I. TIIERMOMÉÏRIE
Mesure de la teJQipérature. — Les instruments employés à la mesure de la température de l'Iiomme et des animaux sont :
\o Le the7-nionù'l?-(i (Galilée 1392-1^97; Sanctouius 1626) ordinaire, à mercure ou alcool, à maximum, métastalique, etc. L'échelle doit être divisée au moins en dixièmes de degré. Le thermomètre ne peut servir chez l'homme qu'à mesurer la température des parties superficielles du corps (creux de l'aisselle par exemple), des cavités facilement accessibles (bouche, rectum, vagin) ou de l'urine au moment où elle est émise (Oertmakn). Cl. Cernard, Colin, Heidenhain, ont employé des thermomètres en forme de tige extrêmement fine et ellilée pour explorer chez les animaux la tcmj)érature des parties profondes, notamment du sang contenu dans les gros vaisseaux, dans les cavités du cœur, etc.
Kronecker et flieyer (1878) ont construit de petits thermomètres à maximum renfermés dans une capsule métalli(]uc minuscule et destinés à être avalés en entier par les animaux en expérience. Ces thermomètres traversent tout le tube digestif, puis se retrouA ont dans les excréments. D'autres i)lus petits encore, sont introduits dans les vaisseaux et entraînés plus ou moins loin par le sang.
"2" Vapparcil Ihei-mo-éleclrique basé sur le principe suivant : lorsque deux fds ou doux lames de métaux dilférents (cuivre et acier) sont soudés en deux points (S, S' (ig. 118) de manière à former un circuit fermé S S' C C, il se développe un courant électrique dansée circuit, chaque fois que l'une des soudures S' présente une température plus élevée ou plus basse que celle de l'autre soudure. Pour des dilféiences de lempéialure peu inqiortantcs (comme celles iirésentées par les tissus vivants) la force éleclio-motrice et par conséquent l'intensité du courant est proportionnelle à la dilférence de température des deux soudures S, S'. Si l'une des soudures S est placée dans un bain à température connue et
CHALEUR AMMALE.
constante (-)- 58» par exemple), l'autre soudure S' pourra servir à indiquer la température des organes avec lesquels on la met en contact. Il suflira de mesurer l'intensité du courant électrique qui se développe dans ces conditions. On donne à ces soudures une forme effilée (aiguilles de Dutrocliet, à soudure terminale; — de Becquerel, à soudure latérale; sondes thermo-électriques de d'Arsonval), qui permet de les glisser dans l'épaisseur des muscles, du foie, du cerveau, etc. ou à l'intérieur du cœur et des gros vaisseaux pour explorer leur température.
L'intensité du courant qui se développe dans le circuit se mesure au moyen de la Ijoussole des tangentes (boussole dk Wiedem.v>.\, modifiée par DU Bois-Revmo>d). On intercale dans le circuit des aiguilles tliermo-électriques, uue Lobine à gros fil métallique que l'on fixe à la boussole dans le voisinage de l'aimant (aimant, en forme d'anneau mobile ab, suspendu à un fil de cocon). Chaque fois qu'un courant circule dans la bobine, l'aimant ab est dévié de la position d'équilibrequ'il occupait dans le méridien magnétique. L'intensité du courant (qui sert de mesure à la diflërence de température) est proportionnelle à la tangente de l'angle de Fig. 118. — Schéma de l'appareil thermo-
déviation y, à condition (jue celui-ci soit fort petit. L'aimant ab est lié à un petit miroir m qui suit tous ses mouvements. La lunette L munie de son échelle graduée Efi' permet de lire directement par réflexion dans le miroii' m la \ aleur de la tangente de l'angle de déviation 'f, ou plus exactement la valeur delà tangente d'un angle doubleC) 2 'f (erreurnégligeable dans le cas d'angles très-petits).
électrique. S, S', aiguilles ihermo-éleclriques; C, C, fils reliant les aiguilles à la bobine à gros fil; bci, aimant de la boussole des tangentes; m, miroir; AB, barreau d'Haiiy; L, lunette; EE', règle graduée. La lunette est vue d'en haut, le reste en perspective.
