FONCTIONS DE GÉNÉRATION OU DE REPRODUCTION
Tout être organisé est (de nos jours) une partie détachée d'un autre être organisé. La génération équivoque n'est plus guère défendue actuellement. Les exemples qui de tous temps étaient cités comme preuves de la naissance d'êtres organisés aux dépens de la nature inanimée ont été successivement reconnus comme rentrant dans la loi générale énoncée à l'instant. Ne connaissons-nous pas aujourd'hui les semences des schizomycètes, ces organismes qui tout d'un coup pullulent en des endroits qu'à tort on croyait longtemps à l'abri de tout germe vivant.
Différents modes de reproduction. — l» La reproduction la plus simple est celle par division. On la trouve chez les êtres unicellulaires (plantes et animaux). On doit y ranger la subdivision de beaucoup d'êtres unicellulaires, après conjugaison préalable de deux individus. Elle est aussi très-répandue chez les êtres unicellulaires qui composent un animal supérieur. La division cellulaire dans nos tissus est un véritable acte de génération, dont dépendent notamment la guérison de plaies, la consolidation des os fracturés etc. etc., et la reproduction, chez quelques vertébrés inférieurs (larves de tritons, salamandre etc.) de membres entiers qu'on a enlevés.
2" Reproduction pur bourgeons. L'organisme maternel pluricellulaire produit quelque part une proéminence dans laquelle on reconnaît (en raccourci) un nouvel individu, avec toutes les parties constituantes de celui qui lui a donné naissance. Le bourgeon peut se détacher de l'organisme maternel, et mener une vie indépendante. Ce mode de reproduction, très-répandu dans le règne végétal, se trouve notamment chez les polypes et chez quelques vers.
3» lieproduclion par des œufs ou ovules. Un œuf est un organisme élémentaire, une cellule, formée (par division) dans un autre organisme, dont il se détache. Placé dans des conditions favorables (de température, d'humidité etc.), il finit par 'donner naissance à un individu semblable à l'individu maternel. Ce dernier est-il pluricellulaire, alors l'œuf doit se diviser, et les cellules résultantes subissent ordinairement des différenciations plus ou moins prononcées.
Les œufs peuvent se développer sans fécondation par la semence mâle ou sperme — parthénogenèse — (chez les abeilles et d'autres insectes); dans ce cas l'œuf s'appelle aussi corps germinatif. Oi'dinairement le développement de l'œuf suppose une fécondation préalable, au moins pour donner naissance à un individu complet — reproduction sexuelle — (un commencement de dcvelo[)[)ement sans fécondation est possible pour la plupart des œufs). La semence mâle (sperme) et la semence femelle (œuf) peuvent se développer sur le même individu — hermaphrodisme — (chez beaucoup de vers, les limaces etc.), ou bien chacune se développe chez un autre individu, la semence femelle ou œuf chez la femelle, et la semence mâle ou sperme chez le mâle — dioecie.
Chez beaucoup d'animaux qui vivent sous des formes différentes on rencontre la reproduction sexuelle dans un stade, et la reproduction par bourgeons dans un autre — génération altei^nante — (chez les méduses, les taenias etc.). — Les deux modes de reproduction se rencontrent simultanément (sur le même individu) chez des polypes, de même que chez la plupart des plantes.
Chez les vertébrés, la reproduction de l'individu complet est toujours sexuelle et dioïque.