‹ Éléments de physiologie humaine, à l'usage des étudiants en médecine (volume 2)Chapitre 45 sur 132 · REFLEXES VASO-MOTEURS · texte numérisé non relu

REFLEXES VASO-MOTEURS

L'appareil vaso-moteur périphérique, différent en cela du centre cardiaque périphérique, paraît agir presque exclusivement sous l'influence du système nerveux central, qui lui-même est mis en activité par l'excitation de nerfs centripètes; autrement dit, les réflexes vaso-moteurs jouent un rôle prépondérant dans l'innervation vaso-motrice.

Signalons d'abord quelques influences provoquant des actions vaso-motrices, mais qui ne rentrent pas dans la catégorie des réflexes proprement dits, et dont quelques-uns impriment aux centres vaso-moteurs le cachet de Vaulomatisme.

a) La vénosité du sang resserre tous les vaisseaux du corps : la pression sanguine monte considérablement dans l'asphyxie; rappelons aussi la pâleur des téguments dans l'agonie, et la cessation des liémorrhagics pendant une svncope provoquée par des pertes sanguines. Le sang vcinenx agit surtout sur le centre vaso-moteur de la moelle allongée (mais aussi directement sur les vaisseaux).

b) Certains états des hémisphères cérébraux (émotions morales) produisent des effets vaso-moteurs puissants, témoins la pâleur de la colère, là lividité de la peur, la rougeur de la honte, etc. En second lieu, la « volonté » qui innerve des muscles, y provoque aussi une vaso-dilatation (probablement en agissant sur les centres spinaux). — On obtient du reste des effets vaso-moteurs par l'électrisation de certaines parties de l'écorce cérébrale (voir 2""= partie, « écorce cérébrale »).

c) Les variations de la pression sanguine connues sous le nom de périodes de Traube résultent, d'après IIering et Fredebicq, d'une innervation vaso-constrictrice rythmique, synchrone avec l'innervation respiratoire.

d) Diverses influences (électricité, contusions, etc.), appliquées directement sur les vaisseaux, y provoquent des effets vaso-moteurs, même quand tout lien nerveux est sujiprimé entre eux et la moelle allongée. Le froid resserre les vaisseaux, la chaleur les relâche. Est-ce une action directe sur les fibres contractiles des petites artéréoles, ou bien faut-il supposer l'intervention d'un « centre vaso-moteur périphérique? »

e) Une augmentation de la pression sanguine générale (transfusion) produit une vaso-dilatation générale; une diminution de cette pression (hémorrliagic) produit une vaso-constriction générale. Est-ce une action exercée directement sur le centre de la moelle allongée; ou bien un acte réflexe, provoqué par des nerfs centripètes des vaisseaux ou du eœur; ou bien encore les deux influences agissent-elles simultanément ?

Relativement aux réflexes vaso-moteurs véritables, on est arrivé à la conclusion que l'excitation de presque tous les nerfs centripètes, depuis le nerf trijumeau jusqu'aux racines sacrées, peut provoquer des réflexes vaso-moteurs. Et parmi les nerfs centripètes, il importe de comprendre, outre les nerfs dits sensibles, les nombreux nerfs centripètes des organes viscéraux (provenant des poiiinons, du cœur, des organes splanchniques, etc.), qui en temps ordinaire ne donnent guère lieu à des sensations, mais bien à des actes réflexes.

Quplqups unes de ces dernières fibres paraissent gagner les centres cérébro-spinniix directejnciit II lr;t\crs des nerfs racliidiens; mais la iirandc majorité sont des libres (hi ^land s\iii|i;i-

thique, gagnant les nerfs rachidiens par les rameaux communiquants, et passant ensuite dans les racines rachidieunes postérieures (Waller, Franck). Les nerfs vaso-moteurs véritables, centrifuges, sortent par les racines antérieures.