(1) Soit en effet ab (fig. 1 19) la position du miroir, lorsque les deux soudures S et S' sont à l;i même température de -+-38". L'échelle graduée EE' est placée parallèlement ; et la lunette L, perpendiculairement au miroir ab ; de sorte que la partie moyenne (marquée 0) de cette échelle, après s'être réfléchie dans le miroira6,'\ient se peindre au foyer de la lunetteLet dans l'œil de l'obserAateui". Plaçons la soudure S' dans un milieu dont la température dépasse d'un degré la température de S, il se produira dans la bobine un courant d'intensité I proportionnelle à la dilTérence de température, courant qui déviera l'aimant de manière à faire prendre au miroir la position a'b', faisant avec la position de repos ub mi angle aca' = ». C'est à présent la portion yVde l'échelle graduée, qui après s'être réfléchie dans
le miroir o'i', vient peindre son image au fover de la r- ,,n ci- i • • > -n . , ,. T n '. j , ni atV-/-w I ris;. IIî). — Schéma destmc a dlustrer
lunette L. Or, on voit de suite que 1 angle >C0, dont |e p,océdé de lect.ire à distance, de ON i-eprésente la tangente, est le double de l'angle de la dc'-viation de l'aimant dans la déviation aca'. ON, c'est-à-dire la longueur lue dircc- boussole des tangentes. L'appareil tement dans la lunette est donc égale à tangente 2-p. ^^t censé vu d'en haut. Si la longueur ON correspond à une diftërence de température de I» centigrade, chaque partie de ON divisé en oO, 100, 1000 etc. parties égales, correspond à une diflërence de température de '/-(,«, */,uoS Vino(/ de degré centigrade."
1 80 CIIAIMTRE V.
Le gros barreau aimanté AB (barreau (J'Hauï) est placé clans le méridien magnétique (le pôle sud dirigé vers le nord) de manière a diminuer l'action directrice que l'aimant terrestre exerce sur tib et à rendre par conséquent cet aimant ab asiatique., et plus sensible à l'action des courants électriques qui circulent dans la bobine. En outre l'aimant ah est apériodique : quand il se trouve dévié sous l'influence d'un courant électrique circulant dans la bobine, il rejoint sa nouvelle position d'équilibre du premier coup et sans exécuter d'oscillations. L'aimant ab est en elTet suspendu à son fil de cocon de manière à exécuter tous ses mouvements dans une cavité étroite creusée à l'intérieur d'une masse annulaire de cuivre (qui n'a pas été représentée fig. 119) : à cliacun de ses mouvements, il développe par induction dans cette masse de cuivre un courant électrique, lequel réagissant sur ab tend à enrayer sou mouvement. C'est comme si l'aimant se mouvait dans un milieu visqueux : sa vitesse se trouve ainsi diminuée et n'est jamais suflisante pour lui faire dépasser sa position nouvelle d'équilibre. La présence du barreau aimanté AB concourt également à produire l'npériodicité de l'aimant.
L'emploi de l'appareil tliermo-électrique présente deux avantages considérables, qui sont: l" la rapidité des indications; 2° une sensibilité ])our ainsi dire illimitée, llelmlioltz a pu mesurer des difTérences de température de 47j'ôô™'' de degré.
JLallieureuseinent l'outillage instrumental est compliqué et d'un maniement difficile quand il s'agit de déterminations absolues de In température. En outre les aiguilles tbermo-électriqnes ne peuvent qu'exceptionnellement être introduites dans les organes de l'bomme (expériences de Becquerel). Leur emploi, nécessitant des mutilations plus ou moins graves, est à peu près exclusivement limité aux expériences sur les animaux.
Topographie de la température. — Les organes internes produisent constamment de la clialeur, et cependant leur température reste sensiblement la même. C'est qu'il se fait à la surface du corps, par rayonnement et par contact unc déperdition considérable de calorique. Le milieu extérieur dans lequel nous vivons, présente en effet une température qui d'ordinaire est notablement plus basse que celle de notre corps. Les parties superficielles doivent donc se refroidir, et se refroidir d'autant plus que la température extérieure est plus basse. Aussi la température de la peau est-elle peu élevée et des plus variables. Jolin Davy a trouvé les chiffres suivants comme température de la peau:
Plante du pied 52"26 C.
Tendon d'Acbille . . . aô<'8ÎJ C.
Jambe (eu avant) .... .".""Oo C.
Blollet 3,>8') C.
