carrière littéraire est intimement liée avec son existence agitée et ses luttes contre l'arianisme ; ses écrits se distinguent par la clarté et la profondeur, mais la plupart sont peu soignés, assez mal ordonnés et pleins de répétitions.

3. Nous avons une œuvre apolog-étiqiie de la jeunesse d'Athanase sans aucune allusion à l'arianisme ; ce sont deux traités qui se complètent mutuellement et qui sont souvent cités comme deux livres Contra gentes. L'un est intitulé Oratio contra génies, l'autre De incarnatione verhi. Le premier établit l'impuissance du paganisme ; l'autre démontre, contre les juifs et les païens, la nécessité de l'incarnation.

L'écrit dogmatique le plus étendu et le plus important se trouve dans les quatre Orationes contra Arianos, composés de 356 à 362, dans le désert d'Egypte. Le premier discours traite de l'origine et de l'égalité de nature du Fils; le second et le troisième expliquent les textes de la Bible qui en parlent; le quatrième traite de la distinction de personne entre le Fils et le Père ' . Quatre lettres à Vévêque Sérapion de Thmuis éclaircissent la ques-

I. Bon nombre d'auteurs ne croient pas que cette quatrième Oratio soit de S. Athanase.

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lion de la divinité du Sainl-Esprit. La fameuse Lettre à Epictète, écrite dans les dernières années dAthanase, est dirigée contre les fausses conceptions du dogme de l'incarnation.

Les deux livres Contre Apollinaire, insérés parmi les écrits d'Atlianase, sont probablement l'œuvre de Didyme l'aveugle et d'un de ses élèves ^ .

Le Symbolum Athanasium, appelé aussi Quicumque à cause de son début, doit son nom à ce qu'il donne, d'une manière claire et détaillée, la doctrine de saint Athanase sur la Trinité; aussi est-il, aujourd'hui encore, fort en honneur dans l'Eglise catholique et même chez les protestants. 11 ne peut cependant être d'Atlianase, puisqu'il combat évidemment les erreurs nestoriennes et monophysites. Il a dû paraître au v^ ou vi*' siècle dans la Gaule méridionale ^ et de là se répandre dans tout l'Occident. 11 ne fut connu en Orient que plus tard et n'y obtint jamais une importance spéciale -.

4. Athanase a aussi composé pour sa propre justification des écrits historiques.

Dans Y Apologid contra Arianos il dévoile les menées des ariens de .340 à 350, d'après les actes des synodes tenus contre lui pendant cette période. Après sa fuite dans la solitude, en 356, il écrivit V Apologia de fuga et la brillante Apologia ad Con-

\. et. Dräseke, Gesammelle patristische Abhandlungen, Altona, 1889, p. i69 sq. —Hosü, Studien Ober das Schriftnm und die Theologie des Athanasius, Vreiburf:, 18OT, s'occupe de cet ouvrage et d'autres également douteux ou faussement attribués ;i S. Athanase.

2. D. Morin pense que l'auteur est S. césaire, d'Arles (f 543j. Cf. Rev. bénédictine, 1901, p. 337 sq.

slantiiim dans laquelle il prouve qu'il n'a pas soulevé contre l'empereur son frère Constans. Dans VEpistula ad monachos, de la même époque, appelée quelquefois Historia Arianorum, il fait l'histoire de l'arianisme de 335 à 357. La petite Epistula ad Serapionem parle de la mort d'Arius.

Étrang-ère à toute polémique, la Vita sancti Antonii fut rédigée par Athanase probablement pendant son séjour chez les moines. Elle était destinée à des moines étrangers. Cet écrit, traduit en latin par l'évêque Evagre d'Antioche, se répandit aussitôt en Occident et y contribua beaucoup au développement de la vie monastique.

5. On a conservé dans des chaînes du moyen âge des fragments d'un Commentaire des psaumes par Athanase; les commentaires des autres livres de la Bible ont entièrement disparu.

Les lettres pascales ('ETîtaxoXai sopxaffTtxai), retrouvées il y a à peine cinquante ans, sont du plus haut intérêt et de la plus grande importance. Les évêques d'Alexandrie avaient coutume d'indiquer chaque année, après l'Epiphanie, à leurs évêques suffragants, la date de la fête de Pâques et du jeûne qui la précédait ; et, à cette occasion, de discuter diverses questions. Quelques-unes des lettres pascales — nous dirions aujourd'hui des mandements de carême — d'Athanase ont été découvertes au nombre de 15, en syriaque, dans un couvent du désert de Nitrie (1847). Ce sont toutes celles qui ont paru de 329 à348i.

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