CHAPITRE XVIII
Les états colloïdes et la division du travail physiologique.
Nous venons de tirer un grand parti de cette expression « état colloïde » qu'il nous est impossible de définir; du moins, ne savons-nous pas, dans l'état actuel de la science, donner une description de la disposition des particules et du solvant dans un colloïde donné, de l'état électrique des parties, etc., et établir par des chiftres, la caractéristique d'un état colloïde particulier.
En d'autres termes, nous ne savons pas faire une analyse artificielle, satisfaisante pour l'esprit humain, d'un colloïde déterminé ; mais, en revanche, et c'est là précisément la méthode naturelle des études biologiques, nous savons caractériser un colloïde par rapport à un autre colloïde.
Nous reconnaissons un colloïde à son oriaine et à ses effets; il est défmi pour nous par la fonction (A X B) dans laquelle A et B sont connus. Par exemple nous définissons la sucrase par la fonction [levure X saccharose) ou {aspergilliis X saccharose), et nous la reconnaissons à ce qu'elle intervertit le sucre de canne. Nous avons même peut-être tort de dire suc?\ise tout court, en la detinissant par son clVet, car il est vraisemblable que la sucrase de la levure est différente
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V ASSIMILA TION FONCTIONNELLE
de la sucrase de l'aspergillus ; quand le colloïde est une toxine, nous avons une tendance, au contraire, à le définir uniquement par son origine, et à dire par exemple « de la toxine tétanique », alors que, peut-être, la fonction {tétanos X mouton) est différente de la fonction [tétanos X cobaye).
Quoi qu'il en soit, nous reconnaissons un colloïde à son action sur un autre colloïde, et nous constatons immédiatement que, le plus souvent, les colloïdes se rangent dans un ordre déterminé d'après le résultat prévu des batailles livrées par l'un à l'autre.
Par exemple, la présure fait cailler le lait (victoire de la présure, qui impose son état colloïde au lait) ; le suc gastrique digère la viande (victoire du suc gastrique), etc.
Dans quelques cas, le colloïde qui sert de réactif est un animal vivant; la toxine tétanique tue l'homme, en produisant chez lui certaines lésions caractéi^istiques ; et l'on peut même dire qu'il n'y a aucun réactif colloïde aussi sensible et aussi précis que les êtres vivants.
Mais ces colloïdes, que nous appelons diastases ou toxines quand nous les comparons aux colloïdes qu'ils sont capables de vaincre, auxquels ^ ils imposent leur état physique, nous devons les f considérer comme aliments par rapport à des animaux qui les digèrent ; de la présure, injectée au lapin est assimilée par lui, en développant la fonction {lapin Xprésuî^e) dont le résultat est de produire dans le lapin une modification telle que son sérum annihilera ensuite in vitro l'eflet
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