Au contraire les organes internes présentent sensiblement la même température, r]iM)i({iie la production de chaleur soit très-inégale dans les différents tissus. Les réactions chinii([ues (jui sont la base de la thermogénèse s'accomplissent principalement dans les muscles, les glandes et les centres nerveux (voir pliysiologie des muscles, de la digestion et du système nerveux central). Ces organes, vrais foyers de chaleur, sont en même temps, parleur situation profonde, assez peu exposés aux causes de refroidissement. Les os, les cartilages, les ligaments, le tissu conjonctif en général produisent fort peu de chaleur et se réchauffent sui'toutau contact du sang. La circulation du sang répartit également entre tous les organes la chaleur produite dans (luehiues-uns d'entre eux et tend à uniformiser la température des organes internes.
La température rectale est de -^ 37"îj à -+- 58° chez l'homme. Celle de la bouche est un peu moins élevée, ainsi que celle de l'urine. En clinique, on mesure fré(|uonuiicnt la température dans ]<' creux axillaire, (pi'on peut jus(|u'à tm
Creux poplit(î . .
. . 5ÎJ«00 C
Cuisse .....
Pli inguinal ....
Région précordiale . .
. . oWfO C
CIlALELIi AMMALIi. 184
certain point considérer comme une cavité naturelle (le bras étant appliqué étroitement contre la poitrine), La moyenne de la température y est de 5G"49 d'après Davy; de 5G"8Î) d'après Liobcrmcister. D'après Wundcrlich elle varie de oC^o à d7°25 (voir plus loin la courbe diurne de la température axillairc chez l'homme).
Becquerel, Dutrochet, CI, Bernard, Roscnthal, d'Arsonval, etc. ont employé les aiguilles et les sondes tliermo-électriques pour mesurer la température des parties profondes chez le chien, le mouton, etc. Voici quelques chiffres :
Sang du cœui' (hoil (t) ôS^S \
— — gauche 58"6 ( Cl. Bernard.
— — de l'aorte ôS»? i Expériences sur le chien.
— — des veines sus-hépatiques . . . ôO"? y
Claude Bernard et d'Arsonval (2) ont fait au niojcn des sondes thermo-électriques une série de déterminations intéressantes de la température du sang dans les gros vaisseaux chez le chien. L'une des sondes (maillechort et fer soudés et recouverts d'un enduit imperméable) était glissée par l'artère crurale jusque dans l'aorte et laissée à demeure. Le sang artériel représentait ici le
Fig. 120. — Représentation graphioue de la température du sang dans les gros vaisseaux du chien. Le vaisseau horizontal représente l'aorte dont la température est constante. Toutes les parties dessinées au-dessus de cette abscisse (RR, reins; Foie; 3D, cœur droit; P, poumon) ont une température plus élevée que celle de l'aorte. Les parties situées en dessous de cette abscisse (VfJ, veine cave inférieure; VCS, veine cave supérieure), oui une température moins élevée. 'JO, cœur gauche. (D'après Cl. Bernard).
bain à tempéiature constante servant de point de comparaison pour les températures indiquées par l'autre sonde. Cette dernière introduite par la veine crurale était poussée graduellement en avant, de manière à faire parcourir à la soudure terminale les veines iliaques, puis toute l'étendue de la veine cave inférieure, pour aboutir à l'oreillette droile. Dans quelques expériences la sonde veineuse avait même franchi l'oreillette droite et avait pénétré dans la veine cave supérieure et de là dans la jugulaire droile. La figure 120 indique graphiquement les résultats de ces expériences. Le grand vaisseau horizontal représente l'aorte et les gros vaisseaux qui en partent, dans lesquels la tem|)érature ne varie pas d'un endroit à l'autre. Les vaisseaux où la température est inférieure à celle de l'aorte, ont été dessinés en dessous d'elle; ceux
(1) Malgaigne, Berger, Magondie, Cl. Bernai d. G. v. Liobig, Fick, etc. ont trouvé le sang du cœur droit plus chaud que celui du cœur gauche; pour Colin. Jacobson, Korner et lleidenhain, ce serait tantôt le ventricule droit, tantôt le ventricule gauche (mais plus souvent ce dcrniei) qui présenterait la température la plus élevée.
(2) Claide Bernard, Leçons de p/iysiolofjie opèratoirp, 1880.
ClIAlMTnF. Y.
OÙ la température est supérieui'e à celle de l'aorte, ont été représentés au-dessus. Les chiiïres indiquent les différences de température en plus ou en moins.
