PUBERTÉ
Pour que l'individu (vertébré) soit apte à se reproduire — pour que chez le mâle se développe le sperme, et l'œuf chez la femelle — , il faut qu'il ait acquis un certain développement. A l'approche de ce terme de la croissance, vers V époque de la puberté, il survient chez le mâle et chez la femelle, indépendamment de la maturation de l'œuf et du sperme, des changements profonds dans des systèmes autres que le système génital. Dans l'espèce humaine, les phénomènes les plus saillants sont chez la femme, la menstruation et le développement des glandes sexuelles, ovaire et glandes mammaires; chez l'homme, les modifications sont peut-être moins profondes, bien que très-étendues. — Chez la femme plus que chez l'homme, la faculté de reproduction cesse brusquement à une époque déterminée de la vie — ménopause (chez la femme).
Puberté chez l'homme. — L'homme devient pubère en moyenne une année plus tard que la femme, dans notre climat de la 43™^ à la 15°"= année. — Au moment où les glandes sexuelles, les testicules, prennent leur entier développement, les changements extérieurs les plus marquants sont le développement des poils aux parties sexuelles (la barbe apparaît plus tard), et la mue de la voix. Le larynx augmente rapidement de dimensions, les cordes vocales s'allongent, et la hauteur de la voix s'abaisse, en moyenne d'une octave (ce changement de la voix est moindre chez les personnes châtrées avant la puberté). En même temps le pénis se développe, et surtout il devient plus érectile. — La sécrétion du sperme continue jusqu'à un âge avancé, et cesse insensiblement, en moyenne vers 70 ans. De 80 à 90 ans, 48 °/o d'un certain nombre d'hommes étaient encore aptes à la reproduction (Hensen).
Sperme. — Le sperme éjaculé est un liquide visqueux, grisâtre, de réaction neutre ou légèrement alcaline, à odeur particulière [Aura seniinalis des anciens). Au sein d'un liquide se meuvent en nombre immense les spermatozoïdes [spermatozoaires ou zoospermes), composés d'une tète allongée et aplatie, d'un corps cylindroïde, et d'une queue qui va s'amincissant vers la pointe. La longueur totale du spermatozoaire est de 0,05 mm. Ces spermatozoïdes se meuvent dans le liquide, en le battant de la queue, à la manière d'une anguille. Le mouvement de la queue a été de tous temps comparé à celui d'un cil vibratile.
Le spermatozoïde est destiné à pénétrer dans l'ovule; cette pénétration constitue la fécondation proprement dite; elle est le point de départ du développement de l'ovule. Le véhicule liquide semble être accessoire dans la fécondation. Le sperme est apte à féconder aussi longtemps que les spermatozoïdes se meuvent. — Le mouvement des spermatozoaires persiste
très-longtemps au contact de la sécrétion normale, légèrement alcaline, de la matrice (8 jours et plus). Il cesse au contact de l'eau, de l'alcool, de l'éther, des acides et des sels des métaux etc. La sécrétion acide du vagin les tue.
Les spermatozoïdes desséchés (dans une tache sur le linge par exemple,) conservent leur forme, et après les avoir humectés, on peut les isoler et les reconnaître sous le microscope (détail important en médecine légale).
Le véhicule mucilagineux et blanc-jaunàtre des spermatozoaires est fourni principalement par les glandes des canaux d'excrétion (vésicules séminales, prostate, glandes de Cowper etc.). La sécrétion des canalicules séminifères est plus liquide que le sperme éjaculé. — Du sperme on a extrait des substances albuminoïdes, de la nucléine (contenue surtout dans les têtes des spermatozoaires, qui dérivent de noyaux cellulaires), de la lécithine, une graisse phosphorée, des sels, surtout des phosphates; enfin, une base organique cristallisable (Charcot et Robin).
L'origine des spermatozoïdes est toujours controversée. On est à peu près d'accord aujourd'hui pour admettre que les canalicules séminifères sont tapissés à leur intérieur par deux espèces d'éléments (de même que le follicule de DE Graaf, chez la femme), et que les spermatozoïdes naissent aux dépens d'une seule espèce (v. Ebner), probablement à la suite d'une prolifération nucléaire très-prononcée. — L'épithélium en question recouvrait primitivement le testicule primordial, sous le nom d'épithélium germinatif, composé déjà de deux espèces d'éléments. L'espèce de cellules qui se transforment chez le mâle en spermatozoaires donnent naissance chez la femme aux ovules. On ne saurait distinguer un testicule primordial d'un ovaire primordial.
