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La vie de saint Ambroise a été écrite, immédia

1. In j/.mltû. LUI. 1-2; cf. aussi De tria., x. 2.3. —Schwane pense pourtant que même dans l'opinion de S. Hilaire le Christ pouvait souffrir [Hist. des dogmes. U, ^ .3:2, pp. 40!i-410 de la trad. franr.).

2. Édition des Mauristes Du Frische et Le \oiiiTy, en 2 in lui.. Paris. 1680, réimprimés en 4 in-fol., Venise, 1748, et en 8 vol. in-S'^ également à Venise, 1781 : Mignc l'a reproduite P. L.. xiv-xvil. — Les écrits exégéliques et le Commentaire de saint Luc ont été par- •aitement édités par Sctaeukl dans le Corpus de Vienne.

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tement après sa mort, par son secrétaire, le clerc Paulin, à la demande de saint Augustin.

Il naquit à Trêves d'une famille romaine distinguée; son père exerçait dans celte ville la plus haute charge publique, celle de praefectus praetorio Galliarum. Lorsqu'il mourut prématurément, sa veuve revint à Rome avec ses trois enfants. Marcellina, la sœur d'Ambroise, y reçut le voile des vierges consacrées à Dieu; son frère, Satyre, passa de longues années en Afrique en qualité de fonctionnaire public et mourut peu après son retour.

Ambroise entra aussi dans l'administration publique et devint, tout jeune encore, consularis Liguriae et ALmiliae^ avec résidence à Milan. A ce moment, mourut Auxence, l'évêque arien de cette ville, contre lequel avait combattu saint Hilaire. Pour l'élection de son successeur, un grand tumulte s'éleva dans le clergé et le peuple réunis à l'église; car ariens et orthodoxes étaient à peu près d'égale force ; le gouverneur entra pour rappeler aux partis la sainteté du lieu. Alors, au rapport de Paulin, un cri d'enfant sortit de la foule : Ambrosium episcopum, et bientôt ce cri fut celui de tout le peuple. Ambroise n'était encore que catéchumène. Il opposa la plus énergique résistance au vœu populaire, mais lempereur Valentinien P"" ayant ratifié

Une biographie populaire a été publiée par M^' Baiinard (Paris. 1871), une Ijiograpliie savante par Forsler (Halle, 1884;. — Thamin, S. Aynbr. et la morale chrétienne au IV" s., Paris, 1893; — De Broglie, S. Ambr,. Paris, 1899 (collect. » Les Saints »,. — Largent, art. Ambroise dans le Dict. de théol. cath. — Pour la clironologie de sa vie et de ses écrits cf. llim, etc., Studio, ambrosiana, Lipsiae, 1889 et Rauschen, Jahrbücher der christlichen Kirche, Freiburg, 1897.

iOV) ÉLÉMENTS DE l'ATH()L()(iIE.

l'élection, il finit par se soumettre, reçut le baptême, et sept jours plus tard, le 7 décembre 374, la consécration épiscopale. « Par l'élévation d'Ambroisc à lépiscopat. dit saint Jérôme, l'Italie tout entière revenait à la foi catholique. »

2. Ambroise dut avant tout s'appliquer à sa propre instruction tliéologique; dans ce dessein, sous la direction du prêtre Simplicien, qui devait être un jour son successeur, il étudia les Pères grecs depuis Clément d'Alexandrie jusqu'à S. Basile. Il distribua aux pauvres toute sa fortune. Il jeûnait tous les jours, sauf les dimanches et jours de fêtes. Le nombre d'écrits qu'il a composés pour célébrer la virginité témoignent de l'estime enthousiaste qu'il professait pour elle. Sa porte était constamment ouverte aux humbles comme aux grands et il était toujours assiégé de gens qui imploraient son assistance. Quand le dimanche il prêchait, dit Paulin, on croyait entendre non un homme mais un ange. La conversion de saint Augustin, comme lui-même l'a déclaré, fut en grande partie l'œuvre des prédications d'Ambroise.