Variations de la température interne sous l'influence du froid. — L'homme, convenablement lialjillé et nourri, lutte parfaitcnu'nt contre le froid, soit en liiver, soit pendant son séjour dans les régions polaires. On n'observe dans ces conditions aucune diminution de sa température interne comparée à ce qu'elle est dans un climat tempéré. L'expérience suivante prouve la grande résistance au refroidissement que présentent les parties profondes : Becquerel et Brescliet, mesurant la température du centre du biceps (au moyen d'aiguilles thermo-électriques) chez un homme dont le bras avait été plongé pendant toute une heure dans de l'eau glacée, trouvèrent que le refroidissement subi par le tissu musculaire atteignait seulement O^S c.
Mais la faculté de lutter contre le froid n'est pas illimitée. Si l'on plonge un lapin dans de l'eau glacée, on pourra graduellement abaisser sa température jusque vers -+- 20°, limite vers laquelle la mort paraît inévitable, à moins qu'on ne réchauffe l'animal ou qu'on ne supplée à l'insuffisance des mouvements respiratoires en pratiquant artificiellement la ventilation pulmonaire.
La mort qui survient à la suite de l'application d'enduits iniperinéables ou de vernis à la surface de la peau, parait due au refroidissement intense qui se produit dans ces conditions.
Chaleur extérieure. — Les chaleurs de l'été, le séjour dans les pays chauds fontti"ès légèrement monter la température interne de l'homme (Davy, 1850). Lorsque cette dernière dépasse de quelques dixièmes de degré à un degré sa valeur normale, les pertes de chaleur par rayonnement et surtout par l'évaporation de la sueur à la surface cutanée et respiratoire, augmentent considérablement, de sorte qu'il s'établit bientôt un nouvel état d'équilibre de la température interne qui ne continue plus à monter. L'homme peut supporter pendant plusieurs heures une température extérieure dépassant de quelques degrés la sienne propre. Blagden séjourna pendant 8 et 15 minutes dans des fours (air sec) chauffés respectivement à -+- 127" et -t- H I", sans que sa température interne montât notablement. L'évaporation de la sueur à la surface cutanée et respiratoire constitue alors la principale ressource que l'organisme met en jeu pour combattre les causes d'échauffement. Si l'on empêche cette évaporation (ctuvc humide) la température interne montera rapidement. On a signalé des températures dépassant -+- 40" et même -t- 41° après un bain de vapeur (Jiiu- GE.NSEX et Bautels).
Une augmentation de la température interne de fi" à 7" paraît mortelle à tous les animaux à sang chaud. L'homme et les mammifères meurent lorsque leur température dépasse -t- 44" à -v- iU". (Expériences sur les animaux j)lacés dans des étuves chauffées, mort par insolation chez les moissoimeui's ou les soldats en marche); les oiseaux, dont la température normale est déjà d e -+- 42 il -+■ 4i", meurent lors(ju'elle atteint -+- 48" à -h ;J0". La chaleur agit en paralysant les muscles, notaniment le muscle canliatiue. ((^eaude Beunaiu).)
Si réchauffement artificiel n'est pas poussé jusqu'au degré mortel, mais si on le maintient pendant plusieurs jours, on observe une dégénérescence graisseuse du cOMii-, du foie, des reins et des muscles (Litten).
CllALELR AMMALE. 183
Exercice musculaire. — Les muscles produisent des quantités notables de elialeur même quand ils sont au repos. Les combustions interstitielles y sont fort actives. Il y a sous ce rapport une grande différence entre un muscle au repos et un muscle paralysé, dont on a coupé le nerf (Cl. Beu.nard) : le second consomme beaucoup moins d'oxygène et produit moins de chaleur que le premier. 3Iais c'est surtout pendant la contraction que les muscles produisent des quantités considérables de chaleur. Tout travail musculaire énergique même de courte durée augmente la température interne de plusieurs dixièmes de degré. L'augmentation peut dépasser 1°, parfois même "2".
L'augmentation considérable de la température interne dans le tétanos (atteignant -+■ 44°75 d'après Wunderlich) doit probablement être rapportée aux contractions musculaires qui caractérisent cet état morbide. Leyden et Charles Ricliet (1) ont réussi à réaliser chez le chien des augmentations analogues de la température interne en provoquant au moyen d'excitations électriques de la moelle, des contractions musculaires généralisées. (Voir: Respirations p. 159.)
Alimentation. — Pendant la digestion, le foie et les autres glandes digestives sont le siège d'une calorification énergique. Cl. Bernard a mesuré la température du sang des vaisseaux du foie chez le chien, à jeun et pendant le travail de la digestion. 11 trouva les chiffres suivants: sang des veines hépatiques chez le chien à jeun depuis quatre jours, température -i- ô8"i ; commencement de la digestion -+- ô9"o; en pleine digestion -+- 41 "5. (Voir : Respiration, page 158).
