CENTRES SENSORIELS OU SENSORIO-MOTEURS
1° Centre cortico-visuel. — Des observations pathologiques contrôlées par, l'autopsie(HENSGHEN, Déjerine, Yialet, Nothnagel etc.J établissent que chez l'homme aussi, la vision est liée àTécorce occipitale, et spécialement à l'écorce de la région dëTâTscissure calcarine, située à la f;ice inferhfîI3îf'^erveHU. Les lésions autour de ce sillon (flg. 204), étendues à ses deux lèvres et surtout au coin, produisent la cécité complète, sans paralysie des muscles oculaires. Toujours les lésions unilatérales retentissehTsur les deux yeux, et sont hémianopiques, c'est-à-dire consistent en des lacunes symétriques dans les deux champs visuels. En cas de destruction totale d'un tel centre, les deux moitiés du même côté des deux rétines sont insensibles, les deux moitiés du côté opposé des deux champs
visuels sont donc aveugles. La ligne de séparation entre les deux moitiés est vertiale et passe par le point de fixation.
Dans riiémiunopio totale par lésion célébrale (desti'uction de tous les éléments
optiques d'un hémisphère), la ligne de séparation entre les deux parties du champ
visuel dévie en réalité un peu vers la partie aveugle au niveau du point de fixation.
La fovea n'est donc jamais aveugle dans ces circonstances ; on se figure qu'elle seule
' de toute la rétine est innervée par les deux hémisphères (Foerster).
Si une partie seulement d'un seul centre cortico-optique est détruite, on observe
^ "^ ) des scotomes symétriques, c'est-à-dire des lacunes symétriques dans les deux
•' . A champs visuels, chacune ayant la forme d'un coin à base périphérique et à pointe
U7VA<^ tournée vers le point de fixation. Il semblerait donc que les éléments rétiniens
sont reliés à des points corticaux arrangés à peu pi'ès comme les éléments
rétiniens eux-mêmes et, de plus, qu'à un point cortical seraient reliés les deux
points rétiniens correspondants, un da la rétine droite, l'autre de la rétine gauche.
^ L On s'est beaucoup éverLué (Hensghkn, Déjerine, Vialet etc.) pour déterminer
\-A/s/ ^ Va^vV la partie corticale qui correspond à la fovea rétinienne, sans y être parvenu.
Cette fovea corticale serait d'après les uns située dans la lèvre antéiieure de la
scissure calcarine. von Moxakow toutefois admet que la fovea rétinienne
serait reliée à toute l'écorce visuelle ; ce serait la raison pour laquelle les
scotomes symétriques respectent toujours le point de fixation.
Motricité du centre cortico-optique. — A deux reprises déjà (p. 532 et p. 533), nous avons parlé des mouvements bilatéraux et parallèles des yeux, notamment de la déviation conjuguée des yeux et de la tête provoquée par l'excitatijn de l'écorce occipitale. Certains auteurs prétendent que l'excitation des environs de la scissure calcarine a cet ellet. D'autres observent, chez le singe notamment, de ces mouvements à la suite de l'excitation da parties très diverses de la convexcité du lobe occipital. L'effet différerait selon qu'on excite un endroit ou un autre. On incline à y voir les mouvements des yeux (et de la tète) fixateurs, analogues à ceux dirigés vers un point lumineux apparaissant dans la périphérie du champ visuel.
2° Le centre cortical acoustique est situé dans l'écorce temporale, probablement dans le tiers moyen de la première circonvolution temporale Des lésions de cette région, surtout de la 1" c. temporale, et s'étendant plus ou moins à l'insula, ont donné lieu à la surdité ou à la subsurdité de l'oreille opposée (Déjerine et Sérieux, Manouvrier, Fleghsig etc).
3° Le centre cortical gustatif et le centre olfactif sont inconnus. D'après quelques observations pathologiques, il faudrait les chercher à la base du cerveau, le premier dans le gijriis uncinatus, le second dans le g. Hippocampi (Ferrier, Onodi etc.).
VOIES CONDUCTRICES CORTICOFUQES ET CORTIGOPÈTES.
a) Voie motrice rolandique. — (Travaux de Brown-Séquard, Gharcot TuRGK, DupuY, Prus, Hering, Déjerine, etc.). De nombreuses fibres
nerveuses issues de^ grandes cellules pyramidales de l'écorce rolandique S3 réunissent en un faisceau compact, et sans interruption cellulaire, se rendent dans la substance grise des cornes antérieures de la moitié opposée de la moelle épinière, où elles se mettent en rapport avec les cellules motrices, origines des racines antérieures : ce sont les « fibres pyramidales. » Toujours réunies en faisceau, elles occupent la majeure partie de la branche postérieure de la capsule interne (fig. 205). Dans le pied pédonculaire elles en constituent le faisceau moyen (fig. 193. p. 499). Plus bas elles se continuent dans les pyramides de la moelle allongée (d'où leur nom) et dans la moelle elles constituent le faisceau pyramidal direct et le faisceau pyramidal croisé.
Noyau caudé > . • Noyau lealiculaire- Avant-mur . . .• Couche optique. .