‹ Éléments de philosophie biologiqueChapitre 30 sur 92 · DÉFIMTIOS CHIMIQUE DE LA VIE · texte numérisé non relu

DÉFIMTIOS CHIMIQUE DE LA VIE

On peut appeler vie élémentah^e cette propriété spéciale aux substances vivantes et que met en évidence une réaction spécifique, Vassimilatîon, dans des conditions convenables. Un corps est doué de vie élémentaire lorsque quelques-unes au moins de ses substances constitutives sont capables, en réagissant elTectivement dans des conditions déterminées, d'être l'objet d'une augmentation quantitative en restant semblables à elles-mêmes; qu'elles sont capables, en d'autres termes, de s assimiler des éléments étrangers, en prenant le mot assimiler dans son sens étymologique qui est : rendre semblable à soi-même.

Cette définition partielle se rapporte à la vie élémentaire^ propriété chimique^ qui, comme toutes les propriétés chimiques, peut se manifester ou ne pas se manifester suivant les cas.

Pour beaucoup d'espèces vivantes, nous ne connaissons pas le repos chimique de la substance vivante; cette substance vivante ne se manifeste à nous qu'en voie d'activité ininterrompue, activité assimilatrice ou destructrice suivant les conditions. Mais, chez beaucoup d'autres espèces, nous savons, au contraire, recueillir la substance vivante à l'état de repos chimique, comme on recueille, dans des bocaux de pharmacien, du sulfate de soude ou de l'antipyrine.

On donne le nom de spores à ces petits morceaux de substance vivante au repos chimique; les spores de bactéries ou de champignons sont susceptibles de rester fort longtemps au repos

PREMIERE MÉTHODE D'AXALYSE

chimique, dans un endroit sec, sans perdre pour cela leur vie élémentaire, ou du moins en la perdant très lentement, par des réactions destructives très lentes; mais la même chose n'arrive-t-elle pas souvent à des substances chimiques ordinaires conservées dans des bocaux de pharmacien? Duclaux a pu faire germer, après trente ans, les spores contenues dans les poussières de Tair qu'avait filtré Pasteur, sur du coton sec, au moment de ses expériences sur la génération spontanée.

Chez les animaux supérieurs, nous ne rencontrons pas, en général, de substance vivante au repos chimique ; nous voyons toujours les tissus en voie d'assimilation ou de destruction. Cependant les rotifères^ petits vers déjà assez élevés en organisation, peuvent être desséchés et conserver longtempsensuite, comme des spores, la propriété de recommencer à vivre quand on leur fournit de l'eau.

J'ai fait remarquer, dès le début de ce chapitre, que la définition de la vie élémentaire^ propriété chimique tirée de la constatation de résultats chimiques quantitatifs, ne pouvait, en aucune manière, avoir un rapport direct avec les manifestations structurales dont il n'avait pas été tenu compte pour l'établissement de cette définition. Nous devinons bien, dès le début, que la vie élémentaire étant commune à tous les êtres vivants, il y aura vraisemblablement des relations entre l'existence de cette propriété chimique et celles des manifestations structurales qui seront également communes à tous les corps vivants. Mais

DICFINiriON CHIMIQUE DE LÀ VIE

cela ne découle pas de la définition ; ce sera un théorème qu'il faudra démontrer ensuite expérimentalement, le théorème morpho-biolof^ique . Nous établirons ce théorème ultérieurement.

Au contraire, le fait que nous avons négligé, dans la recherche d'une définition chimique de la vie élémentaire, les phénomènes de structure colloïdale, nous fait penser que, peut-être, la loi approchée d'assimilation, loi puremxcnt chimique jusqu'à présent, sera plus approchée qu'elle ne le parait quand nous aurons tenu compte des différences d'état colloïdal qui sont susceptibles delà masquer. Quand nous disions plus haut : de la substance de veau, de la substance de chèvre, nous emplo3âons des expressions évidemment imprécises, car il y a dans le veau, comme dans la chèvre, du foie, du poumon, du muscle, du nerf. Mais, supposons pour un instant, ce que l'avenir nous démontrera clairement, je l'espère, que le foie, le poumon, le muscle, le nerf, ne soient que des états colloïdes différents de substances chimiques identiques (et le fait de l'existence des mêmes tissus dans tous les mammifères, suffit à nous faire considérer cette hypothèse comme plausible;, dans cette hypothèse, la loi d'assimilation deviendrait presque aussi évidente dans le développement d'un enfant que dans la multiplication d'une bactérie.

PREMIERE MÉTHODE D'ANALYSE

Page 1