‹ Éléments de philosophie biologiqueChapitre 12 sur 92 · SERIES PARALLELES · texte numérisé non relu

SERIES PARALLELES

tinue; il manque des degrés à Téchelle, par exemple à côté de l'infra-rouge et de l'ultraviolet, mais l'admirable continuité qui existe dans l'étendue du spectre visible est un gage de découvertes futures.

On pourrait, dans un ordre de phénomènes beaucoup plus grands, retrouver le même modèle de mouvement périodique dans les révolutions planétaires, mais cela ne nous intéresserait guère au point de vue de l'étude de la vie qui n'a rien à voir, directement du moins, avec les orbites des astres.

Au contraire, les vibrations sonores et les vibrations lumineuses, quoiqu'appartenant à deux séries parallèles entièrement distinctes, nous sont très utiles pour localiser la vie dans la nature, car les substances vivantes peuvent être sensibles directement à ces deux ordres de vibrations. Les animaux voient^ et entendent; c'est donc qu'ils sont impressionnés par des phénomènes appartenant à deux séries si différentes quant à leurs dimensions. Et cette simple remarque nous fait déjà prévoir que la vie ne sera pas localisée en un point d'une série de phénomènes naturels, mais occupera, dans l'ensemble des activités du monde, une place considérable. Quand on voit se former un arcen-ciel dans un jet d'eau, on constate que le mouvement des gouttes liquides ne déplace pas le météore lumineux; il y a donc indépendance

I. Chez les animaux unicellulaires dépourvus d"3-eux, nous étudierons plus loin la sensibilité à la lumière, sous le nom de phototactisme.

ETUDE OBJECTIVE DES CORPS

absolue entre le second phénomène et le premier dont la rapidité est de l'ordre de grandeur des mouvements sonores. La vie, qui est sensible à des mouvements des deux séries parallèles, présentera, en effet, deux sortes d'activités distinctes qui correspondront grossièrement à la lumière et au jet d'eau.

Deuxième exemple : Chimie, colloïdes, nébuleuses. — L'exemple précédent était emprunté à des mouvements oscillatoires; celui-ci visera des structures, des mécanismes, comparables, provisoirement du moins, aux édifices que construisent les hommes et qui tirent leurs propriétés particulières de la manière même dont ils sont construits.

Aujourd'hui que la théorie atomique a conquis le monde, on peut définir la chimie : la science des édifices moléculaires construits avec des atomes, et l'étude des conditions dans lesquelles ces édifices se détruisent et se construisent les uns par les autres. Les phénomènes chimiques sont donc de l'ordre de grandeur des atomes ou, au moins, de l'ordre de grandeur des distances qui séparent les atomes dans les molécules ou les molécules entre elles.

Depuis quelques années, l'attention des savants est particulièrement attirée sur des corps spéciaux que l'on appelle les collo'ides, et qui ne sont ni franchement solides ni franchement liquides; leur nom est venu d'une comparaison entre ces corps et une solution aqueuse de colle. La théorie d'abord, l'observation microscopique

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