Puberté chez la femme. — Chez la femme, la puberté arrive dans notre climat de la 12'"« à la 14"^'^ année, environ une année plus tôt que chez l'homme. Les cas ne sont pas rares où elle tarde jusqu'à l'âge de 18 ans et plus (chez des personnes lympathiques). Dans les climats plus froids, la puberté est plus tardive; elle est plus précoce (10 et même 8 ans) dans des climats chauds. Ces différences, primitivement dues au climat, sont devenues héréditaires dans les races; elles ne disparaissent plus à la suite d'un changement de climat. — Vers l'époque de la puberté, les poils se montrent aux parties sexuelles, les glandes mammaires se développent, le bassin augmente de dimensions, la voix acquiert plus de douceur, de velouté etc. Le fait capital est la maturation de l'œuf, Vovulation, qui est périodique. La maturation d'un ou de plusieurs ovules est accompagnée d'un écoulement sanguin par les parties sexuelles — menstruation.
Les ovules sont des cellules transformées, augmentées de calibre, contenues primitivement dans répithéliuni germinatif qui recouvre l'ovaire embryonnaire. Déjà chez le fœtus, cet é|)itliélium se compose de deux espèces d'éléments (de niêmc ([iie chez le mâle); uiu\ espèce de ces cellules (qui chez le mâle donnent naissance aux s|)eriuatozoïdes), plus grandes, se transforment en ovules. Ce n'est pas ici l'endroit de poursuivre le dév(!loppement de l'ovaire et des ovules, de montrer comment les follicules de de Graaf (les homologues des canalicules séminifères) naissent par invagination de l'épithcliura germinatif. Ces ([uostions sont traitées dans les ouvrages d'embryologie,
Menstruation. — A l'approche de la période menstruelle, qui arrive périodiquement, en moyenne tous les 28 jours, surviennent chez la femme les signes d'une suractivité circulatoire, surtout vers les organes génitaux : mouvement fébrile général, pesanteur dans les lombes et dans le bassin, lassitude générale etc. Bientôt commence un écoulement, par la vulve, d'un liquide d'abord muqueux (sécrétion des glandes vaginales et des glandes utérines), puis muqueux et sanguinolent; la proportion de sang augmente ensuite. L'écoulement sanguin dure -^ à 4 jours, puis diminue et redevient muqueux avant de cesser tout-à-fait, — La quantité de sang qui s'écoule est en moyenne de 100 à 200 grammes,
La source de l'écoulement sanguin est la muqueuse utérine, surtout les capillaires. L'épithélium utérin subit une dégénérescence graisseuse, s'exfolie, et des vaisseaux du tissu muqueux sous-jacent semblent se déchirer.
Le sang est toujours mélangé de mucus, et séjourne plus ou moins dans l'utérus. Il y devient donc veineux, noirâtre. Cette circonstance, jointe à l'alcalinité de la sécrétion utérine, fait que le sang ne se coagule pas (il coagule dans les cas d'hémorrhagies excessives).
Le fait que le sang est mélangé de mucus permet souvent de décider si une ancienne tache sanguine provient de la menstruation ou non. Si l'écoulement sanguin n'est pas excessif, les taches dans le linge sont dures, comme des taches de sperme, et entourées d'un cercle plus ou moins incolore (cette constatation a de l'importance en médecine légale).
Ovulation. — A chaque période menstruelle, un ou plusieurs ovules sont éliminés des follicules de de Graaf mûris. On admet généralement que la congestion menstruelle de l'ovaire augmente le liquide contenu dans le follicule, qui se rompt sous l'influence de cette poussée. On se figure même souvent que la menstruation est nécessaire à l'ovulation, et que ce serait là sa signification physiologique. — Le fait que beaucoup de nourrices redeviennent enceintes sans avoir revu leurs règles démontre que la menstruation n'est pas nécessaire pour la rupture du follicule. D'un autre côté, la menstruation cesse dans la plupart des cas où l'on a été forcé d'enlever les ovaires. — Certains auteurs (Pflueger) envisagent la menstruation comme un acte préparatoire au développement de l'ovule; la surface interne de l'utérus, comme avivée, serait plus apte à contracter des adhérences avec l'ovule.
