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CHAPITRE XXXV

La karyokinèse ou division cellulaire indirecte.

Les progrès des études histologiques ont permis de découvrir, dans la division cellulaire, des manifestations morphologiques qui sont une preuve de plus en faveur de la bipolarité intraprotoplasmique. C'est M. Angel Gallardo, professeur à Buenos-Ayres, qui a, le premier, proposé une théorie bipolaire du phénomène karyokinétique.

Dans la karyokinèse, il y a des manifestations nucléaires et des manifestations protoplasmiques.

Les premières ont surtout attiré l'attention des chercheurs ; elles consistent principalement dans une modification de la distribution des substances chromatiques intranucléaires, c'està-dire des parties du protoplasma nucléaire qui sont le plus avides des couleurs basiques d'aniline. Ces substances chromatiques d'abord distribuées en forme de réseau irrégulier prennent la forme d'un long filament enroulé ou spirème\ puis ce filament enroulé se coupe en un nombre fixe de tronçons ou chromosomes [n dans l'état prothallc; 211 dans l'état fougère) dont chacun se divise longitudinalement en 2 chapelets parallèles. On a attribué à ces chromosomes une valeur particulière dans les phénomènes de

LA lîIPOLARITK

transmission héréditaire des caractères, mais c'est là une hj^pothèse que rien n'est venu vérifier.

Quoi qu'il en soit, cette distribution nouvelle de la substance chromatique indique une transformation profonde de l'équilibre des protoplasmas nucléaires; cette transformation se manifeste en outre par la disparition de la membrane du noyau, c'est-à-dire de la surface qui sépare le no3^au du cytoplasma. A partir de ce moment, les substances du noyau sont, au point de vue de leur équilibre, soumises à certaines actions qui proviennent du cytoplasma. Et ce sont précisément ces actions cytoplasmiques qui présentent un caractère bipolaire intéressant.

Au début de la karyokinèse, apparaît dans le cytoplasma, tout contre la surface du noyau, un petit granule entouré d'une auréole claire, granule qui s'appelle centrosome et qui se divise presque aussitôt en deux. Puis les deux centrosomes s'écartent l'un de l'autre en suivant la surface extérieure du no3'au (surface qui n'a pas encore disparu à ce stade) et en s'entourant d'un aster identique à celui que nous avons vu apparaître autour du soermocentre dans la fécondation. Les deux centrosomes entourés de leurs asters s'arrêtent en des points diamétralement opposés du noyau, et, à partir de ce moment, la membrane du noyau disparaissant, les deux centrosomes sont les centres d'attraction de toutes les substances intraprotoplasmiques, cytoplasmiques ou nucléaires.

Ils deviennent ainsi le point de départ de deux

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nouvelles cellules, qui se constituent comme la cellule mère, par une série de phénomènes sur lesquels je n'insiste pas, et dont on trouvera la description dans tous les traités, surtout dans l'excellent livre de Wilson\ qui est aujourd'hui entre toutes les mains.

Le seul point qui nous intéresse au point de vue de la nature même de la substance vivante, c'est la nouvelle démonstration de la bipolarité intraprotoplasmique qui se tire de l'observation des centrosomes et des asters. Il y a là un véritable cas de sexualité intracellulaire : le centrosome est un élément sexuel qui, nous ne savons pourquoi, a subi dans un certain sens, la maturation sexuelle, tandis que les substances cytoplasmiques ont subi la maturation dans un sens opposé. Les asters sont l'image d'une véritable fécondation intraprotoplasmique.

Le mouvement des centrosomes à la surface du no\'au est surtout intéressant et démonstratif des attractions figurées par les asters. Il est possible que les deux centrosomes, qui sont de même nom, se repoussent; mais, si Ton pense à la maturation de sens contraire de l'ensemble du cytoplasma, il est évident que les attractions qui en résultent, doivent fatalement, le noyau faisant écran, amener finalement les deux centrosomes à des positions diamétralement opposées par rapport au noyau. Ainsi, la karyokinèse est une nouvelle démonstration de la bipolarité ou sexualité intraprotoplasmique. La karyokinèse résulte

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