DIVISION DU TRAVAIL
de la présure sur le lait; certaines levures se nourrissent parfaitement de toxine tétanique. Un colloïde ne peut donc pas être considéré d'une manière absolue comme une toxine, une diastase ou un aliment ; il est diastase par rapport à certains colloïdes et aliment par rapport à d'autres. Enfin, il y a aussi des colloïdes qui sont indifférents les uns par rapport aux autres, c'està-dire qui peuvent coexister sans s'influencer réciproquement.
Tous les faits que nous constatons depuis que nous avons abordé l'étude des êtres vivants par la méthode naturelle et vraiment biologique d'investigation, nous prouvent bien, ce que j'avançais en commençant, que, si les phénomènes vitaux sont à cheval sur la chimie et sur la physique des colloïdes, ils sont surtout abordables par le côté colloïde; les actions chimiques entre deux corps colloïdes se font en effet, le plus souvent, d'une manière indirecte, par une première bataille colloïde dont les résultats, ayant réalisé un équilibre colloïde définitif, dirigent ensuite les réactions chimiques liées à cet équilibre colloïde. La sérothérapie, presque toute la pathologie, consistent en phénomènes de luttes colloïdes.
Voici deux faits, choisis entre mille autres, qui prouvent l'importance des phénomènes colloïdes par rapport aux réactions purement chimiques dans le domaine de la biologie.
i*" Si Ton injecte à des animaux des doses croissantes de morphine, alcaloïde soluble^ on provoque une accoutumance des animaux à ce
L'ASSIMILA TION FONCTIONNELLE
poison; mais le sérum des animaux morphinisés ne transporte /;/ viti^o aucune propriété antimorphine.
La morphine étant vraiment dissoute, il n'y a pas eu d'abord d'équilibre colloïde entre les êtres vivants et elle ; le phénomène d'accoutumance a dû se produire seulement au sein des tissus; il a été probablement directement chimique. Nous reviendrons un peu plus loin sur l'explication de ce cas particulier.
2" Deux êtres, d'espèce très différente, a^^ant par conséquent des structures chimiques très éloignées, peuvent être néanmoins en équilibre colloïde; le sérum résultant de la fonction [mammifère'X.venin de seryent) peut être utilisé contre la toxine tétanique.
Des faits de même ordre expliquent que le hérisson soit réfractaire à la morsure des vipères, etc.
La division du travail. — Le langage que nous avonsadopté dans les pages précédentes nous permet de parler de la division du travail, même chez les êtres les plus simples comme une bactérie ou une levure. D'une manière synthétique, nous avons constaté que l'activité d'un corps vivant A dans un ensemble de circonstances B peut se résumer dans la fonction que représente la formule symbolique (A><B).
Mais si nous savons décomposer l'ensemble B en plusieurs termes B^, B^, B.,, etc., nous pourrons anah^ser la fonction totale (AxB), et la décomposer en fonctions partielles (A X BJ,
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