L'ovule expulsé est projeté dans le pavillon de la trompe, qui à ce moment est congestionné également, et parait être le siège d'une véritable érection qui l'applique plus intimement sur l'ovaire. L'ovule chemine ensuite vers l'utérus, poussé par les cils vibratils de ce canal, dont le mouvement est dirigé vers l'orifice utérin de la trompe.
L'ovule peut déjà être fécondé dans la trompe, peut-être même sur l'ovaire, comme le démontrent la présence de spermatozoaires en ces endroits, ainsi que les grossesses extra-utérines, abdominales même.
Non fécondé, l'ovule peut se conserver vivant et apte à être fécondé pendant 8 jours et plus, dans la sécrétion alcaline des trompes et de l'utérus.
Corps jaune. — Après s'être vidé, le follicule de de Graaf rompu s'affaise. S'il n'y a pas eu de fécondation, le sang épanché à son intérieur à la suite de la déchirure se résorbe, et la plaie est bientôt cicatrisée. — S'il y a eu fécondation et développement de l'œuf, le follicule se
développe considérablement ; sa paroi devient très épaisse (surtout du o-^me mois), d'un jaune intense. Au moment de l'accouchement, il est encore volumineux (6-10 mm), et ne disparaît qu'après des années. On a donné le nom de corps jaune ou corpus luteum à ces follicules cicatrises ; et on nomme corpus luteum verum celui qui accompagne la grossesse, en opposition avec le corpus luteum spurium, qui résulte de l'expulsion d'un œuf qui ne s'est pas développé.
Ménopause. — L'ovulation et la menstruation cessent assez brusquement, dans notre climat à l'âge de 40-45 ans. Chez les personnes et chez les races à puberté précoce, la menstruation cesse plus tôt. A l'époque où la menstruation et l'ovulation cessent, on donne le nom de ménopause, ou à'âge critique, parce qu'à ce moment les femmes sont plus sujettes à contracter toutes sortes de maladies.
Erection de la verge. — Les subdivisions de l'artère profonde de la verge aboutissent, non pas à des capillaires, mais à de larges sinus sanguins des corps caverneux de la verge; ce sont des lacunes interstitielles tapissées d'un endothélium. A ces sinus font suite des veinules, les origines de la veine profonde du pénis. Il y a toutefois des anastomoses capillaires entre ce système lacunaire et le système (capillaire) des vaisseaux du dos de la verge. Les veinules sont disposées de manière à être comprimées quand les lacunes sont distendues (par le sang).
L'érection de la verge est due principalement à une réplétion des espaces lacunaires de la verge par du sang, qui y arrive sous une pression plus forte (25-50 mm. mercure). Le membre augmente donc de volume et devient rigide (on peut obtenir cet effet en injectant les vaisseaux sur le cadavre). — L'afflux sanguin est obtenu par une dilatation des artérioles afférentes, dilatation qui est sous la dépendance d'un centre érecteur situé dans la moelle lombaire (page 145), et qui agit par l'intermédiaire des nerfs érecteurs (qui sont des nerfs vaso-dilatateurs; voir 4"^" partie page 122). — L'effet vaso-dilatateur peut être obtenu par action réflexe, par l'excitation des extrémités périphériques des nerfs sensibles de la verge. La représentation des sensations de volupté (influence psychique) peut avoir le même effet. — Le centre de l'érection dans la moelle épinière est lui-même sous la dépendance du centre vaso-dilatateur de la moelle allongée. L'érection se produit quand la moelle allongée est excitée, par exemple par la veinosité du sang (chez les pendus).
L'érection qui est le résultat de cette vaso-dilatation est renforcée par l'action de certains muscles striés : du muscle ischio-caverneux, du muscle transverse du périnée, dont les contractions entravent le retour du sang veineux. Les contractions du muscle bulbo-caverneux tendent au même but, en empêchant le retour du sang provenant du corps caverneux du canal de l'urèthre (pendant l'érection, la mixtion est entravée par suite du gonflement surtout du verumontanum). —Ces muscles peuvent être innervés par la volonté; ordinairement ils se contractent par acte réflexe lors de l'érection.
