‹ Elements de patrologie et d'histoire des dogmesChapitre 54 sur 96 · Sermo de sacerdotio, c · texte numérisé non relu

Sermo de sacerdotio, c

•2. La meilleure édition est celle du Bénédictin Toiitlée en un volume in-f., Paris, 1720, rejiroduite parMigue [P. G., XXXIU). Une édition manuelle avec traduction latine a été faite parReisclil et Rupp, 2 vol., München, 1848.

üelacToix, S.Cyrille de Jérusalem, Paris, 1805.

176 ELEMENTS DE I'ATKOLOGIE.

fois, son éloignement dura onze ans; il ne revint qu'après la mort de l'empereur et assista en 381 au concile de Constanlinople. Il mourut en 386.

2. Nous possédons de saint Cyrille, outre deux homélies assez peu importantes, vingt-trois catéchèses et une procatéchèso. toutes données dans les années 347 et 348. Les dix-huit premières sont adressées aux catéchumènes (awTiî^ôaevoi) pendant le jeune qui précède Pâques et les autres aux nouveaux baptisés (vhosiotkttoi pendant la semaine de Pâques.

Les cinq premiers discours traitent du péché, de la pénitence et de la foi. Les suivants ^de 6 à ISj sont une explication suivie du synibolo baptismal de Jérusalem, qui ressemble beaucoup à celui du concile de Constanlinople de 381. Les cinq derniers discours qui. malgré leur brièveté, sont de la plus haute importance, expliquent les sacrements reçus en la fête de Pâques et traitent xix et xx) du baptême, (xxi) de la confirmation, fxxii; de l'eucharistie et (xxiii de la messe des fidèles. Ces cinq catéchèses s'appellent pour cela mystagogiques (xaTTr)/-/-(7£rçau(îTaYorj'i/.a{ . La procatéchèse expose lexcellence de la grâce qui attend le catéchumène.

*3. Cyrille a été tout d'abord hésitant sur la question delà consubstantîalité du Fils; jamais dans ses catéchèses il ne prononce le mol ôuLooûffto;. bien qu'il combatte à plusieurs reprises la doctrine des ariens.

Mais il a exprimé la prcsoiice rcollo du Christ par transsubstantiation plus clairement qu'au-

cun des Pères qui l'avaient précédé. Voici ce qu'il dit [Cat. XXII, 3) : « Sous l'espèce du pain on te donne le corps, sous l'espèce du vin on te donne le sang afin que, recevant le corps et le sang du Christ, tu deviennes d'un même corps et d'un même sang avec lui : nous devenons ainsi porte-Christ (/^pKTTocpopot), puisque sa chair et son sang se répandent dans nos membres. » Et plus loin (xxii, 9) : « Ce qui paraît du pain n'est pas du pain, bien qu'il le paraisse au goût, mais le corps du Christ, et ce qui paraît du vin n'est pas du vin, bien que le goût en juge ainsi, mais c'est le sang du Christ. » Et encore (xxii, 2) : « A Cana de Galilée, il a une fois par sa volonté changé leau en vin et il ne mériterait pas créance quand il change (jxeTaêaXojv) le vin en sang. »

Cyrille mentionne ainsi l'épiclèse ' de la sainte messe [Cat. xxiii, 7) : « Nous prions le Dieu bon d'envoyer le Saint-Esprit sur les offrandes qui sont sur l'autel, pour qu'il change le pain au corps du Christ et le vin en son sang ; car tout ce que le Saint-Esprit touche est entièrement sanctifié et changé. »

Il rappelle également le souvenir des morts à la messe [Cat. xxiii, 9-10) : « Souvenons-nous ensuite de ceux qui sont déjà morts... Car nous croyons qu'une grande gloire revient à ces âmes quand des prières sont offertes pour elles pendant le

1. On appelle ainsi la prière qui suit les paroles de l'institution de l'eucliaristie, et par laquelle le prêtre supplie le Saint-Esprit de descendre sur l'autel el de changer le pain et le via au corps et au sang de Jésus-Christ.