Cliez l'individu à jeun, la température baisse continucllcmeut. Dans la mort par inanition, elle peut ne plus être que de -+- 25" à -+- 50" (Biddeu et Schmidt, Chossat).
A-Ctivité intellectuelle. — Le travail cérébral augmente la température locale du cerveau (Schuf, Lombard) et peut influencer dans le même sens la température générale. (J. Davy.)
Fièvre, Poisons. — La fièvre est un état morbide caractérisé en grande partie par une exagération de la production de la chaleur et par une altération de la régulation de la température, cette dernière dépassant toujours sa valeur normale. Une température de -+■ 40" correspond déjà à une forte fièvre. La vie du malade est compromise lorsque la température interne dépasse -+- 41° à -+- 42" pendant plusieurs jours.
L'alcool, les anestbésiques, la nicotine, la digitaline, le curare j)roduisent un abaissement de la température interne. Le curare et les anesthésiques agissent sans doute en diminuant la production de la chaleur; l'alcool ne diminue pas la production de chaleur (Henuijeax) mais augmente les pertes de chaleur, en accélérant la circulation cutanée (Boivu-r, Godfrin, Rosemhal, etc.). La nicotine agit sans doute de la même façon (ïscueschiciun, 186G).
Age. — Au moment de la naissance, la température de l'enfant (-+- d7"8G) dépasse de 0°d celle du vagin de la mère. Le nouveau-né se refroidit ensuite rapidement (d'environ 0"9); sa température redevient normale au bout de
quelques heures (-t- ôl^'io d'après v, Bauenspuu.ng, 1851). Chez l'eiifanl la température est plus élevée (de quelques dixièmes de degré) et plus variable que chez l'adulte. La chute de température est d'euvirou 0"!2 jusqu'à l'époque de la puberté, et également d'environ 0°2 depuis la puberté jusque vers la cinquantième année. A partir de soixante ans, la température remonte légèrement. L'augmentation de la température interne chez les vieillards dépend sans doute de la diminution des pertes de chaleur par suite de la restriction de la circulation cutanée. La température axillaire est souvent très-basse chez les vieillards, bien que la température interne, mesurée dans le rectum, ait conservé sa valeur normale (Charcot, 1869).
Variations diurnes. — D'après Davy (1844) (1), Jiirgcnsen (1875), ^Yunderlich, etc., la température interne de l'Jiomme présente une périodicité diurne des plus caractéristiques. Pendant toute la matinée, la température s'élève rapidement jusqu'à 10 ^/^ à 1 heure, puis elle reste quelque temps stationnaire, monte ou descend légèrement. Elle continue ensuite à monter
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Fig. 121. — Courbe rcpréseiiLaiU les variations diurnes de la température axillaire de l'homme.
lentement jusque vers 4 à G lieures du soir; elle atteint alors son maximum auquel elle se maintient pendant deux à trois lieures. Le soir, la température commence à descendre et cette chute de température se continue jusqu'au matin. La difTérence entre le minimum de la nuit et le maximum du soir peut atteindre un degré. L'activité digestive, musculaire et intellectuelle du jour alternant avec la diète, le repos et le sommeil de la nuit expliquent jusqu'à un certain point celte |)éi*io(licité. Cependant le repos au lit combiné avec la diète, tout en diminuant les écarts de la courbe diurne normale de la température, ne les supprime pas complètement. Peut-être l'organisme conserve-t-il alors ce
(1) 3. Davy, Philosopfdcal transactions, iSM. WuNDEiu.icir, Eigcnioarme. D'après JunGi;,\sE.\ (IHc Kiirpnrwurme des (jesundm Menschcii, Leipzig, 187ô), la moyenne de la température du corps pour une période de 2^. heures est chez riiomme adulte, une quantité constante et ty])i([uc (-h37» 2). Il en résulte que cette constance de la moyenne diurne no peut être atteinte que parce que chaque élévation accidentelle de la température est suivie spontanément d'une chute compensatrice. De nièini',c!iar|ue ahaissement artificiel entraînerait un échaullcment conséculil.
rythme par un effet de l'habitude. Chez les ouvriers qui travaillent d'ordinaire la nuit, la courbe diurne de la température interne serait toute différente d'après Krieger et Debczynski. Le maximum s'observerait le matin, le minimum dans la soirée.