VISION OU JUGEMENTS VISUELS
L'utilité de notre organe visuel ne se borne pas à nous fournir la richesse de sensations que nous venons d'examiner. A l'aide de nos sensations visuelles, nous nous orientons parmi les objets extérieurs : nous formons des jugements sur leurs positions respectives entre eux et vis-à-vis de nous-mêmes; nous apprécions les distances entre les objets; nous « voyons » les objets extérieurs. 3Iais l'appréciation des distances n'est pas implicitement donnée dans les sensations : celles-ci ne sont que des signes que notre jugement a appris à interpréter dans un certain sens (Hei-mholtz). La vision est donc un acte psychique, et comme tel échappe aux méthodes d'investigation dont dispose la physiologie. Nous pouvons cependant relever les caractères de nos sensations à l'aide desquels nous parvenons à porter un jugement sur les objets extérieurs. C'est ce côté de la vision qui est accessible aux investigations physiologiques.
Les sensations lumineuses naissent quand notre appareil nerveux optique est excité n'importe de quelle manière, quand par exemple des vibrations de l'éther arrivent par n'importe quel chemin sur notre rétine. Mais pour que nous puissions « voir », il faut quelque chose de plus. La première condition de la « vision », tant avec un œil qu'avec deux yeux, c'est que les rayons lumineux arrivent d'une certaine manière sur notre rétine, qu'il se forme sur cette dernière une image des objets extérieurs. C'est aux milieux transparents de l'oeil que revient ce rôle, qui constitue la a dioptrique de l'œil ».