SERIES PARALLELES
en lumière diffractée ensuite, ont montré que ces colloïdes résultent de l'existence, au sein d'un fluide appelé solvant^ de particules en suspension qui peuvent être souvent considérées comme de petites sphérules formées d'un fluide différent.
C'est là encore un phénomène de structure^ mais il est de dimensions tout autres que le phénomène moléculaire ou chimique; chaque particule en suspension dans un colloïde contient un très grand nomhvQ. de molécules.
Enfin, une nébuleuse peut être considérée comme un colloïde gigantesque; mais les nébuleuses n'ont aucun rapport direct avec la vie, tandis que les molécules et les colloïdes vrais présentent, au contraire, un intérêt tout particulier pour le biologiste.
L'une des conquêtes premières de la biologie proprement dite fut due à Dujardin qui déclara que tous les êtres vivants sont formés de sarcode\ plus tard, le mot protoplasma fut substitué à celui de sarcode, et il a prévalu dans la science. Mais il faut bien avouer que l'unité du mot protoplasma cacha d'abord une erreur; on crut que ce protoplasma était le même dans tous les corps vivants, alors qu'il fallait seulement dire que tous les corps vivants sont à un même e7<2^ qui est Vétat protoplasmique.
Encore cette expression est-elle bien vague! Si, il y a quelques années, on avait demandé à un biologiste de définir l'état protoplasmique, expression dont il se servait chaque jour abondamment, il aurait été obligé de répondre qu'on
ETUDE OBJECTIVE DES CORPS
appelle protoplasmique l'état auquel se trouvent les substances en train de vivre, mais qu'il y a bien des différences, même dans Taspect, entre le protoplasma d'une amibe et celui d'une bactérie. Le mot protoplasma était donc synonyme de : état physique particulier des substances vivantes; et la découverte de Dujardin se réduit à ceci, qui, d'ailleurs, n'est pas vain : il y a une telle similitude d'état entre les diverses substances vivantes qu'on peut leur attribuer, au point de vue structural, une dénomination unique.
La science moderne permet de donner plus de précision à la découverte intuitive de Dujardin. Nous disons aujourd'hui que les protoplasmas sont des colloïdes^ ce qui revient à affirmer que toute substance en train de vivre est à l'état colloïdal! Cette simple proposition a un intérêt incalculable; elle est la clef de voûte de toute la biologie.
N'oublions pas, en effet, qu'une des premières conquêtes de la physiologie comparée a été d'établir l'existence de plusieurs phénomènes chimiques parmi les phénomènes vitaux. Or, la chimie est de dimension atomique; l'état colloïdal est, au contraire, relatif à des activités d'une dimension très supérieure a celle des réactions moléculaires; nous retrouvons, pour la seconde fois, ce caractère remarquable que présentent les phénomènes biologique de se passer, pour ainsi dire en même temps, à deux échelles différentes. Nous remarquions, en effet, tout à l'heure, que les substances vivantes, sensibles
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au son, le sont également à la lumière ; nous voyons maintenant que les réactions vitales sont à la fois de l'ordre chimique et de l'ordre colloïdal, et nous pouvons immédiatement, par une hypothèse un peu hardie, mais capable de nous ouvrir de grands horizons, supposer que, si la lumière agit sur les réactions chimiques de la vie, le son agit sur ses manifestations colloïdales.
Une des conclusions les plus importantes qui semblent ressortir, dès à présent, de l'étude encore toute récente des colloïdes (et cette conclusion deviendra de plus en plus claire dans les pages qui vont suivre) est que, dans'beaucoup de cas, les réactions chimiques qui se produisent entre les particules en suspension et le liquide solvant^ contribuent à modifier la nature du colloïde considéré comme colloïde, influent, en d'autres termes, sur l'état colloïdal spécial à ce colloïde. Réciproquement, si des actions directes modifient l'état colloïdal, il peut en résulter des variations chimiques, des réactions moléculaires entre les particules suspendues et le solvant.
Cette influence de l'état colloïdal sur l'état chimique, et l'influence réciproque de l'état chimique sur Tétat colloïdal semblent être la règle pour les colloïdes vivants. On peut exprimer ce fait d'une manière plus claire, dans le langage fécond de l'équilibre, langage qui, depuis les immortels travaux de Gibbs, promet d'être un jour celui de la mécanique universelle.
Considérons trois sphéruks A, B, C, en suspendant dans le solvant D d'un colloïde: on
ETUDE OBJECTIVE DES CORPS
peut considérer l'équilibre du système, soit au point de vue colloïdal, c'est-à-dire au point de vue des relations de position des sphérules A, B, C, l'une avec l'autre, soit au point de vue des échanges osmotiques et chimiques réalisés entre chacune des sphérules et le solvant.
Si des réactions chimiques se produisent entre les particules et le solvant, il peut en résulter telle ou telle variation, d'ordre électrique par exemple, qui amène les particules à se rapprocher les unes des autres, et ainsi, une modification de l'équilibre chimique entraînera une modification correspondante de l'équilibre colloïdal. Réciproquement, si une influence capable de modifier directement l'équilibre colloïdal oblige les particules A, B, C à se rapprocher, il pourra en résulter une modification de l'équilibre osmotique et chimique établi entre ces particules et le solvant.
Un facteur d'action quelconque, qui agit directement sur un colloïde, peut influer, suivant sa dimension propre, soit sur l'équilibre colloïdal, soit sur l'équilibre chimique réalisé entre les particules et le solvant; mais comme ces deux ordres d'équilibre sont liés entre eux par des relations de cause à effet, il arrivera que, en fin de compte, un agent extérieur aura pu produire, dans un colloïde, un résultat d'une dimension très différente de la sienne propre; une vibration sonore, par exemple, pourra déterminer, secondairement^ une modification chimique, pour avoir mis en branle les particules suspendues; réciproquement, une vibration
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