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saint et redoutable sacrifice... Nous ofîrons le Christ immolé pour nos péchés, le Dieu ami des hommes, réconciliation pour elles et pour nous. ■

vj 47. — SAINT ÉPIPHANE DE SALAMINE

i. Epiphane naquit près d Eleuthéropolis (-u Judée ; il étudia les langues avec ardeur ; saint Jérôme lui donne le nom de Tzv^-zi-^loiz-oc parce qu'il connaissait le grec, le syriaque, l'hébreu, le copte et même un peu le latin. Après une visite aux moines d'Egypte, il fonda dans sa patrie un couvent qu'il dirigea pendant trente ans. En 307, les évêques de Chypre l'élurent, à cause de sa science et de sa piété, évêque de Constantia. l'ancienne Salamine, et par là même métropolitain de Tîle entière. Comme évêque, il contribua beaucoup à soutenir la vie monastique ; il montra également pour l'orthodoxie un zèle ardent, mais impétueux et violent. Il ne cessa de lutter contre Origène par la parole et par la plume. Comme le docteur alexandrin avait de chauds partisans en Palestine, Epiphane se rendit à Jérusalem et prêcha contre lui dans l'Eglise de la Résurrection, jusqu'à ce que Tévêque Jean le fît prier de se taire ; une rupture entre les deux éyèques fut la suite de l'incident. En 39i), Théophile, patriarche d'Alexandrie, chassa les moines origénistes du monastère de Nitrie; une partie d'entre eux se

1. La meilleure édition est due à Priaii, s. J., ü vol. in-fol., Paris, 16-2-2 (réimprimi-eà Cologne 168-2}. reproduite par MIffne. P. G., XLI-XI.lll.

L'édition Diiiilorf,.'>vol. in-S", Leijisig, l8o!i, ne donne que le texte grec (d'ailleurs plus critique).

réfugièrent à Constantinople où ils trouvèrent un appui dans Jean Chrysostome. Le rusé Théophile lança contre eux le vieil Epiphane, qui vint à Constantinople et ne reconnut l'imprudence de sa démarche qu'en voyant les extrémités auxquelles se portaient ses protégés, dans le synode ad quercum. Il fit alors voile vers Salamine, où il mourut en 403.

2. L'activité littéraire d'Epiphane s'exerça surtout dans la lutte contre les hérésies. Se tenant en dehors de la spéculation, il suivait uniquement la tradition. — • Il était très crédule — Ses ouvrages sont écrits avec négligence et une fatigante prolixité. Voici les principaux :

L"AYxiipojToç [Ancoratus, celui qui est solidement ancré) développe la doctrine de la Trinité et surtout de la divinité du Saint-Esprit. On y rencontre des digressions sur toutes sortes de sujets. Il fut composé en 374 à la demande des membres de la communauté orthodoxe de Syedra en Pamphylie, dont une partie s'étaient joints aux pneumatomaques. L'auteur a pour but de les ancrer dans la foi. A la fin du livre se trouvent deux professions de foi dont la pi'emière, presque entièrement semblable à celle qui est en usage à la messe sous le nom de symbole du concile de Constantinople, paraît avoir été apportée comme symbole baptismal de Jérusalem à Gonstantia peu avant la consécration d'Epiphane ; elle reçut l'approbation du deuxième Concile général, mais ce n'est qu'au quatrième Concile général tenu à Chalcédoine qu'on commença à la donner comme symbole du concile de Constantinople.

3. Le Panariiim Tlavâpiov] est le plus étendu el le plus remarquable des écrils d'Epiphane. II ful composé peu après V Ancoiatus et destiné à servir d'antidote pour ceux qui auraient été mordus par les serpents, c'est-à-dire par les hérétiques. Dans cette intention l'auteur expose el combat successivement 80 hérésies. Aussi appelle-t-on habituellement ce livre Haereses. Parmi les hérésies, il range même les écoles des philosophes grecs et les sectes juives. Pour les temps anciens, il puise dans les ombrages d'Irénée et d'Hippolyte; pour les périodes récentes, au contraire, son ouvrage est, k défaut de sources meilleures, une très bonne mine à exploiter. A ce livre est joinle une Expositio fidei.

Le De metris et mensuris, écrit en 392, traite, dans une première partie, du canon et des versions de TAncien Testament; dans une deuxième, des mesures et des poids dont il est parlé dans la Bible ; dans une troisième, de la géographie de la Palestine. — Le premier tiers seulement de cet ouvrage a été conservé en grec ; le reste nous est parvenu dans une version latine.

Enfin nous possédons de saint Epiphane un petit traité Sur les douze pierres précieuses du Rational du grand prêtre.

' 4. Epiphane est le seul parmi les Pères grecs qui dise avec précision que le Saint-Esprit procède à la fois du Père et du Fils nv£û|xa ^rap' àaaoTÉptDv, Haer., lxxiv, 4 . Dans un écrit ' adressé à

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