Les actions vaso-motrices provoquées ainsi par l'excitation de nerfs centripètes sont quelquefois locales, plus souvent générales ou au moins répandues sur de grands territoires. Assez souvent on obtient une constriction, qui fait place à une dilatation si l'excitation persiste. Souvent aussi l'efFel est complexe, la vaso-dilatation dans un territoire est accompagnée d'une constriction dans un autre territoire, un fait dont nous relèverons plus loin la nécessité physiologique.

Nous ne connaissons qu'imparfaitement les conditions dans lesquelles on obtient l'un ou l'autre effet. Il ne faut pas oublier que lorsque nous excitons artificiellement des nerfs centripètes, l'excitation est toute autre que dans le fonctionnement normal : nous excitons ordinairement des troncs nerveux, et non pas les terminaisons périphériques ; nous excitons dans les troncs plusieurs sortes de fibres centripètes, qui probablement ne sont jamais normalement excitées en même temps et dans la même mesure. Il en résulte que les effets réflexes provoqués par la stimulation artificielle de ces nerfs différeront de ceux qui se produisent normalement dans l'organisme.

Voici quelques réflexes vaso-dilatateurs purs .

a) Chez le chien, le frottement de la peau du'pénis donne lieu à un réflexe local, à la dilatation des petites subdivisions de l'artère profonde du pénis. L'effet continuant à se produire après section de la moelle au dos, nous devons

Fig. 8:j. — Effet de l'excitation du bout central du nerf dépresseur sur la pression sanguine (•liez le lapin (d'après FosterL Le temps est marqué en secondes. En a commence la tétanisation du nerf, et dure jusqu'en b. Temps latent considérable de l'excitation, et persistance de l'effet, après cessation de la tétanisation.

supposer un centre vaso-dilatateur situé dans la moelle lombaire. Le nerf centrifuge dans cet acte réflexe est le nerf ércctcur du pénis (voir 2""= partie, centres réflexes dans la moelle épinièrc).

h) Les corps sapides portés dans la bouche provoquent comme réflexe local une vaso-dilatation (par la corde du tympan) dans les glandes sous-maxillaires et sublinguales, ainsi que dans la muqueuse buccale.

(■) l'u nerf centripète rcuiarquablc cal \(i nerf dépresseur de Cyon. Chez le

lapin, un filet nerveux cardiaque ccn- ' tripète naitdu nerflaryngé supérieur, quelquefois en même temps du nerf vague après qu'il a émis le nerflaryngé supérieur. Après section, la tétanisatiou de son bout central (fig. 85) abaisse d'une manière très prononcée la pression sanguine; l'action du cœur est ralentie, et toutes les petites artéréoles du corps se sont dilatées, particulièrement celles des organes abdominaux.

La dépression de la pression sanguine se produit encore si préalablement on a coupé les deux nerfs vagues, en dessous de l'émission des nerfs laryngés supérieurs; le cœur alors ne se ralentit pas, les vaisseaux seuls se dilatent.

Oïl a trouvé le nerf dépresseur chez plusieurs mammifères; seulement il n'a pas toujours une existence aussi indépendante que chez le lapin. Ces fihres du nerf dépresseur ne sont pas contenues dans le nerf vague des sa sortie du crâne, elles lui viennent du grand sympathique.

La chute de la pression sanguine étant peu prononcée quand les nerfs splanchniques sont coupés, on a émis l'opinion que le nerf dépresseur ne refléchit son action que sur les nerts splanchniques.

Il s'agit là prohablement d'un réflexe vaso-moteur régulateur de la pression sanguine; son point de départ pourrait bien être une augmentation anormale de la pression sanguine, agissant sur les extrémités cardiaques du nerf dépresseur.

Les réflexes vaso-moteurs suivants sont plus ou moins complexes. L'excitation du bout central de la plupart des nerfs dits « seiisihles » , produit une augmentation graduelle et notable (jusqu'à 2 fois sa valeur normale) de la pression sanguine générale, par constrictioii de tous les vaisseaux duj corps. La figure 80 représente cet effet, dii à une courte tétanisation du nerf crural du chien. L'animal a été curarisé.

Apres un temps latent notable(le temps est marqué en secondes), la pression sanguine monte, longtemps encore

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