MOUVEMENTS DE L'IRIS
Le bord pupillaire glisse sur le cristallin, qui pousse même la membrane un peu au devant du plan de son insertion ciliaire. — Le rôle principal de l'iris est de compléter l'œil en chambre obscure ; il écarte les rayons lumineux qui tomberaient sur la périphérie du cristallin, et qui, réfractés plus irrégulièrement, diminueraient la netteté des images rétiniennes.
Les mouvements de l'iris n'interviennent pas dans l'accommodation, qui se trouve intacte dans l'absence de l'iris. Cependant, les mouvements de cette membrane ont une connexion intime avec les contractions du muscle ciliaire. Le sphincter de la pupille se contracte, la pupille se resserre, quand nous regardons de près; elle se dilate quand nous regardons de loin. Ce mouvement n'est donc pas volontaire en ce sens que nous pourrions le produire seul et à volonté; mais son innervation est fatalement liée à celle du muscle ciliaire. De plus, il se produit toujours dans les deux iris.
En second lieu, la pupille se resserre si notre rétine est fortement éclairée; elle se dilate dans l'obscurité. C'est un acte réflexe dont la voie centripète est le nerf optique. L'iris d'un œil suit les mouvements de l'autre, même si le second œil est seul alternativement éclairé et obscurci : innervation synergique des deux iris (moyen de découvrir la simulation de la cécité sur un œil).
Dans ces deux catégories de mouvements, c'est le muscle sphincter de l'iris, innervé par le nerf oculo-moteur commun, qui joue le rôle prépondérant.
Dans une troisième catégorie de mouvements de l'iris, ou de la pupille comme on a l'habitude de s'exprimer, également involontaires, c'est le dilatateur (innervé par le grand sympathique cervical, voir page 209), qui intervient. Les fibres nerveuses irido-dilatatrices ont dans la moelle cervicale un centre réflexe, dit « centre cilio-spinal », qui est mis en activité par les innervations de presque tous les nerfs centripètes; le résultat, la dilatation de la pupille, est un acte purement réflexe, dont nous n'avons aucune conscience. Les réflexes pupillo-dilatateurs sont aussi nombreux que les réflexes vaso-moteurs. — En l'absence de toute innervation du sphincter et du dilatateur de la pupille, le premier, plus volumineux, prédomine : la pupille est resserrée dans le sommeil naturel ou artificiel, et en général dans tous les
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états, soit normanx, soit pathologiques, de paralysie des Jicmisphères cérébraux. Il y a alors absence d'action du cerveau sur le centre cilio-spinal. Au moment du réveil, la pupille se dilate au maximum, parce que toutes sortes d'activités de l'écorce cérébrale réveillée retentissent sur le centre cilio-spinal : Différents états psychiques ont le même effet : la frayeur dilate la pupille.
Le noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun est (dans sa partie antérieure, d'après Henseis et Voelkers) un centre réflexe d'ordre inférieur pour le resserrement de la pupille; de même aussi le centre cilio-spinal est un centre élémentaire pour la dilatation de la pupille. Dans les tubercules quadrijumeaux se trouve (page iG4) un centre d'ordre supérieur pour les deux espèces de mouvements (et pour les contractions des muscles extrinsèques de l'œil). C'est probablement sur ce centre qu'agit l'écorce cérébrale quand nous « voulons » voir de près. Ces réflexes persistent après l'enlèvement des centres psychooptiques, et disparaissent si on enlève les tubercules quadrijumeaux.
Le diamètre de la pupille varie incessamnienl à l'état de veille, selon qu'on accommode ou non, selon qu'on regarde un objet lumineux ou non, de loin ou de près, etc., etc. A un moment donné, les dimensions de la pupille sont le résultat de deux influences antagonistes, dont tantôt l'une, tantôt l'autre est renfoi'cée. De plus, un changement pupillaire étant survenu, nous ne savons pas toujours s'il est le fait de l'activité d'un de ces facteurs, ou du relâchement de son antagoniste. — La question se complique encore davantage par ce fait que les actions purement vaso-motrices retentissent aussi sur le diamètre de la pupille. Quand les vaisseaux iridiens se congestionnent, leur volume augmente et ils distendent la membrane iridienne : la pupille se contracte. Quand les vaisseaux iridiens se vident, leur volume diminue, l'iris se retire sur luimême, et la pupille se dilate. Ainsi après avoir coupé les deux nerfs sympathiques au cou d'un lapin, si on laisse pendre l'animal la tète en bas (action de la pesanteur sur la pression sanguine), les pupilles se rétrécissent; elles se dilatent si on relève la tète de l'animal. Et cependant on a éliminé et les innervations vaso-motrices, et les innervations pupillo-dilatatrices. — La pupille est resserrée après une ponction de l'œil à travers la cornée, parce, que l'humeur aqueuse s'étant écoulée, les vaisseaux iridiens ne supportent plus à leur face externe la pression intra-oculaire.
La pupille de l'œil excisé de l'anguille et de la grenouille se contracte encore sous l'influence delà lumière. Cela semble être une influence exercée directement sur les libres musculaires de l'iris, ou sur des cellules nerveuses. Cependant, d'après Holmgreu, cette contraction ne se produit plus dans l'œil de la grenouille après excision de la rétine; il faudrait donc admettre ici un mécanisme réflexe dont la rétine ferait partie.
Mydrialîques et myoliques. — Une quantité extrêmement petite d'atropine, introduite dans l'œil, par exemple absorbée après instillation dans le sac conjonctival, dilate la pupille au maximum pour plusieurs jours (niydriase, effet mydriatique); en même temps l'accommodation est abolie (paralysie du muscle sphincter de la pupille et du muscle ciliaire). — Une petite quantité d'ésérinc (alcaloïde de la fè\ e de calabar) introduite de même dans l'œil, contracte la pupille au maximum (myose, effet myotique); en même temps l'œil reste adapté pour son puncium proximum (crampe du muscle sphincter de la pupille et du nuiscle ciliaire). L'action de l'un de ces alcaloïdes peut être neutralisée par celle de l'autre (antagonisme physiologique). Les deux eflcts persistent après section ou paralysie des fibres nerveuses pupillo-dilatatrices et pupilloconstrictriccs, et même du ganglion oplithalmique. Le point attaqué est donc certainement péril)liéiique, et situé dans l'œil lui-même (les fibres musculaires do l'iris et du njuscle ciliaire, ou bien les cellules nerveuses du plexus ncr\eux ciliaire).