ORGANES DE PROTECTION DE L'ŒIL
La surface libre de l'œil est recouverte périodiquement par les paupières, dont le mouvement a pour effet d'écarter les agents nuisibles (surtout à la transparence de Ja cornée) et d'humecter continuellement de larmes la surface cornéenne. Lorsqu'à la suite de cicatrices de la peau, par exemple après des brûlures, les mouvements des paupières sont entravés, la cornée, continuellement à nu, se dessèche, et les poussières de l'air n'en sont plus enlevées. Dans ces circonstances, l'épithélium cornéen se trouble, s'exfolie, la transparence de la cornée se perd, et même la membrane devient le siège d'une suppuration. Le même effet se produit à la suite de la paralysie du nerf trijumeau, qui supprime le clignotement réflexe (voir page 579).
Les mouvements des paupières peuvent être volontaires ; mais la plupart du temps ce sont des actes réflexes purs, provoqués par l'excitation des fibres centripètes du trijumeau. Ce dernier, qui donne la sensibilité générale au globe oculaire et à ses annexes, constitue le « gardien de l'œil ». L'occlusion de la fente palpébrale se fait par les contractions du muscle orbiculaire des paupières, un véritable sphincter de la fente palpébrale. — L'acte d'ouvrir la fente palpébrale est passif de la part de la paupière inférieure, qui retombe un peu en vertu de la pesanteur et de l'élasticité des parties; la paupière supérieure au contraire est tirée en haut par son muscle releveur.
D'après Lor, lors du clignement réflexe et synergique (mais qui dépend aussi de la volonté), c'est la portion dite orbitaire du muscle orbiculaire qui se contracte, pendant que le m. releveur se relâche (inlluence d'arrêt sur ce muscle). — Le «clin (l'œil «. mouvement volontaire, est tlû à une contraction du m. orbiculaire dans sa totalité, qui surmonte la tonicité du m. releveur non relâché. — L'occlusion forcée, spasmodique, de la fente palpébrale, est l'eliet d'une contraction du m. orbiculaire en totalité (de la portion orbitaire et de la portion palpébrale) ; tous les muscles de la face peuvent y contribuer. Si elle est unilatérale, le m. releveur ne se relâche pas, — L'ouverture normale de la fente palpébrale est obtenue par une contraction du m. releveur et le relâchement de Torbiculaire. — Pendant le sommeil, l'occlusion de la fente palpébrale est le résultat de la tonicité de l'orbiculaire, plus forte que celle du releveur.
On n'oubliera pas que le muscle releveur de la paupière est innervé par le nerf-oculo moteur commun, et le m. orbiculaire par le n. facial.
Les larmes — liquide aqueux renfermant des sels (surtout NaGl), s'écoulent par l'appareil lacrymal (papilles lacrymales, canalicules lacrymaux, sac lacrymal et canal nasal) dans le nez. Cet appareil constitue une véritable pompe aspirante et foulante ; il est muni de replis muqueux faisant office de valvules et ne permettant le passage des larmes que vers le nez. Au moment de la contraction du muscle orbiculaire des paupières, les fibres contractiles insérées sur la face antérieure du sac lacrymal le dilatent, et les larmes sont aspirées. Le muscle se relâche ensuite, et l'élasticité des parties chasse le trop-plein vers le seul côté où il y a une issue, c'est-à-dire vers le nez. Des libres musculaires circulaires contenues dans les papilles lacrymales paraissent empêcher, par leur contraction, le reflux des larmes dans le sac conjonctival, concurremment avec la disposition des valvules. — Quand on veut « chasser des yeux une larme importune», amenée par une émotion trop vive, on clignote pour faire fonctionner la pompe lacrymale ; mais de plus on aspire à plusieurs reprises l'air à travers les narines, pour accélérer l'écoulement des larmes. L'évaporation des larmes à l'orifice nasal des voies lacrymales produit une aspiration du liquide vers le bas, ce qui contribue également à faire écouler les larmes du sac conjonctival.
Les sourcils ont pour effet très-utile d'empêcher la sueur du front de couler dans les yeux (et de les irriter).
OROANE AUDITIF.
Les sensations fournies par les excitations de l'appareil iierveux auditif sont appelées acoustiques. Elles sont provoquées chaque fois qu'une partie déterminée de l'écorce cérébrale du lobe temporal (l'aboutissant des fibres du nerf acoustique) est excitée. L'excitant spécial, adéquat, de l'appareil
nerveux acoustique est constitué par les vibrations sonores, qui sont transmises à l'eudolymplie, puis à la terminaison périphérique du nerf acoustique. Celle-ci est facilement excitée par les vibrations sonores, alors que le nerf lui-même y est insensible. De plus, cette terminaison nerveuse délicate est entourée de parties compliquées qui la préservent du contact avec les autres influences extérieures et qui, par contre, livrent un accès facile aux ondes sonores. — L'appareil nerveux auditif est cependant souvent excité par des influences autres que les ondes sonores, quelquefois par des processus pathologiques. Quand nous relevons la tête après nous être baissés, nous avons souvent des sensations auditives c subjectives », des tintements très-aigus. Eu s'observaat dans le silence le plus absolu, on remarquera que nous ne sommes jamais sans sensations auditives : nous entendons toujours quelque chose, de même que nous voyons toujours au moins le chaos lumineux. Dans les maladies de l'oreille qui affectent plus ou moins le labyrinthe, les malades sont souvent molestés par des bourdonnements d'oreilles, des tintements etc. Dans les affections des centres nerveux, les hallucinations auditives (voix parlantes etc.) sont très-fréquentes.