‹ Éléments de physiologie humaine, à l'usage des étudiants en médecine (volume 2)Chapitre 44 sur 132 · CENTRES VASO-MOTEURS PÉRIPHÉRIQUES · texte numérisé non relu

CENTRES VASO-MOTEURS PÉRIPHÉRIQUES

Voici les raisons principales mises en avant pour prouver l'existence de centres \ aso-moteurs périphériques.

1° L'existence même des fibres vaso-constrictrices et des fibres vaso-dilatatrices, dont les actions s'expliquent par l'hypothèse d'un tel centre.

2" La perte du tonus vasculaire à la suite de la section de certains nerfs (gr. synipalliicjnc pour la tèlc et l'oreille de lapin, nerf sciatique pour la jambe, etc.) n'est (h'Iinitive i)inir

CIIAriTRE III.

aucun de ces organes. Après 8 à JS jours, les vasseaux de la jambe ont repris leur calibre primitif, ceux de la tète seulement plus tard. Déjà quelques jours après la section de tous les nerfs (au moins en apparence) qui se rendent à un membre, la vaso-dilatation augmente sous l'influence d'un frottement léger de la peau; elle diminue ou disparaît si on excite fortement la partie; elle augmente si on plonge l'organe dans l'eau chaude, et diminue dans l'eau froide.

3" On a observé des innerA ations rythmiques des artères de l'oreille de lapin {i-6 fois à la minute) et de l'aile de la chauve-souris. Des traces de ces contractions persistent encore chez la chauve-souris après que tout lien nerveux entre l'aile et le corps de l'animal est interrompu (Schiff, Luchsinger).

On se figure donc (Goltz) que ces centres vaso-moteurs périphériques agiraient très-peu par eux-mème, mais leur activité serait sollicitée continuellement par les nerfs vaso-constricteurs, enrayée plus ou moins par les dilatateurs, et cela de manière à ce que tantôt les uns, tantôt les autres prédominent. iVprès la section des nerfs vaso-moteurs du grand sympathique au cou ou du nerf sciatique, ces centres périphériques, abandonnés à eux-mêmes et n'étant plus sollicités ni par le centre de la moelle allongée ni par ceux de la moelle spinale, développeraient leur activité et parviendraient à produire les efi'ets vaso-moteurs locaux que nous venons de signaler.

De graves objections ont été faites ii l'hypothèse des centres en question.

1/) La principale consiste dans la rareté ou l'absence des cellules nerveuses à la périphérie des nerfs vasculaires. De bons observateurs nient positivement l'existence de ces cellules nerveuses dans l'oreille du lapin et dans la membrane interdigitale de la grenouille, deux terrains d'expérimentation des partisans des centres périphériques.

b) On a démontré que chaque organe reçoit des nerfs vaso-moteurs par plusieurs voies; il est donc très-diflicile de les couper tous. Ainsi il y en a qui quittent la moelle au dos, descendent dans le grand sympathique abdominal, puis seulement gagnent l'extrémité postérieure (Volpian). Ces quelques fibres non coupées pourraient développer une suractivité, et produire les effets vaso-moteuis signalés après section des nerfs crural et sciatique, les uns dans l'hypothèse d'une excitation, les autres dans celle d'un relâchement, d'une fatigue. — Sans méconnaître la valeur de cette objection pour plusieurs des expériences invoquées, il faut cependant admettre qu'elle ne s'applique pas à l'aile de la chauve-souris tout à fait détachée du corps, auquel on l'a reliée par des tubes inertes enfoncés dans les extrémités des vaisseaux.

c) Les effets vaso-moteurs locaux dont il est question ici pourraient résulter d'une action directe sur les fibres musculaires.

La dernière objection, ainsi que celle ressortant de la grande rareté des cellules nerveuses, peuvent être tournées par l'hypothèse d'après laquelle les fibres tiiusculaires lisses joueraient clles-inènics le rôle de centres périphériques, et en faveur de laquelle on peut invoquer plusieurs faits. — Nous avons vu que les fibres striées du cœur jouent à certains points de vue le rôle de fibres nerveuses : quand elles entrent en action, elles propagent l'état fonctionnel aux fibres voisines, à peu près comme la fibre nerveuse motrice provoque l'état fonctionnel dans la fibre musculaire où elle aboutit. Engei.mann a constaté jiositivemcnt un fait de ce genre pour les fibres musculaires lisses de l'uretère. Chez le rat et le laj)in, on peut isoler de longues portions de ce canal memhi-aneux ne renfermant certainement pas de cellules ganglionnaires, et cependant une contraction provoquée en un point de ce tube se communique de proche en proche à tout le reste. Les fibres contractiles lisses de l'uretère au moins se communiquent donc entre elles l'état d'excitation, et jouissent de la propriété la plus caractéristique des éléments nerveux : une constriction (probablement aussi un relâchement) peut se communiquer d'une fibre contractile à l'autre, sans l'intervention du système nerveux. La difficulté n'est pas plus grande d'admettre que le point d'attaque des fibres nerveuses vaso-constrictrices et vaso-dilatatrices est la fibre musculaire elle-même, que si nous su])posons (|ue c'est la cellule nerveuse. Il y a même un fait qui parle positivement dans le sens fie notre hypothèse; il nous est donné dans l'influence modérati-ice du nerf vague sur le cœur. Une excitation suffisante du cfnir de grenouille est toujours maximule (voir pages \0i et lOEJ); et cependant l'excitation du nerf vague aflaiblit les systoles cardiaques. Il est donc possible (voir page 112, l"-» partie) que le nerf vague, l'analogue des nerfs vaso-dilatateurs, agisse directement sur l'élément contractile du cœur. — ■ Cette hypothèse aurait l'avantage d'expliquer les contractions rythmiques dans l'aile di; chauve-souris aussi bien ([ue les effets vaso-moteurs locaux, observés api-ès section des nerfs (pii se rendent à un organe, notamment la Aaso-constr'iclion sons rinduence du froid, et la vaso-dilatiilioii sous rinlluence de la clialcur.

cinciLATio.N Di; sANfi. 1 :2."

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