‹ Elements de patrologie et d'histoire des dogmesChapitre 8 sur 96 · L'Histoire des dog-nies est intimement liée · texte numérisé non relu

L'Histoire des dog-nies est intimement liée

•2 ELEMENTS DE I'ATROI.ÜGIE.

à la Patrologie. Son objet propre consiste dans Tétude des enseignements de la foi au point de vue de leur développement historique. Elle est sortie, à la fin du xviii« siècle, de la Théolog-io patristîqiie dont le but était de grouper sur chaque point de dogme les textes de Pères qui s'y rapportent.

3. Le nom de Père de TÉglise, jusqu'au IV® siècle, servait généralement' à désigner les évêques : par l'administration du baptême ils transmettaient en effet la vie spirituelle aux fidèles et c'étaient eux aussi qui prenaient soin de leurs intérêts surnaturels, tout comme, dans un autre ordre, les sénateurs de Rome [Patres) s'occupaient du peuple.

Au v* siècle, le nom de Père fut réservé aux évêques des siècles passés en tant que témoins de la foi et de la tradition de l'Eglise. Dans ce sens. Vincent de Lérins dit par exemple : Recurrenditm est ad sanctorum patriim sententias, eorum duntaxat, qui suis quisque temporibus et locis in unitate communionis et fidei permanentes magistri probabiles exstitissent-. Pourtant déjà saint Augustin voulait que saint Jérôme, simple prêtre, fût regardé, en considération de sa science et de ses vertus, comme interprète de la foi de l'Eglise.

Aujourd'hui, on distingue les Pères de l'Eglise, les docteurs et les écrivains ecclésiastiques. Un Père de l'Eg-lise doit réunir quatre conditions :

1. s. Kpbi'eiii, l>ien que simple diacre, est souvent appelé père par saint Grésoire de Nysse (p. ex. Mlçne, P. G., XLVI, 828'';. i. Coinmonitoriiim, c. 29.

INTRODUCTION. l!

aiitiquitas — doctrina o?-thodoxa — sanctitas — approhatio ecclesiae. — Pour un docteur de l'Eglise Fantiquité n'est pas requise ; mais il faut une science eminente et une déclaration formelle de l'Eglise. — Le nom d'écrivaiii ecclésiastique s'applique à tous ceux, fussent-ils hérétiques, qui, dans l'antiquité, ont écrit sur des matières théologiques.

Depuis le viii® siècle, l'Occident honore comme ses plus grands docteurs saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin et saint Grégoire le Grand ; les Grecs, dans leurs livres liturgiques, n'admettent que trois « grands docteurs œcuméniques » : Saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chry;sostome.

4. L'àg'e des Pères de l'Eg-lise ou l'antiquité chrétienne est la période durant laquelle la vie et la doctrine de l'Eglise se sont développées sur le vieux fonds de la civilisation et de la culture antiques.

Pour l'Église grecque, la mort de saint Jean Damascène (7o4); pour l'Église latine, celle du pape Grégoire le Grand (604) ou plutôt de saint Isidore de Séville (636) marquent la fm de cette période. On la divise généralement en trois parties :

a] La première part des origines et va jusqu'à Nicée (325). — b) La seconde, celle du plein épanouissement de la littérature patristique, s'arrête à la mort de saint Léon le Grand, en 461. — c) Enfin, vient la décadence.

5. — Les écrits des Pères méritent, incontestablement, plus que tous les autres monuments litté-

4 ELEMENTS DE I'ATHüLüGIE.

raires de l'Eglise, d'attirer l'attention : — ils sont d'abord les témoins les plus anciens et par conséquent les plus importants de l'enseignement traditionnel; — de plus, ils appartiennent à la période de jeunesse du christianisme pendant laquelle le petit germe éclos en Palestine devenait un arbre immense et couvrait le monde entier : période de vie intense de la foi. de courage héro'ique, où les siècles qui suivent peuvent toujours revenir puiser une ardeur nouvelle ; — enfin, composés sous l'influence de la littérature classique, la plupart de ces ouvrages comptent, par le contenu et la forme littéraire, au nombre des meilleures productions de toute la littérature de FEsrlise.

1. La première histoire de la littérature chrétienne fut écrite en 392, par S. Jérôme, sous ce titre : De viris inltistribus ^ ou Catalogus de scriptoribus ecclesiasticis. Ce petit livre, dédié à son ami Dexter et rédigé sur le modèle de celui de Suétone qui porte le même titre, donne un aperçu de la vie et des œuvres de 135 écrivains chrétiens (y compris les hérétiques , du Juif Pliilon et du païen Sénéque, — Dans le dernier chapitre (le 135'' sont

1. Migiio. p. L.. XXUI. 60-2-7-20. — Bernoiiilli, Freibur? i. B.. 189."i (Srimnilung ai'sgpu'olillpr Kirchen toid dogmengeschichU . QupIlenschriflen. von Kriiger, XI). — C. Rirbardsoii, Leipzig, 18!»6(rejr<e und Untersuchungen zur Gesch. der allciirisll. Literat., XIV, 1).

INTRODUCTION. h

énumérés tous les écrits alors parus de saint Jérôme lui-même.

Vers 480, le semipélagien Gennade, prêtre de Marseille, publia, sous le même titre', une suite de ce travail, continué plus tard par saint Isidore de Séville ^ (-|- 636) et saint Ildefonse de Tolède ^ (f 667); le titre resta toujours le même'.

2. Deux ouvrages déjà anciens, de l'époque qui suivit la réforme, sont encore aujourd'hui indispensables à quiconque veut étudier les Pères : l'un de Tillemont [Mémoires pour ser^>ir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, 16 vol. in-4'', Paris, 1693); lautre de Ceillier o. s. b. [Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, 23 vol. in-4°, Paris, 1729 ou 16 vol. in-4°, Paris, 1858 .

3. Parmi les plus récents manuels catholiques de Patrologie, signalons en particulier : Moehler, Patrologie (éditée par Reithmayer, Regensburg. 1840; traduction française par J. Cohen, Louvain. 1844, 2 vol. in-8°) qui ne s'occupe que des trois premiers siècles ; — Fessier, Institutiones patrologiae, 2 vol., Œniponte, 1850, édition lung-mann, 1890 (ouvrage très complet ettrès sur) ; — Alzog", Gruiidriss der Patrologie, Freiburg, 1866 ; 4*= édit., 1888 ; traduction française de Belet, Paris, 1877 (vieilli malgré les éditions récentes) ; — jVirschl, Lehrbuch

1 Migiie, P.L., LVIII, 105911-20.

Page 1