Copulation et éjaculation du sperme. — La verge est introduite dans le vagin, grâce à la rigidité (jui résulte de l'érection. Pour que l'éjaculation du sperme ait lieu, il faut que par suite de l'excitation des nerfs sensibles du pénis, il se produise comme acte réflexe un mouvement péristaltique des vésicules séminales, des canaux éjaculateurs et des muscles qui agissent sur
le canal de l'urèthre, surtout du muscle bulbo-caverneux (contractions rythmiques). Ces réflexes sont sous la dépendance d'un « centre éjaculateur » situé dans la moelle épinière. — Le sperme, accumulé dans les vésicules séminales, qui constituent un véritable réservoir de cette sécrétion, est projeté avec une certaine violence hors du canal de l'urèthre.
Le sperme est sécrété continuellement; il avance, principalement sous l'impulsion des cils vibratils de l'épithclium qui tapisse les canaux déférents, et vient s'accumuler dans les vésicules séminales, où il se mélange avec une sécrétion liquide et muqueuse. — Au moment de l'éjaculation, la prostate et les glandes de Cowper sécrètent en plus grande abondance un liquide clair, muqueux, qui se mélange au sperme.
Selon toutes les apparences, l'ovulation et les pérégrinations de l'ovule sont indépendantes du coït. 11 y a cependant au moment de la copulation une érection dans les organes génitaux de la femme, et même une éjacuiation du liquide de certaines glandes. Le clitoris entre en érection par un mécanisme analogue à celui qui érige la verge de l'homme. Il se produit aussi, en qualité d'acte réflexe, un mouvement péristaltique des trompes utérines et de l'utérus lui-même, ainsi que du vagin, et surtout une constriction du m. sphincter de la vulve. Il en résulte qu'une certaine quantité d'un liquide muqueux (sécrété en plus grande abondance au moment du coït) est éliminée des parties sexuelles. — L'utérus se contracte donc; en même temps il se redresse, et s'abaisse un peu. L'excitation génitale venant à cesser, il se dilate, et exerce une certaine aspiration sur le liquide spermatique qui a été projeté contre son orifice vaginal.
Imprégnation de l'ovule. — Le sperme pénètre dans la matrice sous l'influence de l'impulsion reçue au moment de l'éjaculation, peut-être en partie par l'aspiration exercée par la matrice qui se relâche après l'acte sexuel. Les spermatozoïdes peuvent cependant pérégriner eux-mêmes le long d'un bouchon de mucus qui avec une grande constance pend hors de l'orifice utérin. On a trouvé des spermatozoïdes jusque sur l'ovaire; ils ont donc remonté la trompe à rencontre du mouvement des cils vibratils de cette dernière. Ils peuvent même traverser toute la longueur du vagin et pénétrer dans l'utérus, à en juger d'après des exemples de grossesse dans des cas où par suite d'étroitesse anormale de la vulve, il ne pouvait être question de l'introduction du pénis.
En quel endroit les spermalozoaires rencontrent-ils l'ovule? — Cette rencontre peut certainement avoir lieu sur l'ovaire et dans les trompes, témoin les grossesses extra-utérines. Naturellement l'imprégnation se fera aussi dans l'utérus même, si avant le coït un ovule a eu le temps de descendre jusqu'ici.
L'imprégnation de l'ovule, la fécondation proprement dite, est due à la pénétration d'un ou de plusieurs spermatozoïdes dans l'ovule On a observé cette pénétration chez beaucoup d'invertébrés et même chez un vertébré [Petromyzon). Le spermatozoaire s'introduit dans l'ovule en vertu de ses propres mouvements, chez beaucoup d'animaux, même supérieurs (peut-être chez tous), à travers une ouverture de l'enveloppe ou des enveloppes de l'œuf. — Le spermatozoïde en entier, ou bien seulement sa téte(?) va se joindre à ce qui reste du noyau primitif de l'ovule après l'expulsion des globes polaires. Les deux réunis constituent le noyau de l'ovule, qui va devenir le point de départ de la segmentation, du développement de l'embryon (voir les traités d'embryologie).