Il exerçait une grande influence sur les princes et les hommes politiques de son. temps. Le jeune empereur Gratien avait pour lui un attachement tout filial et se fit dédier plusieurs de ses ouvrages. Ambroise sut faire échouer toutes les démarches que le Sénat, par l'organe du rhéteur Symmaque, tenta, les années suivantes, auprès de Valentinien II, pour obtenir la restauration de l'autel de la Victoire que Gratien avait fait enlever de la salle des séances

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du sénat romain. Justine, la mère de Yalentinien, réclamait à Ambroise une église pour les ariens ; en 385 et en 386 elle le tint enfermé dans une église, la première fois le jour de Pâques et la seconde, pendant toute une semaine ; mais Ambroise résista avec courage et l'impératrice dut céder, parce que les soldats qui cernaient l'église fraternisaient avec le peuple qui était à l'intérieur. Lorsqu'il fut frappé en 392 par le Franc Arbogaste, Valentinien II ne voulut pas recevoir le baptême d'une autre main que celle d'Ambroise; et comme le saint arriva trop tard, l'empereur mourut sans avoir reçu ce sacrement.

Même en face du grand empereur ïhéodose I", l'évêque sut faire respecter les lois de l'Eglise. A la suite d'une révolte à Thessalonique en 390, l'empereur avait donné l'ordre de massacrer sept mille hommes réunis dans le théâtre; Ambroise exigea une pénitence publique et obtint que l'empereur, revêtu des insignes de sa dignité, se prosternât à terre, confessât sa faute et implorât le pardon. Les relations entre les deux personnages devinrent dès lors très étroites. « Je ne connais qu'un homme, disait un jour l'empereur, qui soit digne de porter le titre d'évêque, c'est Ambroise. » Lorsque Théodose mourut, en 393, Ambroise prononça son oraison funèbre. Il termina lui-même son existence, en 397, à l'âge de soixante-sept ans.

3. Ce qui constitue la grandeur d'Ambroise, ce n'est ni son activité littéraire, ni la force de son éloquence, ni la pureté de sa vie pourtant si admirable.

2r»S ÉLÏ-.MKXTS M] I'ATROLO<;ii:.

mais la puissance iiieoiiiparablc de toute sa personne, la noblesse de son âme et son désintéressement absolu, qui ont fait sur les empereurs eux-mêmes une impression irrésistible. Tout en étant très simple et très familier, il savait garder une incontestable distinction. » On ne doit jamais voir en un prêtre, écrivait-il. rien de vulgaire, rien qui sente les habitudes et la manière de vivre des gens mal élevés ; car comment se faire honorer du peuple si on n'a rien par où on se distingue de lui?... » [Ep. XXVIII, 2 .

On se demande comment Ambroise. au milieu des occupations si étendues de sa charge pastorale, a pu trouver le temps de composer un aussi grand nombre d'écrits. La plupart d'entre eux, d'ordre exégétique, sont inspirés par son zèle pour les âmes ; ce sont des sermons qui, légèrement retouchés, ont été réunis en volumes; ils ne visent quà lédification. D'ailleurs, dans ses ouvrages le point de vue moral domine toujours : c'est qu'Ambroise était un vrai Romain, essentiellement pratique ; quant aux spéculations philosophiques ou dogmatiques, il n'avait pas le loisir de s'en occuper. Disons qu'il n'éprouvait pour elles aucune inclination. Tandis que dans ses œuvres morales et ascétiques il se montre personnel, en exégèse et en dogme il suit de très près les Pères grecs. Son style sent la rhétorique, surtout dans les sermons, mais il abonde en formules vives et pénétrantes.

4. Les écrits exég-étiques forment la grande moitié de ses ouvrages : et ce sont les moins intéres-

sants. Sa méthode d'exégèse consiste en effet à chercher partout des enseîgrnenieiits moraux et des

allég"ories; il y suit fidèlement les traditions d'Origène et de Philon ; une grande partie de ses explications est empruntée aux traités de Philon et aux homélies allégorisantes de saint Basile. Dans les faits les plus vulgaires de l'histoire biblique, il trouve de très profonds enseignements dogmatiques et moraux. Par exemple, pour lui, l'arche de Noé représente le corps humain, il voit dans les membres de l'homme les différentes parties de l'arche, et compare les animaux de l'arche aux appétits charnels.

Il rattachait ses sermons de préférence à l'Ancien Testament. Il a réuni plus tard en traités distincts ceux qui se rapportent à un même sujet. C'est ainsi que les six livres de VHexaëmeron sont composés des neuf discours qu'il prononça pendant la semaine sainte d'une des dernières années de sa vie. Si l'on joint à ces conférences quelques autres traités tels que De paradiso. De Noe et arca et De Isaac et anima, on y trouve un commentaire presque complet de la Genèse. Il a d'autres sermons sur Job, David, Elie, Tobie. Viennent ensuite : les Enarrntiones in XII psalmos, et une très intéressante Expositio in psalmiun cxviii. Le plus étendu des ouvrages d'Ambroise est le Commentaire sur l'évangile de saint Luc, en dix livres. De beaux Commentaires sur treize épi très de saint Paul étaient généralement attribués à Ambroise; Érasme, le premier, protesta contre leur authenticité. Ils appartiennent

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sans aucun doute à l'époque d'Ambroise, mais certaines particularités de style montrent qu'ils ne sont pas (lu saint docteur. On ignore encore aujourd'hui le nom de leur auteur que Ion appelle ordinairement « Ambrosiaster » ou « pseudo-Ambroise » : c'est probablement le même que cehii des Quaestiones veteris et novi testanienti qui se trouvent parmi les œuvres de saint Augustin.

5. En tête des ouvrages de morale et de spiritualité dAmbroise, il faut placer l'ouvrage en trois livres intitulé De ofßciis ministroruni composé après 386. Il est adressé aux clercs de l'Église de Milan que l'auteur appelle ses fils, mais Ambroise a voulu en faire un manuel de morale pour tous les chrétiens et comme le pendant du De ofßciis de Cicéron. Il suit son modèle païen jusque dans l'ordre des matières.

Dans nombre de ses écrits, il fait l'éloge de la virginité et surtout de la vocation des vierges consacrées à Dieu : en particulier dans un de ses premiers (377), le De vivginitate, en trois livres, dédié à sasceur Marcelline. Dans le troisième livre [il reproduit le discours que le pape Libère prononça, en 353, lors de la vêture de cette sœur.

Parmi les ouvrages doifiiia tiques de saint Ambroise, nous citerons les cinq livres De fide qui défendent la divinité du Fils contre les ariens et les trois livres De spirilu sancto écrits, entre 378 et 381, sur la demande de l'empereur Gratien à qui

i. Cf. D. Moriii, Revue d'Iiisl. et de lilt. rel.. 1899, p.. 97 sq.

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ils sont dédiés. Le De mysteriis, destiné aux nouveaux baptisés, traite du baptême, de la confirmation et de l'eucharistie. Sur ce modèle, ont été composés si^liwes De sacramentis, qui ne sont pas de saint Ambroise. Ils datent du v"^ ou du vi*^ siècle ^ . Le traité De paenitentia, en deux livres, est dirigé contre les novatiens ; Ambroise y attribue aux seuls prêtres de l'Eglise catholique, et non aux hérétiques, le pouvoir de remettre les péchés.

Les discours de circonstance et les quatrevingt-onze lettres de saint Ambroise sont du plus haut intérêt pour l'histoire de son temps; ils méritent, du reste, par la beauté de la foi'me et la pureté du style, d'être rangés parmi les meilleures de ses œuvres. — Les plus estimés de ses discours sont ceux qu'il prononça aux funérailles de Valentinienll et de Théodose P^ — Des lettres, soixante-trois seules ment peuvent être datées approximativement ; beaucoup sont des lettres officielles ou des rapports sur les questions traitées dans les conciles; par exemple sur le concile d'Aquilée, de 381, qui fut tenu contre les ariens Palladius et Secundianus. Une lettre (n. 22), de l'année 386, raconte la découverte, récente, des reliques des saints Gervais et Protais.

6. Ambroise peut être regardé comme l'introducteur du chant des hymnes litnrg-iques en Occident; car celles que saint Hilaire avait composées avant lui étaient d'une forme trop défectueuse pour être utilisées dans l'église. Ambroise, au con-

1. De 400 environ d'après Diiclicsnc, Or«grfnes du culte chrétien. Paris, 1898, p. 169, et Batlffol, Op. cit., 2" série, p. 30-2.

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demeurent jusqu'au jugement général ; mais les bons dans une meilleure situation que les méchants [De hono mortis, x, 47). — Il reconnaît lefTicacité du baptême de désir pour effacer les péchés e( il le compare au martyre [De obitu Valent., c. 51-53 : Qiiod sisuo abluuntur sanguine, et hune sua pietns ciblait et voluntas.

11 dit aussi expressément que le Christ est offert en sacrîflce à lu sainte messe [Deoffic., i, 48. 238 : ante agnus offerebatar, offerebatur et vitnliis, nunc Christus offeituv.

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