Expulsion du foetus ou Accouchement. — A mesure que l'œuf se développe, l'utérus augmente de dimensions; ses parois s'épaississent, beaucoup de fibres musculaires s'y développent, de sorte qu'elles deviennent plus contractiles. Vers le 280™" jour de la grossesse, l'utérus commence à se contracter sur son contenu; le col s'efiface, s'ouvre et s'élargit de plus en plus. Les contractions reviennent par accès, sont très-douloureuses, d'où le nom de douleurs qu'on leur a donné. L'œuf finit par être expulsé, la tête du fœtus en avant. — Les contractions de la matiùce se trouvent sous la dépendance d'un centre réflexe situé dans la moelle lombaire, qui agit encore parfaitement après que la moelle a été sectionnée au dos (voir page 145).
Les diverses questions qui ont rapport à l'accouchement sont étudiées avec beaucoup de détails dans les traités d'accouchements.
Sécrétion du lait et lactation. — Un phénomène corrélatif de la grossesse et de l'accouchement est la sécrétion du lait, liquide destiné à nourrir l'enfant après sa naissance.
Dans la seconde moitié de la grossesse les glandes mammaires se développent encore plus qu'à l'établissement de la puberté. La sécrétion s'établit ordinairement un à trois jours après l'accouchement, au milieu d'un léger mouvement fébrile (fièvre de lait).
Le colostrum — c'est le nom du lait sécrété les quelques premiers jours — ne renferme que très-peu de caséine, mais de l'albumine en quantité notable, et les autres substances (contenues normalement dans le lait) en plus grande quantité que le lait proprement dit. Le colostrum se prend en une masse solide si on le chauiï'e (coagulation de l'albumine). Il renferme des globules granulés, plus gros que les globulins du lait normal. — La composition chimique du lait de femme a été donnée à la page 197 de la l"'" partie. — Le lait excrété vers la fin d'une séance est plus riche en caséine et surtout en beurre.
Il résulte du tableau de la page 197 (1™ partie) que le lait de vache (pur) renferme plus de caséine et surtout plus de graisse que le lait de femme. Dans le cas où Ton est forcé de nourrir un enfant avec du lait de vache, on délaie le lait avec son volume d'eau, et on peut y ajouter un peu de sucre, le mieux du sucre de lait, pour se rapprocher le plus possible du lait de femme. Malgré cela, le lait de vache est ordinairement mal digéré par les très-jeunes enfants; cela tient en partie au moins à ce que la caséine du lait de vache se coagule dans l'estomac en masses compactes, tandis que celle du lait de femme se coagule en petits flocons.
Les glandes mammaires sont des glandes acineuses. Une vingtaine de conduits excréteurs débouchent à l'extrémité du mamelon; près de leurs orifices, ces conduits présentent chacun une dilatation en ampoule. — Les globules de beurre paraissent se former par dégénéi^escence graisseuse du protoplasme des cellules glandulaires. Contrairement à une opinion admise aujourd'hui encore, les protoplasmes glandulaires ne subissent pas cette dégénérescence dans toute leur masse; les cellules restent en t)lace, bien que très-réduites dans leur volume, puis elles gonflent de nouveau, empruntent au sang des éléments nutritifs, et recommencent à former des globules de beurre (Stiuckeh, HiiioENHAm). La caséine paraît aussi se former aux dépens des cellules glandulaires.
FONCTIONS DE filONKRAÏION. 3;)0
Une bonne nourrice sécrète en moyenne par jour un litre de lait, et même davantage.
L'excrétion du lait n'est pas due uniquement à la succion de l'enfant. Lorsque l'enfant tette, il y a une véritable érection (par acte réflexe) du mamelon et de toute la glande. Les vaisseaux mammaires se dilatent, la glande durcit, ce qui doit contribuer à chasser le lait. Dans le mamelon surtout, il y a des fibres musculaires lisses qui se contractent. En fait, le lait est projeté souvent en jet hors du mamelon. Enfin, la sécrétion proprement dite est activée quand l'enfant tette. D'abord une plus grande quantité de liquide transsudera des vaisseaux dilatés; ensuite, d'après des recherches récentes (Laffont et P. Bert), il faudrait admettre dans les glandes mammaires de véritables nerfs sécrétoires, provoquant la sécrétion sans l'intervention de l'action vasodilatatrice.
TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES